Un coeur en hiver
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loulou451
loulou451

146 abonnés 1 503 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mai 2009
Quel bijou ! Pour l'un de ses tous derniers films, Sautet trouve en Emmanuel Béart l'actrice qui lui fait oublier la sublimissime Romy Schneider. Certes, le style est bien différent, mais Emmanuelle Béart signe ici, à n'en pas douter l'un de ses plus beaux rôles dans la peau de cette violoniste sensuelle, passionnée et emportée. A ses côtés, Dussollier et Auteuil se hissent à son niveau et forment ainsi un trio inoubliable. Sautet, une fois encore, montre qu'il demeure à jamais un monstre sacré du cinéma.
Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2014
Depuis "Quelques jours avec moi", avec le même Daniel Auteuil, Claude Sautet marque une rupture nette avec ses sujets "sociologiques" des années 70. Que ce soit ici, dans ce "Coeur en hiver", dans "Quelques jours..." et plus tard dans "Nelly et Mr. Arnaud", le ton est plus grave, plus austère, plus mélancolique, plus froid et profond que ces réussites passées. Peut-être parce que ces trois derniers films traitent des mêmes sujets: la solitude, le sentiment d'être étranger au monde et l'incommunicabilité des sentiments déclinés sous différents points de vues.
Dans "Un coeur en hiver", le personnage central incarné par Auteuil est une énigme à lui tout seul: Stéphane s'est construit une routine sécurisante avec son "meilleur " ami et associé Maxime (André Dussollier) -"partenaire", rien de plus, dit-il à Camille (Emmanuelle Béart)- mais ne semble toucher par rien. A peine son travail de luthier semble lui procurer quelques émotions et satisfactions. Il semble accepter le jeu des conventions sociales par aspect purement utilitaire et par peur de se retrouver seul, mais n'hésite pas à se montrer froidement cynique et provocateur vis-à-vis de qui bon lui semble. Seul Lachaume (émouvant Maurice Garrel), son père spirituel et professeur, semble trouver grâce à ses yeux. C'est également le seul qui semble comprendre qui est Stéphane sous cette gangue hermétique. Maxime, le fidèle, lui, accepte Stéphane tel qu'il est, mais n'a jamais chercher à résoudre l'énigme Stéphane et n'a jamais tenté de le remettre en question. En somme, la routine utilitaire de la relation lui sied tout autant qu'à Stéphane... Camille "bouleverse" tout.
Emmanuelle Béart, à son avantage, n'est jamais aussi bien que quand elle incarne des femmes passionnée et fougueuse, portée par des sentiments brûlants et destructeurs. L'énigme Stéphane la fascine et l'attire irrémédiablement. Ils sont l'anti-thèse de l'un et de l'autre. Ce dont "semble" jouer ironiquement et volontairement Stéphane.
Je dis bien "semble" car le jeu de Daniel Auteuil, porté par l'oeil et la direction de Sautet, est d'une infinie subtilité. C'est même du grand art. La mise en scène épurée et sobre, privilégiant les plans longs, appuie sur ses regards qui en disent bien plus longs sur lui que le discours qu'il tient. C'est par son regard d'ethnologue de l'âme humaine que Sautet parvient à nous livrer une part de Stéphane. Les nombreux silences et non-dits appuyés par des regards signifiants sont autant d'informations pour le spectateur. La force de Sautet, c'est de toujours prendre le spectateur pour quelqu'un d'intelligent, il ne tombe jamais dans la démonstration ou le dialogue de trop, jouant avec finesse le décalage entre le verbalisé et ce que le personnage ressent. Beaucoup de ses films reposent sur cette construction et ce sentiment. L'intrigue est rectiligne, le personnage central est scruté par la caméra jusqu'à la moëlle, sans pour autant trahir ses secrets et ses zones d'ombres, jouant du décalage dont je viens de parler.
Sautet filme la solitude comme personne, surtout ici. Car au bout du compte, Stéphane est seul au milieu de tout le monde, il s'en est exclu volontairement tel un misanthrope au regard lucide, dure et acéré, souvent cruel, mais qui en se réfugiant dans sa tour d'ivoire souffre horriblement et s'empêche d'aimer pour se protéger de la souffrance. Car dans le fond, il les aimes tous, il a vraiment eu le coup de foudre pour Camille, il se culpabilise de faire mal à Maxime, admire Madame Amet (Myriam Boyer) et Lachaume, à beaucoup de tendresse pour Hélène (Elisabeth Bourgine) mais se convainc lui-même d'être un personnage froid et antipathique, qui fera tout pour se faire détester de tous.
La solitude face à la maladie, la souffrance et la mort est aussi abordée avec le personnage de Lachaume - c'est d'ailleurs cela qui fait "réagir" Stéphane -. Ne dit-il pas à Camille, lors de la scène de fin (dans une brasserie - lieu récurent dans les films du réalisateur), "je croyais n'aimer que lui mais c'est le contraire". Tout est dit en une phrase.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 27 avril 2014
Même si la mise en scène de bonne facture permet d'éviter le ratage, le personnage joué par Daniel Auteuil est beaucoup trop tarte pour que l'histoire soit crédible.
Le 4e Homme
Le 4e Homme

