Barton Fink
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ManoCornuta

357 abonnés 3 065 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 juin 2015
Les Coen sont décidément bien difficiles à suivre, et Barton Fink fait partie sans nul doute de leurs œuvres les plus impénétrables. Malin celui qui trouve un sens à cette histoire qui paraît basique au départ, avant de partir dans un délire entre film paranoïaque, polar à l'ancienne et humour absurde. Les frangins recyclent et mixent à tout va la mythologie du cinéma US, mais cela aboutit à un bouillon bien indigeste, où l'on se sent aussi perdu que John Turturro, entre les marins, les nababs en costard et les petites pépées. C'est parfois amusant, le plus souvent déroutant, mais pour tout dire le rythme très lent et les changements d'angle narratifs sont trop agaçants. Je ressens Barton Fink comme une œuvre trop prétentieuse, trop calibrée "film de festival". Dommage pour les acteurs qui sont vraiment très bons.
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2017
Je poursuis mon exploration du cinéma des frères Coen avec Barton Fink. Après le mémorable Fargo, le très intéressant Burn After Reading, j’avais envie de m’attaquer à un autre film de réputation des deux réalisateurs : Barton Fink.
Bon, c’est bien, mais pour moi inférieur à Fargo, c’est certain. Il y a scénaristiquement de très bonnes choses. La dénonciation du milieu du cinéma est drôle et corrosive, avec une représentation dopée à l’humour noir des pratiques assez foldingues des producteurs, réalisateurs, scénaristes… Cette partie est bonne, par contre j’ai vraiment le sentiment que la partie intégrant Charlie Meadows est inférieure, et s’imbrique moyennement avec le reste. La mise en place de la relation entre Fink et Meadows est bonne, mais par contre la dernière partie, assez abrupte, grandiloquente, attendue au demeurant, m’a franchement moins convaincu. En fait, à partir du moment où le film prend trop une tournure thriller, Barton Fink part un peu en cacahuètes, et oublie pas mal de ses points forts de la première partie.
Le casting est bon, avec des habitués des frères Coen. Turturro est idéal dans son rôle, en scénariste un peu perdu qui glisse petit à petit dans la folie. Goodman est idéal dans son rôle à contre-emploi ambigu et difficile à cerner. Autour de ce duo, une galerie de seconds rôles tout à fait fendard, spécialement Michael Lerner complètement déjanté aux côtés de Tony Shalhoub qui en fait des méga-caisse. Buscemi pour sa part est en retrait ici, il apparait peu. A souligner aussi le rôle très excentrique de John Mahoney, écrivain en pleine déchéance qu’il campe fort bien.
Formellement Barton Fink est très bien creusé. Les frères Coen livrent des images très réussies, notamment dans l’épilogue qui, tout en étant assez décevant sur le plan de l’histoire, a le mérite, au moins, d’être visuellement très réussi. Barton Fink nous plonge dans un univers assez cradingue qui contraste avec le soleil hollywoodien, et l’ambiance, d’autant plus qu’elle a un charme rétro, à vraiment de l’allure. Plastiquement pas grand-chose à redire donc, avec, comme souvent chez ces réalisateurs, une bande son discrète mais qui se marie bien à l’ensemble.
Bon, je ne vais pas mentir, Barton Fink reste pour moi une petite déception vu l’excellent départ, et mon intérêt pour ces réalisateurs. Comme je l’ai dit, la partie thriller fonctionne mal (rien que l’élément déclencheur, que je ne préciserai pas, qui n’est pas crédible si l’on y réfléchit un peu), et le film aurait dû se concentrer sur sa dénonciation du milieu du cinéma, sans chercher à mélanger les genres. Pour moi ça reste la lacune de ce film, ce qui ne remet pas en cause ses qualités formelles et ses numéros d’acteurs délirants. 3.5
Caine78

