Cyril Collard devait faire ce film, c'était son moyen de devenir éternel, de raconter ce qu'il était et ce qu'il vivait, ce qu'il n'arrivait pas à faire comprendre à ces hommes de ces nuits, à ces femmes qu'il a aimées et qu'il en a rendu fou. Il était dans l'urgence d'exprimer sa présence, de crier, de pleurer, de rire. Il devait faire du cinéma. Le résultat ? Une œuvre autobiographique d'une richesse documentaire incroyable. Les nuits fauves nous plongent dans le paris sale des années 90, un paris ou les amours sont en crise par un virus qui oblige à porter des préservatifs. C'est un film qui a peut être perdu de son dramatique, de son côté effrayant, larmoyant mais il a toujours gardé ce truc. Ce truc moderne qui nous fait regarder le film en souriant. C'est très amateur, les acteurs jouent mal, le montage est catastrophique, les répliques écrite à l'avance mais c'est beau pu*** ! Le mec savait qu'il allait mourir et donc il en avait rien à faire, il fallait qu'il filme un coucher de soleil, peut être son dernier, il fallait qu'il filme une gifle, trace de sa déchéance, il fallait qu'il filme la voiture de l'extérieur, il fallait qu'il se filme. 5 mois après, Cyril Collard est mort, mais 30 après, il est encore là, éternellement une silhouette parmi ces nuits fauves.