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CrystalEagle
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3,5
Publiée le 30 juillet 2026
L'exode de mai 1940 : dix millions d'êtres jetés sur les routes, et un cinéma français qui n'a jamais tout à fait consenti à s'y arrêter. Pierre Granier-Deferre était, il avait douze ans. Aussi ne raconte-t-il pas, il se souvient. De là vient pour moi le grand malentendu du film. Au cœur de la débâcle, il choisit de cadrer une bulle de bonheur clandestin (le soleil, les blés, le vin) mais ne lui demandez pas la vérité historique de l'exode. Il en cherche la vérité sensorielle. Le wagon à bestiaux devient alors une machine à effacer les identités. Un déserteur, une prostituée, un vieux de Verdun, une jeune mère violée : toute une France entassée là, manifestment heureuse à la seconde exacte où elle se défait.
Julien n'a rien d'un héros, mais l'Histoire lui entrouvre une fenêtre par accident, et il saute. Il ment à l'état civil pour faire d'Anna sa femme sur le papier ; trois ans plus tard, il la reconnaît devant un policier. Courage, ou bêtise d'un Français moyen qui se rêve héros par amour ? Le geste me reste un peu en travers. Car en se déclarant, il ne se perd pas seul : il emporte avec lui sa femme et ses enfants. Granier-Deferre ne tranche pas ; il nous laisse le poids entre les mains. Le reste me paraît plus fragile, à commencer par ce huis clos ferroviaire qui s'installe dans une lenteur entêtée. Il épouse sa matière en effet : un train de réfugiés, c'est l'attente, les heures mortes. Mais la lenteur seule ne fait pas une ampleur. Les amants sont privés de parole, ils se regardent, se taisent. J'admire le parti pris sans toujours y trouver mon compte car dans un huis clos, j'espérais aussi la brûlure des mots. Quant aux seconds rôles, attachants, ils restent des emblèmes plus que des êtres.
Contemporain de la Nouvelle Vague, Granier-Deferre a préféré les routes sûres du classicisme français, et cette fidélité tranquille fait ici toute sa force. Elle culmine dans la photographie : un ciel bleu, des blés mûrs, une beauté presque obscène au milieu du désastre. Parlons de Romy Schneider, le centre de gravité absolu du film. Ici pas de larmes faciles, une immobilité aux aguets, une politesse d'apatride, et cette beauté qui la met en danger et dont elle connaît si bien le prix. Viennoise élevée dans la Bavière du Reich, incarnant une Juive allemande en fuite, son accent et sa vie travaillent le film de l'intérieur comme un document. Trintignant a l'honnêteté de ne jamais rendre Julien plus intéressant qu'il n'est. Je n'ai pas forcément aimé son personnage. Dès les premières minutes, la musique de Philippe Sarde porte le deuil d'une histoire qui n'a pas encore commencé, comme si le film savait déjà qu'il ne resterait de cet été-là qu'un nom sur un faux papier.
Un véritable classique du cinéma français ! Ce film réunit un duo d’acteurs légendaires à l’apogée de leur talent : Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider. C’est un drame psychologique et romantique qui ne laisse pas indifférent.
Jean-Louis Trintignant incarne un « anti-héros », un homme discret qui découvre l’amour véritable au cœur d’une période de crise historique. Romy Schneider, quant à elle, livre l’une de ses performances les plus émouvantes, pleine de subtilité et de nuances.
Cette réalisation réussit le tour de force de transformer le chaos de l’histoire – l’exode, la guerre et la mort , en un écrin pour un amour d’une pureté exceptionnelle. La dureté du monde extérieur met en lumière la beauté de leur relation, rendant chaque moment encore plus poignant.
