Les Amants du Pont-Neuf
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ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mars 2013
Un chef d'oeuvre du cinéma français. Un summum dans le mélange de l'esthétisme, du baroque, du délirant. Une mise en scène brillante, artistique. Carax est un chef d'orchestre talentueux. Des images à couper le souffle, des idées innovantes, de la créativité et en même temps un vrai classique, du vrai cinéma, de la mise en scène. Le duo Lavant / Binoche fonctionne à merveille , à tel point que l'on a cru à l'époque que Lavant était Carax qui ne se montrait jamais à la TV, le compagnon de Binoche. La bande son , comme toujours chez Carax est magnifique , rajoutant cette dimension onirique au cinéma que seul très peu de metteurs en scène maitrisent ( Kubrick en était le maître ). C'est sublime, c'est émouvant. Mais malheureusement Carax aura par la suite toutes les difficultés que l'on connait pour réaliser des films. .
stebbins

563 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 juin 2009
Un superbe film. Flamboyant. Véritable festival de couleurs, de musiques et de lumières, le troisième film de Léos Carax est une délectation pour les sens. Tirant efficacement sur la corde émotionnelle, le cinéaste signe un poème filmique absolument colossal et se permet les audaces les plus remarquables. Ruptures de ton, scènes pratiquement muettes ou encore montage abrupte : on pense au Godard de la grande époque, dans cette manière de dynamiter la grammaire poussiéreuse du cinéma français. Et puis il y a les acteurs... Denis Lavant, monumental, s'est livré corps et âme dans cette entreprise pharamineuse. Comme dans Mauvais Sang, sa prestation purement physique relève de l'Art intégral : comédien, saltimbanque, magicien, héritier chaplinesque ou fils du mime Marceau, l'acteur est digne des plus grands. Juliette Binoche, l'oeil douillet, fait couler les larmes du nôtre : même borgne et souillée par la crasse d'un caniveau, l'actrice brille de sa cinégénie. Bref, difficile de dire du mal d'un film si imposant, si virevoltant, si unique en somme. Une vraie passion, communicative, émane de cet objet : Les Amants du Pont-Neuf donne envie de croquer la vie et de goûter à la Bohème. Bouleversant.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2012
Quelque chose de neuf, d’inédit jaillit de ce romance parisienne aux antipodes des classiques images de cartes postales glamours que nous évoquent ces deux mots mi cote-à-cote. Une poésie baroque et de superbes images entourent en effet le couple que vont former Denis Lavant et Juliette Binoche dans ce Paris terne et sale. La prestation des deux acteurs et leur mise en image par l’ingénieux Leos Carax parvient à rendre attachants leurs personnages de prime abord repoussants. Si cet OVNI cinématographique, dont le difficile tournage est devenu légendaire, souffre d’un rythme inégal, il est une très belle source de passions et une réussite visuelle certifiée.
Jean-François S
Jean-François S

59 abonnés 671 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 août 2010
"Les amants du Pont-Neuf" est un de ces films dont les rumeurs et les ragots auront plus contribués à son succès que l'oeuvre elle-même. Au départ un film ordinaire, les éléments vont se déchainer contre Léos Carax, qui avait reçu l'autorisation exceptionnelle de tourner sur le Pont Neuf au centre de Paris durant quelques semaines, mais au bout de quelques jours, Denis Lavant se blesse: film interompu. Son acteur rétabli, Carax n'a plus l'autorisation de tournage: il faut construire le décor du centre de Paris. La première production ne pouvant pas assumer un tel dépassement de budget, on change de producteur. Mais celui-ci sous-estime le prix de l'énorme décor qui se construit près de Montpellier. A peine un mois après la reprise, la production ne répond plus. Finalement, Christian Fechner rachète les droits du film pour une bouchée de pain et fait reconstruire une deuxième fois le décor laissé à l'abandon pour que le film puisse enfin voir le jour. Mais il est vrai qu'a la vue du résultat, on a du mal à comprendre comment l'on a pu investir une telle quantité d'argent dans un film si peu commercial. Certes les images sont belles, les idées poétiques, mais le scénario irréaliste est d'une pauvreté affligeante et le film ne suscite guère d'intéret à sa vision.
Dik ap Prale
Dik ap Prale

