Rocco et ses frères
Note moyenne
4,2
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104 critiques spectateurs

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Arthur Debussy
Arthur Debussy

193 abonnés 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2017
«Rocco et ses frères» a quelque peu vieilli, mais son intrigue n'a aucunement perdu de sa vigueur, et ce malgré son ancrage profond dans le contexte socio-économique de l'Italie de l'après guerre. La raison en est son universalité : cette histoire de famille qui se déchire, de fratrie partagée entre le bien et le mal est absolument intemporelle. En cela on ne peut que saluer une fois de plus le grand talent de dramaturge de Luchino Visconti. Il a toujours su conjuguer chronique sociale et tragédie classique. On peut lui reprocher un style visuel plus conventionnel (j'ai toujours pensé que Visconti était meilleur dramaturge que cinéaste), mais la force du récit qu'il propose, sa mise en scène magnifique et sa direction d'acteur remarquable font de son long métrage un chef-d'oeuvre du néoréalisme italien. Certes à l'époque sortait «A Bout de Souffle», Resnais venait de réaliser «Hiroshima mon Amour», Fellini et Antonioni faisaient scandale et révolutionnaient le cinéma avec «La Dolce Vita» et «L'Avventura». Pas aussi majeur que ces films, «Rocco et ses frères» n'est pas pour autant à délaisser. Les interprètes sont inoubliables, le duo Delon/Salvatori en tête, mais c'est surtout la vision de Visconti et la puissance de ce drame familial éclatant au beau milieu des pauvres immigrés de l'Italie du sud qui le rend inoubliable. Magnifique. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 1 août 2007
A part la plastique et le photogenisme excpetionnel de Delon (jeune) ce film gentillet présente à mon sens bien peu d'intérêt.. et ca a vraiment vielli !!
Doppeljünger
Doppeljünger

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 février 2024
Le bien contre le mal, pas vraiment. Si Rocco est un saint et Simone le diable alors oui, le bien et le mal, mais celui du monde d'avant, celui des chrétiens. Ici rien du Christ, de ses actes et paroles mais l'Eglise, son omerta, sa volonté d'assujettir le peuple, de lui inculquer des règles et normes arbitraires pour asseoir son contrôle et son pouvoir. Aussi, de le diviser de pans entiers de l'humanité pour mieux régner.

Rocco parce qu'il ne peut faire de mal à une mouche mais surtout parce qu'il ne peut se défaire des traditions portant les liens du sang au dessus de tout, pardonnera tout. Pardonner tout pour des actes commis contre soi même est sans doute de la sainteté, une réussite christique mais pardonner tout pour des actes commis contre autrui sans s'enquérir de l'oppressé est a minima de la lâcheté. Nadia, martyre de ce film, n'est pourtant pas réductible à un destin de victime. Bien au contraire, c'est par son indépendance d'esprit, de corps, par sa liberté en somme, qu'elle resplendit. Elle incarne le monde humaniste, celui de l'émancipation morale, la foi en son propre coeur, en sa propre raison et donc où le doute est partout et ainsi l'absolu, le fascisme, nulle part. C'est le monde de demain comme le croit Ciro, le frère auquel on se raccroche pour nous sortir de ce cloaque familial. Mais alors que Ciro énonce ce monde qui vient, la sirène d'usine retentit pour rappeler les travailleurs à l'aliénation. Tel un avertissement elle nous dit ô combien il faudra se battre pour faire et parfaire un tel monde.

Rocco à tout prix tient à ses racines, à une identité. Il veut rentrer au pays, être toujours avec ses frères et sa mère, c'est un homme bon mais qui refuse de vivre la beauté d'une personne, Nadia, car sa bonté s'exerce dans le respect de traditions qui s'opposent à cet amour. La famille de sang, sacrée, encore et toujours elle. La sclérose de Rocco, sa manière réactionnaire de voir le monde, lui fera tout perdre, la femme qu'il aime et sa liberté, autant dire que les deux se confondent. Se croyant christique il n'est en réalité que le pur, pour ne pas dire le pire, produit de l'Eglise. En choisissant le respect aveugle de valeurs qui contrecarrent à sa sensibilité, à son amour, Rocco perd tout sens moral et devient le bras armé du mal : Simone, le déraciné qui ne trouvera pas sa nouvelle vie et qui sombrera dans un total nihilisme. Simone est le chaos, Ciro le renouveau, Rocco le statu quo. En somme ils sont la Trinité divine hindoue: Simone est Shiva, il a détruit Vishnou, c'est à dire Rocco qui laisse place à Brahmā, Ciro. Et puis, autour d'eux, la plus importante, Nadia, si proche de Jésus car elle incarne tout, elle est la plus humaine de tous.

