Ce film sera certainement l'un des Cronenberg les plus difficiles à adorer, mais aussi à détester. Collaboration prometteuse avec le désormais très connu Ivan Reitman, Cronenberg choisit ici de traiter, pour son 1er long métrage digne de ce nom, le sexe, d'une façon très particulière...ceux qui auront vu plus d'un film de ce réalisateur sauront de quoi je parle. Ainsi, on retrouve le fil rouge de Cronenberg : l'évolution du corps, l'altération psychique, pour au final se retrouver avec un érotisme horrifique dans Frissons.
Frissons sera très difficile à détester, car l'action est très fluide, le film démarre très très rapidement. L'intrigue est là, et peu à peu le réalisateur arrive à instaurer une ambiance gênante, suffocante. On ne peut parler de vrai huit-clos, mais passé un certain stade, il sera très difficile de différencier un décor d'un autre. La forme peut faire mouche, ainsi certaines scènes peuvent être assez choquantes, au 1er ou au 2nd degré. Le fond n'est pas en reste, car l'on peut y voir certaines allégories sur le "danger" de l'amour, mais aussi le libertinage, la folie, ou l'évolution de la société.
D'un autre côté, Frissons sera très difficile à adorer, car il souffre de son époque : les effets sont mal faits, certaines situations sont tout simplement ridicules. Cronenberg n'a pas encore la maitrise complète de sa caméra...on pourra regretter des images saccadées, et des prises de vues très "brouillon". Côté bande-son, on tombe aussi dans le stéréotype 70's/80's...rien ne sera mémorable, et parfois sera détestable. Enfin du côté des personnages, aucun ne se démarque, le jeu d'acteur oscillant du "à peine convaincant" au "nullissime".
En définitive, je ne mets que la moyenne à ce film, qui je trouve n'en mérite pas d'avantage.