7 754 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 août 2009
Nul doute que les frères Coen ont le talent de se renouveler à chaque film tout en gardant un style et une touche qui leur est propre. Ce "Barton Fink" ne déroge pas à la règle, et s'avère être particulièrement impressionnant d'un point de vue visuel, que ce soit par les couleurs, les cadrages ou encore une direction d'acteurs assez impressionnante (John Goodman et Michael Lerner sont éblouissants). Mais loin d'être une simple réussite technique, le film réussit en définitive à aller très loin dans ses obsessions et ses recherches, que ce soit les relations humaines et surtout sa vision désenchantée et désabusée de la planète Hollywood. Dommage qu'hélas au milieu de toutes ces superbes qualités l'oeuvre manque parfois un peu de pêche, d'autant plus qu'à force de vouloir nous perdre, les Coen ont une (très) légère tendance à nous désintéresser de leur film. Défauts mineurs toutefois tant le film n'en demeure pas moins d'une grande richesse mais aussi (et surtout) d'une grande intelligence. De la belle ouvrage.
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 mars 2016
Une excellente comédie dramatique réalisée et scénarisée par Joël et Ethan Coen. La mise en scène, comme la prise de son, se révèlent d’une extrême précision. Comme à l’habitude, le scénario des frères Cohen est pour le moins atypique : Il démarre comme une sympathique comédie, une réflexion sur la communication avec son prochain, pour tourner ensuite au thriller noir complètement déjanté. Le décor surréaliste de l’hôtel miteux est fantastique. Le casting est somptueux avec une formidable composition de John Turturro dans le rôle de Barton Fink. Nous rencontrons dans cette histoire beaucoup de personnages très typés, campés par des acteurs talentueux : Charlie Meadows le voisin de chambre de Barton incarné par un fantastique John Goodman, Jack Lipnick le cinéaste joué par Michael Lerner, Steve Buscemi dans le rôle du liftier…
Le pitch : New York 1941, L’auteur de théâtre Barton Fink, coqueluche de Broadway, est appelé à Los Angeles par Jack Lipnick pour scénariser son dernier film. Arrivé à LA ou il ne connait personne il loge dans un hôtel minable et se met au travail avec la hantise de la page blanche.
Benjamin A

807 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2014
Quatrième film des frères Coen (bien que Ethan ne soit pas crédité à la réalisation mais uniquement au scénario) "Barton Fink" est celui de la consécration. Sorti en 1991, il a été écrit en trois semaines, pendant que les deux frères étaient en panne d'inspiration, ils ont imaginé l'histoire d'un écrivain qui connaitrait le même problème et se verra plusieurs fois primé au festival de Cannes de 1991 avec les prix de la palme d'or, de la mise en scène et de l'interprétation masculine pour John Turturro. Il nous raconte donc l'histoire de cet écrivain qui débarque à Hollywood comme scénariste sous contrat avec un studio mais peu à peu les problèmes vont s'accumuler, que ce soit l’hôtel, son voisin, son patron ou encore cette fameuse première page. Les frères Coen nous emmène brillamment dans leur étrange univers où se trouve une fascinante galerie de personnages, que ce soit le personnage principal, qui perd peu à peu se moyen et la compréhension de la situation, son voisin, à la fois sympathique, accueillant, inquiétant, et dingue, ou les "artisans" de l'industrie du cinéma (que les Coen n'hésitent pas à égratigner), ils savent les rendre intéréssant. D'ailleurs, ils proposent plusieurs réflexions subtils à travers cette richesse d'écriture, notamment autour de la pensé humaine ou du cinéma. L'atmosphère est souvent mystérieuse et parfois sombre et fascinante. La maitrise technique des Coen est impeccable et nous offrent notamment de superbes plans. Les interprétations sont excellentes et en premier lieu John Turturro qui donne de la profondeur à son personnage. Un très bon film des frères Coen, à la hauteur de sa réputation et de ses récompenses, fascinant, captivant, intelligent, bien réalisé et interprété.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 28 juillet 2014
Palme d'Or 1986, Barton Fink, le 4ème film des frères Coen, est pétillant d'intelligence. S'inspirant d'une histoire assez simple (un écrivain new yorkais s'essaye à Hollywood mais est confronté au syndrome de la page blanche dans le milieu hollywoodien), Barton Fink est un film complexe, qui fait aller du rire aux larmes avec beaucoup d'efficacité. D'abord, il rejoint cette lignée de films proposant un regard assez critique sur Hollywood (Maps to The Stars, Mulholland Drive, Boulevard du Crépuscule...), avec le personnage du directeur de la scoiété de production, mégalo, ivre de pouvoir et domination sur les autres, qui traitent les émotions du cinéma comme des techniques du vente
. Mais c'est loin d'être le seul atout du film ! L'hôtel délabré ,par exemple ,dans lequel loge Barton Fink (John Turturro qui ressemble trait pour trait à Harold Ramis dans SOS Fantômes) est décrit par exemple avec beaucoup de finesse et de détails, tantôt kafkaïen (le papier peint !), tantôt lynchien (les longs plans inquiétants des couloirs). Il semble être responsable du blocage de Barton.
De même, le jeu de John Goodman est exceptionnel, passant du gentil copain, affectueux au tueur psychopate. Encore un des éléments qui vient pimenter ce magnifique film
Et enfin, la fin, que je ne révèlerai pas, la dernière réplique, qui vient résumer toute la tragique ironie du film.
Bref, un film compliqué mais réellement sublime !
Julien D