296 abonnés 3 072 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2014
Un film hommage au mouvement élevé par Lavant et l’œil qui le suit dans cet étrange manège, mélange de grande roue et de foire des horreurs. L'inaction sur ce pont et sur ces hommes révèle l'élan manifesté par se couple baroque, sorti tout droit d'un conte de Victor Hugo. Sans retenue et surtout appréciable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 mars 2013
Premier Carax pour ma part, et voilà bam j’ai envie de dire chef d’œuvre. Comme ça oui, parce que ce film est bouleversant. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas été aussi secoué devant un film… C’est juste splendide.
Certains passages sont, et je n’exagère pas, d’une beauté stupéfiante, qui constituent des moments rares dans mon expérience cinématographique. Je pense évidemment à toutes les séquences avec le feu d’artifice, vers le début, absolument grandioses, on en prend plein la gueule… Qu’est-ce que j’aurais aimé voir ça au cinéma putain ! Splendide. Déjà la scène d’intro, stupéfiante. Aussi au bord de mer, c’est magique. Puis la fin avec la neige, également quand ils marchent devant la boite de nuit, scène géniale. Il y a des moments où on se dit qu’à chaque plan Carax offre un spectacle inouï, c’est excitant de ressentir ça. Les passages dans le métro sont géniaux, tous. Les musiques sont énormes. Le duo Lavant/Binoche fonctionne à la perfection. L’histoire bon c’est plutôt classique, puis quand elle revient au premier plan on peut avoir quelques doutes de savoir où cela va nous mener, mais Carax reste dans la même lignée du film, et j’ai envie de dire c’est presque la première fois de ma vie que je me réjouis d’un happy end. Puis c’est vrai que pour le scénario on peut tout de même avoir quelques réserves, c’est bancal… Mais j’ai envie de dire c’est presque une qualité, car le film est assez sale, par rapport au sujet qu’il propose, et confronter ce réalisme à une histoire assez molle je trouve cela finalement bien, ça renforce la magie du film, l’ensemble est tellement bizarre mais beau (et moche aussi par moments) que je trouve le tout super. Carax montre énormément de choses, donc évidemment on pourrait dire « ça c’est à jeter, ça c’est à garder » mais au lieu de penser comme ça je me dis que tout ce qu’il montre, ba c’est beau, à sa façon. Et si c’est effectivement imparfait, c’est quand même parfait dans un sens (la citation du jour).
Si le début parait dur et grave, bien que cela se retrouve à certains moments par la suite l’amour entre les deux protagonistes va permettre au spectateur d’assister à des passages sensationnels.

Un film français, aussi original et beau, dans un pur décor français… Franchement que peut demander de plus ? C’est du grand Art, 2 heures quasi d’extase, faut mettre le son à fond et on s’en prend plein la gueule, c’est le genre de film c’est une vraie expérience, comme un trip quoi. La mise en scène est lumineuse, vraiment il y a des plans grandioses (là dans le métro avec tous les portraits qui brûle, ce plan là, précisément, c’est la perfection, j’aimerais avoir un poster comme ça au-dessus de mon lit, sans déconner…). Puis cette « fouille » de Paris c’est beau quoi. Explorer la ville à l’aube comme le fait Carax, voir partout, sur les berges aux passages du métro, et ce il y a 20 ans, je trouve cette plongée sensationnelle, le truc que je trouve formidable.
Non mais voilà vraiment le spectacle auquel on assiste est transcendant, et je pense, à quelques hésitations près, que c’est peut-être le plus beau film français qu’il m’ait été donné de voir (j’ose espérer que ce n’est qu’un début bien évidemment) pour le moment. C’est inventif, superbement bien fait, de bout en bout, on est dedans quoi, voilà ce film est une petite merveille, c’est le cas de le dire. Puis voilà l’anecdote avec les 150 millions de budget, plus le décor qu’on a dû refaire et tout… Tout ça fait qu’on a vraiment devant soi un truc unique, magique. Une histoire comme ça on en voit pas deux, c’est sûr.

