Une fresque historique de 205 minutes,qui part d'un sujet fondamental et peu traité au cinéma(normal,il est signé Dalton Trumbo,auteur black-listé à Hollywood)pour malheureusement s'enliser très rapidement. Le traitement mélodramatique de l'œuvre est insupportable,notamment dans la liaison contrariée entre un Paul Newman et une Eva Marie Saint bien palôte. Mais le pire n'est pas là. Il réside dans l'accumulation incessante d'inexactitudes historiques,et dans le fait que seul le point de vue des Juifs soit exposé,celui des extrémistes uniquement. La création d'Israel fut(et est toujours) un problème à deux faces. Où est donc le point de vue des Arabes,des Palestiniens? Si l'on n'est pas trop regardant ,on saura profiter de quelques morceaux de bravoure,impliquant des centaines de figurants. Mais ça s'arrête là pour "Exodus"(1960),film mineur malgré sa durée,pour Otto Preminger.
Un bon film de propagande hollywoodien. Avec comme il se doit, une double histoire d'amour et d'action à l' américaine. Mais on se demande ce qu'il y a de vrai dans ce roman historique...
Bigre 3h20 pour cette fresque sur l'exode des juifs vers la Palestine ! Le réalisateur prend beaucoup de liberté par rapport à l'histoire mais ce serait mentir de dire qu'on ne passe pas un bon moment devant ce film, malgré quelques longueurs. C'est plutôt bien écrit et certains rebondissement sont bien pensés, dommage que certaines scènes soient un peu trop étiré, mais le film reste plutôt divertissant et c'est bien filmé. Après le sujet aurait mérité une plus grande et vrai réflexion. Il est emmené par le duo Paul Newman/Eva Marie Saint qui marche à merveille et on retrouve de très bon second rôles (notamment l'excellent Lee C Cobb). La reconstitution et les décors sont très bien fait. Un bon film mais, à défaut d'être juste historiquement, aurait surement mérité une réflexion bien plus grande.
Long film historique sur un événement fondateur. Le film n'a pas l'ampleur voulue. Tout d'abord on suit un point de vue unique et extrême reléguant toute autre opinion à une intention belliqueuse ou haineuse. C'est en somme assez simpliste. Mais après tout l'Histoire ne s'est-elle pas montrée excessive et terriblement cruelle. La romance entre Eva Marie Saint et Newman est inutile et fait perdre au film son intensité sans rien apporter d'autre qu'un soit disant regard extérieur, américain et bien entendu bienveillant ! Trop long, le film ne trouve pas son rythme et s'avère une succession de séquences plus ou moins réussies. À vouloir éviter le pathos, Exodus nous garde à distance, à l'instar de Paul Newman très juste et digne mais impassible.
Un film fleuve sur la création d'Israël. Très pro, très didactique (le scénario, tiré de l'oeuvre de Leon Uris, est signé Dalton Trumbo, l'auteur blacklisté de Johnny s'en va en guerre). On suit avec intérêt l'aventure de l'Exodus, l'opposition entre deux mouvements juifs, l'un pacifiste (la Hagana), l'autre terroriste (l'Irgoun), la lutte contre les Britanniques et le début du conflit avec les Arabes. On apprend des choses. Cela dit, malgré une belle tonalité humaniste (et amère sur la fin), le film n'est pas sans défaut. Sur le fond, il ne présente pas le point de vue des Arabes qui souhaitent conserver leur territoire. Ce qui est quand même une donnée fondamentale du problème... On ne va que dans un sens, celui des Juifs. Par ailleurs, cette oeuvre est très longue (3 h 15), pas exempte de clichés ou lourdeurs symboliques, et sa mise en scène, certes maîtrisée, se révèle un peu lisse. Côté acteurs, Paul Newman s'impose avec conviction, tandis qu'Eva Marie Saint (La Mort aux trousses) paraît bien fade dans un rôle, il est vrai, peu intéressant.