1 337 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 août 2012
Cette critique du système hollywoodien est un superbe drame psychologique à travers sont traités de manière très originale, voir abstraite, les thèmes du traumatisme de la page blanche, de l'amour coupable, de l'amitié intéressée, de la mort et de la création. Ce film est à la fois une tragédie d'un pur onirisme et une comédie farfelue. Chaque peut trouver, ou non, une signification symbolique au cœur de ses multiples lignes de lecture. Parmi celles-ci une des plus splendides estla vision de l'hôtel comme étant une métaphore de la psyché de Fink, faisant du voisin psychopathe son coté violent refoulé, du papier peint qui se décolle son angoisse et du tableau son fantasme de la femme sur la plage qu'il rencontre enfin à la fin.
pierrre s.

554 abonnés 3 426 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 février 2016
Mis à part la distribution et une réalisation empreinte de poésie, on peine à voir la "patte" Coen. En effet, l'histoire est alambiquée et manque de rythme.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2014
"Barton Fink", palme d'or du festival de cannes en 1991, est un film emblématique de la filmographie des Coen, avec une étrangeté singulière, et une combinaison entre un humour grotesque et une noirceur inquiétante. Constamment imprévisible et doté de comédiens au sommet de leur art (avec en point d'orgue John Turturro et John Goodman), le film est absolument génial. Il se partage entre une critique virulente et drôle des producteurs hollywoodiens, et des passages beaucoup plus kafkaïens et donc assez déroutants qui concernent les scènes dans l'hôtel. Aussi audacieux sur la forme que sur le fond, "Barton Fink" construit son écriture et son dispositif formel en fonction d'une réflexion passionnante sur la valeur du système hollywoodien. Un des plus grands films des Coen.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2013
Primé trois fois au Festival de Cannes 1991 (Palme d'Or, prix de la Mise en Scène, Prix d'Interprétation Masculine), "Barton Fink" est un des films les plus étranges de la filmographie des frères Coen. S'inspirant du blocage qu'ils ont rencontré lors de l'écriture de "Miller's Crossing", ils nous livrent ici une réflexion sur les affres de la création au cœur de l'Hollywood des années 40 où les studios étaient tout-puissants et où la créativité des auteurs étaient brimés par leurs contrats, menant certains à l'alcoolisme. L'époque n'est pas choisie au hasard et certains personnages sont fortement inspirés par des figures emblématiques du cinéma de ces années-là. Mais au-delà de brimer Hollywood ("jette une pierre ici, elle tombera forcément sur un scénariste" dira un producteur dans le film), le film va plus loin et nous montre un personnage en proie au doute, incapable d'écrire un film de série B sur le monde du catch, tellement coincé par ses idées sur la dramaturgie qu'il oublie d'écouter les autres. C'est dans cette atmosphère étrange et moite (surtout lors des scènes dans l'hôtel) qu'évolue le film qui finit par nous dérouter complètement pour mieux nous intriguer et nous pousser à la réflexion. En effet, "Barton Fink" est un film à plusieurs niveaux de lecture comme en témoigne certains objets (le cadre dans la chambre, le paquet de Charlie) ou le personnage de John Goodman, tour à tour amical, jovial, inquiétant et surtout intriguant. Et au cœur de cet univers, le personnage de Barton Fink se débat du mieux qu'il peut pour s'en sortir, coincé entre son blocage d'écriture et des personnes qui ne font rien pour l'aider (l'écrivain alcoolique inspiré de Faulkner, le producteur qui réclame la touche "Fink" sans pour autant laisser parler son interlocuteur). John Turturro, dans le rôle complexe et torturé de Fink, offre d'ailleurs là une de ses meilleures prestations.
Gonnard
Gonnard