8 abonnés 78 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 août 2016
Un des films les plus poignants, les plus tristes que j'aie vus ; une rencontre entre deux êtres dont les trajectoires, comme deux météorites, se ratent.
A chaque fois je suis bouleversé par le gâchis de l'histoire de Stéphane (D Auteuil) et Camille (E Béart).
Dans le même temps quelle finesse de C Sautet, quel superbe personnage proposé à Dussolier....
DarkSchneider
DarkSchneider

1 abonné 108 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 mai 2024
C'est la 1ère fois que je quitte une séance, comment c'est possible de faire des trucs aussi nuls, et pourquoi je vais voire ce genre de trucs, daniel auteuil est amoureux d'emmanuel beart qui est violoniste et voilà, ça parle, ça joue du violon et ça parle, ce film est une souffrance.
Vincent Lignereux D
Vincent Lignereux D

47 abonnés 35 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 février 2023
Un des films les plus rébarbatifs qu'il m'ait été donné de voir de toute ma vie. Presque qu'aussi insipide que du Godard. Ha le cinéma français! Télérama vont adorer, Le masque et la plume vont orgasmer c'est certain!
calliphilus
calliphilus

8 abonnés 78 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 avril 2014
On ne saurait nier à Claude Sautet une certaine maitrise de l’art cinématographique. Ses prises de vue, ses cadrages, son découpage, son montage restent de bonne facture. Il en va de même de la mise en scène proprement dite bien que cet art (la mise en scène) procède plus du théâtre que du cinématographe. Et c’est là où le bât blesse. Trop littéraire, trop ampoulé, le cinéma de Sautet m’agace plus qu’il ne me séduit. A de rares exceptions près (Montand dans « César et Rosalie ») ses acteurs prennent des mines mornes et blasées jusqu’au ridicule. Vous me rétorquerez : « comment ? Vous qui admirez Bresson, vous critiquez cet aspect des choses chez Sautet ? » Et bien oui car chez Bresson les acteurs ne jouent pas la comédie : ils illustrent un drame comme le visage impassible d’une icône russe illustre l’évangile. C’est bien là toute la différence. D’un coté, un art cinématographique poussé à l’extrême du dépouillement comme une église romane ou une chapelle de Le Corbusier tout à la gloire du volume, de l’autre un méli-mélo de théâtre filmé, d’extrait de roman à l’eau de rose, de dialogue insipides assaisonnés d’une bonne dose de musique belle mais élitiste histoire de faire passer la pilule. Le résultat est snob et prétentieux. Même si, pour une fois, Sautet ne nous impose pas des personnages tout droit sortis de la grande bourgeoisie parisienne, ses deux artisans sont des luthiers de haut vol comme le grand Etienne Vatelot, à savoir des gens dotés d’une certaine aisance financière. Bien loin des personnages de Bresson ! Et bien loin des préoccupations de tout un chacun. Regardez autour de vous. Ne voyez-vous que des gens qui font la gueule ? Quand vous invitez ou que vous êtes invité, vous souriez, vous