Appréciant généralement les peplums fantastiques, celui-ci m’a toutefois laissé une impression amère. Tiré de mythologie chrétienne - mais plutôt juive rétrospectivement – il nous conte l’histoire d’un homme élevé depuis l’enfance en Egypte par la famille du pharaon, mais qui ne leur ressemble pas du tout (vêtements différents, porte la barbe…). Et pour cause, il s’agit en fait d’un élu malgré lui pour devenir le chef du peuple hébreux qui comme par hasard est réduit en esclavage par les égyptiens. Histoire donc à mettre en parallèle avec les sagas scandinaves, leurs héros, leurs divinités, leurs pouvoirs… et leurs élucubrations familiales. Déjà le scénario est grotesque en soi mais la réalisation flirte constamment avec le ridicule, Comme dans cette scène symptomatique ou le héros, Moshe, endormi près de son cheval mort après avoir errer dans le désert se trouve en prise avec deux énergumènes venus d’on ne sait où, qui pour - on suppose - le dépouiller, ne trouvent rien de mieux que de le réveiller pour se faire tuer, ce qui arrange bien Moshe qui s’octroie ainsi deux chevaux et des vivres. Comme dirait un certain Tuco « On raconte pas ça vie quant on veut tuer quelqu’un ». Par ailleurs comment, élevé comme un égyptien depuis la petite enfance, ce gars-là décide de ne suivre aucun code vestimentaire ou culturel propres aux ‘siens’. Le réalisateur s’est dit : « Il faut que le spectateur comprenne bien que mon héros c’est pas un égyptien ». Mais quand même d’où sort-il son nom ? sa mère adoptive a du lui donner un nom égyptien, pas celui d’un peuple réduit en esclavage. Bref, vraiment pas claire comme situation. Quant au spectacle proposé, il s’étale en langueur tant il est sans âme. Reste les effets spéciaux, sans doute ce qu’il y a de mieux dans le film, mais assénés d’un coup, sans nuances. L’Egypte victime de calamités naturelles (sauf celle qui tuent ses nouveaux-nés humains) semble devoir les subir en moins d’une semaine, pourtant à chaque fois que l’une arrive, la précédente ne laisse plus la moindre trace Les hébreux qui pour sauver leurs enfants, sacrifient autant d’agneaux pour conjurer le sort (vraiment n’importe quoi, mais c’est paraît-il dans l’histoire d’origine) prouvant que le respect des autres espèces animales n’a jamais été à l’ordre du jour. Quant à la scène du tsunami qui engloutit les troupe de Ramses II (le pharaon présumé), si techniquement elle est probante, encore que le gabarit de la vague aurait à mon avis engloutit une bonne part des hébreux bien trop proches du rivage. Son dénouement statue des approximations et incohérences du scénario et par extension de l’histoire, avec ses deux meneurs de peuples qui se font face à quelques mètres, sans se soucier de la vague gigantesque qui va les engloutir. Le hébreu s’en sort sans soucis car il est le héros du sujet, mais l’égyptien aussi, tandis que toute son armée est anéantie, comme le témoin d’importance, car pharaon. Ainsi, pour les super-héros hébreux (Moïse/Moshe et son dieu) le reste de la population asservie également mais parce qu’égyptienne, n’est que le résultat sans importance des dommages co-latéraux voulus par cette guerre des mythologies. Bref, navrant de fond comme de forme. Franchement au visionnage du film, j’ai pensé que c’était un film de commande, pour la télé, ou genre direct-to-DVD.
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1,5
Publiée le 7 juin 2021
Exodus c'est les héros contre méchants dans un cadre simpliste plein de clichés d'acteurs unidimensionnels et d'une mise en scène médiocre. L'un des héros Paul Newman que l'on voit également en action alors qu'il est déguisé de manière très convaincante en Arabe reçoit une balle dans le dos et manque de mourir en étant soigné par une infirmière héroïque qui se surpasse mais pas dans son jeu d'actrice qui se réduit à froncer les sourcils puis oublie son dos et l'utilise son temps pour porter un enfant hors de danger au cours d'une longue et difficile randonnée. Une jeune fille juive naïve et angélique de quinze ans tombe également amoureuse est brutalement abattue par un assassin arabe alors qu'elle gardait héroïquement son kibboutz après avoir beaucoup chanté et dansé puis elle est enterrée dans la même tombe que le bon Arabe assassiné par son propre peuple. Il doit y avoir un message caché que je n'ai pas compris. C'est une bonne chose que des films comme celui-ci montrent combien les choses sont vraiment simplistes mais embarrassante à regarder...
