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    L'Enfer de la corruption
    note moyenne
    3,8
    51 notes dont 21 critiques
    répartition des 21 critiques par note
    2 critiques
    6 critiques
    9 critiques
    4 critiques
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    Votre avis sur L'Enfer de la corruption ?

    21 critiques spectateurs

    Yannickcinéphile
    Yannickcinéphile

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    2,5
    Publiée le 20 juin 2016
    Film noir parfois considéré comme un classique, un peu pétri il est vrai des mésaventures de son réalisateur, L’Enfer de la corruption est un métrage qui ne m’a pas vraiment emballé. Ça se laisse suivre, mais à mon sens le réalisateur ne met pas du tout en adéquation les ambitions scénaristiques de son métrage, avec les moyens et la longueur de son film !
    Ok, sur le plan technique je dois dire que L’Enfer de la corruption remplit dans l’ensemble le cahier des charges. En dépit d’un minimalisme parfois très manifeste, le film bénéficie surtout d’une redoutable mise en scène. Polonsky offre une réalisation de tout premier ordre, dès le premier plan, et c’est LA grosse attraction de ce métrage qui, sans cela, aurait vraiment pu être quelconque. Le choix des cadrages est brillant, il y a un vrai travail de réalisation qui, parfois, m’a fait penser à Hitchcock. La photographie en noir et blanc est plutôt classieuse aussi, mais je ne doute pas que la restauration récente lui à donner un coup de jeune que beaucoup de films du temps n’ont pas encore pu gouter.
    Non, le problème de ce film n’est pas visuel, il est scénaristique. Le film déploie des trésors d’ambition, mais au final on assiste à une sorte de pièce de théâtre, presque en huis clos par moment tant on va peu à l’extérieur, et entre les ellipses, les choses qu’il faut plus ou moins deviner, et la différence flagrante entre la grandiloquence du projet du héros et la réalité que l’on a à l’écran, L’Enfer de la corruption donne le sentiment de ne pas être achevé ! En fait le film a commis une erreur je pense : afficher sur le fond un projet qui pourrait nourrir un film de Scorsese de 3 heures sur les gangsters, et s’être concentré uniquement sur l’état moral de son héros ! C’est très ennuyeux car il y a plein de choses en arrière-plan qui semblent passionnantes, mais le film reste sur les états d’âmes, la mentalité, de Joe Morse, et semble du coup creux, et surtout, il donne l’impression d’être un pétard mouillé.
    Le jeu des acteurs est globalement bon. John Garfield est honorable, Thomas Gomez est à mon sens la bonne surprise, et ses apparitions lui permette souvent de voler la vedette à Garfield, dont le personnage, virevoltant, n’est pas forcément facile à cerner, et n’est pas toujours d’une grande cohérence dans ses décisions et ses choix. Marie Windsor à l’instar de trop de seconds rôles aurait mérité une présence mieux dégrossie.
    Bon, L’Enfer de la corruption n’est pas un mauvais film, mais je crois que Polonsky a filmé dans l’étroitesse du format d’une série B, un grand film qui aurait mérité 2 heures au moins, et des moyens pour développer toutes la partie concernant le projet du héros. Cette distinction est malheureusement très préjudiciable au film, en dépit d’une mise en scène virtuose. 2.5
    tomPSGcinema
    tomPSGcinema

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    3,0
    Publiée le 14 novembre 2013
    Alors que son frêre a été victime d'une de ses machinations, un avocat du syndicat du crime décide de s'attaquer à l'organisation... Bien que je n'ai pas réussi à être totalement conquis par le sujet du film, je dois tout de même reconnaître que [b]L'enfer de la corruption[/b] possède un véritable atout au niveau de la mise en scène d'Abraham Polonsky. Celle-ci s'avère assez ingénieuse et nous propose quelques séquences de tout premier choix. Mais il y à aussi la présence d'une belle photographie et d'un casting assez judicieusement choisi. John Garfield campe avec classe le rôle principal et il est bien secondé par Thomas Gomez (qui joue le rôle de son frêre) ou encore par la sympathique Beatrice Pearson. Un très bon film noir qui possède en plus au générique un certain Robert Aldrich en tant qu'assistant-réalisateur.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,0
    Publiée le 5 octobre 2013
    Je vais être honnête, ce film ne m'a pas parlé autant qu'il aurait pu, quelque part je le trouve trop intimiste.

    Je m'explique. On a ce pitch génial de l'avocat cynique, méprisant que l'on a pas envie d'aimer qui va venir faire chier son frère pour rentrer dans une combine douteuse misant à faire faire faillite à toutes les banques de la ville en faisant sortir le bon numéro aux courses, le numéro sur lequel tout le monde pari, afin que les banques soient ruinées.

