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Critik D
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4,5
Publiée le 29 juillet 2014
Une magnifique comédie réalisé par Jean-Pierre Mocky et menée par Bourvil. Une critique de l'aristocratie fainéante, qui pense subvenir à ses besoins par le biais d'action mais ne doit en aucun cas travailler. Bourvil est tout bonnement excellent, même si une fois de plus il semble camper un simple d'esprit enfermé dans ses principes, il a une finesse dans son jeu qui fait la différence et qui nous rend son personnage intéressant et même attachant. C'est un très bon film, qui n'a pas encore souffert d'un ajustement numérique des plus dégueulasses. J'ai découvert ce film récemment et je le recommande fortement, c'est beau, c'est drôle et c'est magnifiquement joué. A voir absolument.
Chef d'oeuvre de Mocky ! Phrase culte du film : "Mais tout le monde vole à ce compte là ! qu'est ce qu'il fait le commerçant ? Il achète un kilo de pêches à 1 Franc, il le revend 3 Francs, il prélève 2 Francs dans le porte-monnaie de la ménagère et tout le monde trouve cela très bien. Est ce qu'il a rendu les pêches meilleures ? Ah ! il les a rendu plus chéres. Est ce que c'est du vol ? Ah non ! la loi le permet..."
Georges Lachesnay (Bourvil) et sa famille d'origine aristocrate vivent sans que qui que ce soit de cette famille ne travail, jamais (ordre du père !). Ils vivent donc du strict minimum. Et cette famille, très croyante, surtout Georges, le fils, compte sur dieu pour leur fournir le nécessaire... Jusqu'au jour où la famille est contactée par l'huissier... Georges se rend à l'église et prie le Seigneur de lui donner un signe pour le sortir de la mouise. À ce moment précis, il entend une dame qui laisse tomber des pièces dans un tronc... Pour lui, tout est clair, il a trouvé la solution ! "Un Drôle de Paroissien" est une chronique ironique et rigolote d'une France chrétienne et puritaine. Mocky fait du politiquement incorrect sans JAMAIS tomber dans le vulgaire. C'est la force de ce film : une amoralité cynique et omniprésente. Tout le film repose sur cet homme et son activité incongrue. Ce film est un exemple de second degré, grâce à ses dialogues acérés et très ironiques et à son scénario abouti. Bourvil est immense et on ne peut plus théâtral. Chapeau au reste du casting (Francis Blanche, Jean Poiret...). À voir !
Ce film de Jean-Pierre Mocky est un bonheur du début à la fin. Quel plaisir de retrouver les géniaux Bourvil, Francis Blanche et Jean Poiret. Et quelle délice d'assister à la rencontre de ces trois acteurs – à l'époque déjà bien installés – avec l'univers subversif du jeune Mocky. De nombreux cinéastes pseudo-subversifs actuels (Lars Von Trier, Steve McQueen,...) devraient revoir ce film pour comprendre que la vraie immoralité se trouve certainement ailleurs que dans l'exhibition d'organes génitaux en gros plans. Par ailleurs, s'il est d'une drôlerie de tous les instants – et tout en se moquant ouvertement de l'Eglise, de la police, de la morale et des conventions – ce long-métrage est plus profond qu'il n'y paraît dans sa réflexion sur la foi, le rapport à Dieu et à l'institution religieuse, assez bien résumé par un Bourvil mi-sincère mi hypocrite : « Pourquoi travailler, Seigneur, puisque vous m'avez créé paresseux ? ».
Géniale comédie de Jean-Pierre Mocky! Bourvil est parfait en fils d'une grande famille désargentée parce qu'elle a pour tradition de ne pas s'abaisser à travailler; " Nous sommes une goutte de paresse dans un océan de labeur" comme le dit le personnage de Bourvil dans le film. Il va donc avoir l'idée de piller les troncs des églises afin de trouver de quoi subsister. Le casting est incroyable; tous les personnages sont plus drôles les uns que les autres ( de Jean Poiret en ami complice à Francis Blanche en policier en passant par une grande galerie de seconds rôles tous extraordinaires ). La mise en scène est très réussie avec des plans et des mouvements de caméra très intéressants; le Paris et ses belles églises est très bien filmés dans un beau noir et blanc. Autre élément remarquable: une scène onirique en technicolor digne du Magicien d'Oz; c'est intéressant de voir comment Mocky joue avec la couleur. Ce film rythmé est un vrai régal où l'on voit le talent de Jean-Pierre Mocky pour croquer la société, les institutions, les gens et leurs petits et grands travers. Jean-Pierre Mocky est vraiment, selon moi, un des plus grands cinéastes français.
