Une grande réussite. Un des meilleurs films de Robert Altman. Satire à la fois drôle, corrosive et cynique de l'industrie du cinéma à Hollywood. Tim Robbins est formidable en producteur assassin. Un de ses plus grands rôles. Certainement le plus grand casting des années 90 ! Même les figurants sont joués par des stars ! Impossible de les nommer tous tellement il y en a. Quelques très bons seconds rôles, aujourd'hui un peu disparus de la circulation : Greta Scacchi, Fred Ward, Peter Gallagher, Dean Stockwell...Mise en scène et direction d'acteurs parfaites pour un scénario tout en finesse, sous-entendus et règlements de compte bien sentis. Une fin truculante. Un vrai bonheur.
Le film s'ouvre sur un plan séquence magnifiquement orchestré par un Robert Altman au sommet de son art et se termine par un constat ironique qui remet tout en dérision l'ensemble de son oeuvre: The player. Ce thriller qui n'en est pas totalement un, délaisse trés vite son intrigue policière au profit d'une satire Hollywoodienne originale qui n'a pas froid aux yeux et qui ose même se parodier elle même, la mise en abîme est trés bien pensé et le tour de force du film se trouve être finalement la conclusion du scénario et non le personnage de Griffin Mill, arrogant et cynique à souhait dans ses relations autant professionelles que sentimentales. Néanmoins, ce personnage est taillé sur-mesure par un Tim Robbins une fois de plus convaincant dans son rôle, dû notamment à l'excellente direction d'acteur de son cinéaste. Entre apparitions de Guests stars et clins d'oeil à l'âge d'or hollywoodien, le tout servis par des dialogues mordants et une mise en scène qui maîtrise parfaitement son sujet, The player du défunt Altman à tout pour plaire aux cinéphiles.
Un faux thriller qui s'amuse à peindre le portrait vénal du monde de la production cinématographique. Robet Altman se joue finalement de ce qu'il raconte et renverse ce qu'il critique. Une satire sur le monde dans lequel il vit qui pointe également du doigts les spectateurs victimes du comportement moutonnier que vous pouvez être.
Un très bon film de Robert Altman, satire féroce d'Hollywood, marqué par un fabuleux plan séquence d'une dizaine de minutes en introduction. Le monde du cinéma est décrit sans concession et avec cynisme : l'argent y écrase toute ambition purement artistique et Tim Robbins y excelle en producteur sans pitié... Le film regorge de guest stars qui s'insèrent parfaitement dans cette dénonciation du business hollywoodien. Le rythme assez lent m'a parfois empêché de me plonger totalement dans l'histoire, mais la qualité de la mise en scène d'Altman et du jeu des acteurs font que The Player est un très bon film, conclu par une fin particulièrement grinçante et bien à propos.
En un plan-séquence d'ouverture de huit minutes, Robert Altman donne le ton du film : dans un studio hollywoodien, des gens s'agitent. On y parle de plans-séquences, on y pitche des suites improbables et le producteur Griffin Mill reçoit une menace de mort de la part d'un scénariste qu'il n'aurait jamais rappelé. Problème, Mill entend des milliers de pitch par an et ne peut en valider que 12. Forcément, il a un ennemi parmi un auteur refoulé. Mais qui ? Est-ce en assassinant par erreur un scénariste que la solution va se régler ? Est-ce en séduisant la petite amie du défunt ? Pas forcément mais Robert Altman, grand cynique, n'a jamais été friand des happy endings contrairement aux producteurs d'Hollywood. Grand film sur Hollywood et son cynisme, sa corruption et sa vanité à ranger aux côtés de "Boulevard du Crépuscule" ou "Le Grand Couteau", "The Player" marque le retour d'Altman en grande forme après une décennie passée de façon assez discrète. Soignant son scénario et ponctuant le tout de sacrées touches d'humour, le cinéaste ne cède pas aux chimères hollywoodiennes et signe un film anti-conventionnel à la morale forcément douteuse, démontant au passage l'usine à rêves capable de transformer la moindre idée en produit calibré. Avec en prime, de sacrés guests entourant un Tim Robbins totalement impeccable dans un rôle qui lui va comme un gant.
Film original, qui critique le cinéma hollywoodien où "l'argent est roi"! Tim Robbins est impressionnant dans son rôle de producteur cynique. Incontournable!
