C'est LE film de Jane Campion. Une très belle histoire, terriblement romantique. Le contexte est bien choisi et tout à fait original (l'implantation des colons en Nouvelle-Zélande au XIXème siècle). La réalisatrice réunit autour d'elle un très beau casting (Holly Hunter, Harvey Keitel, Sam Neill et la jeune Anna Paquin).
Oeuvre poètique et charnelle rehaussée par une interprétation exceptionnelle (le quatuor formé par Holly Hunter, Anna Paquin, Sam Neill et Harvey Keitel) et une musique sublime.
Il y a vraiment des plans magnifiques dans ce film. Ils sont, qui plus est, soulignée par une musique émouvante, qui vient sublimer l'oeuvre. Mais le film de Jane Campion ne se résume pas à sa simple beauté formelle. C'est également un film captivant, dur, éprouvant. Les comédiens sont tous excellents, Holly Hunter en tête, qui se montre d'une opiniatreté folle. D'un simple regard elle parvient à nous faire comprendre toute la passion qu'elle porte pour son piano. Le tout réhaussé par la caméra de Jane Campion ça donne un film vraiment très bon.
Du grand cinéma, un film plein d'émotion, de poésie et d'érotisme qui peut parfois etre dur et choquant. Un jeu d'acteur epoustoufflant et une musique envoutante qui traduit avec justesse les émotions si complexes de la jeune pianiste muette. La lecon de piano est surtout un film d'amour improbable et renversant plein d'humilité . A ne rater sous aucun prétexte.
Une jeune femme muette, mais pianiste virtuose, débarque dans le bush néo zélandais avec sa fille au 19ème siècle. Cette jolie femme, raffinée, contrainte à se marier avec un bushman, plonge dans l’enfer vert et poisseux de la brousse ; c’est déjà un vrai choc culturel pour elles. Là, contrainte d’abandonner son piano sur la plage de son arrivée, cette expatriation va ressembler à un enfer. Les abysses, elle les touchera lorsque le voisin de son mari, illettré et ami des indigènes maori, lui propose un chantage immonde : lui rendre son piano touche par touche à conditions qu’elle cède à ses exigences. Mais est ce là le plus immonde ? Jusqu’au dénouement final, on est suspendu au sort d’Ada la muette, c’est un voyage initiatique pour elle dans le monde des sens. A ce moment on entre dans un monde plein de sensualité et de grâce mais aussi de violence psychologique. La sensualité des doigts effleurant les touches du piano, les humeurs d’Ada retranscrites par l’intensité des morceaux joués ; le piano est le prolongement de son handicap : sa voix et sa sensibilité. Holly Hunter est époustouflante dans ce rôle où son regard doux, discret et caressant la caméra est son seul mode d’expression. L’héroïne principale est muette, mais la réalisatrice ne fait pas plus parler les autres protagonistes et c’est par ces plans, ces séquences qu’elle traduit le mieux les remous qui agitent le fond de leurs âmes : Harvey Keitel et Sam Neill sont aussi épatants. Tout en émotion et en poésie, ce film est porté aussi par une sublime photographie et une musique soignée collant parfaitement au propos. Jane Campion obtiendra la Palme d’Or en 1993 et Holly Hunter le prix d’interprétation : mérités.
Palme d'or 1993, "La leçon de piano" est un film de Jane Campion qui ressemble assez peu au cinéma conventionnel tant la conjonction entre le lieu, le milieu et l'époque du film est intriguante. Le scénario est probablement la plus grande force de cette oeuvre, en effet le film est d'une grande finesse qui est d'ailleurs représentée par le mutisme du personnage d'Holly Hunter. Plein de non-dits, de caresses et de frôlements le film fait la part belle aux sentiments d'une certaine manière. Il les enferme, leur laissant une légère ouverture pour le spectateur grâce à la place du regard très important dans le film. On comprend son importance en voyant Stewart faire l'amour à sa femme par procuration par la force de son regard ou inversement, le regard de sa femme le "perforant" et le castrant. La discrétion des sentiments permet alors, durant les scènes fortes, l'explosion au sein du coeur du spectateur de l'émotion jusqu'ici retenue. La relation amoureuse entre Ada et Baines remplaça petit à petit celle entre Ada et son piano, chose impossible à concevoir avec la présence de Flora. Ada a toujours utilisé sa fille comme d'un bouclier contre les autres (grâce à son handicap), d'un intermédiaire obligatoire entre elle et le monde. Là est l'intelligence du scenario qui isole Flora et permet aux deux amants de construire une proximité dénuée de barrière, Baines apprivoisant Ada, d'abord par un marché puis par l'éveil de la passion chez elle. Elle commence alors, par sa passion dévorante pour son nouvel amant, à délaisser les motifs de son isolement comme sa fille ou son piano. L'amour qu'elle porte à sa fille résistera mais la représentation de son passé torturé qu'est son piano finira par disparaitre dans les abîmes comme les fantômes de son passé, parmi lesquels, elle même.
Un très beau film... qui montre encore une fois la soumission des femmes... Encore un peu sous le choc de la scène où Ada se fait couper le doigt... Mais tout est bien qui finit bien....
Terriblement lent et long, même si la photographie et la musique sont très belles et soignées. Sans m'avoir emballée, ce film reste je pense un des meilleurs films en costumes.
Un chef d'oeuvre magnifique et poétique, érotique et choquant, où Holly Hunter livre une prouesse d'actrice époustouflante. Palme d'or et prix d'interprétation féminine à Cannes en 1993. A voir absolument.
Le film est marquant par son ambiance particulière, ses beaux décors et son scénario mais je me suis ennuyé. Voir un pauvre mec faire du chantage avec un piano pour coucher avec une muette ne m'a pas emballé ...