Ce drôle de paroissien, c'est Bourvil, qui pille les troncs des églises. Fils d'une famille d'aristocrates catholiques qui met un point d'honneur à ne pas travailler et être des sangsues de la société. Bourvil a une révélation divine: Dieu lui a intimé l'ordre de piller les troncs des églises, mais juste ce qu'il faut. La grande qualité du film est Bourvil, qui rend crédible son personnage, le seul un peu attachant de cette famille d'aristocrate, hypocrites et menteurs. L'interprétation de Bourvil est telle qu'il arrive à présenter son pillage des troncs comme quelque chose de bon, de très catholique! Il est très fort. Bourvil est pourchassé par le groupe de policier (leur chef est Francis Blanche dans un numéro de débile de haut vol) qui s'occupe de la sécurité des églises et qui est ridiculisé par ce voleur qui les nargue. Le défaut du film est justement cette bêtise énorme des policiers, qui si elle peut susciter l'humour, dessert la crédibilité du film, si tant est qu'il en ait besoin. Le grand plaisir du film est l'ensemble des décors naturels de Paris, notamment les églises (normal, vu le sujet), lieux des pillages et des planques des policiers. Le film n'est finalement pas irrévérencieux, si ce n'est envers la famille des aristocrates qui est montrée comme des poltrons, et envers les policiers, qui sont faiblement intelligents. Au milieu il y a le personnage de Jean Poiret, toujours pince-sans-rire (du Jean Poiret quoi), le copain ironique de Bourvil. Bref, une curiosité.
Les parents de Mocky sont tous deux nés à Varsovie : lui de religion juive, elle catholique. A la mort de Jean-Pierre Mocky une messe a été dite à Saint Sulpice. Son anti cléricalisme affiché était plutôt de façade. Un drôle de paroissien, film de 1963, raconte une histoire, drôle, de pilleur de troncs. Bourvil, le pilleur en question, se trouve pour ce faire des justifications morales. C'est son problème personnel et pas une défaillance systémique de l'Eglise catholique qui a connu par la suite des problèmes beaucoup plus graves. L'ambiance qui règne dans la famille où évolue Bourvil est à mon sens bien rendue. Chez ces aristocrates décavés on avait pris l'habitude de vivre de ses rentes et le travail rémunéré est considéré comme une déchéance. Comme souvent chez Mocky les acteurs sont excellents et bien dirigés. La charge contre les policiers chargés de l'enquête est la plus virulente, avec un excellent Francis Blanche. Le père de Bourvil, qui donne le ton de se laisser vivre à l'ensemble de sa famille, est joué par Yonnel. Il faut se remémorer qui a été cet immense acteur, né dans la minorité allemande de Roumanie, qui a joué tous les rôles à la Comédie-Française pendant un demi-siècle dont la période 39-45. La dernière fois qu'il a joué Don Diègue du Cid c'était justement en 1963. J'ai eu auparavant l'honneur et l'avantage d'entendre sa belle voix profonde de basse dans ce même rôle. Le film de Mocky est un bon film, amusant et bien observé, pas du tout choquant.
