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Un visiteur
5,0
Publiée le 20 octobre 2014
Un chef-d'œuvre. Michael Haneke fascine encore une fois avec ce film à l'ambiance suffocante renforcée par les plans fixe et long, très long...Car Benny's video est un film lent. Lent certes mais angoissant, lent mais passionnant. C'est la maîtrise du réalisateur qu'il faut saluer ici. Car chaque dialogue quel qu'il soit requiert une attention particulière, chaque plan nous hypnotise, nous fascine même si il s'agit de la porte entrebâillée du jeune homme et de rien d'autre. Lorsque à partir de si peut on obtient une ambiance comme celle là, on peut parler de véritable coup de maître.
The end of the fucking world si James allait jusqu’au bout.
Le début de la continuité des films de Haneke continue d’aborder et de démontrer la force des images. Benny est un personnage élaboré, servi par une mise en scène sur-mesure et précise, et qui laisse place à l’analyse.
Et le spectateur est aussi dépassé que Benny.
Ce film c’est du Haneke dans toute sa splendeur. Il sait utiliser l´image, mais il sait aussi utiliser le son, comme il écrit, il dirige ses comédiens et monte son film.
Les 30 dernières minutes sont un peu en dessous du reste, mais loin d’être inintéressantes.
Benny est un jeune garçon imprégné de la culture de l’image, pour qui le virtuel tient plus de place que le réel, et dont le rapport à ce réel passe par sa représentation : il voit ce qui se passe dans sa rue par un écran de télé qui retransmet l’image prise par sa caméra, alors qu’il suffirait de regarder par la fenêtre. Ce fonctionnement débouche sur une déconnexion d’avec la réalité, ou une distanciation d’avec elle, accompagnée d’une perte des valeurs. Et sur le fait divers horrible. Les parents de Benny, s’ils ont bien, eux, les pieds sur terre, vont adopter une attitude de dissimulation de la réalité non moins horrible, et en quelque sorte représentative d’une facette de l’Autriche. Le film est le produit d’un parti pris « intellectuel », l’image est laide, l’approche froide, clinique, comme si la caméra de Haneke, à l’instar de celle de Benny, créait une distance avec la réalité, mettant le spectateur est en perpétuelle situation d’inconfort.
Film choc, ovni cinématographique qui ne peut laisser indiférent. D’aucuns diront que c’est un film chiant car son principal défaut est c’est vrai la lenteur (même si cette lenteur caractéristique de Mikael Haneke en fait souvent sa force) et cette lenteur ici contribue à l’ennui par moments. 1h45 pour arriver à une terrible fin, c’est un peu long… Mais sinon ce second épisode de la trilogie d’ Haneke est très bonne . Le metteur en scène dénonce cette fois la place prépondérante de la télé et des vidéos dans la société contemporaine et l’absence parentale (donc la négligence qui en suit) Et le message passe bien !. Les procédés bien aimés d’Haneke (froideur, longs plans fixes, hors-champ, extrait de vidéos) sont là et c’est filmé parfois avec morbidité (lorsqu’on voit les réactions des parents découvrant le crime commis de sang froid par leur enfant)
Les acteurs sont bons, surtout l’ adolescent reclus sur lui joué par Arno Frisch que l’on reverra dans un autre Haneke (Funny Games)
Un grand film d'une lenteur extrèmement brutale, moralement insupportable,véritablement viscéral, la froideur glaciale de la mise en scène allié à une performance d'acteur surprenante du jeune Arno Frish,on en ressort bousculé,la reflexion sur la banalisation de la mort et de la violence dans notre société occidental es traité de façon à la fois délicate et dérangeante , le film est à la limite du supportable car il ne propose aucune sorte d'explication sur les raisons du crime du jeune garçon,ce qui rend l'oeuvre d'autant plus malaisante voir vomitif, un grand film sur la deshumanisation et la perte des repères, a voir mais attention au choc...
Second volet de la trilogie de la Glaciation Emotionnelle, 'Benny's Video' est un film choc. Choc qui réside en partie par le contraste entre la violence explicite et le rythme lent du film. Haneke aborde parfaitement le thème de la violence des images et son pouvoir sur les comportements, en prenant soin d'éviter l'emphase. Il met un bémol à ce pouvoir nocif des films et autres vidéos violents en proposant le cas d'un adolescent fragile - Benny - dont les parents sont très souvent absents, qui se réfugie dans un monde à part (décrit par sa chambre rideaux fermés où des titres de rock assourdissants empêchent même les contacts sonores avec l'extérieur), et qui par conséquent est une proie facile à l'addiction et aux dangers. C'est bien ce manque d'encadrement, de surveillance qui a fait de Benny un meurtrier, et cette négligence parentale va plus loin. Les parents, confrontés au dilemme, choisiront de découper et brûler le cadavre de la jeune fille pour protéger leur enfant. Cette trilogie porte bien son nom, les images et les paroles sont glaçantes et, comme pour les rendre plus réelles et plus cinglantes encore, elles sont souvent mises en scène par les caméras de Benny, neutres témoins des actes abominables de cette famille qui paraît pourtant si singulière. Dommage que le manque de rebondissements, résultat d'un rythme volontairement lent, se fasse ressentir vers la fin.
Un très bon Haneke porté par l'interprétation exceptionnelle de Arno Frisch. Très dur à regarder, ce film pose de vrais questions au spectateurs et est un prémice au futur Funny games et à son sujet la banalisation de la violence notamment par vidéo!