Puis il y a vraiment de l’idée. Au-delà du « style » Carax on est devant un vrai truc, on vit les (dés)illusions de chacun personnage, une confrontation de personnes rejetées par la société, qui lutte, sur un pont en travaux, comme elles peuvent… Il y a de la misère, mais Carax utilise cette misère pour sublimer son film, et ça, c’est grandiose.
Un très grand moment de cinéma au milieu de clochards (faut quand même préciser de quoi parle le film), une histoire d’amour splendide, réaliste, on est autant choqué que bouleversé. Grand film, réellement.
samadelik
samadelik

3 abonnés 32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 novembre 2010
Film extraordinaire et débordant d'idées de mise en scène. Certains passages sont simplement somptueux (la course poursuite dans le métro qui s'enchaîne avec le 14 juillet 1989 est un des plus grands moments de cinéma au quel j'ai pu assister dans ma vie!!). Leos Carrax est un très grand réalisateur, un des seuls héritiers de la nouvelle vague qui a su prolonger ce courant cinématographique en l'adaptant aux années 80, en le continuant avec son époque. Quand on pense que le film, qui était à l'époque un des plus chers de l'histoire du cinéma, a fait un flop qui a ruiné ses producteurs, on se dit alors que Carrax a été coulé par son chef d'oeuvre, l'empêchant de faire d'autres films pendant de nombreuses années... Quel monde injuste! Un film à voir absolument au cinéma (malheureusement rarement projeté) pour la beauté de ses images, la perfection de son montage et l'extrême créativité et la grande maîtrise de sa mise en scène.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juillet 2010
Ce film pourrait être une grosse merde s’il ne prenait à parti ces milliers d’enfants abandonnés par la société, les recalés des plans à la traîne de l’insertion, qui ont fuit de chez eux ou se sont fait jeter de leur premier amour. Une sorte de Sans foi ni loi transformé en sans toi ni loi en milieu urbain lorsqu’on n’est pas seul…
Alex ne comprend pas cette idée de premier amour. Hans n’a pas «toujours été comme ça», ce vieux qui a presque toutes les clés de la ville, gardien de musées qu’il a été, des immeubles aussi. Sur ce pont se joue l’acceptation, le rejet, la construction élémentaire d’un avenir possible. Elle, peint des visages et risque de devenir aveugle. Lui, vit dans une nuit à retour difficile. Il fait le chien et pose pour qu’elle lui tire le portrait. Le film est une force qui ramène vers la vie et tire le vécu du plus profond des gouffres où il s’était enfoui. Derrière leur rencontre au hasard des abandons, quelque chose de rugueux émane de ces carapaces de la rue. Irrités sans doute par un passé douloureux, les deux personnages ne semblent pas disposés à en dire plus à ce sujet et se soucient cahin-caha, de se construire un avenir. Il y a une profonde métamorphose qui transforme le couple durant le film et pourtant il s’agit de choses si simple qu’il est difficilement concevable qu’on puisse les oublier à un tel point. Dormir, les ampoules somnifères, néanmoins la manière dont changent les personnages traduit le métabolisme d’un passage à l’âge adulte. Elle, retrouve un travail, lui, purge sa peine. D’ensemble et en dehors de la société qu’on les trouve, on les quitte ensemble toujours mais dans la société avec entre les deux, le passage du point zéro de l’existence à une vie plus digne où la séparation est impossible et une forme de poésie bohème de rigueur. Secouées par des expériences malheureuses, les carapaces vides se remplissent peu à peu, lentement, en s’accrochant à de petits moments de poésie en identification commune à la sortie d’un monde clos dans lequel elles évoluent sur ce pont coupé du monde où leurs vies se retrouvent «en travaux».
Des karmas en chantier que Carax révèle dans toute une froideur. La misère qu’ils traînent derrière eux est l’arrière fond de quelque chose qui va les transformer. L’amour, mais pas seulement. C’est toute une approche existentielle que fait évoluer Carax autour d’une pauvreté qui n’est que matérielle mais pas dans leur cœur. Autour d’une carence sentimentale de la difficulté de se les dire, il insiste toujours sur la vacuité de lendemains fragiles. Eux, ne doutent pas de la vie mais la vie semble s’en moquer de leur univers retranché qui s’est fait largué dans des caniveaux, échaffaudé dans une autarcie devenue maladive – qu’ils parviendront à briser – perdue sur un coin de chaussée ; pas n’importe lequel ce Pont-Neuf puisqu’il aura ruiné toute une production pour sa reconstruction en bois peint par cause de nécessité de tournage ce qui ne va pas sans attiser une certaine polémique financière sur la question.
Mais c’est Denis Lavant et Juliette Binoche, un couple dantesque et clochardeux qui pourrait bien devenir un inoubliable du genre car il met en image, en son point de départ, un type de société précise ainsi qu’une vulnérabilité de l’individu qui progressivement s’estompe. La plus belle des victoires étant pour eux dans le mérite de s’être trouvé là où d’autres se séparent.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 mars 2024
Alex vit à Paris, aux côtés de Hans. Tous les deux sont SDF et ont élu domicile sur le Pont-Neuf (alors fermé à la circulation, pour cause de rénovation). Un soir, Michèle vient perturber le train-train quotidien des deux compères, Hans ne veut pas d’elle alors qu’Alex lui, est en train de tomber sous son charme. Ensemble, ils vont vivre une histoire passionnée, au rythme des orchestres et des feux d’artifice du bicentenaire de la Révolution française que s’apprête à vivre “la ville lumière”.