On oblige à griser, mais pas de soucis il n'y a pas de spoilers les infos sont dans les dossiers de presse et même dans la BA ... Le film fit scandale à l'époque, pas étonnant, la France était alors encore très pratiquante n'était pas prête (surtout l'Eglise !) à voir cette comédie caustique sur le financement de l'Eglise catholique mais pas que puisque les profiteurs et les faineants en prennent aussi pour leur grade. On savoure de voir Bourvil en petit bourgeois désargenté, profiteurspoiler: au sein d'une famille qui s'assume : "Nous sommes une goutte de paresse dans un océan de labeur." Les techniques de vol ne manquent pas de créativité jusqu'à l'entrée enjeu de la fameuse brigade de surveillance des Eglises menée par un Francis Blanche impayable. La lutte reprend la sempiternelle guerre policier contre voyou façon chat et souris font un cache-cache. C'est quand on pourrait croire que ça devient redondant que Mocky surprend son monde, alors que le film est en Noir et Blanc arrive soudain une sorte de rêve éveillé en couleur ! Le plus décevant reste peut-être les déguisements, ils manquent vraiment trop de crédibilité, on reconnaît trop facilement les protagonistes ce qui gâche un peu le gag. Mais l'humour offre un décalage aussi drôle que cynique, le ton acerbe du fond passe crème grâce au jeu constant des personnages comme des acteurs. Site : Selenie.fr
Film cocasse qui est une sorte de démonstration de l’illumination dans la croyance. Bourvil est complètement habité par sa tâche et il le joue avec un tel sérieux que les situations les plus cocasses en deviennent totalement justifiées. C’est bien joué et souvent drôle par l’absurde.
Une comédie satirique sympathique et irrévérencieuse, portée par l'impeccable trio Poiret/Blanche et le malicieux Bourvil à qui on donnerait le bon Dieu sans confession !
Le meilleur film de Jean Pierre Mocky , un vrai petit chef d'oeuvre du cinéma français , presque un chef d'oeuvre du cinéma tout court. Un comédie douce amère , sarcastique , presque satirique, avec une très belle réalisation très classieuse , un noir et blanc superbe et même un petit insert en couleur de rêveries sur-réalistes désopilantes ; On se régale , le scénario est parfaitement écrit sur un idée très originale. On va de rebondissement en rebondissement , pas une minute de répit, avec une superbe ballade dans ce Paris des années 60 , qui nous permet de redécouvrir de belles églises de quartier. Une satire féroce contre les "bourgeois" , l'ordre établi, les préjugés, et surtout la religion, mais sans méchanceté , avec une drôlerie acide mais bienveillante. Le film doit beaucoup au trio d'acteurs formidable : Bourvil, Poiret et Blanche . Mais comme toujours avec Mocky tous les seconds rôles sont excellents , et les habituelles gueules "spéciales " sont formidables. Quel régal. Un cinéaste comme Mocky nous manque aujourd'hui.
Un film qui résiste bien au temps qui passe, à la fois acerbe, ironique et tendre qui se moque gentiment de l'aristocratie catholique ruinée qui se refuse au travail et de la police des églises, rigide et sotte, qui taque en vain les pilleurs de tronc. Un Mocky efficace et relativement sage dans le ton qui n'arrive cependant pas toujours à éviter les outrances. Bourvil est extra dans ce rôle où l'on pourrait si ce n'tait anachronique voir le Don Camillo de Fernandel s'adresser à Dieu avec la voix de Gérard Depardieu. Francis Banche un peu à contre emploi et Jean Poiré très à son aise, complètent à merveille la brochette d'acteurs Et quel plaisir de revoir le Paris des années 60 avec ses Arondes, ses 403, ses bistrots de quartier et ses édifices encore tout couverts de pollution
voilà une comédie caustique contre la noblesse et l'Église catholique. La police est tournée également en dérision au passage. Avec un humour potache et des bons mots ciselés ("on se les pince, monseigneur" proclamé dans l'église froide de l'évêque...) les acteurs connus de l'époque se prêtent au jeu de massacre et nous offrent un divertissement bienvenu. L'ensemble reste daté, les ficelles sont grosses, mais on imagine avec délectation l'effet du film dans la France des années 60, Mocky n'allait pas se faire que des amis! TV mars 2023
Une vraie comédie ! Bourvil fait presque peur avec son côté "je parle à Dieu, j'entends des voix !" C'est plutôt original, juste la fin qui est bâclée 3,4/5