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Yasujirô Rilke
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5,0
Publiée le 26 février 2008
Le mouvement est une part essentielle du cinéma des Coen, il incarne très souvent le masque qui voile le trouble profond. «Barton Fink» (USA, 1991), avant «Fargo», opère par ce mouvement la révélation du mal. C’est ce mal enfouis que scrute le premier plan sur la tapisserie, c’est la noirceur des institutions de l’industrie du cinéma que sonde le travelling curieux entre les dessins de fougère. Cette effervescence alanguie de la technique a pour but de formaliser les vicissitudes du personnage principal, Barton Fink. Les Coen atteignent dans ce film le paroxysme de leur esthétique. Même encore «No country…» n’a pas atteint une telle beauté du mouvement. Ce dernier film accomplit davantage sa beauté dans ses effluves picturaux que dans le flux de la temporalité. Pour sourdre du monde la perversion des choses, les Coen relatent l’aventure d’un jeune écrivain de théâtre dans l’Hollywood de la seconde guerre mondiale. Si l’on observe le film en plan très large, l’on ne peut y discerner que l’exploitation romanesque d’un jeune auteur par la vilaine machine industrielle. Cette vision du film s’inscrit d’ailleurs totalement dans le statut singulier que les Coen réussissent à sauvegarder, celui de cinéastes indépendants dont l’œuvre renouvelle l’héritage hollywoodien. Mais si l’on pose un regard plus clairvoyant, on peut y observer la perte de soi dans l’enfer d’Hollywood, et par extension dans le commerce artistique. «Barton Fink» est un pamphlet contre le monstre économique et institutionnel de l’art. La peur de l’auteur face à la page blanche, est mise en forme par les Coen de façon sublime. La pression d’Hollywood sur la création est dressée par les Coen dans la chambre de Fink. Au dessus de la machine à écrire trône une photo idyllique d’une mannequin au bord de la mère. Ce mannequin c’est la lisse consistance du cinéma vénal. L’auteur rencontre in fine ce mannequin est demeure à ses côtés. C’est la perte de l’identité de l’artiste sous l’étreinte d’Hollywood.
Un peu déçu par ce film des frères Coen, il ne se passe pas grand chose. Je reconnais le talent des réalisateurs mais cette histoire ne m'a pas convaincu.
Palme d'or au Festival de Cannes 1991, Barton Fink est un film très intelligent, à la fois drôle, poétique et sombre. Il raconte l'histoire d'un écrivain new-yorkais solitaire et idéaliste, incarné par John Turturro, qui va se retrouver un peu malgré lui à Hollywood pour y écrire des scénarios pour des films de série B. Ce changement entraînera chez lui des bouleversements personnels profonds, et un état de dépression dont seul la complicité d'un voisin d'hôtel très louche – superbement incarné par John Goodman – le soulagera. La musique et les décors sont magnifiques, participant grandement à cette atmosphère si particulière créée par les frères Coen.
Fidèle au cinema des frères Coen "Barton Fink" apparaît parfois comme la quintessence de leur art. Un long métrage a interprétations, sobre, sombre, critique, profond, brillamment interprété et mis en scène.
L'un des meilleurs films des Coen, sa palme d'or à Cannes était amplement justifiée. D'une originalité remarquable, superbement mis en image, le scénario est tout simplement époustouflant. A la fois drôle et inquiétant, son ambiance unique oscillant entre critique sociale du monde du cinéma, polar et film fantastique, en fait l'un des monuments incontestables du cinéma.
En voyant l'affiche je me disais que le film était une petite comédie dramatique romantique et finalement on se retrouve dans un délire foutrement dément, un scénario de taré, le duo Turturro/Goodman est parfaitement délicieux, jamais je ne me serais attendu à un tel film, on est loin mais très loin de la gentil petite comédie romantique familiale et on est d’ailleurs loin d'un film romantique tout court, la comédie est présente évidement (c'est du Coen) mais on a aussi du glauque et du sang, oui y'a du sang, de toute façon un Coen sans sang c'est rare, plus rare qu'un diamant dans une meule de foin au fond le l’océan indien, en bref un film purement et simplement grandiose, j’espère vraiment un "old fink" comme prévu.