Pour son troisième long-métrage, Leos Carax retrouve pour Juliette Binoche & Denis Lavant qu’il venait (tous les deux) de diriger dans Mauvais sang (1986). Ici, il est question d’une histoire d’amour entre deux marginaux malmenés par la vie, Alex, un cracheur de feu et Michèle, une artiste peintre dont la vue s’éteint petit à petit. Il en résulte une histoire d’amour à la fois excessive et contrastée.

Le début du film détonne et ne laisse pas indifférent, de par son aspect documentaire sur la vie nocturne des sans-abris. Puis, le film rejoint la fiction pour se focaliser sur ce couple qui en profite pour faire les quatre-cent coups (on appréciera le coup du somnifère, beaucoup moins celui du ski nautique qui frise le ridicule). Personnellement, je n’ai pas été happé par cette histoire d’amour contrariée, cela ne m’a pas touché et voir Denis Lavant faire des cabrioles sur le Pont-Neuf à travers une mise en scène lénifiante (exceptée la séquence pétaradante des feux d’artifice), très franchement, pas de quoi s’extasier.

Pour être franc, j’ai vu ce film uniquement pour sa reconstitution grandeur nature du Pont-Neuf, c’est la seule et unique raison. Après avoir découvert les documentaires Le Pont-Neuf des amants (1991) de Laurent Canches et Enquête sur un film au-dessus de tout soupçon (1991) d’Olivier Guiton, où l’on découvrait les coulisses du tournage de ce film pharaonique (dépassement du budget par quatre, 5 producteurs qui se sont succédé, 3 ans de tournage et 8,5 hectares de décor pour reconstituer le pont, la Samaritaine et tous les immeubles aux alentours). L’histoire autour de ce film, aussi bien sur la production que sur la réalisation est tellement ahurissante que ça m’a donné envie de jouer les prolongations en découvrant le film de Leos Carax, mais finalement, cette love-story trop romancée ne m’aura pas convaincu, malgré d’impressionnants décors et d’excellents acteurs.

