La Leçon de piano
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325 critiques spectateurs

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Bober
Bober

4 abonnés 120 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 novembre 2025
J’hésite à mettre car c’était franchement un super film. Tout d’abord l’acting était franchement bien crédible bref super bien joué, et surtout le suspens qui monte au fur et à mesure, on sait que quelque chose va se passer, on ne sait pas quand ni comment. Et c’est bien ça la grande force du film !! Je recommande grandement.
Cadreum
Cadreum

79 abonnés 832 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2025
Qui est le film ?
Jane Campion signe en 1993 avec La Leçon de piano son quatrième long-métrage, après s’être fait remarquer avec Sweetie et Un ange à ma table. À cette époque, elle est l’une des rares femmes cinéastes à accéder à une reconnaissance internationale : Palme d’Or à Cannes, Oscar du meilleur scénario. Le film s’ancre dans une Nouvelle-Zélande du XIXe siècle, coloniale, pluvieuse, boueuse, théâtre d’un exil personnel et politique. Une femme muette, Ada (Holly Hunter), débarque avec sa fille et son piano pour rejoindre un mari qu’elle n’a pas choisi.

À partir de ce postulat d’un mélodrame classiqe ; une femme étrangère, un mariage arrangé, une passion adultère, Campion creuse un espace tout autre, fuyant l’exotisme comme le romantisme de pacotille. La Leçon de piano ne promet pas une histoire d’amour, ou du moins ne s’y limite pas.

Que cherche-t-il à dire ?
La Leçon de piano est un film sur la dépossession. Celle d’une femme privée de sa voix, d’un instrument devenu objet de troc, d’un territoire arraché à ses habitants. Mais c’est aussi un film sur la reconquête par des moyens obliques : la musique, le regard, le toucher. Campion ne cherche pas à faire un manifeste féministe explicite, elle préfère les angles morts, les tensions inavouées, les rapports de force réversibles.

Ce que le film observe, c’est la manière dont Ada refuse le rôle qui lui est assigné : épouse soumise, colonisatrice silencieuse, victime passive. Elle ne parle pas, mais elle dit. Par son piano, elle formule un autre langage, qui échappe aux catégories du dicible.

Par quels moyens ?
Le tout premier plan, vu à travers les doigts d’Ada posés sur ses paupières closes, installe une logique de subjectivité radicale. La vision ne précède pas le regard : elle en est une construction. On entre dans le film non pas par une image claire, mais par une image filtrée. Tout le film tient dans ce geste inaugural : rendre visible l’opacité, filmer depuis l’intérieur d’une conscience.

Lorsque le mari d’Ada refuse de faire transporter le piano et le laisse sur le rivage, c’est une scène de viol symbolique . Le piano est le prolongement de son corps : c’est sa voix, son langage. En le laissant là, il la mutile. Mais la mise en scène refuse l’emphase : pas de cris, pas de protestation. Seulement une caméra distante, un vent qui souffle, un sable qui recouvre les touches. Campion filme la douleur sans jamais l’exhiber.

Dans les scènes où George Baines (Harvey Keitel) propose à Ada un troc (des touches jouées contre des gestes), Campion suspend le jugement moral. Le montage insiste sur les mains, la peau, les frissons. Ce n’est pas la scène d’une domination, mais celle d’un trouble. Qui possède qui ? Qui cède ? Qui obtient ? La tension est constamment redéfinie. C’est dans ces scènes-là que le film explore le plus finement l’ambivalence du désir féminin, toujours menacé de récupération mais aussi capable d’inverser la donne.

Flora, la fille d’Ada, est un personnage souvent négligé. Mais elle est l’œil qui observe, juge, trahit. Campion filme souvent ses regards latéraux, ses hésitations, comme des interstices dans la trame du récit. Elle est la mémoire d’une histoire qui pourrait basculer. Lorsqu’elle transmet la lettre d’Ada à son mari, elle devient l’instrument de la punition, et rappelle que l’enfance n’est jamais innocente dans les récits de dépossession.

La scène de la noyade rêvée, où Ada coule avec son piano, est d’une beauté infinie. Elle résume la tentation du retrait, de la fusion avec ce qui fut à la fois son langage et sa prison. Ce n’est pas tant la mort qui attire Ada que le silence absolu, celui où même la musique devient inutile. Ce rêve et son refus signe l’ambivalence du film : dire, c’est vivre, mais vivre, c’est accepter de ne plus dire comme avant.

