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Simplicissimus
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4,0
Publiée le 23 août 2024
Contrairement à ce qui a été dit ou écrit, je trouve " les Félins" supérieur à " Plein soleil", puisqu'il s'agit du même réalisateur : René Clément et de son acteur principal : Alain Delon. Un Delon qui crève une nouvelle fois l'écran, dans ce personnage de séducteur en fuite un brin gigolo, qui trouve refuge auprès de deux riches américaines, mais un Delon avec quatre ans d'expérience en plus, par rapport au personnage de " Tom Ripley". Dommage qu'aux alentours de la quarantaine, Delon se soit cantonné aux rôles de plus en plus stéréotypés de flics ou de gangsters, car il démontre ici tout son talent et son potentiel d'acteur avec ce personnage de séducteur arrogant, un peu voyou sur les bords. Il faut ajouter qu'il est bien entouré par les charmantes Lola Albright ( très classe..) et Jane Fonda, qui tissent leur toile autour de lui. Le film n'est pas exempt non plus d'humour noir et de réparties bien senties..
Ne devrait-on pas plutôt dire « les félines » car il y a deux femmes qui tournent et manigancent autour de Marc (Alain Delon) dans cette riche demeure. Rôle adapté à un acteur jeune et séducteur de ces dames. Intrigant avec une fin surprise.
On a du mal à se dire que c'est le René Clément de "la bataille du rail", "jeux interdits", ou "Monsieur Ripois" qui a fait ce film. Il n'a pas réussi à se dépatouiller de son scénario tarabiscoté et à trouver son style à lui. Cela démarre comme du Lautner, parodique, mais sans la franche rigolade et les guignolades à la Belmondo. Puis ça devient du Polanski qui cherche à vous foutre les boules. Et une conclusion à la Verneuil pour dégonfler le tout. Pourtant, ce film n'est pas foncièrement mauvais. Clément sait filmer. Les vues de calanques sont belles, les acteurs sont bien dirigés, même les secondaires, sauf les tueurs américains qui sont nuls. Ce qu'il y a de mieux ce sont les duos de séduction entre Delon et ses deux femmes diaboliques, même s'il y avait mieux à faire avec Jane Fonda. Clément se la gardait peut-être pour lui. Jane était vraiment ravissante. Elle ressemble à son père, mais là elle est vraiment chatte, et son parler français est excellent. J'ai été très favorablement surpris par le jeu de Delon. Il y fait preuve d'humour, tout en jouant de ses atouts de charme habituels, et même de modestie. Un mauvais point pour le personnage du curé. Ce brave homme, psychologiquement clairvoyant, se donne du mal pour ses pauvres, pourquoi ridiculiser ses sermons ? C'est décousu mais pas ennuyeux : je note trois.
Quoique moins connu que "Plein Soleil", "Les Félins" (1964) est sans doute une des plus belles réussites de René Clément. Avec son intrigue labyrinthique, son mélange de perversité et de romantisme, son ambiance vénéneuse et son twist magistral, ce thriller en noir et blanc s'impose comme un coup de maître. Alors au sommet de leur beauté, Jane Fonda et Alain Delon ont le charme énigmatique et la sensualité des chats (griffes sous le velours). La mise en scène est habile, et l'étrangeté du décor de la villa renforce également l'atmosphère envoûtante du film. Contrairement à de nombreuses réalisations encensées par la critique et ayant fort mal vieilli, ce bijou cinématographique surprend par sa modernité et son originalité. Un classique très sous-estimé, à (re)découvrir.
Pourchassé sur la Côte d'Azur par les hommes de main d'un mari jaloux, le beau Marc trouve refuge chez une riche et non moins belle veuve dont il devient le chauffeur et, peut-être, l'instrument d'un projet criminel. Pour l'essentiel, le film de René Clément est un huis-clos dans la résidence de cette Barbara américaine et de sa séduisante cousine Melinda (Jane Fonda). Au comportement suspect de la propriétaire s'ajoute bientôt une rivalité amoureuse -sans éclat- entre les deux femmes. La situation introduit- du moins René Clément le croit-il- un sentiment de malaise et de mensonge que Marc tente de débrouiller et dont on peut penser qu'un cinéaste comme Losey aurait tiré meilleur profit. Car le sujet n'inspire à Clément qu'une mise en scène grossière et bavarde, avec des effets de polar pesants et démonstratifs. D'abord, le scénario est médiocre, artificiel, où l'on peut s'agacer de voir qu'à chaque fois que Marc-Delon descend à Nice, il s'y fait immanquablement repéré par les types qui le traquent. C'est pas de de chance. Ensuite, les personnages ne sont pas à la hauteur; ils sont sans réelle étoffe et, pour ce qui est de Delon et Jane Fonda, n'ont que leur beauté à faire valoir. La promiscuité et l'ambiguité auxquelles les expose le huis-clos n'introduisent ni l'intensité dramatique ni la dimension psychologique nécessaires au polar vénéneux que le film voudrait être.