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FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 octobre 2013
J'ai pas accroché à ce film malgré que j'aime bien Denis Lavant qui est une fois de plus très bon mais l'histoire ne m'a pas touchée même si c'était original de montrer un tout autre visage de Paris pour une histoire d'amour.
MC4815162342

449 abonnés 1 489 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 septembre 2014
Quelques années après avoir vu Holy Motors qui ne m'avais pas trop emballé je décide à l'occasion d'une soirée arte consacrée à Carax de tenter deux autres de ses films, et oui en tant que pur cinéphile je ne m'arrête pas à un film pour juger une filmographie, la soirée commence donc avec Les Amants du Pont-Neuf, une fascinante histoire d'amour entre deux clochards, enfin l'un est clochard et l'autre plutôt vagabonde, elle a très certainement un endroit où aller mais elle ne veut pas, sa maladie incurable des yeux n'arrange rien, un soir elle se rend sur le Pont-Neuf qui est fermé pour cause de travaux qui n'ont jamais aboutis, c'est un repaire de clochards, c'est Hans, un clochard également qui décide de qui y reste ou pas, Michèle, la vagabonde donc s'y retrouve un soir pour dormir, quand Alex cracheur de feu mais non moins clochard retourne sur le pont il l'a découvre endormie à sa place, dès le lendemain une folle histoire entre eux va naître.
Une histoire d'amour pas comme les autres donc, d'ailleurs on aura jamais vu une histoire d'amour aussi sincère et véridique, on est loin des simples comédies romantiques cul cul, là on est dans le vif, dans le vrai, on passe par la passion, la joie, la tristesse, la jalousie et par bien d'autres états, tout cela sur le fameux Pont-Neuf, pourquoi est-il fermé d'ailleurs ? Pourquoi cet univers est bizarre, tout simplement car Carax ne choisi jamais la simplicité, ce gars rêve de ses films, il ne fera jamais dans sa vie un film traditionnel et à quoi bon d'ailleurs, autant rester dans ce qu'il aime et ce qui nous apporte quelque chose de nouveau, car vous aurez beau cherchez vous ne me citerez jamais un film proche de l'univers poétique de Carax.
Un univers atypique pour un réalisateur non moins atypique, un réalisateur qui sait toujours comment capter l'image, l'ambiance, la relation entre ses personnages aussi qui est fabuleusement juste et soignée, la bande son qui est à chaque fois unique et envoûtante, ses décors aussi qui d'ailleurs sur ce film on subit pas mal de dégâts suite aux intempéries, le tournage a durée à peu près 3 ans si je ne me goure pas, ce qui est tout de même incroyable mais Carax n'a jamais lâché et au final on peut le remercier car il nous livre un fascinant récit.

Je ne sais pas pourquoi mais ce film m'inspire la phrase "L'amour des pauvres est plus fort que celui des riches", c'est peut être bête mais les pauvres n'ont plus que ça au final, alors que des gens riches ou même normaux n'ont pas un amour aussi fort que ceux qui n'ont plus que ça, et c'est justement ça qui rend ingénieux le faite que Carax est choisi le coté sdf, il ne choisi pas de se faire rencontrer une bombasse en robe et un beau gosse en costard dans un café, non il choisi une cyclope crade et un boiteux pas franchement beau, franchement chapeaux pour cette idée, et puis c'est bien beau d'avoir d'excellents personnages mais qu'en n'est-il du casting, et bien pendant deux heures les fabuleux Denis Lavant (fidèle de Carax) et Juliette Binoche (déjà présente dans "Mauvais Sang") portent cette magnifique et onirique relation, et plus je vois Lavant chez Carax plus je le trouve époustouflant, ce petit mec pas franchement beau est une bête de jeu, faut dire qu'il fait du théâtre donc ça aide forcement mais il a une telle présence et même s'il n'est pas franchement beau il dispose d'un charisme unique, il colle de plus totalement avec l'univers de son réalisateur, il m'épate sincèrement à chaque fois, à ses cotés la jeune et mignonne Binoche également très talentueuse et qui se met elle aussi à fond dans ses rôles, en bref, un casting de premier choix.
Et encore une fois Denis porte le prénom d'Alex, pour la troisième fois chez Carax il porte le prénom d'Alex, ça n'est autre que le reflet de Leos Carax lui même, né sous le nom d'Alex Dupont, il s'intègre via son acteur dans ses univers surréalistes et rêveurs.