L'enfer est pavé de bonnes intentions paraît-il, ces bonnes intentions doivent être celles de ne jamais questionner notre monde et de préférer appliquer avec dévotions les règles inculquées, pour ne faire nulle peine à nos aînés. Mais à ne pas vouloir peiner les anciens et leurs certitudes, on perd tout libre arbitre et donc la seule chose qui vaille de vivre, la quête perpétuelle de soi et de nos semblables. Une quête qui crée de la beauté et nous ouvre les portes du sens et donc du bonheur. Si perdre de vue cette quête pour le monde fait intervenir Brahmā-Ciro pour le sauver, dans notre vie, Simone-Shiva armé de sa faux et peut-être d'un jeu d'échecs viendra la sceller. Alors écoutons notre cœur, restons éveillés.
Joseph B
Joseph B

2 abonnés 34 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 avril 2021
Je n'ai pas grand-chose à dire. Le film parle de lui même, il te dit tout ce que tu as à savoir sur les personnages c'est qu'ils ressentent et ce qu'ils pensent
evariste75
evariste75

215 abonnés 252 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 novembre 2023
J'aime beaucoup le cinéma italien, mais là j'ai été très déçu... Annie Girardot est magnifique mais je n'accroche pas à son personnage, ni à celui de Delon... Claudia Cardinale déçoit... Film beaucoup trop long... Ennui mortel...

Je mets quand même 2 étoiles (pas terrible) car il y a quand même de belles images...
Critiqueur37
Critiqueur37

17 abonnés 144 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 septembre 2008
Un film italien,en noir et blanc et le pire de tout, d'une durée de 3h.Bref en voyant des films comme sa on n'en peut plus.Navrant.
Hotinhere

803 abonnés 5 523 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mai 2021
Un drame familial fort et bouleversant dans une Italie des années 50 en pleine reconstruction, soutenu par la mise en scène magistrale du maître Visconti et porté par une interprétation tout aussi brillante.
bobmorane63
bobmorane63

250 abonnés 2 238 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2025
Le cinéaste Luchino Visconti prend son temps pour raconter l'histoire de "Rocco et ses frères" de 3 heures dans un pays d'Italie ou il y a de la pauvreté sur un ton pessimiste. Il révèle aussi des jeunes comédiens dont Alain Delon qui deviendra une star mondiale grâce à ce film mais aussi Renato Salvatori, Annie Girardot, Roger Hanin, Claudia Cardinale et le reste du casting essentiellement occupé par des Italiens. La première partie qui présente les personnages et le milieu où ils vivent est un peu lente mais largement sauvé par la seconde avec quelques scènes magistrales, comme le viol ou le duel entre Rocco et Simone avec en toile de fond le milieu de la boxe. J'ai bien aimé le jeu d'Alain Delon qui passe du jeune homme timide au fauve blessé, belle évolution. La mise en scène de Luchino Visconti est intéressante aussi avec un scénario écrit passionnément. Annie Girardot est une excellente comédienne, on a tendance à l'oublier de nos jours. Une bonne œuvre à voir ou à redecouvrir.
Charlotte28
Charlotte28

208 abonnés 2 936 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juin 2022
Une fois passée l'introduction rébarbative par l'âpreté de la mise en scène néo-réaliste et le surjeu de la mater dolorosa, les thématiques se dessinent entre poids familial et entraves sociétales cependant que l'intrigue tisse sa toile à travers cinq portraits d'hommes liés par deux femmes principales, la mère et la putain, dans une bichromie soulignant les deux axes de vies a priori difficilement conciliables, incarnés par le démoniaque Simone d'une part et l'angélique Rocco de l'autre dont les excès sont condamnés par leur responsabilité partagée dans le sacrifice de la femme amoureuse. Porté par la mélancolique musique envoûtante de Nino Rota et des jeux scéniques symboliques le film bénéficie d'un trio de comédiens incarnés, chacun se faisant l'allégorie respectivement de la brutalité, de la candeur et de la lumière, toutes soumises au destin auquel peut-être le benjamin saura échapper, une fois libéré du regard omnipotent de la caméra. Dense.
Philippe C
Philippe C

127 abonnés 1 193 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 avril 2020
Un classique du cinéma réaliste italien des années 60 qui traite à la fois de l'âme italienne (la famille, etc..) et de l'émigration du sud vers le nord. Dans l'ensemble le film résiste bien au temps. Le N&B et les scène soit de rue, soit d'intérieur, lui fournissenr ce cadre inimitable nécessaire au propos plutôt pessimiste. Delon qui se révèle ici être déjà le garnd acteur qu'il fut ensuite, est à la hauteur, tout autant qu'une Annie Girardot jeune et pétillante, mais déjà Girardot elle-aussi.
Ceci étrant dit, il y a, à mon avis quelques scènes un peu trop lméloramatique dans lesquelle les acteurs surjouent, ce qui (avec les critères d'aujourd'hui) prête davantage à sourire qu'à pleurer : par exemple l'assassinat de la jeune prostituée, où laa scène des 2 frères sur desespérés sur le lit.
Michael78420
Michael78420