287 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 mai 2015
"Barton Fink", une sorte de pendant cohénesque du "Mulholland drive" de David Lynch. L'originalité est de mise, avec un gros travail sur la symbolique et une intéressante recherche dans la réalisation. Pourtant, je n'ai absolument pas adhéré, regrettant le déséquilibre entre la première partie soporifique car trop classique et le virage fantastico-métaphorique du dernier tiers.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2013
Palme d’or à Cannes en 1991, Barton Fink est assurément le film de la consécration pour nos deux rejetons-trublions du cinéma indépendant américain. S’il n’est à mon sens pas forcément leur meilleur, l’œuvre constitue néanmoins une formidable réflexion sur le processus de création en même temps qu’un vibrant hommage au cinéma noir hollywoodien des années 1940. Portée par un sidérant John Turturro, cette expérience vous garantira un voyage sensoriel inquiétant et barré quelque part entre Billy Wilder et Kafka.
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2007
Barton Fink fut en 1991 une consécration pour les frères Coen. A la fois satire hollywoodienne et vision dépressive de l'acte de création, cette comédie noire est drôle, mais aussi inquiétante et troublante. Qui aurait pu croire qu'en filmant des papiers peints ( et sans accompagnement musical ) les frères Coen réussiraient à installer le malaise chez le spectateur ? L'interprétation est magistrale, surtout John Turturro qui respire l'anxiété de manière communicative... et le grand John Goodman ( que j'avais adoré dans The Big Lebowski, dans un registre plus attachant ). Palme d'Or au festival de Cannes en 1991, Barton Fink est à voir absolument par les amoureux du Cinéma. Un poème inspiré sur la panne d'inspiration, une chansonnette sérieuse, aux résonnances apocalyptiques sur les démons intérieurs de l'âme humaine... Avec Barton Fink, les frères Coen s'affirment comme deux grands auteurs inclassables, défiant les pièges du cinéma dit " classique " ( musique envahissante, mise en scène convenue, etc...) en proposant un cinéma atypique. L'ensemble demeure plutôt génial...
Gabith_Whyborn
Gabith_Whyborn

43 abonnés 842 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 février 2015
Pas mal, vers le début je n'ai pas été très pris car il ne se passe pas grand chose, mais après ça devient plus intéressant et les deux acteurs John Turturro et John Goodman ont fait une excellente performance. Par contre c'est assez difficile de donner un sens à la fin du film.
mr. edward
mr. edward

189 abonnés 495 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2011
Un excellent film des frères Coen. John Turturro est tout simplement génial et charismatique face à un John Goodman étrange et inquiétant, le producteur (joué par Michael Lerner) est lui aussi excellent et bien marrant. Tout est maîtrisé de bout en bout et il n'y a aucun moment de faiblesse, franchement un film à voir.
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