Moi qui m'attendais à un David Lean à la française, notamment "La Route des Indes", j'ai davantage eu le droit à un Mechant/Ivory au plus bas de leur forme avec ce film réalisé par Régis Wargnier qui a pourtant eu de multiples récompenses dont un Oscar, ce qui n'est quand même pas rien ! Bref, nous sommes donc face à une grande fresque historique qui s'étale sur plusieurs années, suivant principalement Éliane, membre d'une famille coloniale à la tête d'une plantation d'arbres à caoutchouc. Et sur fond de rédemption politique, on a deux histoires d'amour tragiquement banales. Et c'est franchement dommage car les colonies françaises et notamment l'Indochine sont des périodes et des cadres finalement assez peu représentés au cinéma. Et ici, même avec de nombreux personnages finalement assez complexes, notamment Éliane qui considère ses boys comme ses enfants - ce qui en dit quand même long sur l'état d'esprit français de cette période - qui a toujours vécue ici et qui ne connais finalement rien d'autre, eh bien, ça reste très plat. Malgré pourtant les paysages sublimes, une mise en scène très soignée, ça n'a quand même pas l'ampleur d'un David Lean. D'ailleurs, si je trouvais la première partie assez intéressante, la seconde m'a complètement perdue en s'étirant en longueur notamment avec ce personnage que je trouve antipathique au possible incarné par Vincent Perez même si, une nouvelle fois, la complexité est de mise. Catherine Deneuve est revanche très bonne dans son rôle de bourgeoise pseudo bienveillante qui n'a en réalité aucun recul aussi bien sur la situation politique qu'éthique, incarnant alors une vision de la colonisation positive refusant d'accepter la disparition de l'Indochine. Bref, un film avec de grandes ambitions et de bonnes idées mais qu'une bonne partie du public semble aujourd'hui avoir oublié ; peut-être tout simplement car l'ensemble est loin d'être marquant ni même passionnant.
Ce film est sans doute un peu trop classique et académique légèrement désuet. Il a cependant tout le mérite de faire revivre cette époque de la colonisation de l'Indochine par la France, ce qui est très rare hormis les films de guerre de Schoendoerffer
Un film remarquable. De l'amour et de l'émotion sur fond de décomposition de l'empire colonial français en Indochine. Des acteurs d'une grande justesse. Une œuvre à voir et à recommander!
"Indochine" est une fresque historique d’une grande beauté sur la France coloniale en Indochine, jusqu’à sa déchéance et l’embrasement de la guerre. L’imagerie est somptueuse, la mise en scène élégante, et les acteurs, magnifiquement dirigés, portent le récit avec justesse. Malgré sa longueur, le film se regarde avec fluidité. C’est une œuvre solide et maîtrisée, même si, en profondeur, elle demeure assez classique dans son approche.
Il y a des films qui ressemblent à un vieil album photo qu'on rouvre, les pages jaunies, l'odeur d'un monde qui n'existe plus : Indochine en est un. Au centre, un nœud impossible : Éliane, qui règne sur sa plantation d'hévéas, sa fille adoptive Camille, et Jean-Baptiste, l'officier que la mère et la fille aiment toutes les deux. Mais derrière cette histoire de cœur se joue quelque chose de plus vaste, des années 30 jusqu'à Genève : une mère qui perd son enfant pendant que la France perd sa colonie, parce qu'au fond le vrai sujet du film, ce n'est pas un territoire, c'est un deuil. Chaque plan ressemble à un tableau, baigné d'une lumière dorée et passée qui donne au film des allures de souvenir déjà fané. Le film ne dissimule pas la violence pour autant : le marché aux esclaves, les ouvriers qu'on fouette quand ils tentent de fuir : ce sont des aveux, et ils font mal. Reste que tant de beauté finit par tout adoucir, et c'est là sa part trouble : à force d'être sublime, le film risque d'anesthésier ce qu'il montre. Un deuil trop joli est-il encore un deuil ?
Il nous tient, presque envoûtant, jusqu'à l'arrestation de Jean-Baptiste, puis il s'emballe, expédie en quelques suggestions ce qu'il aurait dû nous montrer, et ses 2h30 commencent à peser sérieusement. Le film est froid, d'une beauté qui ne saigne jamais. Mais je crois qu'il ne cherche pas à nous arracher des larmes : plutôt à laisser monter une nostalgie diffuse, une émotion qui se contemple au lieu de vous secouer. Ce qui force quand même le respect, c'est l'audace du geste : raconter vingt-cinq ans d'Histoire à travers une seule famille. Catherine Deneuve porte sur son visage de marbre le meilleur et le pire de cette époque, dure et tendre dans le même souffle. Autour d'elle, Jean Yanne et la jeune Linh-Dan Pham apportent la chair qui lui manque parfois, comme si ce film écrit pour une reine était au fond tenu par sa cour. Indochine n'est peut-être pas le chef-d'œuvre dont il rêvait, mais c'est un livre d'adieux qu'on referme doucement.
