Du cinéma grandiose avec des acteurs prodigieux qui savent nous faire partager leurs émotions, l'histoire est belle et les paysages fabuleux avec une formidable scène de tempête. Bien que le film dure 3 heures, on ne voit pas le temps passer avec La Fille de Ryan on trouve toute la splendeur du 7ème Art.
Attention chef d'œuvre. Émotion, intrigue .. Tout est là et même plus encore. Le jeu des acteurs est bon. Ce qui donne au personnage de Ryan la dimension authentique de sa tension interne.
Sur fond de lointaine guerre mondiale, cette belle comédie dramatique, parfaitement mise en scène par David Lean séduit aussi par ses décors naturels d'Irlande et sa photographie d'une grande beauté. La réalisation nous offre quelques scènes intenses et un superbe casting avec Sarah Miles assez convaincante dans le rôle délicat de Rosy, et les charismatiques Robert Mitchum (le prof et époux de Rose) et Trevor Howard (le Père Hugh). L'aspect négatif de ce film réside dans son scénario qui souffre d'une certaine langueur, nous distillant une ambiance malsaine et un sujet trop romantico-dramatique.
La lenteur du rythme, l’extrême étirement de certaines scènes, la profonde langueur de l’ambiance générale, que l’on peut reprocher au film, étaient voulues par Lean. Celui-ci souhaitait de toute évidence mettre l’accent sur le sentiment d’ennuie de la jeune femme dans son village, et faire partager au spectateur sa fascination pour le grandiose des paysages irlandais. L’histoire est d’autant plus passionnante qu’elle nous montre très subtilement les travers de cette résistance irlandaise : passionnée mais fanatique, combative mais parfois irresponsable, pieuse mais peu prompte au pardon. Le jeu à contre emploi de Mitchum est impressionnant et fait oublier sa faiblesse à rendre parfaitement l’accent irlandais. Quelque soient les reproches que l’on a pu faire à Lean, la poésie lyrique ainsi que les réflexions philosophiques et politiques qui se dégagent de ses films prennent plus d’ampleur avec le recul de l’Histoire.
Je viens de voir ce film à la télé.... C'est beau, mais long, mais long !!!! Avec 1/2 h de moins, ce film aurait pu être parfait..... Des acteurs prestigieux, des paysages (l'Irlande) à couper le souffle, mais bon, pourquoi faire si long et gâcher un peu de si beaux films ?????
Un peu oublié ce film pourtant il est superbe il est vrai que son format de 3 heures peut rebuter au premier abord. La photographie, les acteurs, la direction d'acteurs et le scénario tout est réuni pour s'en mettre plein les yeux. Alors certes on peut percevoir un certain mépris du réalisateur pour le petit peuple irlandais si on veut chercher la petite bête.
Si l'on connaît évidemment David Lean pour ses grandes épopées lyriques romanesques,on oublie trop souvent de citer "La Fille de Ryan"(1970)parmi ses œuvres majeures. Et pourtant,on est emporté dans un tourbillon d'émotions grâce en grande partie aux sublimes paysages irlandais et à une reconstitution minutieuse d'une petite ville très catholique de 1916. Une jeune femme en mal d'amour(Sarah Miles,intense)tombe aisément sous le charme du placide instituteur du village(Robert Mitchum,intimidant). Mais celui-ci la délaisse pour ses activités,et elle chavire pour un officier anglais écorché vif qui répond à ses désirs. Le drame est en place,entre le triangle amoureux et le jugement impitoyable des villageois intolérants et bigots. Certains personnages restent mémorables comme le prêtre aux actes contradictoires ou l'idiot grimaçant et boiteux. Lean peut établir le parallèle entre la tempête métaphorique et la véritable tempête,dantesque qui apparaît au milieu du film. La musique de Maurice Jarre est formidablement romanesque,même si elle est parfois en décalage avec ce qui se passe à l'écran. Une œuvre à reconsidérer.
Vraiment un très beau film signé par le grand David Lean ("Le pont de la rivière Kwai", "Lawrence d'Arabie"..). Un souffle épique et romanesque, des paysages somptueux et des acteurs éblouissants.
Ce film est vraiment est bien réussi . Robert Mitchum est fabuleux et le courage d accepter son épouse après sa romance avec l'officier anglais.Le père de Rose est triste de la trahison de sa fille par rapport au villageois et son mari.Car il l a considérait comme une princesse.
Je n'avais jamais vu ce film et, franchement, je ne perdais pas grand chose. Tout d'abord, c'est beaucoup trop long : de nombreuses scènes s'étirent mollement sans que cette longueur apporte quoi que ce soit au film, bien au contraire. Malgré la longueur, c'est extrêmement décousu. Ensuite, c'est totalement prévisible : on sait longtemps à l'avance comment cela va finir. C'est, enfin, truffé de scènes de foule totalement caricaturales, sans aucune nuance. Restent la beauté des paysages et le jeu de Robert Mitchum et Christopher Jones pour remonter un peu le niveau du film. Sarah Miles, elle, n'est pas très convaincante.
Film de grande cuvée, du grand Lean, on notera les grandes compositions de Mitchum, d'Howard et aussi de Mills, La musique de Jarre souligne formidablement le propos, je lui préfère néanmoins "La route des Indes" du même auteur sur ce même bovarysme, très grand film tout de même.
Signalons d'abord que les coulisses de la production pourraient fournir une série haute en rebondissements et en drames! Constituée de deux intrigues qui se suffiraient à elles-mêmes, la narration les lie par deux séquences clés en miroir dans la nature - absolument sublime - qui exprime les émotions des personnages. L'une dans un cadre bucolique incarne toute la sensuelle passion entre l'héroïne, mélange d'Emma Bovary et de Belle, et son amant, l'autre, en pleine tempête, la fougue furieuse d'un village reniant la paix des rois d'Angleterre. D'ailleurs le rejet des habitants (hors le bouffon du roi shakespearien qui en semble épris) à l'égard de cette femme qui rêve de romance (bouleversant I don't even know what more there is) est moins motivé par son adultère que par son dédain à l'égard de la cause irlandaise. Cependant, les villageois se montrent tellement grossiers, envieux, intolérants (ignoble scène de lynchage) que leur quête d'indépendance ne saurait être soutenue, à l'inverse d'un féminisme (que l'attitude très digne de l'époux - excellent Robert Mitchum - corrobore) qui semble compatir avec les envies d'ailleurs et de meilleur auxquels la mer et la lande encouragent à aspirer. Très habile (quoi que nombriliste), la mise en scène exploite symboles, jeux de caméra, suspensions musicales pour illustrer les émois des protagonistes. On regrettera davantage encore les quelques séquences ou dialogues superflus (l'arrivée au poste, le trauma militaire, la soirée en solitaire) ainsi que les deux scènes de baisers fort maladroites (d'autant que les regards les laissaient présager) que l'image sait parler en silence et que la scène d'après tromperie est parfaite. Un regard réaliste sur le romantisme illusoire.