    Sauf que justement, j'aurai aimé sentir un peu l'atmosphère de la ville (on a sent lors de la scène finale je trouve, mais ce n'est pas assez), peut-être une légère ambiance de chaos.

    Mais ce n'est pas ce que le film veut raconter, il veut raconter l'histoire de cet avocat. Il a raison quelque part. Surtout que cet avocat insupportable au début, qui est tout sauf la petite frappe que l'on aime bien, mais vraiment le mec vicieux qui n'a aucune morale, et bien justement il va s'enrichir d'une dimension tragique sur la fin. Et là le film devient plus intéressant.

    Je dois cependant dire, que si le film n'est jamais chiant, il ne m'a pas passionné non plus outre mesure. Les acteurs sont bons, la mise en scène est bonne, c'est bien écrit, mais ça ne me parle pas. Mais je ne peux saluer le parti pris de base du film qui de faire d'un type imbuvable un héros de film noir. Alors j'aime bien le genre, voir même j'aime beaucoup (il fait parti des trois genres que je tolère en Amérique (comédie du remariage (de son doux nom français) et western)), du coup ce film m'est sympathique… mais pas beaucoup plus.

    Après je comprends très bien que l'on puisse adorer, il a beaucoup de qualité, mais ça me semble un peu trop plat.
    Caine78
    Caine78

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    4,0
    Publiée le 22 février 2012
    Excellent film noir réalisé par un Abraham Polonsky au sommet de son art, « L'Enfer de la corruption » est une plongée sombre et réaliste dans l'univers des avocats véreux. Il est d'ailleurs étonnant de voir un tel antihéros, que John Garfield interprète d'ailleurs brillamment, cynique, peu scrupuleux... Garfield le rend pourtant fascinant dès le départ, et sa rédemption n'en est que plus crédible, d'autant que le réalisateur a l'intelligence de la construire sur la durée, par petites touches, sans jamais se départir de la noirceur et du pessimisme qui caractérisent l'oeuvre. Certaines scènes sont d'ailleurs remarquables (notamment la conclusion : quel beau discours alors qu'il aurait pu tomber totalement à plat!) et viennent enrichir cette remarquable critique d'un pays et d'un système corrompu jusqu'à la moelle. On en sort meurtri et heureux, car tout cela a beau être assez pessimiste, de si bons films ne sont pas si courants : vous savez ce qu'il vous reste à faire.
    nicothrash60
    nicothrash60

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    3,5
    Publiée le 2 mars 2016
    Abraham Polonsky qui ne réalisera que peu de films au final nous livre en 1948 son premier long qui lui vaudra justement un exil et une carrière peu prolifique. "Force of Evil" est un film noir, définitivement pessimiste, qui nous ouvre les portes de Wall Street et de toutes les magouilles qui lui sont inhérentes. L'intrigue commence comme un gentil film de gangsters avant de sombrer dans le drame avec un personnage principal plutôt antipathique d'entrée qui va évoluer vers la raison et par là même mettre en danger ses proches. Polonsky n'y va pas de mains mortes et dénonce avec véhémence le milieu des affaires U.S. de l'après guerre, un véritable témoignage du passé qui montre déjà à l'époque que la crise des subprimes des années 2000 n'était pas due au hasard ... Le propos est intelligent et l'ensemble bien mené, d'autant que le film est assez court, reste également le plaisir de découvrir John Garfield dans l'un de ses derniers rôles. A voir.
    real-disciple
    real-disciple

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    3,5
    Publiée le 6 février 2013
    Un film noir méconnu mais qui se doit d'être découvert pour apprécier le talent des acteurs, la photographie et son ton pessimiste. Il y a des plans recherchés et on s'ennuie pas. Néanmoins quelques bémols : un scénario trop classique et un peu trop bavard surtout que ça va à cent à l'heure alors en Vo c'est chaud.
    Eldacar
    Eldacar

