Le déjeuner sur l'herbe
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26 critiques spectateurs

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François Huzar
François Huzar

10 abonnés 83 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 janvier 2023
Encore un film mal-aimé de Renoir. Il est vrai qu’il peut sembler futile et mal équilibré. Mais il distille un charme irrésistible, avec un Paul Meurisse merveilleux et une parabole sur le progrès et le rapport à la nature qui n’a pas vieilli mais est plus que jamais prophétique.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 31 janvier 2013
Qu'est ce qu'écrire une critique cinématographique? Sans en savoir grand chose, ces trois fois rien, ici même, de la pratique littéraire pourraient suffire à ouvrir de larges portes sur ces perspectives nouvelles : quelques panoramiques de la conscience abstraite ou l'une de ces visions lucides de la transformation évolue dans de si belles transmutations de la rêverie éveillée.
Autour du film, tout a été déjà écrit, des formulations justes et concises contiennent le propos dans ses dimensions visibles. Ce qui est donné sur l'écran a largement été recensé : fable poétique rousseauiste, critique d'un développement scientifique aveugle, catégories usuelles de la sémiologie (culture versus nature, classes populaires versus élite ...), volupté explicite, et tous les linéaires de la narratologie (bien que le début puisse encore laisser perplexe certains doctes propos). L'appareillage technique minutieusement étiqueté a été disséqué : approches comportementales, gros plan, montage parallèle, lumière, couleurs et jusqu'aux effets sonores ; malgré tout, toutes ces traces sentent encore la sueur du lit conjugal.
Cette "référence au tableau homonyme de Manet qui mêle, tout comme le film, nature, sexualité et intellectualisme" a pourtant bien enfanté autre chose dans la simple nature de l'esprit et en une seule séance! On ne parlait pourtant que de ça! L'insémination artificielle, la possibilité d'une procréation artificielle dont les dignes et moraux admirateurs des premières heures ont fait les frais : véritable calculatrice, traducteur latin-grec automatisé, l'enfant prodige se révèle presque plus froid qu'un programme de réseau social.
Pourquoi alors ne pas franchir le pont? Montrer ce qui se passe derrière l'écran, au-delà du paysage de fiction, au beau milieu de la chose, centre éponyme luminescent. À l'époque cybernétique et des développements fugaces des langages objets, nous sommes bien à peu de pas d'une écriture complète de l'arborescence, de la raison artificielle, simple programme compilé capable de mettre bas des tonnes de divertissements et bientôt grand manitou de la culture de masse par des quintuplés de séries télévisées qui seront, sans nul doute, à la hauteur de son savoir canonique.
Et comment ne pas craindre (L'auriez-vous déjà vu?) les nouveaux films de Maryline Monroe dans son avatar restitué, plus vrai que virtuel, pour des aventures dignes des années folles où soulevant sa jupe au-dessus d'un cratère lunatique, elle lance sa flatulence chou devant un Armstrong hilare.
Mais que le vent souffle enfin dans les campagnes cinématographiques, que les premiers théâtres antiques, temples de l'amour murmurent à l'oreille de tous, que les satyres dionysiaques brassent les sucs vitaux, que seulement l'ivresse et la transe mystique résonnent en son sein dansant à l'aube d'une humanité nouvelle, qu'alors nymphettes virevoltent dans l'air du temps et s'escarmouchent libidineuses, que l'homme puisse alors voir et c'est déjà l’étreinte naturelle, les gémissements d'une âme qui chamboule tout dans une projection qui n'en finit pas. Elle paraît nue, ondulante et plongée dans la source, pour d'ores et déjà osciller en ce long baiser fébrile des nouveaux enchantements. Le royaume des yeux se mire dans l'osmose de ces langues entremêlées, vertige poétique qui, au bord du néant de la contemplation, laisse encore à l'œuvre l'autonomie de la vie spirituelle.
Et c'est bien plus encore! La vision de l'artifice cinématographique dans la quotidienneté humaine, le transformable et le malléable, la souplesse d'un système qui autorise certaines de ces caresses de l'âme. Qu'elle paraisse seulement! Voir ses lumineux trajets dardés en de sinueux chemins pittoresques. On la voit bien alors la délicieuse nature. L'enfant paraît et ce sera une œuvre d'art, complémentarité singulière de ce qui tend l'un vers l'autre, fusion de la culture et de la nature, hybride enchanté dans un nouvel éden.

