Primée à Cannes, cette romance de Jane Campion me laisse un sentiment mitigé. Parmi les points positifs, on peut relever l'excellence de la bande originale mais aussi les bonnes performances des différents acteurs. Le scénario est correct mais se démarque trop peu du schéma du drame romantique classique. L'élément le plus énervant est la mise en scène elle-même qui n'accorde pas toute la saveur que l'on est en droit d'attendre pour une telle histoire. Le travail de Jane Campion rend son oeuvre froide, imperméable à l'émotion sauf en très rares occasions. Du coup, faut de mordant et d'être touché par cette romance, on finit par s'en désintéresser. Rien de transcendant donc...
dans une sobriété presque noire, comment un homme presque repoussant fait découvrir à une femme fermée au monde sa libido. un film sensuel, sur une musique enveloppante.
Un chef d'œuvre absolu, un récit à la fois poignant et troublant dans la lignée cinématographique habituelle de Jane Campion. Une histoire d'amour très forte, à l'érotisme parfois un peu cru. La mise en scène, tournée vers la psychologie et les émotions des personnages, est grandiose, intimiste. Des acteurs dirigés de main de maître, Holly Hunter est fantastique et j'ai vu là l'une des meilleures prestations d'Harvey Keitel en balance avec celle qu'il livre dans "Bad Lieutenant" d'Abel Ferrara. De très beaux paysages, une plongée fascinante dans les rapports entre Occidentaux et Maoris en Nouvelle-Zélande au siècle dernier. Un grand film.
C'est indéniable, avec La Leçon de Piano on a affaire à quelqu'un qui sait faire du cinéma : les acteurs sont excellents - bien dirigés, la photographie est léchée à l'instar de l'image, l'art de la suggestion est parfaitement maîtrisé etc. Il y a du niveau. Mais un je-ne-sais-quoi dans ce film me chiffonne sans que je parvienne pourtant à énoncer clairement ce que c'est. Une sorte de psychologisme mou qui m'empêche d'aimer pleinement ce film, une féminisation tacite de toutes émotions, tensions et violence que ma sensibilité masculine semble incapable d'admettre et d'apprécier.
Ce film alterne joie mélancolique et tragédie soudaine dans un espace confiné entre les forêts habitants les Maoris et les chemins boueux. Mais une certaine attractivité du mélodrame qui attise l'intérêt des personnages pour le spectateur. Je suis tombé d'admiration pour Holly Hunter depuis son rôle dans "La leçon de piano". Imaginez une actrice capable de par son rôle dialoguer sans mots, de regarder poliment ses spectateurs sans pudeur. Et sa puissance d'actrice s'explique par sa capacité à dialoguer sans mots et à regarder les spectateurs sans gêne. Jane Campion met au monde un chef d'œuvre et Holly Hunter le guide vers la lumière la plus éblouissante possible.
Un pur chef d'oeuvre ! à visionner sans modération ! Les acteurs. ..les décors. ...le scénario. ...la musique. ...Tout y est !!! J'adore tout simplement !
Succès à Cannes comme aux Oscar, La Leçon de Piano a permis à sa réalisatrice, Jane Campion, d'acquérir une notoriété mondiale. Elle dépeint ici la vie d'une femme muette, Ada, qui a comme moyen d'expression le piano. Elle part avec sa fille en Nouvelle-Zélande épouser un homme qu'elle n'a jamais vu. Lors du débarquement, son instrument est récupéré par un ami de son mari et elle se retrouve obligée de se soumettre à ses exigences pour récupérer son bien. La réalisatrice insuffle une dimension romantique à son film, cela se sent à la vue des images et des personnages. Les premières sont somptueuses, Campion montre la beauté simple des paysages de la Nouvelle-Zélande (la plage, magnifique). Les deuxièmes sont servis par d'excellents acteurs qui expriment beaucoup d'émotions sans efforts. Holly Hunter est bluffante, elle arrive parfaitement à jouer silencieusement, avec seulement ses traits tirés et son regard comme moyen d'expression. Keitel, Neill et Paquin sont aussi très justes. La musique, composée presque uniquement des morceaux de piano, donne un ton à la fois mélancolique et vaillant au film. Au final, il n'y a que deux reproches minimes à faire. La sous-intrigue avec les maoris est un peu brouillonne et pas très explicitée. Quant aux scènes montrant les fameuses leçons, elles auraient pu être plus longues. Je trouve qu'on ne ressent pas assez longtemps la tension sexuelle de la situation, ce qui est bien dommage. La Leçon de Piano est une oeuvre envoûtante qui mérite sa Palme d'Or.
Film culte, j'ai enfin pu le voir (au cinéma) et apprécier le poids du film et l'impact qu'il a eu. J. Campion maîtrise de bout en bout son œuvre pour un film qui prend aux tripes et dépeint le portrait d'une femme forte mentalement (H. Hunter) avec une telle compréhension et une justesse dans l'équilibre d'évolution des personnages que le tout vire au chef d’œuvre. Tant par sa mise en scène que par sa direction d'acteurs. H. Hunter est remarquable dans son jeu muet où ses yeux sont le meilleur moyen d'expression et elle arrive avec un tel talent à faire ressentir sa pensée que le film prend une ampleur monstre. Bien épaulée par des acteurs tout aussi bons (H. Keitel et A. Paquin en tête), la passion qui s'en suit, montrée avec une telle patience dans une montée crescendo qui lors de son point culminant offre un final de toute beauté, est plein de sens, poétique et grandiose. Du grand cinéma, comme il s'en fait très rarement ces temps-ci. Quand les films étaient posés sans être lent et chiant, avec une véritable histoire simple et un sens précis du récit, qui se font rare.