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    4,5
    Publiée le 28 octobre 2012
    Si "Force of Evil" peut être classé comme un film noir, force est de constater qu'il est bien plus que ça. Bien sûr, si l'on reste à la surface des choses, le film traite de la mafia et des banques clandestines encaissant les paris de jeux d'argents illégaux, d'êtres ambigües, de femme fatale... Tout ce qui fait un film noir. Mais en y regardant de plus près, tout ça n'est qu'un prétexte et cache une entreprise beaucoup plus ambitieuse. Car "Force of Evil" est une remise en cause de la société américaine dans son ensemble. Société corrompue et violente qui broie les individus. Il n'y a pas de héros au sens strict du terme, à savoir un personnage représentant le bien. Ici, les personnages sont ambivalents, personne n'est tout blanc ou tout noir, tout le monde est gris. Grisâtre comme l'image, qui décline toute la palette de gris possible et imaginable. Chacun dissimule quelque chose, aux autres mais surtout à lui-même. Joe (John Garfield) prétend qu'il n'aide son frère Leo à faire fructifier son business que pour payer la dette qu'il a envers celui-ci, qui s'est sacrifié pour payer des études d'avocat à son jeune frère, alors qu'il le fait par amour pour Joe (ce qui ne va pas avec l'image de dur à cuire qu'il renvoi). Leo (Thomas Gomez) refuse dans un premier temps la combine de Joe au nom de ses principes moraux mais attendait seulement que son frère lui force la main pour pouvoir accepter tout en gardant la conscience tranquille et l'impression d'être honnête. Doris (Beatrice Pearson) dit vouloir sortir Joe de ses magouilles et le voir devenir un homme respectable alors que s'est justement son côté « mauvais garçon » qui la séduit, ce qu'elle refuse de reconnaître car ne collant pas avec son image de fille bien sous tout rapport. Et pour rendre justice à la complexité des personnages, il fallait des acteurs talentueux, ce qui est justement le cas. John Garfield domine bien évidemment le film, comme c'est souvent le cas. Method Actor avant l'heure, précurseur des Clift, Brando, Dean, Pacino et autres De Niro, Garfield est un acteur malheureusement trop peu connu aujourd'hui, malgré son talent démesuré et son charisme qui crève l'écran. Il faut bien sûr saluer également le travail d'Abraham Polonsky, grand scénariste qui signe avec "Force of Evil" sa première réalisation. Et c'est un talent incontestable pour la mise en scène qu'il révèle ici, faisant regretter qu'il n'ai pas pût faire plus de films. La faute au Maccarthysme, Polonsky ayant était une victime de la chasse aux sorcières au même titre que John Garfield. Polonsky signe notamment deux scènes d'anthologie, en fait les deux dernières séquences du film. spoiler: A savoir, la fusillade entre Joe, Tucker et Ficco se déroulant dans un bureau plongé dans la pénombre et surtout la course effrénée de Joe pour retrouver le corps de son frère. Scène qui révèle tout son désespoir et sa mauvaise conscience mais qui paradoxalement l'absout de ses fautes passées.
    "Force of Evil" est un film noir urbain étrangement poétique (notamment grâce à ses très beaux dialogues malheureusement très mal traduits par les sous-titres français). En somme un film atypique qui mérite d'être redécouvert.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    3,0
    Publiée le 31 juillet 2011
    Parmi les films les plus typiques du film noir des annèes 40, on peut citer "Force of Evil" de Abraham Polonsky, rèalisateur inscrit en tête de la liste noire! On sent la patte du grand Robert Aldrich (il y est assistant-rèalisateur de Polonsky) dans ce pamphlet politico-policier qui, à propos d'une histoire de racket sur les paris mutuels, prèsente le crime comme une consèquence logique de la crise du système capitaliste! Dans de superbes plans urbains, John Garfield est remarquable en avocat du syndicat du crime un peu dèpassè par les affaires qu'il traite! L'acteur promène sa silhouette d'individu meurtri par la sociètè dans un solide film noir de la grande èpoque qui fut dèdaignè par la critique amèricaine mais qui fut accueilli favorablement en Angleterre! God Save the Queen...
    benoitparis
    benoitparis

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    4,5
    Publiée le 5 décembre 2011
    Polonsky fait partie de la génération d’intellectuels juifs américains devenus marxistes sous le choc de la crise de 1929 dont la carrière dans l’industrie cinématographique a été sabrée par les liste noires maccartistes. « Force of evil » est son grand film noir, un modèle du genre dans les années 40. On a sans doute jamais associé aussi clairement le gangstérisme au fonctionnement naturel de la vie des affaires et de la politique. Il y a en même temps quelque chose de profondément biblique dans des personnages déterminés par leur propre corruption, et qui la subisse comme un fardeau écrasant dont-ils ne savent plus comment se libérer. Écrivain et scénariste au départ, Polonsky s’avère également un metteur en scène inventif et habile, tout particulièrement dans l’utilisation de l’ombre et de la lumière . La photo est non seulement de toute beauté mais aussi étonnante, singulière.
    Flavien Poncet
    Flavien Poncet