Bon, j'en ai suffisamment dit je pense, après donc une déception du coté d'Holy Motors (mais je vais le revoir bientôt pour voir si mon avis change) j'adhère énormément avec celui ci, donc je vais continuer la filmo de cet homme unique et mystérieux qu'est Leos Carax.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 février 2011
Film particulier, la réalisation est souvent turbulente et hystérique mais parfois aussi tendre et calme. Le couple principal est impressionnant. Certaines scènes sont moins inspirées. Une oeuvre poétique mais violente et cruelle par moments. Carax tente de montrer Paris sous plusieurs point de vue la beauté mais aussi la crasse.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 novembre 2009
Magnifique! Sublime! Génialissime! Chef d'oeuvresque! C'est le seul mot qui puisse qualifié correctement ce film paroxystique! Leos Crax réunis rassemble dans cette œuvre tout ce que devrait être le cinéma, poétique, esthétique, tragique, cruel, violent, émouvant, drôle Beau jusque dans le plus petit détails et surtout deux scénes magnifique celle de la danse sur le pont et celle de la plage, rarement les corps en mouvement n'auront était filmé avec autant de génie, rarement ils n'auront était aussi beau jusque dans leur défaut.
Tout! Tout contribue a faire de cette histoire d'amour fou entre deux clochards le plus grand spectacle du monde, a l'élever au stade mythologique!
Assurément le plus grand film français de ses 20 dernières années par l'un des plus grands cinéastes du monde malheureusement trop absent.
Remi S.
Remi S.

20 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2019
La nuit tombe sur Paris. Des hommes et femmes sortis de l'ombre déambulent au cœur de la misère, de la mélancolie et de l’ivresse plein la tête. Dans ce balais nocturne se rencontrent Alex (Denis Lavant), sans domicile-fixe depuis longtemps et vivant au Pont-Neuf, et Michèle Stalens (Juliette Binoche), ''nouvelle'' recrue de la rue qui perd la vue au fil du temps !

Dans *Les Amants du Pont-Neuf*, Leos Carax signe une romance marginale, illuminée par le Paris nocturne ! Entre pauvreté et élan de liberté, deux êtres vont réussir à s'aimer.

Alex ne s’accroche plus à rien et déambule dans la capitale froide de sa météo, et chaleureuse dans son symbole. Au-delà des délits, sa demeure se résume au Pont-Neuf, fermé au public pour rénovation. Dans ce pont délabré, Alex y trouve la paix et une source de paisible échappatoire grâce aux somnifères de son ami Hans (Klaus Michael Grüber).
L'installation de Michèle au pont attire les foudres de Hans, et l'émerveillement de Alex. La redécouverte de l'amour et de la beauté, depuis si longtemps enterré. Avec son passé mystérieux, Michèle et ses nombreux dessins sous le bras, découvre Alex et la vie misérables du Pont. Vision qu'elle perd au fur à mesure que ses yeux s'affaiblissent.

La romance des deux amants fleurie et de là l'insouciance et et la liberté priment. Dans une incroyable scène de danse au rythme de Johann Strauss II et autres artistes, Alex et Michèle s'étourdissement et se lâchent sur le Pont-Neuf, avec en fond les feux d'artifices des commémorations du bicentenaire de la Révolution française qui surplombent la Seine.
Paris est à eux, la Seine est à eux, et rien de ne peux les empêcher de vivre et de s'aimer ! Comme la vieille figure symbolique du Pont-Neuf qu'on cherche à détruire et qui profite une dernière fois de sa ville-mère.

Mais cet amour est tiré dans tous les sens. Alex ne jure qu'à vivre dans la rue, libre de tout. Dans ce sens, son amour avec Michèle doit se poursuive ici. Quant-à elle, inconsciente et nouvelle, la vie misérable et marginale peut la conduire surement à vouloir retrouver un peu d'ordre. Surtout quand ses yeux perdent de leurs splendeurs au fil du récit.
Dans cet amour de vouloir garder à tout prix Michèle à la rue, Alex tombe dans la criminalité jusqu’à finir en prison. Michèle, voyant l'opportunité d'être opéré et sortir de la vie du Pont, retourne à la vie normal et quitte son amant subitement.
La romance marginale se coupe, pendant deux longues années. Les deux personnages se reconstruisent chacun de leurs cotés : Michèle en ville et Alex en prison. Mais comme toutes belles histoires d'amour, la retrouvaille des deux amants se réalise ! Une retrouvaille qui commence dans une visite spéciale en prison, avant de se poursuivre sur le Pont-Neuf enneigé et reconstruit, jusqu'à continuer sur le Seine en direction du Havre. Alex et Michel, de renouveau enlacés.