En 1956, cela fait huit ans que la déclaration officielle de l’État d’Israël par les Nations Unies (le 14 mai 1948) est en vigueur. La majorité des patrons des studios de la période de l’âge d’or d’Hollywood étant de confession juive et le dixième anniversaire d’Israël approchant, la mise en chantier d’un film lié à l’événement semblait aller de soi malgré la complexité et surtout l’explosivité du sujet. Dore Schary alors producteur de la MGM commande à Léon Uris un scénario qui prendra pour emblème l’épopée méditerranéenne de L’Exodus, symbole de l’Alyah devenue impressionnante depuis la fin de l’Holocauste. L’écrivain se livre alors à des recherches documentaires pour étayer son propos. Mais Dore Schary quittant la MGM, le studio un peu frileux abandonne le projet. Léon Uris utilise alors ses notes pour écrire un livre qui deviendra un best-seller. Otto Preminger enocre au fait de sa gloire et qui vient juste de triompher avec « Autopsie d’un meurtre » accède au manuscrit de Uris et décide de l’adpater. Devenu producteur indépendant depuis « L’homme aux bras d’or » (1955), il rachète les droits d’exploitation du roman à la MGM. Dans la foulée il obtient d’Arthur Karim producteur de United Artists un budget de 3,5 millions de dollars. L’entente avec Léon Uris est de courte durée, Preminger exigeant plus de neutralité quant au traitement de l’intrigue. Après quelques autres péripéties notamment avec le scénariste blacklisté Albert Maltz, c’est finalement Donald Trumbo lui aussi inscrit sur la tristement célèbre liste noire des « dix d’Hollywood » qui met le point final à l’écriture du scénario. L’entreprise était plus que délicate, la crise du Sinaï consécutive à la nationalisation par l’Égypte du Canal de Suez venant de démontrer que l’utopie d’une cohabitation pacifique au Proche et Moyen Orient relevait sans doute d’un vœu pieux qui 70 ans plus tard ne s’est toujours pas réalisé, loin s’en faut. Donald Trumbo saisit parfaitement les enjeux narratifs qui tiennent tout à la fois de la narration historique, de l’épique et du drame humain de peuples qui au-delà des fraternités individuelles ne peuvent parvenir à durablement s’unir. Pour ce faire, il exhibe une dizaine de personnages ayant la charge de représenter tous les intérêts et les contradictions nourrissant le conflit. La critique releva certaines imprécisions ou omissions historiques mais l’ambition de Preminger ne se situait pas exactement là qui lui-même de confession juive semblait déjà avoir compris que la route vers la félicité serait très longue et peut-être même sans issue. Si la présence arabe n’a peut-être pas assez été soulignée, Preminger n’omet pas de pointer du doigt l’ambiguïté d’une puissance coloniale ayant bien du mal à renoncer à ses privilèges, n’hésitant pas à jouer contre ceux-là même qu’elle a contribué à défendre en luttant bec et ongles contre le nazisme. Le film très long (3h30) spoiler: scindé en deux parties tient malgré tout sa promesse de séduire le grand public en offrant au spectateur une romance entre Paul Newman et Eva Marie Saint ajoutée à une autre plus juvénile à l’issue tragique entre Sal Mineo et Jill Haworth. Lee J. Cobb, Ralph Richardson, Peter Lawford, John Derek, Gregory Ratoff, Alexandra Stewart, Felix Aylmer, David Opatoshu et quelques autres complètent efficacement une distribution très impliquée, tout comme la musique d’Ernest Gold (Oscar reçu pour l’occasion) qui renforce efficacement l’intensité dramatique. Il fallait assurément un cinéaste de la trempe d’Otto Preminger pour parvenir à rendre compte de manière fluide et didactique d’un sujet si douloureux aux ramifications complexes. Son film certes un peu oublié fait encore référence même si face à une situation toujours aussi tragiquement évolutive on aurait pu penser qu’il serait dépassé, appelant d’autres réalisateurs à se frotter de manière aussi exhaustive à l’exercice. Mais sur le fond « Exodus » a peut-être montré l’essentiel d’une situation dès le départ inextricable, fruit de l’aberration des mécanos géopolitiques et territoriaux auxquels sont toujours tentés de se livrer les dirigeants de ce monde après chaque conflit, jonglant sans ménagement avec la mappemonde terrestre comme le faisait avec allégresse, ironie et désinvolture Charlie Chaplin devenu un Führer de pacotille dans son génial « Le Dictateur » en 1940.