Où me situer ?
Mon regard est traversé d’admiration pour cette manière qu’a Campion de filmer les affects sans jamais les réduire à des émotions attendues. J’admire cette économie de mots, cette grammaire du geste, cette capacité à faire exister un corps féminin hors du regard masculin normatif. Mais je reste troublé par certaines équivoques : le personnage de Baines, par exemple, reste ambigu, parfois trop conciliant aux yeux de la mise en scène. À force de nuances, le film court le risque de brouiller sa propre ligne critique, notamment dans la relation entre désir et domination.

Mais peut-être est-ce là son courage : ne pas chercher une clarté militante, préférer l’incertitude, la contradiction comme vérité de l’expérience humaine.

Quelle lecture en tirer ?
Ce que Campion met en scène, ce n’est pas seulement une histoire de femme : c’est une manière de faire du cinéma depuis la marge. Pas en surplomb, pas en dénonciation. En immersion. Elle nous oblige à regarder autrement : non plus ce que disent les personnages, mais ce qu’ils taisent ; non plus ce qu’ils montrent, mais ce qu’ils retiennent. Le spectateur devient alors le lecteur d’une partition intérieure, d’un poème qui n’a lieu qu’à l’écran, au creux d’une note tenue un peu trop longtemps.

Et c’est peut-être ça, la véritable leçon de piano : apprendre à écouter, au point d’entendre ce que les mots recouvrent.
Eyeswideopen
Eyeswideopen

5 abonnés 42 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2026
La mélodie de l’amour, de la jalousie, de la soumission, de l’enfance, du chagrin, de l’érotisme, de l’éveil à soi. Quelle partition !
Sasha Touillaux
Sasha Touillaux

5 abonnés 4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 février 2025
J’ai vu ce film de 1993 qu’est La leçon de piano, et il ne m’a vraiment pas transcendée. Je peux tout de même commencer par les points positifs en soulignant la qualité de la soundtrack réalisée par Michael Nyman, qui nous emporte (en même temps, ça aurait été malheureux d’avoir une bande son pourrie sur un film qui parle de musique). J’ai apprécié les plans sur l’actrice principale, aussi bien sur son visage, que quand elle joue.

Toutefois, j’ai eu un peu de mal avec la romantisation du vi*l qu’on nous sert tout le long du film. Je n’ai d’ailleurs pas vraiment réussi à comprendre si l’effet est voulu, ou si vraiment on essaie de nous faire aimer ce “couple” fabriqué de toutes pièces. Évidemment, il faut pouvoir recontextualiser les événements, mais j’ai eu du mal avec cette facette.

Autre point dérangeant : le doublage VF. Je regarde mes films aussi bien en VO qu’en français, mais ici étant accompagnée, le choix a été fait sur la version française, et les voix des personnages étaient INSUPPORTABLES. Donc, clairement, regardez le dans sa version originale.

Le film est considéré comme un chef d’œuvre sur plusieurs sites d’avis cinéma, mais je n’ai pas du tout partagé ce ressenti. Qualifié d’émouvant et de bouleversant, il n’a rien éveillé de tout cela chez moi..
La sphère cinématographique
La sphère cinématographique

14 abonnés 189 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 février 2025
La leçon de piano nous emmène au siècle dernier en Nouvelle-Zélande pour une histoire d'amour très particulière qui se fait au fil du temps. 
Une direction artistique dirigée de main de maître par Jane Campion, une photographie sublime, une réalisation ultra-poétique et un brun sensuel parfois un peu cru
Ce long métrage marque les esprits, tant par sa beauté que par sa violence psychologique.
Histoire troublante et chef-d'œuvre du cinéma qui a fait longtemps partie de mon top 10.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 6 février 2025
Un véritable chef d'oeuvre. Qui parle de la liberté sexuelle des femmes. Cela doit en embêter plus d'un.
La photographie de ce film est excellente.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

100 abonnés 4 518 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2024
C'est une histoire d'amour qui s'ébauche dans un décor insolite et qui s'appuie sur des incidents dramatiques tout à fait singuliers.
Dans une forêt dense et marécageuse de Nouvelle-Zélande, l'existence d'une jeune veuve muette, médiocrement remariée à un colon, ne semble plus s'exprimer que par la voix de son enfant et par les notes d'un piano. L'instrument, objet surréaliste quand il est posé sur une plage ou transporté au coeur de la forêt est, par son étrange présence, un personnage à part entière par lequel Ada et spoiler: son amant -puisqu'amant il y a- apprendront à s'aimer malgré la jalousie de l'époux humilié.