Au-delà de son écriture magnifique et torturée, Leos Carax propose une véritable leçon de mise en scène. Une réalisation véritablement réussite aux couleurs somptueuses : qu'elles soient scintillantes grâce aux feux d'artifices, ou plus sombres dans la nuit parisienne.
La caméra de Carax se laisse le temps de respirer et offre au duo Juliette Binoche-Denis Lavant la place de pouvoir bouger, danser et donner d'incroyable prestation.

*Les Amants du Pont-Neuf*, véritable grand moment de cinéma signé par la pâte du mystérieux Leos Carax. Sur le Pont-Neuf, deux êtres délaissés vont vivres une aventure amoureuse au cœur de la misère. Un ''monde-parallèle'' à la vie lambda, qui va leur offrir tout Paris et la liberté de vivre !
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2023
" - Elle va s'endormir et moi je serai seul ! "

Les Amants du Pont-Neuf est une constante dans mes rendez-vous, à chaque fois, il me semble l'aimer davantage. Il est certain qu'il est mon film de Leos Carax préféré, celui que je connais le mieux mais qui reste toutefois, j'insiste, celui qui me sera toujours comme étant le plus beau, si imparfaitement beau ... Pourtant, il y'a du sordide, ces premières minutes ne nous épargne pas ses tronches et corps ravagés, par des excès de vie et de mort, l'un ne va pas ici sans l'autre.

On entre à toute vitesse dans ses rues de Paris. A bord d'un véhicule qui fuse, auprès de ses deux corps, en premier à distance, effleuré pour l'une par le bolide, percuté pour l'autre par ce dernier. La ganache éraflé, la cheville brisé par l'accident ne le touche néanmoins pas vraiment, sa douleur est endormit, pour cette insomniaque chronique, que seul la buvette et les cachets soignent. Le pas n'est pas aussi saccadé chez elle que pour lui, elle chancelle sous un poids, plus lourd encore. En atteste, cet œil bandé, par ce pansement proéminent qui ne l'empêche pas de constater ce type sur la chaussé, qu'elle pense raide mort avant de s'enfuir. Il ne l'est pas encore, ramassé par cet autocar de laissé pour compte, il traine sa carcasse à la force de ceux qui le porte, comme ils et elles le peuvent ...

De ce refuge, on ne retiens que les coups, la crasse, la nuit qui se termine. Son jour n'est pas aussi chargé. Il ne reluit pas pour autant. Il soigne les blessures, avec quelques promesses auquel on ne croit pas trop, par manque d'envie, par gout et habitude de cette vie-ci ...

Le retour au Pont, domicile du sans abri, des retrouvailles avec ce compagnon, à première vue violent, peu avenant, avant de changer complètement pose le jalon d'un lieu ou le passage est interdit, hormis pour les habitués. L'arrivée de cette femme, est vu comme une menace par le plus vieux, comme une étrangeté pour le plus jeune. Un second jeu d'observation entre celui-ci et cette dernière s'opère. Cette fois, c'est elle qui est au plus près du sol, et lui qui la découvre dans l'obscurité du soir. La peinture qu'elle a faite de lui nous apparait, à lui comme à nous, à cet instant, la fascination nous contamine avec. Les présentations se font, dans la violence de Hans, qui lui indique la sortie, puis entre Alex et cette dernière, Michelle, lorsque celui-ci manigance un repêchage. C'est dans sa faiblesse qu'il découvre sa vie qu'elle fuit, son malheur. Sa vue qui met les voiles, tout comme l'amour qu'elle porte à un autre, ayans mis les amarres également.