Une intrigue de polar quelque peu confuse et dévoilant parfois trop vite ses cartes, heureusement embellie par son casting. Il faut dire qu'entre Alain Delon en pleine période de gloire, Jane Fonda et Lola Albright, nous avons droit à un festival dans un perpétuel jeu du chat et de la souris, avec renversements et coups de théâtre, une entreprise de séduction quasi animale et une performance d'acteurs parfaitement calibrée. C'est parfois un peu tiré par les cheveux mais indéniablement attractif.
Voilà un film comme je les aime : une très bonne histoire, issue d’un roman américain de série noire, une bande son accompagnatrice au top (par le compositeur de Bullit, Mission Impossible, Inspecteur Harry…excusez du peu) et de jeunes acteurs à l’époque, Alain Delon , Jane Fonda, cette dernière d’une beauté à tomber par terre. Ajouté à ça une photographie noir et blanc superbe, et on obtient un cinéma de divertissement vraiment parmi les meilleurs. J’ai bien aimé aussi l’ambiance très américaine du film qui, du reste, a été tourné en Anglais (mouvement des lèvres…). Décidément, René Clément est le réalisateur à découvrir (il n’y a pas que le chef d’œuvre Plein Soleil).
Un peu dans la lignée de Plein Soleil du même René Clément. Une intrigue solide pleine de rebondissements, une photo noir et blanc superbe, un trio d’acteurs épatant. Alain Delon est déjà en pleine gloire et si beau, et Jane Fonda dans sa période française, talentueuse et belle. Un excellent film redécouvert avec bonheur.
Le film est tiré du livre « Joy house » ou « Love cage » (1954) de Day KEENE (1904-1969) et publié en français sous le titre « Vive le marié ! » (1955) dans la Série Noire. L’histoire est celle de Marc (Alain DELON) poursuivi par les tueurs envoyés par le mari américain de la femme avec qui il a couché et qui est embauché comme chauffeur par 2 américaines, Barbara (Lola ALBRIGHT), veuve depuis 2 ans d’un milliardaire (Vincent) et sa cousine Melinda (Jane FONDA) vivant seules dans une superbe villa (Torre Clementina) richement décorée (œuvres de Picasso et Giacometti) près de Nice. René Clément réalise un thriller (le générique est comme tapé à la machine à écrire) avec deux points forts, la belle photographie en noir et blanc d’Henri DECAË (dont c’est la 4e collaboration avec René Clément) et la musique de Lalo SCHIFFRIN (dont c’est la 2e fois qu’il travaille pour le cinéma). C’est aussi un film, au déroulement circulaire, sur l’enfermement où les femmes sont des chattes qui jouent avec leurs proies (masculines) et l’aliénation de Marc, victime de ses désirs et qui subit les évènements malgré sa volonté.
Les Félins, c'était un vieux souvenir de soirée télé, pas marquant pour un sou. Revoir ce film de René Clément est un bonheur d'esthète et presque un ravissement malgré une intrigue piochée chez Day Keene, série noire sans grande ambitions. Oui, mais avec l'aide de Pascal Jardin et Charles Williams pour le scénario ce manège à trois (et même quatre avec un protagoniste caché) et la mise en scène racée de Clément (un auteur, pas un simple bon artisan), le film a une vraie gueule d'atmosphère vénéneuse. La musique du grand Lalo Schifrin est époustouflante, en particulier dans les scènes d'action, dissonante à l'occasion et véritable "personnage" de ces Félins, exaltant les décors sophistiqués et baroques de la villa où se dénoue le récit. Alain Delon, au summum de sa beauté, est remarquable dans le principal rôle masculin, confronté aux manipulations de Lola Albright et de Jane Fonda, somptueuses créatures aux desseins retors. Incompris par la critique française lors de sa sortie, "En tant que film de genre, Les Félins est novateur grâce à sa combinaison d’esthétisme postmoderne, de parodie, d’érotisme et d’absurde." a écrit Danitza Bantcheva à l'occasion de la rétrospective consacrée à René Clément par le Festival de cinéma de La Rochelle 2021. On ne saurait mieux dire.
