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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Une première oeuvre magistrale, qui dévoile déjà l'incroyable talent esthétique de Scott, ponctuée de sompteuses natures mortes et de sublimes scènes de genre, où planent les ombres d'un Delacroix et parfois d'un Turner tourmenté. Harvey Keitel et Keith Carradine y interprètent deux officiers du Consulat puis de l'Empire, projetés dans la tourmente d'une Europe mise à feu et à sang par les campagnes de Bonaparte. Deux destins consumés par le duel, par la rage aveugle de se mesurer l'un à l'autre à l'épée, au sabre, au pistolet, à cheval, à pied, à genoux, la nuit, le jour et jusque dans l'enfer glacial de la Berezina, au milieu des carcasses putréfiées des hommes et des chevaux. Un tableau vivant où l'absurdité viscérale de l'honneur transcende toute autre aspiration, l'amour, la peur, l'ambition, adapté d'une nouvelle du non moins brillant Joseph Conrad.
Ridley Scott devait avoir une grande conscience de son talent pour faire un 1er film si atypique. Le genre du film en costumes, un sujet tiré de l'histoire de France, deux hommes qui se pourchassent pour une histoire d'honneur à travers l'Europe, un film tourné dans des décors et lumières naturelles, bref tous les ingrédients d'un film casse-gueule. Et pourtant coup d'essai, coup de maitre! L'art esthétique de Scott est déjà là. Pour l'anecdote, et pour témoigner du perfectionnisme du metteur en scène, le duel final fut tourné au fin fond du Périgord noir, dans un site médiéval (château avec au pied son village castral) resté intact dans une nature sauvage. Le site s'appelle Commarque et vaut le déplacement ;-)!
Il en aurait fallu de peu à ce film pour être une réussite totale. Harvey Keitel dans le role du méchant forcené fait plus que tenir ses promesses et le suspens tout au long du film ne fait que s' accentuer pour un dénouement qui du début à la fin reste toujours incertain.
J'ai tout de suite reconnu le flic qui court après les deux copines dans Thelma et Louise, malgré sa moustache. Quant à savoir ce qu'un flic américain fiche en canasson sous la neige soviétique avec une sabretache...
Le problème de Scott, ce n'est pas son côté visuel super travaillé (qui restera se marque de fabrique), mais plus un problème de scénario, sans structure complexe, qui prend l'ordre chronologique sans personnages récurrents... D'où le côté monoface des characters, qui ne sont que très faiblement en interraction avec les autres. il n'y a pas d'échange, le personnage de Keitel n'évolue pas, par exemple, et ses motivations ne sont pas expliquées, bref, il en ressort un côté artificiel, qui aidé par la magnifique photo, nous plonge dans un univers assez détaché des préoccupations du temps, et surtout, de celles des personnages, qui ne sont que des icones, sans véritable profondeur. Un ennui certain peut se faire sentir, à cause de cette non évolution. Car quel est le problème de Keitel ? Pourquoi s'acharne-t-il autant ? Qu'est-ce qui fait qu'on a envie de le suivre ? Où sont les clefs nous permettant de le comprendre ? Autant de question sans réponse, mais c'est là le seul point négatif... Mr Scott is borned...
Ce film est d'une beauté incroyable. La reconstitution historique est superbe et les différents duels mis en scène de manière époustouflante. Mais ce film est pourtant assez ennuyeux dans l'ensemble, n'arrivant jamias à nous captiver. Cela est peut être du à son rythme très lent. Ca reste un film important, au casting impeccable, et particuulièrement Harvey Keitel, paarticulièrement brillant.
Après 3 tentatives avortés de productions de long-métrage, Ridley Scott, qui a déjà réalisé plus de 200 pubs (!) parvient enfin a financer son premier film. Il montre d'entrée son sens de l'esthétique très poussé. Le rythme n'est cependant pas encore au point et malgré la relative courte durée du film, il nous semble encore long. Scott ne parvient pas à installer dans son réçit de réelle intrigue ce qui a pour résultat d'être une succession de jolie tableaux, sans pour autant être ennuyeux. La photo prend ici une place importante, peut-être même un peu trop; car si l'influences des tableaux de maitres est indéniable et réussit, certaines sources de lumières forcés mais surtout l'abus de filtres en extérieure nuit finalement à la beauté du film qui n'avait pas besoin de ça.