S'ensuit un autre concours. Il et elle se courent après, dans l'ignorance l'un de l'autre, avant de s'afficher pleinement. La scène ou Alex va travailler, ou il crache son feu dans sa chorégraphie sous son regard à elle est d'ailleurs magnifique. Le film l'est de bout en bout, mais j'aime particulièrement ce moment. La débauche d'énergie qu'elle dévoile dans le métro, lorsqu'elle entend la musique de celui qu'elle sait la jouer de la sorte et sa tentative à lui de la contrer est une autre jolie séquence, aussi brute soit-elle !

Le mensonge, le tout premier est ici débusqué, trompé et amène à une vision que l'on ne sait réelle ou non. La force de cet instant de fragilité débouche sur un " Amour ". Un tir, des tirs, de l'alcool, une crise sous l'auspice des festivités d'un 14 Juillet, de ces feux d'Art-ifices entraine une farandole sur un pont qui continue avec les années de me surprendre. J'ai beau revoir cette parade, en boucle, elle me met dans touts mes états encore une fois ! La musique qui s'enchaine, cette agression de fonctionnaire et le vol de son bateau pour faire du ski-nautique sur cette eau de Paris me chamboule, reflète et suinte de la poésie de Carax pour ses personnages qu'il bouscule ...

Le trousseau de Hans, offert à Michelle qui en larme lui hurle ses errances, son manque de voir cette toile qu'elle ne peut plus redécouvrir, et sa solution à lui est une autre plaie béante à cet instant. Je ne cherche pas mes mots, il s'impose devant la confidence de la " douleur " qu'il lui dicte, qu'elle approuve et dérive à sa guise. Une liberté, une preuve, un manifeste aussi dur soit-il ! Partir et vivre, à moitié donc ...

Sur la plage, nus, à détalés comme des dératés, à hurler leurs noms, sans horizons mais avec la mer qui berce, elle toujours. Bowie la nuit, dans cette ruelle qui dort, que les intérieurs résonnent est à mentionnés juste à coté de cette prise d'air. La combine pour le fric qui s'impose ensuite, n'est que semi-partage, à l'image d'un clapotis de boite qu'il ne souhaite pas. Il manipule sa fin, dans une culpabilité qui lui laisse endosser. Il encaisse lui aussi plus tard une peine, qu'il tente d'oublié dans l'alcool, comme au départ, dans sa mutilation qu'il n'arbore plus sur le front, mais sous sa veste, des plaies à coup de tesson qui le marque au sang. Les coups qu'il et elle échange avant la découverte des blessures sont cependant encore plus brutaux et terrible. Sa joie fugace, éclairé à la bougie par Hans qui la porte sur son dos est de suite entériné par cette colère ! Quand à ce dernier, il tombe et coule, sans que l'on ne revoit son visage lourd des stigmates qu'il a jusqu'ici arboré ...

Les cheveux d'Alex poussent, la cécité de Michelle avance, ils semblent toutefois être plus unies que jamais dans ce métro qu'ils traversent dans des confidences de tendresse, de jeu, entre eux, jusqu'au cabrioles de ce dernier qui découvre la fin de ce partage pour des affiches qu'il détruit immédiatement. " Pour moi, tu dois tout faire en grand ! "

Le feu n'y change rien, elle disparait par l'intermède de la radio offerte, avec un message qui le ramène à sa haine de lui-même. Son geste est cette fois irrémédiable. Le sort ne s'arrête pas à sa main mutilé, il se fait passer à tabac par les officiers de police qui le somme d'avouer son crime. Le jugement est sans appel ...

C'est entre ses quatre murs qu'il et elle se retrouvent. Avec ses yeux soignés et sa main à lui pansé. L'échange est rude, silence et confession amène cependant des promesses. On les verra prendre effet, mais pas vraiment comme prononcées. Le Pont réouvert, sous la neige de ce réveillon prône le retour de la boisson et des rires, des cris, des heurts ensuite ... La promesse de Havre à bord de la péniche qui s'éloigne redonne un nouveau souffle à ses amoureux transits, enfin prêt à rire et à chanter au même moment !

Ce film est un des plus magnifiques que j'ai pu voir. Aussi ardant et passionné soit-il, il témoigne d'un authentique moment de fureur et de colère dans une quête à poursuivre, coute que coute ! Leos Carax laissera un long-métrage pour la postérité !
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