riez, vous plaisantez. Rien de cela chez Sautet. Une caricature du cinéma intellectuel français. Les seuls moments qui donnent un peu d’air à cette atmosphère étouffante sont les scènes de travail dans l’atelier. Trop mince pour susciter l’intérêt jusqu’au bout. Quant à la passion de Camille pour Stéphane qui n’a rien d’un beau ténébreux, elle apparait bien artificielle. La scène de dispute au restaurant aussi. On voit mal un homme rester impavide à ce point sans dire au moins « calmez-vous, on nous regarde ! » surtout dans un film à visée plus psychologique que symbolique ou métaphorique. Conclusion : malgré le talent de Sautet, je n’adhère pas à son cinéma.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 174 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 août 2009
Une jeune femme séduisante et violoniste fait chavirer le cœur de deux amis luthiers (et associés). Le soucis avec le film de Claude Sautet, c’est que l’on imagine aisément ce qu’il va se produire au milieu et à la fin du film avant même de voir ce dernier.
Alors quel en est l’intérêt ? Son seul et unique atout réside dans les très belles interprétations des comédiens, à savoir le trio : Daniel Auteuil, André Dussollier & Emmanuelle Béart.
Mais mise à part cela, l’ensemble est trop prévisible et trop amorphe pour pouvoir vous tenir en haleine jusqu’à la fin.
Philou54
Philou54

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 mars 2021
Si le sujet est pouvait être intéressant, le film n'atteint pas son objectif
Le personnage joué par Auteuil est vraiment exaspérant. Ce n'est plus de la retenue ou de la réserve, c'est l'absence totale d'expression et au cinéma c'est gênant..
On a vraiment envie de le claquer ou au moins le remuer.
Emmanuelle Béart est sublime et Dussolier impeccable comme d'habitude.
On reste finalement sur sa faim avec un goût d'inutilité dans la bouche.
noizet
noizet

7 abonnés 213 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 février 2022
une fois qu'on en est arrivé à la situation équivoque entre les 3 protagonistes principaux, on n'avance plus d'un yota.
ce ne sont pas les quelques histoites annexes qui embellissent le scénario. elle sont juste là pour faire durer et ajouter de la tristesse et un climat encoure plus lugubre à un film qui n'en demandait pas tant.

quand on a vu Auteuil dans manon des sources , on le trouve bien mièvre dans ce film bizarre. il en devient même assez vite agaçant, surtout avec ce maquillage qui lui donne en permanence un air de chien battu.

Dussolier a un rôle pour le moins ambigü dans ce film, celui du cailloux dans la chaussure qu'on n'ose pas enlever.

Je trouve que c'est Emmaanuelle Béart qui tire le mieux son épingle du jeu dans cette histoire tristounette.

Quand à la fin, elle n'en n'est finalement pas une, puisqu'on sait qu'ils vont se revoir . Et compte tenu des termes du dernier échange entre les amoureux torturés, on peut supposer que cette situation équivoque et pénible va s'éterniser...
Brochier
Brochier