Fable incisive et réjouissante sur le milieu holywoodien, "The player" est peut-être l'oeuvre d'Altman qui trouve le meilleur équilibre entre son cynisme grinçant et son empathie pour les personnages tragiques. L'intelligence du film est ainsi de tenir la corde entre satire et film noir : les deux se mêlent et se répondent en miroir, tout comme la chute du personnage débouche finalement sur sa "renaissance". Dans une sorte d'inversion des valeurs, Altman nous fait d'abord partager les tourments d'un homme faible, mais possédant une certaine forme d'innocence (son histoire d'amour naissante avec la troublante Greta Scacchi, les menaces de mort qui pèsent sur lui, sa volonté de s'en sortir, son côté "faux coupable" relatif), bref un personnage assez touchant auquel on peut s'identifier et qui, au cours du film, devient la pire des ordures (Il faut voir Tim Robbins, grandiose, humilier la femme qu'il vient de tromper). Sans que l'on sache vraiment si c'est nature profonde qui ressort ou si c'est le milieu qui déteint sur lui. Coupable ou victime ? Un peu des deux sans doute. Et la force du film est de ne jamais trancher. Altman se permet en plus de finir sur le happy end le plus cynique de toute l'histoire. Un must.
Nombreux sont les films à parler d'Hollywood mais rares sont ceux qui en font la critique avec autant de justesse... Griffin Mill travaille comme producteur dans un gros studio d'Hollywood. Un petit nouveau met sa carrière en péril et un scénariste lui envoie des menaces de mort. Mais tous ces ennuis vont peut-être lui apporter plus de chances qu'il ne pensait... La réalisation est bonne, jolies prises de vue, plans soignés, cadrage bien maîtrisé, bref c'est du bon travail. Le scénario est très bon, avec du suspense et une critique dure sur Hollywood et son système pourri jusqu'à la moelle et ses producteurs qui sont prêts à tout pour avoir leur argent. Certains personnages sont peut-être un brin stéréotypés mais l'ensemble est très bon. Les acteurs sont très bons et les dialogues crédibles. La photographie est mauvaise, pas beaucoup de différents tons de lumière et les couleurs sont assez moches. Le montage est linéaire mais fonctionne plutôt bien. Les décors sont bons, les costumes sont très beaux et la bande son est très sympa. The Player est un film très divertissant avec un scénario captivant et solide.
Admirateur des films de Robert Altman, "Short Cuts", "Gosford Park", je devais me remettre dans son cinéma. Et "The Player" fut une claque. "The Player" est un chef d'oeuvre satirique sur le monde cruel d'Hollywood. Griffin Mill est un producteur intéressé uniquement par les happy ends, qui ne rappelle pas les scénaristes et dont la fonction est menacée par l'ascension d'un de ses collègues. Un jour, paranoiaque, suite à la série de cartes postales de menaces d'un scénariste, il tue un scénariste qu'il a gentiment délaissé jadis. Mais il s'avère que ce n'est pas celui qui le harcèle. Descente aux enfers jubilatoire d'un salaud de producteur, dans l'humour Altman, "The Player" est un film brillant, que ce soit dans la mise en scène, dans les répliques cinglantes, dans les nombreuses réfèrences cinématographiques, dans la prestation des acteurs et guest stars, dans la maitrise du suspens... Regard misanthropique sur le monde d'Hollywood où l'on ne s'intéresse qu'aux films d'action avec du sexe et des stars et une fin heureuse, où ceux d'en haut ne s'intéressent qu'à la gloire et au profit en clamant haut et fort qu'ils aiment le cinéma pour se faire applaudir par une audiance d'imbéciles incultes. Au passage, certaines scènes en sont mémorables. La première séquence, après le "Action" astucieux d'Altman, est captivante, avec ses allures de film choral, style "Short Cuts". On comprend là encore l'inspiration de Paul Thomas Anderson. La seule scène de sexe où pendant l'acte Griffin avoue son meurtre à la veuve... La scène de la projection de leur dernier film d'un pessimisme réaliste, et bien entendu le rebondissement final. Un grand film.
Robert Altman était de retour avec une brillante satire d'Hollywood, dans laquelle excelle Tim Robbins, accompagné de la charmante Greta Scacchi. Les apparitions de stars (tel que John Cusack, Burt Reynolds ou Bruce Willis) sont très drôles et la première scène du film, long plan séquence, est pour moi anthologique, au même titre que celle de La Soif du Mal, citée dans le film. Un très grand film qui fut maintes fois copié mais jamais égalé.