Avec tendresse et légèreté Jane Campion nous raconte le désastre : Ada ( Holly Hunter ) est muette depuis l'âge de six ans et vit en Écosse avec sa fille, Flora ( Anna Paquin ) et son père qui l'a marie à M.Stewart ( Sam Neill ) qui vit sur une île en Nouvelle-Zélande. M.Stewart refuse de prendre le piano auquel Ada tient tant. M.Stewart vendra le piano à leurs voisin illettré ( Harvey Keitel ). Pour le récupérer, Ada entretient une relation passionnelle avec celui-ci.Ce film intrigue, bouleverse, il interroge aussi.
Palme d'or 1993 pour un film qui sans conteste aura marqué son époque mais dont l'impact s’avère amoindri aujourd'hui, faute à un scenario quoique très bien écrit manque de tumulte et de remous, et ce malgré les excellentes performances d'acteurs.
Que dire ! Si ce n'est que ce film est vraimant très émouvant et montre la certaine violence des mariages arrangés de l'époque. Jane Campion à su touché le public en montrant une superbe histoire d'amour qui est pour l'époque impossible, oui impossible qu'un illetré puisse avoir avoir quoique ce soit avec une femme plutot intellectuelle. Elle a su montrer de l'amour se mêlant à l'érotisme sans trop de scène "choquante". Et puis la superbe musique signé Michael Nyman tout aussi importante que le film.
Très gnian gnian cette leçon de piano n'est pas une leçon de cinéma. Malgré une palme d'or du meilleur film il y a 20 ans ce film est extrêmement chiant principalement à cause d'un manque de profondeur des protagonistes. On reste vraiment sur notre faim. Le film semble vraiment bâclé, morne et très très faible. On décroche au bout de 45 min quand on s'aperçoit que le film ne démarre vraiment pas. Mince déjà 2 h de film heureusement que cet insupportable thème au piano est là pour vous réveiller et vous faire vite oublier cette catastrophe. La palme d'or du meilleur film pour la réalisatrice Jane Campion est injustifiée. Elle conforte juste l'idée de récompenser un film réalisé pour une fois par une femme... Pathétique.
Un film qui a raflé tout un tas de récompenses (dix exactement). « La leçon de piano » raconte la destinée d’une femme muette liée contre sa volonté à un homme qu’elle ne connaît pas. Peu à peu, suite à un chantage, une relation sensuelle va se lier entre elle et le contremaître de son mari. Le film s’ouvre et se ferme par les pensées secrètes de l’héroïne mutique. Ce sera les deux seules fois où l’on entendra sa douce voix. Ada, interprétée par Holly Hunter, est une héroïne bornée, glaciale, difficile à cerner. Son mutisme accentue la distance entre elle et le spectateur. Elle est certes, très belle, mais aussi incroyablement lointaine. Le personnage ne semble pas réel avec son regard vide de sentiments. Son piano est en quelque sorte son langage. L’addiction de l’héroïne à son instrument se remarque rapidement. La femme ne parle pas, mais ses notes sont ses mots. Lorsque le piano spoiler: sombre, elle est tentée de le rejoindre . La disparition du piano correspond à la fin du langage, donc à la perte de la quintessence d’Ada, qui trouvera malgré tout la volonté de vivre grâce à l’attention de Georges et de sa petite fille. Celle-ci est interprétée par Anna Paquin qui est encore très loin de son rôle de Malicia. Elle a une belle petite frimousse, joue correctement excepté quand il s’agit de pleurer. Sauf que son personnage est tout bonnement insupportable. Tant de complications auraient pu être évitées si l’enfant était restée fidèle à ses principes ("Je ne l’appellerais pas père" en est un bon exemple). Pour continuer avec les personnages, celui de Sam Neill, Stewart est étrange. Au départ, assez tolérant avec sa femme, il l’attend. spoiler: Lorsqu’il la trouve en plein adultère, il ne cherche pas à interrompre l’acte mais décide discrètement et calmement de faire le voyeur. Sa prochaine réaction est la tentative de viol. Aucune nuance, aucune graduation. Un personnage intriguant. Personnellement, je l’ai plutôt trouvé répugnant. Ce qui doit vouloir dire, je suppose, qu’il interprète bien son personnage. La mise en scène de Jane Campion, bien que classique, reste remarquable. Les thèmes composés par Michael Nyman sont globalement assez beaux, et conviennent au classicisme de rigueur. Un fait original : l’intrigue se déroule en Nouvelle-Zélande. Des décors que l’on voit trop peu au cinéma sont montrés. Pas de grandes villes ou des maisons victoriennes du XIXe, mais des marécages boueux, des petites cabanes en bois isolées, propices aux secrets et à la passion. Concernant l’intrigue en elle-même, mon programme TV m’avait promis une œuvre, je cite, "terriblement romantique, qui mêle sensualité, sauvagerie, pulsions charnelles et poésie". Terriblement romantique ? Pas vraiment. En revanche, "sensualité, sauvagerie, pulsions charnelles et poésie" : oui ! Dans « La leçon de piano », il est beaucoup question de désir, d’envie ou d’absence d’envie de l’autre. La relation entre Ada et le contremaître Georges n’est pas romantique, c’est une liaison basée uniquement sur le désir charnel nourri par l’homme. Au départ, la jeune femme muette ne ressent rien pour son "élève", qui fait d’elle ce qu’il souhaite. Forcément lors de ces scènes, la tension sexuelle est à son comble. Finalement, Ada finira par décider -on ne sait pas comment ni pourquoi- qu’elle désire Georges autant qu’il la désire. Mais pour moi, jamais leur relation ne pourra être qualifiée de romantique. Le tout manque de sentiments amoureux. Que restera-t-il au duo lorsque le désir se sera essoufflé si l’amour n’est pas là pour solidifier le tout ?