    Suivre son activité 172 abonnés Lire ses 1 024 critiques

    2,5
    Publiée le 5 mars 2009
    Pour son premier film, celui qui à Hollywood était considéré comme un prestigieux érudit, Abraham Polonsky adapte un roman d'Ira Wolfert. «Force of Evil»(USA, 1948) se distingue comme un exemple caractéristique du film noir. Plus que l'intrigue, davantage que l'interprétation des acteurs, le plus immédiatement appréciable se révèle être la photographie de George Barnes (responsable également de l'image de «Rebecca»). Découpant au scalpel dans un geste minutieux les contours du monde, Barnes sous les directives de Polonsky taille un monde brisé sous ses ombres. L'année de réalisation du film, 48, le situe pleinement au sortir de la seconde guerre mondiale. L'érudition et l'intelligence de Polonsky laisse présumer que plus que de constituer un film noir de qualité, «Force of Evil» entend évoquer les affres engendrés par le régime nazi à travers le monde, et notamment dans ses camps de concentration. La scène finale, où un cadavre gît sur des pierres, au bord d'un fleuve, renvoie à l'image forclose des corps horribles des déportés dans les camps d'extermination. L'intrigue fait recouper cette imagerie avec l'état économique des Etats-Unis lors de la sortie du film. Joe Morse, avocat new-yorkais, défend un gang de racketteurs qui contrôlent les paris. Son frère banquier, Leo (interprété par le délicat Thomas Gomez), refuse de se plier aux injonctions du gang. Entre fraternité et droit, Joe se confronte à un dilemme. Celui-ci, par extension, renvoie au fondement du nazisme et du fascisme qui plutôt que de choisir la fraternité entre les peuples a décidé de prôner la défense relativement rationnelle des intérêts des droit nationaux. Membre des Dix d'Hollywood, les dix auteurs du cinéma américain entièrement blacklistés, Polonsky traite directement de la corruption de son pays (et du système hollywoodien) mais également articule les formes d'un monde en ruine, embourbé dans les rouages de l'argent et de son ultra libéralisme amoral.
    TTNOUGAT
    TTNOUGAT

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    4,0
    Publiée le 12 février 2010
    John Garfield est vraiment exceptionnel,on a l’impression qu’il ne joue jamais:il est là.Ce film lui doit beaucoup car s’il est truffé de belles choses,il comporte aussi pas mal de zones d’ombres.Il faut du temps pour comprendre ce qu’il se passe et aussi ce que le réalisateur veut montrer car les thèmes sont nombreux. Amour fraternel malgré les différences,corruption généralisée de la société,mensonges et dissimulations,culpabilité générale,bonheur inaccessible à New-York en ces années là,cynisme,lucidité,lâcheté et courage.Le tout dans un film plus noir que noir dans tous les sens du terme.Il en résulte un ensemble qui porte une griffe de créateur;mélange de Walsh,Curtiz et Welles d’où sortira sans doute le style Aldrich.Polonsky a fait trop peu de films,c’est dommage car il était bourré de talent et d’intelligence mais sans doute un peu désabusé pour croire en lui-même.
    ___________________________________________
    BlindTheseus
    BlindTheseus

    Suivre son activité 179 abonnés Lire ses 2 566 critiques

    2,5
    Publiée le 5 mars 2010
    Une intrigue encore actuelle se déroulant dans un cabinet d'avocats, un journaliste d'investigation et de talent osant prendre des risques, des voleurs en col blanc protégés, la "chienlit", un point de vue original sur le crime organisé, des scènes remarquables jusqu'à des servants de l'Etat se mettant les forces obscures à leur botte dans le calme le plus total et enfin se demandant ce qui ne tourne pas rond chez leurs collègues; une histoire au noeud tragique à la Scarface.
    Benjamin A
    Benjamin A

    Suivre son activité 494 abonnés Lire ses 1 901 critiques

    4,5
    Publiée le 29 février 2016
    Jeune avocat ambitieux, Joe Morse gère les affaires d'un puissant gangster contrôlant notamment les paris alors que dans le même temps, il cherche à aider son frère Léo, petit malfrat en difficulté financière...

    Alors que les États-Unis sortent de la Seconde Guerre mondiale et entrent dans la guerre froide, le Mccartysme commence à pointer son nez et verra notamment plusieurs cinéastes placés sur "liste noire". C'est le cas d'Abraham Polonsky qui signe là son premier film et qui devra attendre 1969 pour en faire un second aux USA, après un exil en Europe. Se basant sur un scénario qu'il a lui-même écrit en adaptant le roman Tucker's people d'Ira Wolfret, il met en avant la corruption, dénonce les dérives du capitalisme et le met en lien avec le milieu des gangsters, notamment lorsqu'il analyse les loteries illégales. Orchestrant son récit avec brio, il mêle plusieurs genres, notamment policier, drame et noirceur avec toujours un côté tragique qu'il exploite à merveille.