Un film classique qui traite d'un thème historique marqueur de son temps. IL explique parfaitement bien les étapes de la construction de l'état d'Israel.La reconstitution historique est bien faite, mais le style hollywoodien un peu pompeux , fait vieillir le film prématurément. Presque trop conventionnel.
Énormément critiqué sur sa justesse historique et son point de vue (uniquement Juif) de l'histoire, ce film reste néanmoins un excellent divertissement malgré quelques scènes qui s'étirent inutilement en largeur.
Réalisé par un des plus grands noms du cinéma hollywoodien Otto Preminger ( " autopsie d'un meurtre", " Laura", " Mark Dickson détective", " l'homme aux bras d'or" notamment) cette fresque de deux cents minutes est desservie par un scénario ( selon moi) beaucoup trop étiré qui produit un rythme pesant.
Certes "Exodus" (1960) présente à priori de nombreuses qualités : son sujet ( la naissance de l'État d'Israël sur fond de conflit interne ), la distribution portée par Paul Newman, la photo et les décors naturels mais au final le titre de Preminger ne tient pas beaucoup de ses promesses.
La dernière demi-heure potentiellement très intéressante a traiter est malheureusement évacuée de façon elliptique alors que la première heure s'étire inutilement ( peut-être pour illustrer le titre du film qui finalement ne correspond pas vraiment à son contenu ).
Preminger reviendra sur la fin de sa carrière indirectement sur le sujet, avec "Rosebud" ( opus de 1975 reconsidéré aujourd'hui par la critique) qui traite d'une prise d'otages par l'organisation " septembre noir".
On retiendra la présence au générique dans le premier rôle féminin de Eva Marie Saint ( actrice au charme sage et - selon moi- un peu trop lisse) , mais restée dans la mémoire du septième art, grâce à ses choix de carrière très judicieux au sein d'une filmographie peu fournie.
Grand film au souffle épique qui raconte la création de l'Etat d'Israël à travers les histoires de différents personnages et montre les liens entre leur vie personnelle et leur implication dans la naissance du nouvel État juif. C'est historiquement exact, bien que Ben Gourion soit ici renommé Ben Canaan. Décors réels, action, interpretation au sommet, Paul Newman n'a jamais été aussi beau ! Un peu trop optimiste cependant quand on connaît la suite de l'histoire, hélas
Un sujet pas forcément des plus évidents à porter à l'écran sans tomber dans les clichés et le manichéisme. Bien que la longueur puisse décourager les spectateurs, c'est un film à voir pour les cinéphiles. Qu'il y est quelques erreurs, raccourcis ou approximations ce n'est pas le plus important, ce qui est à considérer c'est le message du film et le fait historique évoqué. L'objectif de ce film n'est pas de reconstituer ce passage de l'histoire, mais de l'évoquer. Le sujet est d'autant plus intéressant, car il est hélas toujours d'actualité. Si l'ensemble des acteurs livrent ici une très belle prestation, on remarquera une fois encore l'immense Paul Newman qui laisse ici un de ses rôles les plus sobres, qui porte le film sans se mettre en avant. La prestation de Paul Newman est particulièrement intéressante lors de la scène de l'évasion à St Jean d'Acre, car à y voir Paul Newman on se demande si il n'aurait pas été lui aussi parfait pour le rôle de Lawrence d'Arabie. Un très beau film à voir et aussi à écouter pour le thème musical écrit par Ernest Gold.