Un deuxième film choc qui donne d'emblée au réalisateur une place particulière sur l'échiquier du cinéma mais habitué à voir ses réalisations pleines et tirées au cordeau qui vont suivre je n'ai pas vraiment apprécié la qualité du film et son contenu finalement assez faible sur le fond.
Benny's Video est un film très philosophique (comme toujours chez Haneke), qui exploite extrêmement bien les thèmes de la manipulation des médias mais surtout de la domination de l'Image, Image dans laquelle s'engouffre Benny pour esquiver un réalité trop dure pour lui. Malgré tout, il sera obligé d'y faire face après ce fameux meurtre. Oui, je mets bien une majuscule à Image, car c'est bien le personnage principal (avec Benny) dans ce film, et c'est ce que la mise en scène millimétrée de Haneke traduit très bien. Seulement, passé 1h de film, on s’ennuie. Mais on s’ennuie ferme. Nous avons 10 min de fin excellentes, mais entre temps 35 min de bla bla, très (trop) longues. Dommage.
Aucun doute, ni retour n'est possible dès l'introduction, c'est une plongée progressive vers l'enfer. Avec un léger brouillage de piste au début tout-de-même rattrapé par le caractère explicitement inquiétant de Benny. LA scène du film n'est pas montrée directement, la rendant d'autant plus froide. Pourtant, elle nous poursuit pendant (et après) tout le film, le personnage n'est dès lors plus à nos yeux rien d'autre qu'un truand. Un des films les plus impressionnants sur la psychopathie, glaçant à l'extrême.
Le premier mot qui vient à l'esprit pour décrire le deuxième film de Michael Haneke est "glaçant". Avec cette histoire d'adolescent fasciné (le terme prend tout son sens, pour une fois) par les images - d'autant plus si elles sont violentes - qui passe a l'acte, il est évident que le film alimente les arguments des conséquentialistes. Mais le propos du cinéaste dépasse cette problématique (passionnante mais malheureusement trop souvent stérile) pour se concentrer sur une réflexion sur l'aliénation dans la société occidentale. En cela, il est la continuité du "Septième Continent". Mais alors que ce dernier n'impliquait pas le spectateur dans la démonstration, "Benny's Video" interpelle dès le début. Même de façon fragmentaire (tout comme l'était le montage du "Septième Continent"), on assiste au meurtre via la caméra allumée. Mais le tour de force arrive après : on observe avec un malaise indissimulable Benny, nu en train de filmer le cadavre. Le jeune Arno Frisch (16 ans au moment du tournage) lui prête ses traits qui, sans être statiques, réfutent toute lecture de ses sentiments. Refus de communiquer ou incapacité ? Cette question est centrale dans le cinéma du réalisateur autrichien. La partie égyptienne aère le film, la chaleur du désert chassant la froideur des intérieurs autrichiens. Mais l'horreur - immontrée : le père se débarrasse du cadavre pendant ce temps - est toujours là, jusqu'au final implacable qui achève de poser la déshuminisation de ce garçon. Brillant.
Mon quatrième film de Haneke et non le moindre ! Ce film est tout simplement épatant, au même titre que Funny Games. Haneke nous plonge dans un univers froid où la violence est d'autant plus choquante qu'elle est réaliste. Arno Frisch, également acteur dans Funny Games, est totalement convaincant dans son rôle de jeune tueur sans émotions et les parents également (Ulrich Mühe en particulier). Quant à la mise en scène, l'alternantce de plans cinéma et de plans amateurs nous immerge d'autant plus dans la vie du jeune homme. Après quatre films, je peux le dire : Haneke est bon, même très bon. A voir absolument...
Benny's video, qui est le deuxième film de la Trilogie de la Glaciation par Haneke est du Haneke comme je l'aime (contrairement au Septième Continent avec lequel j'ai eu plus de mal). Rigoureux, avec des plans méticuleux, bien choisis et ses éternels plans fixes, surtout sur les choses qui dérangent et difficiles à regarder. Un peu dans la veine de Funny Games, il transcrit une certaine violence, fait subir au spectateur l'atrocité de l'acte et du geste, qui est pour la plupart du temps minimisée dans les films. Il rend un peu de réalité à toutes ces horreurs. La réalité, un des thèmes central de Benny's vidéo d'ailleurs. Si le personnage de Benny est un peu mou, il est en tout cas empreint d'un mutisme réellement inquiétant, dans sa condition de ce qu'on appellerait aujourd'hui un geek (écran, médias, musique à fond, machines en tout genre dans sa chambre) et ses parents ne sont pas en reste, désemparés et impuissants, déconnectés de la réalité. La voilà encore ! Il y en a des choses à dire sur ce film, ce qui est sûr, c'est qu'il est à voir !
Une première scène glaciale et terrifiante par ses répercutions sur le futur, puis une mise en entrée de l'histoire sans détours suite aux crédits : le second film de Haneke débute fort. Racontant l'histoire de Benny, adolescent de 14 ans vivant par procuration dans le monde de l'image télévisuelle, le film parvient rapidement à mettre une ambiance sombre, limite glauque, au fur et à mesure du déroulement de l'oeuvre. Le talent d'Haneke pour soutirer les maux de l'humanité afin de mieux les exacerber est ici présent une fois de plus, l'incompréhension des personnages face aux actes - la phrase favorite de Benny : "Je sais pas" - et le jeu juste des acteurs face à la situation mérite d'être applaudie. Seule la fin pourra laisser un goût amer dans la bouche, ainsi que certaines longueurs il faut l'avouer, mais n'en disons pas plus. Un très bon film, dont la vision laisse pantois.