En somme, ce film est une ode à l’amour, capable de fleurir même dans les circonstances les plus sombres. Un incontournable à découvrir ou redécouvrir ! 8/10
Osant le contraste, la narration illustre toute l'ambivalence en temps de guerre entre l'insouciance, le divertissement, l'aspect de colonie de vacances que prend ce voyage en train, et les obstacles à l'exil, les bombardements meurtriers, la perte. Dans cette locomotive se côtoient ainsi déserteur, prostituée, hommes cyniques, pragmatiques ou profiteurs, ancien soldat au dépit touchant, jeune mère violée et père de famille campé par un (toujours) taciturne Jean-Louis Trintignant, évidemment subjugué par la superbe Romy Schneider à la judéité occasionnant un dialogue terriblement juste. Illustrant parfaitement le principe de la petite histoire dans la grande, la réalisation alterne entre insistance sur les visages de la fiction, tendresse documentaire pour les beautés naturelles du pays et prégnance du contexte par des images d'archives signifiantes (dont ces terribles rires de nazis). Et cette fin magnifique...qui trahit le roman originel...mais fait vibrer le coeur!
53 ans après sa sortie, je découvre ce drame de Pierre Granier Deferre. Que dire de cette rencontre entre Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant dans un train en fuite sous les bombes de la deuxième guerre mondiale ? C'est un amour fou qui arrive par hasard et qui vous bouleverse.
Magnifique film qui nous plonge dans une des périodes les plus noires de l' et Anne vivent une histoire d'amour aussi belle qu'inattendue au milieu de personnes qui comme eux essaient de s'abstraire du quotidien dur et impitoyable. Néanmoins on sent que cette belle histoire est sans lendemain aussi quand devant le commissaire Julien admet avoir connu Anna il se condamne non seulement lui même mais aussi son épouse apparamment très dépendante et aussi ses enfants qui seront promis à Dieu sait quel avenir,donc pour eux je pense qu'il devait tourner la page de l'histoire où bien ne pas l'avoir commencée.
Le Train - histoire d’amour d'infidèles sous fong de 2nde guerre mondiale. La musique est magnifique tragique romantique. Les scènes d’ebats voyeuristes ça devait être sacrément osé. L’histoire reste comme le voyage en train, trop linéaire 3,2/5
Film de guerre qui mélange à la fois la petite histoire et la grande histoire, très intéressant de voir un film sur l'exode de 40, un thème peu traité par le cinéma et surtout traité par des acteurs, réalisateur, auteur qui ont connu et vécu cet épisode. Deux grand acteurs et des seconds rôles du cinéma français des années 60/70 dans un film emprunt d'une grande tristesse.
Un film d une passion pour un casting, une histoire qui se noue dans l exode de 1940, pas forcément besoin de beaucoup de dialogues pour nous conter cela, avec de tels acteurs et cette réalisation en finesse
Un grand film, les comediens principaux sont magnétiques, et les secondaires sont excellents. Un contraste saisissant entre le calme par lequel ils s’expriment dans ce presque huis clos, au milieu de la fureur de la période de l’histoire qu’ils traversent, en train ! Un train rempli d’un panel représentatif de la population, un microcosme de la France. Le tout jalonné par des images d’archives et accompagnés par la magnifique musique de Sarde. Je me rappelle dans ma jeunesse avoir vu ce film pour la premiere fois en me disant que Trintignant etait un grand acteur et qu’il ne pouvait jouer que ce genre de rôles d’homme timide et posé tellement il etait parfait... puis la même journée j’avais enchaîné avec le mouton enragé, et je m’etais dit que Trintignant ne pouvait jouer que ce genre de role de tueur psychopathe tellement il etait parfait !! Bref, Trintingant était un acteur parfait dans tous les rôles !
