Palme d'or à Cannes en 1991, "Barton Fink" des frères Coen est aujourd'hui un film reconnu souvent cité en référence. Après sa vision, mon avis est partagé... Je ne suis pas spécialement un adepte de ce duo de cinéastes même si j'apprécie beaucoup certains de leur délires et c'est donc sans à priori que je me suis lancé (comprenez, pas de réel enthousiasme ni de rejet avant que cela n'ait commencé) dans cette folle histoire d'un scénariste new-yorkais de génie se lançant à Hollywood. Seulement, il est frêle, timide, paumé et surtout énormément rêveur. Son manque de repères contribue à densifier une oeuvre qui parvient dès lors à délaisser l'action au profit des personnages et ce, à bon escient dans la mesure où chaque caractère a ses spécificités qu'il est bon d'explorer. Le seul point commun entre tous est qu'ils sont déjantés, atypiques tout du moins. Ainsi s'organise une mise en scène refermée dans son univers mais ne tombant jamais dans le piège de l'auto-satisfaction car les réalisateurs ont bien compris que le simple décalage ne ferait pas tout. "Je suis un créateur" martèle Turturro. Les frères Coen également. Pourrait-on y voir une sorte d'alter-ego ? Très certainement mais avec ironie et recul grâce à un humour bien barré offrant plusieurs bonnes séquences. La provocation est là sans occuper le devant de la scène mais l'impression qui ressort de "Barton Fink" est qu'il s'agit d'un film bien équilibré en plus d'être agréable. C'est déjà pas si mal et ce n'est pas l'excellente prestation des acteurs qui changera la donne. Certes, les clichés sont légions et la redondance de ces derniers à tendance à agacer. Le trait est parfois trop grossi, l'attaque d'Hollywood ne va pas chercher plus loin que le déjà-dit, l'intrigue est prévisible... Les défauts ne manquent pas mais peu importe : "Barton Fink" a du charme et sa conclusion est magnifique. On saura s'en contenter.
Vénéré par la critique, alulé par les fans des frères Cohen, Barton Fink ne me semble pourtant pas comme le meilleur film des deux réalisateurs. Dans le genre "comédie décalée horribilo satanique", Roman Polanski a fait souvent bien mieux, notamment avec l'indétronable "Rosemary's baby" ou l'effrayant "locataire".. Reste un film magnifiquement écrit et interprété par les acteurs fétiches des frères Cohen. Certes, John Goodman est saisissant, mais il est encore mieux en vétéran du Vietnam paumé dans "The big lebowski". Bref, un bon film, mais pas le meilleur Cohen.
En 1991, "Barton Fink" remporte la palme d'or et impose par la même occasion définitivement les frères Coen dans le paysage cinématographique cannois et plus généralement mondial. Beaucoup de cynisme et un talent exceptionnel pour la mise en scène sont leur marque de fabrique et "Barton Fink" ne déroge pas à la règle. Critique du cinéma mais aussi réfléxion sur la vie d'un auteur débarquant à Hollywood, le film des Coen ne manque pas d'intêret. John Turturro incarne à merveille le scénariste torturé et John Goodman, son voisin étrange, se révèle bluffant. Outre les producteurs crapuleux et les scénaristes alcoolos, le film se distingue véritablement lors des conversations entre Fink et son voisin. Délaissant totalement leur intrigue, les frères Coen se concentre sur les personnalités très différentes des deux hommes et offrent des scènes exceptionnelles entre deux personnages que tout opposent. Se terminant sur une séquence apocalyptique, la relation entre les deux hommes intrigue et dérange. Décors entre cauchemar et rêve (l'hôtel poisseux s'opposant au cadre idyllique d'une plage ensoleillée) et personnages singuliers et tourmentés, "Barton Fink" est sans doute l'une des oeuvres les plus profondes et les plus sincères des frères Coen qui réalise une parabole du cinéma d'auteur tout en oubliant pas d'éborgner sévèrement un certain système.
Barton Fink est l'un des meilleur film des années 90. Palme d'Or à Cannes en 91, prix de la meilleur mise en scène, et prix de la meilleur interprétation masculine pour John Turturro. Cette année là, le jury Cannois ne s'est pas trompé, et pour cause, c'est un chef d'oeuvre. Déjà, la mise en scène des frères Coen est magnifique, tour à tour angoissante, cauchemardesque, onirique, mais toujours fascinante. Barton Fink est une oeuvre complexe, et peut avoir plusieurs analyses. John Turturro et Goodman sont exceptionnels. Un très grand film.
j'aime beaucoup le personnage joué par John Turturro qui me fait penser à l'albatros de Baudelaire. Barton Fink, est un écrivain génial, mais complètement à l'ouest dans la vie de tous les jours. Pour moi ce film est une des plus belle réussite des frères Cohen.
Un dramaturge new-yorkais part à hollywood, un studio lui a offert un gros contrat pour écrire des scenarios mais l'adaptation à la cité des anges ne va pas se passer si bien que ça... 4e film des frères Coen et j'ai préféré les précédents... on y trouve toujours leur touche reconnaissable qu'ils continuent de peaufiner avec leur humour, leur attachement aux détails absurdes (tels le papier peint qui se décolle ou spoiler: la tête du cadavre qui tape le mur ) et évidemment les personnages décalés avec en plus du héros principal un assureur bien trop sympathique (excellent John Goodman, comme d'hab), un écrivain alcoolique et un producteur ciné caractériel. Le film tourne autour de l'enfer de la création avec un joli parallèle avec l'hôtel miteux et la chaleur et la moiteur de . mais j'ai trouvé la fin un peu décevante, trop mystique... beaucoup de détails finissent par alourdir l'intrigue.
le 1er chef d'oeuvre des frères Coen qui allaient en livrer tant d'autres par la suite. Palme d'Or amplement mérité, univers baroque incroyable, mise au scène inventive, interprétation excellente, un film étonnant à la fois drôle et flippant.
Certains voient dans Barton Fink un satire sur Hollywood. Cela m'a toujours semblé totalement anecdotique dans ce film. Je résumerais ainsi le film : c'est l'histoire d'un auteur égocentrique qui jusque là écrivait sur les gens du peuple mais sans les avoir jamais rencontré (il ne les voyait qu'à travers une carte postale symbolisée dans le film par cette fille sur la plage). Un jour, il rencontre réellement le peuple dont il parlait (Goodman) et devient aveugle. Seul le feu lui redonnera la vue et la possibilité d'enfin entrer dans la carte postale, de découvrir le réel (il est sur la plage avec la fille) et de comprendre que jusque là il ne savait rien, n'avait rien vu. Paralysé par cette révélation, il voit sa plume (symbolisé par un oiseau) tombée dans l'eau. Fin de l'écriture et de sa prétention.
Un film déconcertant, dans ce que ce terme contient de bon et de mauvais. Visuellement, il n'y a rien à redire, l'esthétique est très travaillé et parfois même d'une originalité louable ( scène où Turturro retrouve la femme morte dans son lit). Une véritable critique de l'industrie cinématographique pressurant sans relâche les équipes de tournage à dessein qu'ils travaillent sur commande et non sur ce qu'ils aimeraient faire. Tout cela tournait bien même si les prestations bouffones de l'idole de Turturro et de son employeur aurait pu être supprimées au montage tant elles sont hors de propos et caricaturales ( et évidemment c'est le gentil juif qui en est la victime... On approche de la discrimination positive). Le dénouement, quant à lui, arrive comme un cheveu sur la soupe, j'admet que je n'ai pas saisi le lien logique avec le reste du film. Au final, Barton Fink a certes des qualités mais aussi des défauts majeurs.