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Un visiteur
0,5
Publiée le 17 juin 2008
J'admire Kitano mais il peut nous sortir du bon comme du mauvais. Un film en longueur, jusque là pas de surprises... Mais ces longueurs sont infinies. Les Yakuzas en vacances prolongés au bord de la mer, même leur jeux expressifs ne réussiront pas à rouvrir mes yeux qui se ferment d'ennui.
Il se dégage de ce film une mélodie qui comme l'annonce le titre s'accompagne d'une violence cru mais jamais d'effusion de sang. On vagabonde de plan en plan qui s'écoulent à un rythme lent au coté de personnages qui semblent plus tuer le temps que l'utiliser à leurs affaires. L'intrigue est simple, un conflit entre Yakuza, mais le sujet n'est qu'un prétexte pour mieux le détourner. Au manettes se trouve en effet Takeshi Kitano, humoriste reconverti le temps d'un film en chef de yakuza sanguinolant. Pourtant cette violence est recouverte d'une atmosphère trouble, on accumule les meurtres sans jamais alimenter la tension d'un film au demeurant calme, le chef des Yakuza devient même enfantin le temps d'une escapade à la plage. L'image s'éclaire lumière froide et qui témoigne d'un certain formalisme d'une mise en scene parfaitement rodé. On plane ainsi dans un film à l'absurdité parfaitement dosé et au nihilisme latent qui en fait un chef d'œuvre.
Au tour de SONATINE, 4ème film du Maître. A l'instar de Jugatsu, Takeshi reprend le rôle d'un yakusa, nommé Murakawa. Cette fois, il est l'icône même de la réussite et non pas l'effigie de l'être simple d'esprit. Dès le début du film, on ne connaît pas grand chose sur cet homme. Comme le dira KITANO lui même, on ne sait pas précisément comment Murakawa en est arrivé là, à ce statut de yakusa supérieur. Nous savons juste qu'il a fait des choses horribles et qu'il veut arrêter. Mais on ne quitte pas les yakusas comme on démissione d'un travail et Murakawa le sait. Ainsi, quand on envoie le héros à Okinawa, ce dernier sait qu'il va s'y faire assassiner. Et là, tout commence ou plutôt tout fini. C'est d'ailleurs tout l'intêret du film. KITANO sait qu'il va mourir et voit donc la vie autrement. L'auteur qualifie lui même ce film de sandwich: 2 tranches de violence au milieu d'une scène de sérénité. Et oui, comme à son habitude, la violence et le calme sont ici encore paradoxaux, chacun répondant et s'opposant l'un à l'autre. L'appaisement vient ici à nouveau de la mer qui, toujours d'après le Maître, est hors du temps. Murakawa s'y perd, y laisse ses problèmes devant ce bleu abyssal. La mort étant inéluctable, la vie n'a plus la même saveur. Le film est subjugé par les somptueuses mélopées de Joe HISAISHI qui, en plus de le parachever, lui alloue son caractère si unique. Le scénario est simple. Murakawa, un puissant yakusa, est trahi par Takahashi, un jeune gangster ambitieux et prêt à tout pour réussir. Contraint de s'enfuir à Okinawa, Murakawa sait qu'il va mourir. La fin est d'une logique destrustrice imparable. Violence puis quiétude, bienvenue dans Sonatine!
Encore un film de Kitano qui marque. Le film transporte. Le film alterne des moment féérique comme par exemple la danse des gaïsha, d'autres moments chocs, surprenants, chaotiques. Les 2 fins sont plus ou moins prévisibles (l'attaque en solo kamikaze bien allumé et la fin n°2 le suicide) mais on s'en fou, la manière dont le film est monté est sublime. Je ne sais pas quelle magie Kitano utilise mais il a un pouvoir certain d'imprimer profondément ces films dans les consciences. Génial.
Sans conteste le plus grand film de Kitano. A la fois poétique, déroutant, beau, violant et destabilisant cette oeuvre a bel et bien lançé Kitano sur les rails du cinéma et c'est tant mieux!
Envoûtant. La musique d'Hisaichi y aide aussi. Mais ce Kitano quel grand fou génial. Au diable les détracteurs qui bavent que le cinéma minimale c'est de la pignolle d'intellectuel. Longue vie aux délires suggestifs de Beat Takeshi !
Sans doute un des plus beaux films que j'ai eu l'occasion de voir. Un cinéma alternatif, au ton violent et mélancolique à la fois. Le meilleur de Kitano selon moi !