Pour moi le train c'est 5 ! Parce que Granier-Deferre s'attache à faire simple avec sa caméra, simple pour nous faire découvrir la nature de la France, une nature au sens propre avec son bel été.. ses champs ses oiseaux son ciel bleu de la campagne provinciale de 1940, simple avec ses plans qui arrivent comme des flashs instantanés, il nous montre toute l'humanité en 1h40, la beauté des êtres humains et ce qu'ils ont de plus mystérieux de plus mauvais en eux. Les hommes , les femmes, les enfants. tout simplement il nous montre la peur, la joie, la naissance et la mort dans tous ses aspects. Il nous montre dans son microscope la guerre, les bombes, les exodes, les déchirements comme une sonnerie d'alarme qui résonne à nouveaux dans nos actualités quotidiennes. Simplement il va aussi tout au long du film nous ouvrir les yeux sur ce qui anime les hommes et les femmes à savoir l'amour.. magistralement interprété par Romy Schneider et Jean Louis Trintignant. Mais dans ce film l'amour est impossible.. subtilement amené pour que l'on y croit toujours et encore jusqu'au dernier plan du film.. là encore à la loupe il nous dépeint un tableau des relations amoureuses si bien filmés, le désir des hommes mais aussi celui des femmes, l'adultère, la passion, l'amour physique, la jalousie, l'espoir et les désillusions des sentiments. Tout est dans ce film.. La croyance et la non croyance .. les doutes et les certitudes de la vie. Tout est dans ce long métrage et ce train ou toute notre société s'entasse pour mieux se retrouver dans la peur, parfois la joie, les doutes et l'horreur.. ce film est une tragédie en plusieurs actes et un magnifique film d'amour.
Quel film ! « Le train » est réalisé par Pierre Granier-Deferre en 1973, il s'agit de la troisième adaptation d'un roman de Georges Simenon mêlée à des souvenirs du réalisateur. L'action se déroule au début de la Seconde Guerre mondiale en mai 1940 en France pendant l'exode. Depuis « Le chat », Pierre Granier-Deferre réunit une nouvelle fois un duo de « monstres sacrés » du cinéma français : Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider. Il faut également noter les excellentes prestations des seconds rôles : Maurice Biraud, Régine, Serge Marquand. C'est aussi la troisième collaboration entre Pierre Granier-Deferre et Pascal Jardin pour le scénario, après le « Chat » et « La veuve Couderc ». Le film est intéressant par son côté singulier de raconter l'exode. Les personnages sont attachants, l'intrigue est bien menée et le final est superbe. L'un des meilleurs films de Pierre Granier-Deferre. Un chef d’œuvre ! A voir absolument, et pas seulement par les passionnés de la Seconde Guerre mondiale.
Ce film traite d’une impossible histoire d’amour lors de l’exode en France pour fuir le début de la guerre, entre un Français déjà marié et une juive Allemande. Le mélange documentaire et reconstitution confère au film un aspect réaliste sur les bombardements et l’exode. L’histoire d’amour et les divers scènes du train permettent de créer une histoire simple autour de la réalité historique mais qui tient la route, d’autant plus que le couple Trintignant-Schneider est très crédible.
Les histoires d'amour sont encore plus poignantes en temps de guerre. Avec Granier-Deferre à la réalisation et Pascal Jardin au scénario, il était raisonnable d'espérer de cette brève idylle sous l'exode quelque chose de plus que ce qui nous est proposé sur l'écran, tant du point de vue des péripéties, que de la mise en scène et surtout des dialogues, étonnamment insipides. Le film repose pour l'essentiel sur le duo formé par Jean-Louis Trintignant et Romy Schneider, lesquels, sans démériter, manquent un peu de fièvre. Les seconds rôles sont anecdotiques de Biraud à Castaldi, en passant par Régine. Dans un petit rôle, celle d'une fille-mère, on aperçoit avec plaisir Anne Wiazemsky, qui abandonna plus tard le métier d'actrice pour celui de romancière, avec un franc talent et succès.
L'ARRIERE TRAIN SIFFLERA 3 FOIS. Dans la wagon de queue ça fricote. La voie est serrée, la destination inconnue. Le temps nous est gare. Train-tignant s'agace, son billet n'est pas composté et la belle s'envole pour un autre destin. La bataille est perdue. La SNCF a aimé.