Un film vieux, ringuard, avec des couleurs moches, une histoire biographique d'un type qu'on connait pas, le tout avec une histoire plate. Bref, c'est un film qui endore.
C’est avec ce film, récompensé à Cannes par une palme d’or, que les frères Coen ont été vraiment connus du grand public. Variation un peu folle sur les mystères de la création et de l’identité humaine (sexualité comprise), le film frappe surtout par sa perfection formelle. De plus, contrairement à ce qui se passera dans les deux films suivants, la forme et le fond sont ici en adéquation. La caméra est parfois suffocante à force de fouiller les intimités dans des cadrages de plus en plus resserrés. Le scénario est inventif et libre et les comédiens (John Turutto et John Goodman en tête) sont, comme toujours, prodigieux et superbement dirigés. Un grand film des frères Coen.
Un film revigorant des frères Coen,qui lança véritablement leur carrière internationale.Attention à ne pas prendre "Barton Fink"au premier degré,sous peine de ne pas saisir toute la poésie et la symbolique.A travers les yeux de ce scénariste complexé et terne,on voit toute la perversion du système hollywoodien dans les années 40.Les hommes sont broyés par un système ultra-commercial et soucieux de plaire aux classes populaires.C'est vrai que l'époque permet d'établir un lien avec la montée du fascisme.Barton Fink,perd ses illusions et voit que l'intellectualisation ne mène à rien.Une perversion représenté par le personnage du diable(John Goodman).Le film ne paye donc pas de mine,mais mérite assurément le détour.
Quelle triste année 91, ça palme d'or. C'est quand même mieux que Delicatessen dans le genre film dont les ressorts du lit font gling gling. Qu'est-ce qu'on rigole, ah ben oui alors.
Mise à part l'interprétation magistrale de John Goodman et le brio de la réalisation je ne vois pas ce qui a permis à ce film d'obtenir la palme d'or ? Ah oui c'est vrai il critique Hollywood et le jury Cannais étant majoritairement composé de frustrés et d'élitistes... Car le film est long, très long, souvent ennuyeux et prétentieux. Le dénouement est imprévisible et loufoque mais que de longueurs...
Je suis toujours intrigué par le pouvoir qu’on les frères Coen à prendre des personnages totalement décalés pour leur faire mener des aventures à la limite de la logique. A chaque fois, je ressens ce jeu qu’opère les deux frères avec leur spectateur, à rompre les attentes, à annoncer à l’avance et surpasser ensuite l’annonce… J’avoue que c’est très fort, c’est un haut niveau de maîtrise et moi, face à ça, je me régale…
Le film le plus récompensé des frères Coen est également un des moins accessibles. Barton Fink est une œuvre métaphorique traitant de la créativité et du fossé qui sépare parfois les artistes du quotidien. La maestria de la mise en scène et l’interprétation magistrale de John Turturo et de John Goodman laissent bouche bée. Néanmoins, le scénario abscons et le manque global de rythme pourront donner à certains spectateurs l’impression d’avoir été laissé au bord de la route.
Les Coen signent un film très,très spécial et étrange,une satire d' un Hollywood glauque,cruel et mal vu par le citoyen "moyen". Je dois avouer que même si j'ai bien aimé cette oeuvre de ces deux cinéastes que j'admire,je la trouve un peu surestimée : personnellement,je ne lui aurais pas attribué la palme d'or. Mais cela reste un bon film,à prendre au second degré.La fin avec les longs couloirs de l'hôtel (impossible de ne pas penser à Shining) qui brûlent est une scène qui restera longtemps dans nos mémoires.Barton Fink fait également penser à Eraserhead. Un bon film,mais qui ne fait pas partie des meilleurs des Coen..