L'ambiance électrisante d'une industrie à l'amorce de son déclin. Robert Altman a revêtu les codes années 90 pour pondre un objet de cinéma satyrique. The Player se la joue très intelo, mais ne l'est en réalité pas vraiment. Le film est vain et creux. On en fait un parallèle avec le dernier des frères Coen (Avé! César). Ils se rejoignent effectivement sur plusieurs points, dont celui d'être inutiles. On amuse la galerie en oubliant le plaisir du spectateur.
Robert Altman met en scène un film dont la principale force sont les nombreux caméos, ceux de Tim Robbins (The Shawshank Redemption) et Peter Falk (Columbo) en tête. Le reste est assez léger...
Languissant, vain, faussement caustique pour ce que j'ai eu la patience d'en voir (un peu plus de la moitié). Il ne doit pas être facile de faire la satire d'un milieu avec lequel on est en connivence et il arrive aux auteurs les plus reconnus de rater leur film. Pour les idolâtres on voit défiler toute une brochette de vedettes hollywoodienne de l'époque.
Bienvenue à Hollywood ! Quand le rêve américain sent lodeur du vice The Player : un chef-duvre signé Robert Altman ! Ce grand réalisateur regretté dresse une satire féroce et désopilante du système américain et de ses sbires narcissiques à travers une histoire extraordinaire et machiavélique : le rapport sévère entre les pauvres scénaristes et les responsables des maisons de production à Los Angeles. L-A : le lieu où tous les coups sont permis pour vaincre ses concurrents et se hisser sur le piédestal de la crapulerie Comment un producteur paranoïaque bouffi dorgueil se débarrasse dun scénariste sans talent, innocent et trop gênant, lui vole sa femme par la même occasion et en profite pour devenir le maître du jeu dans le système du cinéma américain ? La première séquence témoigne de la virtuosité de la mise en scène : un plan séquence dune dizaine de minutes (hommage à Touch of Evil dOrson Welles). Le final est tout simplement génial, drôle et amorale à la fois : le coup de théâtre laisse sans voix ! Le procédé de réflexivité est extraordinairement bien exploité ! Les acteurs sont tous excellents et pratiquent lautodérision dune manière très juste et jouissive avec leur personnage. Pour ne citer que lui, Tim Robbins, en tête de cet impressionnant casting très éclectique, est parfait ! Drôle, émouvant mais aussi horrible, mégalomane : il faut beaucoup de talent dacteur pour donner de lhumanité à un personnage aussi acariâtre Le film multiplie références sur références, rebondissements sur rebondissements, apparitions sur apparitions, clins dil sur clins dil Inutile de les mentionner : 2000 caractères ne seraient peut-être pas suffisants On ne sennuie pas une seule seconde ! Pour tous les cinéphiles, ceux qui sintéressent au monde du cinéma ou non, ceux qui veulent devenir scénaristes (il en faut du courage !), ceux qui veulent devenir producteurs (aiguiser déjà vos dents de requins !) Magistral ! A voir et à revoir absolument !
La magie n’a pas opérée, pas pour moi. Pas à cause du manque de moyens, plus à cause du manque distance. Altman nous fait un objet un peu abstrait, en même temps c’est une étude des mœurs à Hollywood. Cela commence par un plan séquence, (que je n’ai même pas remarqué !C’est dire qu’il ne m’a pas marqué), et des gens qui parlent, parlent, que de cinéma,(caricatural), avec au mur des affiches des chefs-d’œuvre passés sur toutes les cloisons, (cela induit sûrement que maintenant, Hollywood n’est pas au niveau, ce qui est faux, c’est l’époque qui a changée). C’est de la nostalgie que l’on a là. Il en oublie la crédibilité, et on voit un producteur censé être poursuivit par la police, dans un aéroport rebrousser chemin et aller tranquillement faire de la thalasso avec sa maîtresse. Comme si de rien n’était ! Altman fait un film pour les fans qui passeront outre les longueurs ou incohérences. Tous les acteurs qui font leur apparition font leur beurre avec des blockbusters, donc le côté iconoclaste tombe à l’eau. C’est un choral, sans prétention artistique, avec Hollywood pour prétexte, on parle d’intégrité des scénaristes face aux producteurs pendant tout le film. Scénaristes ?producteurs ? qui va gagner ? On ne le saura jamais.