Je ne suis pas vraiment arrivé à me passionner pour ces tumultes amoureux ayant pour cadre historique l’Indochine. L’ambition de cette longue (2h30) fresque dramatique est là mais l’ensemble souffre constamment d’un académisme fossilisé qui déteint également sur les interprétations de Vincent Perez et de Catherine Deneuve. On se contentera de celle plus naturelle de Linh-Dan Pham, Jean Yanne et Dominique Blanc, et des belles images de certains lieux de tournage.
Saga d’une famille française coloniale en Indochine des années 20 aux années 50. Fresque romanesque de Régis Warnier avec Catherine Deneuve en vedette et un Jean Yanne très bon dans son rôle secondaire. J'ai beaucoup aimé ce voyage dans l'Histoire et l'Asie avec les paysages superbes, notamment la baie d'Halong. J'ai eu un peu plus de mal à me passionner pour les personnages.
Le scénario d' "Indochine" aurait pu offrir une épopée émotionnelle et historique, mais le film manque cruellement de relief. Malgré la beauté de ses décors, de ses costumes et de sa photographie, il reste trop lisse, trop académique. Régis Wargnier signe une œuvre sans véritable âme. A force de rechercher la grandeur, "Indochine" finit par paraître distant et figé. Je m'attendais à un film plus vibrant, plus incarné. 5/10
Indochine fait partie de ces films rares qui arrivent à mêler Histoire, exotisme et sentiments. La guerre d'Indochine, pour beaucoup de Français, se résume à une date en 1954, lorsqu'on y a mis fin. Très vaguement abordée pendant le programme scolaire, et pour cause, la France l'ayant perdue, après des décennies de colonisation peu glorieuse. Le film montre ainsi le trafic d'esclaves sous le contrôle des Français ou encore les exploitations agricoles mobilisant une main d'œuvre locale servile comme dans les plantations de coton aux États-Unis. Catherine Deneuve est au sommet de son art, bien entourée par d'excellents seconds rôles tels que Vincent Pérez et Jean Yann. Quant à Dominique Blanc, elle réalise une superbe interprétation de La Môme Caoutchouc, dans un joli style années 1930. À voir en jetant un œil à Wikipedia pour se mettre en tête le contexte historique.
Ma note pour l'image. Beaux décors et paysages, bons cadrages. À part ça, actrices/acteurs corrects ( sans s'émerveiller), histoire peu construite et pas un soupçon d'émotion. J'aurais pu m'arrêter n'importe quand sans hésiter, ce qui m'arrive rarement. Je conserve le dvd, peut-être regarderai-je ce film une seconde fois pour les images...
Académique voire maniérée, la réalisation ne parvient à pallier ni les excès romanesques, tant dans la grandiloquence de sentiments dont on peine à comprendre l'existence (rendant le trio amoureux peu exaltant) que dans une musique convenue, ni surtout les ellipses ou creux dans un scénario qui accumule les péripéties invraisemblables - dont on saisit qu'elles visent à offrir un panorama de la richesse des paysages indochinois ainsi que des problématiques de la période. Cependant, les colons (dont l'excellent Jean Yanne) ne semblent pouvoir être (légèrement) rachetés que par l'amour sincère de certains pour la patrie ou les habitants qu'ils se sont appropriés; ainsi la nuance n'est guère de mise, ni dans les caractères (n'aidant pas les comédiens à donner de la densité à leurs personnages, réduits à une beauté froide, à une impétuosité bornée ou à une innocence romantique) ni dans la répartition des gens de bien entre Français et autochtones. Aussi le matériau politique (riche!) est très maladroitement exploité, restant dans un arrière-fond flou voire confus alors que la romance se transforme en légende de façon bien artificielle. Un ennuyeux gâchis!
Magistral/une fresque magnifique,probablement un des meilleurs films français fort justement oscarisé et césarisé. Mention particulière a catherine Deneuve tellement juste ,tellement sublime !!!
Revu à la TV. J'avais un peu oublié la trame du scénario, beau mélo, qui a peut-être mal vieilli, et surtout ds ces conditions (tv), on se rend compte des défauts: scènes surjouées, musique envahissante surlignant toute action, à la manière d'un Spielberg...Bref un "grand" film français de l'époque. Le dernier plan, bon souvenir, reste beau.
Du grand cinéma...Une histoire tragique et romanesque à souhait dans le cadre de la grande histoire...L'ambiance épaisse et inquiétante de l'Indochine coloniale...Catherine Deneuve plus belle et convaincante que jamais...Un très beau film...
La belle Catherine Deneuve incarne une propriétaire terrienne dont la richesse repose sur la culture de l'hévéa donnant le précieux caoutchouc. Cette femme indépendante va recueillir et élever Camille, la fille de ses amis indochinois qui décèdent dans un accident. Le film raconte sa vie ainsi que celle de cette fille adoptive. En fait, les passions qui jalonnent cette épopée servent de prétexte à soulever le voile du colonialisme français avec ses excès et ses maltraitances et il est facile de comprendre que la population se soit révoltée. La reconstitution de la période du début du 20ème siècle en Indochine est magnifiquement réalisée avec beaucoup de figurants vietnamiens et beaucoup de sites naturels. Avec une belle lumière, c'est une oeuvre exotique ainsi qu'une leçon d'histoire. Trois fois que je revois ce film et à chaque fois, je le trouve superbe.