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mars 2023
Une claque ! Touché en plein cœur ! Le film le plus bouleversant que j'ai vu au cinéma, la même claque à chaque fois que je le revois.
Je suis étonné de voir dans les commentaires que beaucoup passe à côté de ce qui est raconté dans ce film. Le thème n'est pas une histoire d'amour comme racontée mille fois. Le thème, c'est le sentiment amoureux, irrationnel, incontrôlable, dévastateur, douloureux, impossible à assumer. Le thème c'est la peur d'être submergé par ce sentiment amoureux.
Ce n'est pas un triangle amoureux. L'histoire entre Maxime et Camille est banale, elle est secondaire. L'histoire pourrait être racontée sans Maxime.
Camille, c'est la virtuose, celle qui est capable d'exprimer par le violon ce que ressent son cœur. Stéphane, c'est le luthier, celui qui permet à la beauté de surgir mais qui reste toujours dans l'ombre.
"Le coeur en hiver", c'est celui de Stéphane, qui n'est pas détaché, cynique et misanthrope, mais qui cache son hypersensibilité sous une épaisse carapace de rationalité en mettant son coeur en hibernation. Il croit se protéger de tout sentiment, mais défaille quand Camille arrive dans sa vie. Lui qui se défendait de pouvoir aimer, ne peut cacher son trouble pour Camille. C'est imperceptible : un regard bienveillant, une écoute attentive, un café échangé un jour de pluie.... c'est tout ce qu'il livre. En réponse, l'amour fou inattendu de Camille le désarçonne. Non, ce n'est pas possible pour lui, il n'a pas le droit de l'aimer, pas à cause de Maxime, mais parce qu' il impose l'arrêt à son coeur alors que celui de Camille bat trop vite.
Camille et Stéphane, c'est le combat entre le besoin impérieux de crier "je t'aime", et la terreur absolu d'avouer "je t'aime". Ce film est pour ceux qui ont été confronté à ce sentiment. Pour les autres, j'imagine qu'il est incompréhensible. Ne reste alors que Ravel...
Daniel Auteuil est fantastique dans ce rôle tout en retenue, en finesse. Mais surtout Emmanuelle Béart est magistrale, époustouflante. Quelle injustice que son talent d'actrice n'ait jamais été reconnu à sa hauteur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 décembre 2009
C' est un film sublime! Le cinema francais qu' on aime. Les trois acteurs excellents. C' est dommage qu' Emanuelle Beart est devenue si rare ces dernieres annees... Daniel Auteuil, grace a ce film est devenu en Grece l'un de plus celebres acteurs de la decennie (90's)...
Phineus1
Phineus1

9 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2025
Un romancier peut décrire la réalité psychique d'un personnage sans évoquer ses paroles et ses actions(« Emma pensait que ... »), un cinéaste ne le peut pas (sinon en un certain moment de l'histoire du cinéma par l'utilisation du truchement de la voix extérieure pervertissant l'essence même du film).
Toute réalité « intérieure » du personnage ne pourra donc apparaître au spectateur qu'à travers des interprétations (dont il n'a pas conscience) d'où cette expérience heureuse et si précieuse offerte au regardeur de cinéma de comprendre et non pas de constater, de saisir et non de recevoir, de supposer et non d'affirmer, bref de penser et non d'absorber.
Et pour scusciter cette interprétation le cinéaste ne dispose que de l'image et du son, et surtout de l'image comme dans le film de Sautet où la « vérité » ne se trouve pas dans les dialogues (sinon pour dévoiler la défaillance du langage) qu'au sein des regards, et des expressions.
Alors que va-t-on « voir » dans « un cœur en hiver » ? pour l'essentiel des failles, des blessures, des manques, comme si la nature humaine tenait toujours dans l'impossible incarnation du désir.
Et Sautet construit, élabore à travers son film et d'une façon très subtile et remarquablement efficace cette « vision ».
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mars 2021
EB est vraiment excellente. Elle est si froide qu’on a même du mal à croire qu’elle peut transmettre une émotion passionnelle dans sa musique. Elle est d’ailleurs si exigeante avec elle que le duo des hommes autour d’elle devient malsain, non par son possible triolisme, mais par leur jeu de séduction irrationnel. Cette froideur sensuelle les attire et le réalisateur sait tellement bien retranscrire ce malaise.
Alasky

454 abonnés 4 539 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2024
Les films de Sautet ne sont pas trop ma tasse de thé, mais au moins ici les jeu d'acteurs sont crédibles et non pas surjoués comme souvent. Film plutôt froid et mélancolique, avec un beau trio d'acteurs à l'affiche. Réservé aux cinéphiles cependant.
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