David.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 18 octobre 2008
Je n'ai pas très bien compris le but du film en tout cas ce n'est pas drole.
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2019
Le pré générique nous offre interview et journal télévisés, introduit par Catherine Huet, d’une platitude consternante, les présentateurs s’attribuant la vedette (déjà !). « Le déjeuner sur l’herbe » commence fort et ne lâchera rien quant aux sciences et aux techniques qui en dérivent et les élites qui en profitent. Le professeur Alexis, apôtre d’un futur monde aseptisé, considère la passion comme une maladie infectieuse et propose de remplacer l’amour, la chère et le vin par l’insémination artificielle et le régime qui met en forme (c’est dégueulasse mais c’est bon pour vous). Il est entouré d’un groupe de scientifiques purs et durs (le monsieur plus du lot s’appelant paradoxalement Rousseau), desquels cherche à profiter le cousin avide, propriétaire d’usines chimiques et qui pense que tout peut s’acheter. Ces élites snobinardes torturent allégrement leurs épouses, privées de tout plaisir gustatif afin de tenir la ligne mannequin. Un déjeuner est organisé au bord de la rivière pour annoncer le mariage du « grand homme » avec la chef des girl-scouts, une allemande curieux mélange d’une bar à mine et du Kaiser. Oui mais voilà, le Dieu Pan va s’en mêler et de plus la vue de la pulpeuse Nénette (Catherine Rouvel) se baignant nue dans la rivière, alors… La magie de l’eau qui coule jalonne l’œuvre de Renoir. Ici elle permet à la belle naïade de devenir le catalyseur d’une révélation : la vie vaut mieux que la théorie et toutes les sciences du monde ne l’égaleront pas. Paul Meurisse joue à merveille ce professeur psycho rigide sur de son fait, et la plantureuse Catherine Rouvel lui donne la réplique avec grâce et naturel. Le reste du casting est épatant avec une mention pour Fernand Sardou représentant le bon sens paysan, mais consterné par un fils (Jean-Pierre Granval) qui atteint les sommets de la fainéantise, tout en traitant les autres de glandeurs. Le tout est illustré par des images que les impressionnistes n’auraient pas reniées, Jean Renoir rendant hommage à la peinture de son père, de Claude Monet et d’Edouard Manet (qui peignit « Le déjeuner sur l’herbe »). Cerise sur le gâteau, une fois n’est pas coutume, la musique de Kosma tombe juste. Ce très grand film laissera un goût amer, car le monde qui se défait sous nos yeux est malheureusement celui qui a triomphé dans la vraie vie. Aseptisé, calibré et unidimensionnel, réduisant l’être humain à la fonction de consommateur, l’orientation à but lucratif étant justifiée par la science. Et Renoir de rejoindre Tati quant au regard ironique qu’il porte sur un progrès illusoire. L’avenir n’est pas écrit et le pire ne durera peut être pas. Le Dieu Pan peut-être...
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mai 2024
Le célèbre professeur Alexis (Paul Maurisse) a inventé et prône la fécondation artificielle. Il est un scientifique dont le rationnalisme fait peu de cas de la nature et des ses mystères.
Précisément, contre ce matérialisme triomphant et menaçant, Jean Renoir décrit, dans un radieux coin de Provence, une nature riche, belle et sensuelle, une campagne où s'éveille le sentiment amoureux qui ne s'accommode pas de procréation artificielle...Et pour montrer dans quelle erreur se trouve le professeur Alexis, Renoir montre comment le déjeuner sur l'herbe, particulièrement guindé, spoiler: va dégénérer sous l'effet magique d'un simple air de flûte
, comment , après un vent de folie -au propre comme au figuré- le distingué professeur, délaissant ses théorèmes, redécouvre la sensualité d'une jeune fille se baignant dans la rivière ou découvre le plaisir d'une sieste au pied d'un arbre.
Cette comédie enjouée et burlesque, ironique et parfois libertine -ce couple de volontaires pour la fécondation articielle spoiler: chez qui les senteurs des sous-bois éveillent des envies orgiaques!-
est un hommage, un hymne, faussement ingénus, au graces et sensations de la nature. Comment Alexis ne tomberait-il pas sous leur charme?
Ce retour aux sources des plaisirs originels, dans un cadre enchanteur, est l'oeuvre d'une cinéaste facétieux et jeune.
Paul Meurisse, élégant et primesautier, drôle, y fait une composition mémorable.
Yoloyouraz
Yoloyouraz

35 abonnés 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 août 2007
On y passe un moment ravissant, plein de vie et de bon esprit. Ce déjeuner sur l'herbe a largement de quoi ravir, séduire. Mais sa légereté l'empêche en outre de véritablement éblouir.
Stéphane L.
Stéphane L.

4 abonnés 25 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2018
Un film d'une actualité étonnante. Un très bon Renoir, proche de Tati dans la réalisation de ce film. On retrouve son grand humanisme, son rejet de la grande bourgeoisie qui est, cette fois, rachetée par la découverte de la Nature et le bonheur vraie qu'elle procure.
Alvin LeFaiseur
Alvin LeFaiseur

1 abonné 13 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 novembre 2018
Une comédie déjantée de Jean Renoir parfaitement réussie. Drôlatique jusqu'à l'absurde. Mais pas que... Quand le tourbillon irrationnel, imprévu et non maîtrisable de l'amour vous tombe dessus, met tout en vous et autour de vous sens dessus dessous, il arrive ce qui arrive !
Paul Meurisse extraordinaire, entre M. Hulot et Buster Keaton, clown blanc (réellement) qui commence à vivre.
La rétrospective Renoir à la Cinémathèque tient ses promesses !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 septembre 2007
Petit film sympatique sans etre un chef-d'oeuvre,
Le Déjeuner sur l'herbe est un film assez étrange dans la cariére de renoir. A voir pour sa fraicheur et ses cadrage(renoir reste le maitre qu'il est).
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 9 juillet 2019
Je suis triste ce soir.
Motif : j'anime depuis déjà plusieurs années un ciné-club pour personnes "d'un certain âge" dans le foyer logement de ma commune.
Ce mardi là, j'avais choisi "Le Déjeuner sur l'Herbe" de ce cher Jean RENOIR, fils d'Auguste et Aline.
Aïe ! Les temps ont diablement changé, et ma mémoire m'a joué un mauvais tour ...
Quelle déception !
Scénario, thématique et situations simplistes à l'extrême, dialogues indigents, personnages caricaturaux, interprétation à la limite du ridicule (à l'exception de Paul Meurisse, Catherine Rouvel et Fernand Sardou qui assument sans démériter) !
Et dire que, 50 ans plus tôt, j'avais aimé ce petit film du grand RENOIR ! ...
Révision déchirante. Ni la première, ni la dernière sans doute.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 novembre 2018
Film plein de fraîcheur, qui laissera dubitatif les critiques aigres du cinéma français mais qui ravira les amoureux du cinéma, ne se prennant ni pour des critiques ni pour des spécialistes d'un art qui ne se laisse pas limitée par des mots. Ce n'est pas le meilleur film du monde, mais il retrouve un élan cinématographique simple et libre.
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