René Clément dont « Plein soleil » est le chef d’œuvre connu et reconnu bien au-delà de nos frontières affirme avec ce film qu’il est bel et bien un des maîtres du polar noir. Film sous estimé, il ballade ici le spectateur grâce un solide scénario et une maitrise de la mise en scène virtuose tout au long du film. Un rythme incroyable et des twists en pagaille dans un film où les deux actrices américaines aux griffes rétractées sont les véritables félines du film et où les hommes sont des proies attractives. L’atmosphère est anxiogène tout comme cette maison labyrinthique dans laquelle cohabite l’étrange, l’ambiguïté, le mensonge,… Un thriller captivant dont on accepte les invraisemblances ; le spectacle étant si abouti. Virgile Dumez : « A l’origine de la starification d’Alain Delon grâce à son chef-d’œuvre Plein soleil (1960), René Clément compte bien réitérer l’expérience, saluée par la critique et le public. Comme il avait su tirer la substantifique moelle de Monsieur Ripley de Patricia Highsmith, René Clément jette son dévolu sur un autre titre de la série noire écrit par Day Keene intitulé Joy House (1954) (publié en France sous le titre Vive le marié !). Afin de l’adapter au mieux, il s’entoure du scénariste Charles Williams, spécialiste de la série noire, et de Pascal Jardin pour les dialogues. Bien que la production soit intégralement française, le réalisateur parvient à trouver un accord de distribution avec la MGM et s’octroie les services de la jeune vedette américaine Jane Fonda (alors en pleine ascension) et de Lola Albright (dont la carrière fut majoritairement consacrée aux séries télévisées). Une bien belle affiche donc pour cette luxueuse production au script tortueux. Dès les premiers plans, le spectateur est plongé dans un univers typiquement américain, avec des gangsters en pleine action et une ambiance qui rappelle le cinéma noir des années 40. La référence est évidente et l’on sent René Clément très satisfait de pouvoir se lover dans un genre codifié. Les vingt premières minutes ne laissent d’ailleurs guère le temps au spectateur de reprendre son souffle, multipliant les courses-poursuites, la plupart encore très efficaces de nos jours. Toutefois, cette inscription dans le genre du polar noir est vouée à évoluer en cours de métrage. Effectivement, une fois réfugié chez la riche Américaine et son étrange cousine, le personnage interprété avec énormément de charisme par Alain Delon se trouve au cœur d’une intrigue qui tient davantage du thriller pervers que du film de gangster traditionnel. Dès lors, l’œuvre s’inscrit dans une tendance forte du thriller des années 60 à base de manipulation - des personnages et du spectateur par la même occasion. On songe notamment aux Diaboliques (Clouzot, 1955), ainsi qu’à tous les thrillers transalpins à la Mario Bava.
Ici, ce qui compte n’est pas tant la vraisemblance de ce qui nous est conté que la capacité du réalisateur à nous intriguer avec des personnages tous plus retors les uns que les autres. Il ressort du film une certaine noirceur quant aux relations humaines. Ainsi, le spectateur essaiera tout le long de savoir qui manipule qui dans ce joyeux bal des pourris. Si Les félins peut apparaître comme légèrement misogyne – après tout, les hommes se font systématiquement manipuler par ces dames qui obtiennent tout ce qu’elles désirent – on ne peut pas dire que les hommes en sortent vraiment grandis non plus. On préférera opter pour une certaine misanthropie qui explose totalement lors d’un final particulièrement retors. En cela, René Clément livre un twist final assez jubilatoire qui invite à revoir tout le métrage sous un angle différent, comme le feront plus tard bien d’autres cinéastes. Ce thriller ne serait pas aussi jubilatoire sans l’apport indéniable de la magnifique photographie en noir et blanc d’Henri Decae… » Alors bon film noir… à l’ancienne tout-un-cinema.blogspot.com
Les Félins démontre encore une fois que rené Clément n'était pas qu'un simple artisan du cinéma . Un petit mac est embauché comme chauffeur par une riche héritière Barbara et sa cousine Melinda . Il pense contrôler la situation avec son arrogance et son cynisme mais en fait ce sont elles qui mènent le jeu. La réalisation est parfaite et par moments l'ambiance est hitchcockienne avec de nombreuses manipulations qui finissent par un twist mémorable. Le trio d'acteurs, Delon, Fonda, Albright est parfait.
René Clément réalisait en 1964 ce film français très (très) influencé par le cinéma américain. D'ailleurs, mis à part le rôle d'Alain Delon, la distribution est quasi-exclusivement anglo-saxonne ; si la plupart des techniciens sont hexagonaux, le long-métrage est adapté d'un roman de Day Keene de la collection Série noire ; enfin la musique – absolument géniale – est signée du grand Lalo Schifrin. L'atmosphère du long-métrage est assez incroyable, entre courses-poursuites de gangsters, sensualité omniprésente, et sens de l'absurde intense et typique des romans policiers à la Charles Williams (Fantasia chez les ploucs), par ailleurs scénariste des Félins. Le travail sur la lumière et les décors est également impressionnant, et la gigantesque maison sur la Côte d'Azur, qui regorge de mystères et de passages secrets, est fascinante. Atypique et léger.
Un très beau film à l'esthétique noir et blanc envoutante. Une histoire originale , un huis clos avec enfermement étouffant. Jane Fonda est absolument radieuse , superbe, une beauté magnifique et terriblement bien filmé. Son plus beau rôle , filmée comme une madone. Le retournement final est très astucieux, et noue la boucle . Un beau polar , classieux, belle preuve de la beauté d'un certain cinéma des années 50.