    Le film étant assez court (78 minutes), Polonsky rentre assez vite dans le vif du sujet et braque sa caméra sur ce jeune avocat qui va devoir gérer les affaires d'un puissant gangster et aider son frère, tout en rencontrant une jeune femme. Personnage plutôt cynique et ambitieux, avec de bonnes intentions mais n'ayant peu de scrupules, Polonsky nous intéresse à lui et arrive à gérer toutes les sous-intrigues qu'il met en place, en axant surtout sur les liens qu'il a avec son frère, qu'il met explicitement en parallèle avec l'histoire d'Abel et Caïn. Il n'en oublie pas pour autant les rôles féminins où sont opposés le mal et la pureté à travers deux figures qu'il ne manque pas d'exploiter et qui vont influencer la vision de Joe.

    Il retranscrit fort bien une atmosphère sombre, fataliste et pessimiste, prenante tout le long et de plus en plus forte, ne rendant que plus puissante la chute précipitée de Joe. Polonsky explore la psychologie de son personnage principal ainsi que les affrontements qu'il aura, physique ou moral, avec ceux tournant autour de lui et en fait ressortir toute la puissance et noirceur, tant chez les personnages que les institutions. Il se montre brillant derrière la caméra, opte pour une réalisation à hauteur d'homme et use d'un jeu d'ombres et de lumières rappelant l’expressionnisme, lui permettant de bien exploiter une ville de New York, gangrenée par le banditisme, et ses rues désertes, ainsi que la solitude de Joe. Si dans l'ensemble toutes les interprétations sont bonnes, Joe Garfield éclipse ses partenaires par son talent et la façon dont il rentre dans la peau de cet avocat qui verra plusieurs dilemmes précipiter sa chute.

    Un film aussi riche que sombre où Polonsky met en avant ses doutes sur le système américain à travers le parcours d'un avocat corrompu qui va devoir faire face à plusieurs dilemmes dans un milieu gangrené par le gangstérisme.
    In Ciné Veritas
    In Ciné Veritas

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    3,5
    Publiée le 27 juin 2016
    Film noir classique dont la restauration est impeccable au même titre que sa réalisation. Le noir et blanc est somptueux et la photographie l’est tout autant. Campant des personnages ambivalents, le casting réuni est talentueux avec notamment John Garfield, parfait. spoiler: Ironie de l’histoire, le seul personnage cherchant à rester intègre est un banquier… indépendant.

    Avec L’enfer de la corruption, Abraham Polonsky signe la réalisation de son premier film dont il est également scénariste. Un scénario dense, ambitieux et verbeux tiré de Force of evil, roman d’Ira Wolfert. Une fois n’est pas coutume, le titre français nous semble plus approprié que le titre original, éponyme du roman adapté.
    A sa sortie, L’enfer de la corruption fut perçu comme une attaque en règle du capitalisme américain et de son système corrompu sous-jacent. Son auteur, Abraham Polonsky, fut alors victime du maccarthysme dans les années 50 et inscrit sur la liste noire d’Hollywood.
    il_Ricordo
    il_Ricordo

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    5,0
    Publiée le 1 février 2012
    L'Enfer de la corruption, un des rares films d'Abraham Polonsky et pour ainsi sa seule œuvre d'auteur, est l'un des sommets du Film noir, s'il est à classer, et ce n'est pas simple, dans une catégorie si réductrice. John Garfield, dans le rôle de sa vie, incarne Joe Morse, un avocat arriviste au service de la pègre. L'une des plus belles scènes du film est un jeu de tourmente et de nervosité, entre des personnages fatigués du mal ("J'ai l'impression de mourir un peu presque chaque jour, telle est ma façon de vivre") pour aboutir à un terrible massacre au son de Beethoven. Elle compte parmi les scènes les plus impressionnantes jamais tournées par Hollywood, encore libre avant le maccarthysme. Force of evil, un film malheureusement peu connu, est une fable complexe sur le mal, la déchéance, la probité et la rédemption. Le personnage principal offre lui même une métaphore de sa vie : une descente aux enfers, par amour de l'argent, mais aussi pour son frère. Pour sauver de ce dernier, c'est comme s'il "descendait dans les profondeurs du monde". Dans un final particulièrement sanglant et noir, Joe Morse, l'avocat sans scrupule, supprime tout ce qui le retenait au vice et à la mort. spoiler: Après avoir supprimé ses derniers ennemis, le héros descend récupérer le corps de son frère qui traine parmi les détritus.
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