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Davidhem
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5,0
Publiée le 9 avril 2008
Quatre années après avoir élaboré le mythique "le docteur Jivago" aux Etats-Unis, David Lean revient dans son pays d'origine pour diriger un grand acteur de l'époque Robert Mitchum accompagné d'acteurs méconnus mais qui détiennent chacun un énorme talent dans ce film qui doit être inscrit parmi les chefs-d'oeuvre du septième art. Le réalisateur filme brillamment les paysages de l'Irlande et parvient à délivrer et obtenir des images d'une rare beauté comme les couchers de soleil radieux, la mer en état de tempête, les toiles d'araignée au soleil après la pluie, bref un film qui peut se vanter de posséder une plastique exceptionnelle où chaque plan possède une beauté rare. Le long-métrage distille une intrigue mêlant romance sur fond de la première guerre mondiale. Le film relate l'histoire d'une jeune irlandaise qui se marie avec un instituteur beaucoup plus âgé qu'elle et qui veut s'échapper de l'ennui en tentant une aventure avec un officier anglais. Le réalisateur élabore un film fort, bouleversant et juste sans sombrer dans le pathétique, usant d'une certaine violence et d'une certaine volonté à afficher clairement la bêtise humaine. Ainsi, on retrouve la trahison, le lynchage, le sadisme, la jalousie, le mépris, la haine. Cette haine est parfaitement traduite et exposée au spectateur, signifiant le rapport de force et les tensions entre les Anglais et les Irlandais. On apprend dans ce film certains détails intéressants quant à l'implication financière des allemands dans la création de groupes qui tendaient à repousser les anglais. Robert Mitchum endosse avec talent et sensibilité le rôle d'un homme qui doit subir les aventures de sa femme avec un autre, Sarah Miles remplit son rôle de façon intelligente, ne surjoue pas et demeure naturelle. Ce film réalisé en 1970 n'a pas pris une ride et détient le mérite de fouiller avec soin les personnalités de tous les personnages mis en place et mettre en valeur leurs qualités comme leurs défauts. En un mot, grandiose!
Un casting un peu malheureux ternit la majestueuse réalisation du maître Britannique. Autrement, c'est constamment magnifique. "Un petit bijou", confia t-il.
Un très beau film, doté d'un souffle élevé, et d'un romantisme qui ne sombre jamais dans la sensiblerie que le sujet pouvait apporter.
On regrettera que la musique de très haute facture soit parfois totalement inappropriée, je pense à l'annonce de la pendaison ou à la scène de lynchage public, deux scènes illustrées par une musique joyeuse et grandiloquente absolument déplacée.
Les décors des plages d'Irlande sont stupéfiants de beauté, et le jeu des acteurs fin et pénétrant.
Et quelle surprise d'apprendre que le film fait plus de trois heures, car le temps défile sans qu'on ne le voit passer.
Film de grande cuvée, du grand Lean, on notera les grandes compositions de Mitchum, d'Howard et aussi de Mills, La musique de Jarre souligne formidablement le propos, je lui préfère néanmoins "La route des Indes" du même auteur sur ce même bovarysme, très grand film tout de même.
Un beau film, original, où se mêlent une quantité de thèmes autour de l'intrigue principale qui peut n'être finalement qu'un simple fil conducteur si on a envie de s'intéresser à tous les détails qui gravitent autour et à côté. Un film qui parle de la force et de la faiblesse des hommes, de l'amour et du mépris, de la beauté et de la laideur, de la souffrance et du bonheur, de l'égoïsme et du don de soi, et plein d'autres choses encore... Images superbes. Scénario soigné. Acteurs convainquants, y compris les seconds rôles. Le contexte de la première guerre mondiale vécue en Irlande nous apporte une vision bien différente de celle que nous voyons plus couramment dans les films. A voir.
"Le pont de la rivière Kwa¨", "Lawrence d'Arabie", "Le Docteur Jivago"... Après de tel succès David Lean change un peu de cap pour signer son meilleur film. Oui son meilleur film, sous-estimé et encore trop méconnu "La Fille de Ryan" est un pur chef d'oeuvre, un petit bijou qui, malheureusement, ne sera pas accueilli de la meilleure façon ; en résultera une retraite du réalisateur qui mettra près de 15 ans avant de réaliser son dernier film "La route des Indes" (1984)... La réussite du film réside surtotu dans le fait que David Lean a su retrouver la justesse et le charme intimiste de ses premiers films ("Brèves rencontres", "Les grandes espérances" ou "Oliver Twist") sans perdre le lyrisme et les grands espaces des ses derniers succès mondiaux. Pour se faire le village de Kirrary a été entièrement construit pour le film, Lean filme les côtes irlandaises de façon sublime (en fait tourner en Afrique du Sud à cause du climat !), et la bel audace d'offrir un rôle en contre-emploi et culotté à Robert Mitchum ; ce dernier, la quintessence du mâle viril à l'instar d'un John Wayne, interprête ici un instituteur bien sous tout rapport, époux fidèle, amoureux mais triste amant et mari ennuyeux... Le scénario écrit par Robert Bolt (déjà auteur des 2 derniers Lean et futur scénariste d'un autre chef d'oeuvre "Mission" de Roland Joffé) est une perfection, alliant un simple adultère aux aléas politico-historiques qui dépassent son héroïne. La religion omniprésente, le rendez-vous au pub, la nature sauvage, les gueules irlandaises et du romanesque... sans oublier un lynchage qui marque les esprits et qui déchire autant que les vents du littoral. Un chef d'oeuvre à voir, à revoir et à réhabiliter.
A mon avis, ce film qui aurait pu être un très grand film, a été handicapé par une distribution étonnamment malheureuse : imaginez donc Julie Christie - teinte en rousse - dans le rôle de Rosy... imaginez un Michum un peu moins âgé et mou, plus révolté... imaginez un major anglais un peu plus humain
En revanche , Trevor Howard et John Mills sont bons.... et c'est dont surtout l'impossible couple - même en Irlande en ces temps-là Michum-Miles qui ternit ce film.
L'histoire en elle-même - l'Irlande en 1916, la péninsule de Dingle - constitue une toile de fond parfaite, les décors sont superbes et la musique de Maurice Jarre exquise.
Non, vraiment, j'en veux à Robert Michum et surtout à Sarah Miles de ne pas avoir fait montre de plus de charisme, d'espièglerie irlandaise...