68 abonnés 1 967 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 août 2024
Film étonnant, sur fond d'immigration au sein d'un pays, l'Italie, pour fuir la misère du sud et de ses oliviers. Pour l'avoir vu pour la première fois en 2024, soit soixante-quatre ans après sa sortie, et encore, en version restaurée, il faut désormais s'armer de patiente et d'indulgence pour aller au bout de ce film. On y apprécie de talentueux acteurs au tout début de leur carrière. Claudia Cardinale toute discrète. Annie Girardot toute jeune. Alain Delon tout timide et boxeur crédible. Les deux derniers crevant l'écran par leur talent. Le côté laborieux de cette famille, la durée du film (près de trois heures !), la piètre qualité sonore (malgré la restauration), le Milan ouvrier, les paysages ternes, sont autant de lourdeurs difficiles à apprécier de nos jours. Le script manque aussi de belles répliques, à part celle de la patronne de la blanchisserie : "Les belles choses on les obtient quand elle ne nous servent plus." De quoi méditer sur l'accumulation de richesses au fil de la vie et leur disponibilité inutile dans nos dernières années. Peut-être ai-je vu Rocco Et Ses Frères beaucoup trop tard pour l'apprécier pleinement. À (re)voir comme on lit de vieux classiques de la littérature.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

144 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2020
Bon, j'ai trouvé que c'était quand même autre chose que "Le Guépard" qui m'avait pas mal indifféré dans sa retranscription scolaire et non-nuancée de la mutation de l'Italie noble des années 60' à l'Italie bourgeoise (en même temps c'est le sujet qui voulait ça) mais là c'est intéressant de voir le regard d'un descendant de noble comme Visconti sur le classe populaire italienne sudiste, ça touche à des thématiques sensiblement plus fortes et universelles comme la sacralisation familiale et son déracinement, le rapport difficile et contrasté entre les classes sociales, la précarité exacerbée, la discrimination, la rapport bouleversé d'une jeune fratrie... etc On peut y déceler une dramaturgie et un schéma narratif encore pas mal didactique et toujours extrêmement illustratrif avec un format de 3h qui finit par diluer un peu le propos mais pas de doute, le grand cinéaste derrière la caméra a le sens de la mise en scène, de l'imagerie et de la direction d'acteurs (avec une bonne petite partie de frenchies comme Delon, Girardot, Cardinale). La durée du film peut évidemment un peu rebuter mais cela sert à développer sa grande richesse thématiques pour pas que ces dernières se retrouvent survolées et seulement citées... Ce film nous souligne bien la pression exercée par le déracinement familial et donc ses répercussions avec son éclatement. Ce qui peut nous faire comprendre les limites de la sacralisation familiale dans un milieu dans lequel on ne se retrouve pas. La durée sert donc aussi à épouser les différents points de vue de cette fratrie de 5 italiens. Delon est extraordinaire, loin du rôle de monolithique et de tombeur qui lui aura par la suite collé à la peau. Sil y a bien une oeuvre qui démontre bien son talent innée j'estime que c'est celle-ci. On a le portrait d'une jeune homme sensible et saint un peu naïf sur les bords mais profondément attachant. En somme, un drame social à voir pour sa puissance évocatrice limpide, humaniste et sensible. Attention quand même aux longueurs. Même si celles-ci servent l'intrigue et l'atmosphère...
Xavier D
Xavier D

87 abonnés 1 166 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mars 2021
L'un des premiers rôle d'Alain Delon et déjà le charme opère, indéniablement. Une vraie leçon de cinéma italienne avec un bon casting comme Annie Girardot, extra, Renato Salvatori, Roger Hanin, qui joue les macros, et Claudia Cardinale. La musique signé Nino Rita, qui signera celui du Parrain de Francis Ford Coppola, bien des années plus tard. Une réalisation sobre, réaliste, et passionnante de Luchino Visconti, qui épluche un à un, chacun de ces frères pour leur donner plus de profondeur. Le destin de Rocco et ses frères aux fils des années, avec la boxe et Nadia, qui d'ailleurs aura des répercussions, et qui sonne la fin de la fraternité. Un peu longuet mais un drame magnifique.
Ducerceau
Ducerceau

21 abonnés 693 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 avril 2020
Une grande tragédie à l'Antique dans le contexte du néoŕéalisme italien. Avec en premiers rôles Alain Delon et Annie Girardot au sommet de leur art. Et curieusement, Suzy Delair et Claudia Cardinale dans de petits rôles secondaires. Luchino Visconti est un seigneur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 septembre 2007
ce film italien en noir et blanc et qui a près de 50 ans reste un des miracles du cinema, à voir impérativement (pour les jeunes)ou revoir (pour les plus anciens). Probablement le meilleur role de Delon et annie Girardot belle comme on l'a rarement vu. Ce film recele une très grande émotion et l'on ne s'ennuie pas un instant malgré les 2h40.
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