On ressent, au début du film, comme une certaine affectation dans la gravité; mais la suite produit, par la qualité humaine, psychologique, de personnages attachants, de beaux et véritables élans dramatiques. La mise en scène de Jane Campion est forte par sa capacité à restituer sans emphase ni pathos la douleur des protagonistes, leur émotion simple et vraie, tout en procurant des scènes d'une grande beauté formelle. D'autres fois, la cinéaste mêle à l'âpreté des sentiments une sensualité inattendue.
Au-delà de sa réalisation très sensible, on découvre un casting remarquable, parmi lequel la très talentueuse Holly Hunter substitue à son mutisme des regards d'une profonde intensité.
Une belle histoire indéniablement.
Caroline
Caroline

31 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2024
Être déplacée d’un lieu à un autre comme un meuble : veuve, elle n’a pas d’autre choix que de se remettre en couple car pour une femme cela ne se fait pas d’être seule, encore moins avec un enfant. Son seul échappatoire : le piano. Le voisin l’a bien compris : un triangle relationnel va se mettre en place… L’isolement, l’exploitation forestière : le cadre se prête à une atmosphère pesante où toute liberté est bonne à prendre, peu importe le prix.
AdriBrody
AdriBrody

21 abonnés 802 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2024
J'avoue ne pas saisir "l'amour" censé flotter dans ce film puisque je n'y vois qu'une relation dérangeante, gênante par ces personnages et par la manière dont ils se sont rencontrés, ce qui est d'autant plus surprenant quand on sait que la réalisatrice est une femme... Le côté romantique est donc complètement tombé à l'eau, il n'en reste alors que ce drame classique avec un trio amoureux où une femme se retrouve au centre. Ce film a été grandement encensé mais j'avoue ne pas trop en comprendre les raisons. Il est esthétiquement joli, nul doute, et les acteurs sont tous plutôt bons mais l'histoire racontée n'a rien de bien original et on tourne un peu en rond.
Argos Panoptès
Argos Panoptès

23 abonnés 216 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 19 mai 2024
Les personnages sont désincarnés, la réalisation est passable et le romantisme est au niveau de ceinture. Dans le genre, je préfère très largement un film comme "The Young Lady" par William Oldroyd. C'est une véritable pépite à coté de ce navet.
Alolfer
Alolfer

191 abonnés 1 853 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 avril 2024
Absolument magnifique ! La Leçon de Piano est d'une beauté sublime ! Que cela soit visuellement ou par son histoire, Jane Campion tient un film vraiment magnifique ! L'interprétation de Holly Hunter est plus que remarquable. Tous les autres acteurs/actrices sont du même niveau. Le film possède une magnifique photographie. les paysages montrés sont d'une justesse. La mise en scène de Jane Campion est également d'un tres haut niveau ! Mais ce que je trouve encore plus fort, c est la profondeur de l'histoire : l'histoire d'une femme dépendant d'elle même où seule le piano, vient la réconforter. C est brillant et d'une justesse rare ! Magnifique
lucie Duquesne
lucie Duquesne

22 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 mars 2024
J'ai adoré ce film, le jeu des acteurs est vraiment bluffant et les récompenses qui leurs ont été attribuées sont grandement méritées.
JSCooper
JSCooper

11 abonnés 884 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 décembre 2023
Ambiance particulière réussie. Sensible et beau, mais cela reste une histoire d'amour sans grosse surprise.
Roub E.

1 328 abonnés 5 435 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2023
Un film qui déborde de romantisme (dans la notion littéraire du terme)avec des sentiments exacerbés et de la violence. La leçon de piano est un film à la fois cru et délicat avec une photo remarquable qui font passer beaucoup de scènes pour de la peinture. Les trois principaux acteurs sont formidables avec bien sûr une mention spéciale pour Holly Hunter qui nous fait ressentir la moindre de ses émotions sans prononcer le moindre mot. Du très beau cinéma tout simplement.
TUTUR29
TUTUR29

54 abonnés 1 364 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 octobre 2023
Je me suis encore très peu penché sur la carrière de Jane Campion puisque hormis son récent Power of the Dog, je n'avais encore jamais vu un de ses films. C'est chose faite maintenant avec l'un de ses films les plus connus, La leçon de piano, et quelle découverte ! J'aurais beaucoup de mal à faire une longue critique dessus car c'est une oeuvre dans laquelle toutes les émotions passent en subtilité, dans une ambiance sobre et mélancolique. Il y a toujours ce rythme lent comme c'était le cas dans son dernier film mais franchement, c'est magnifique et envoûtant, je ne peux que recommander.
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