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Typi35
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3,0
Publiée le 29 juillet 2014
Avec Rohmer, la seule chose réellement imortante, ce sont les personnages, et dans Conte d'Ete encore plus que d'habitude. De ce point de vue c'est intéressant, pour le reste on repassera.
Pas toujours palpitante ces aventures sentimentales de Melvil, et même lassante à force de valse hésitations. Le jeune homme d'abord timide finit par devenir cynique quand les trois jeunes femmes representent un aspect de la gent féminine, cérébrale, sensuelle ou bien capricieuse. L'absence de discours sur les corps dans les discours sentimentaux d'Éric Rohmer interpelle tout de même, comme si l'attrait des corps n'avaient pas leurs importance dans les relations amoureuses. incomplet donc malgré la prose de Rohmer
Alors, qu'est-ce que ce conte d'été ? Ce sont de jeunes gens, beaux, intelligents. Gaspard, étudiant en mathématiques passe son été à Dinard, où il doit retrouver sa copine Léna. Mais leur relation est un peu particulière. Au lieu de retrouver Léna, il se lie d'amitié avec Margot, serveuse dans une crêperie mais aussi doctorante en ethnologie. Pour l'inciter à oublier sa Léna, elle le pousse dans les bras Solène, une de ses amies.
Au début, on suit seulement Gaspard et Margot au travers de balades au bords de la plage. Ils discutent de la vie, des études et surtout des amours. Ici, le sens du dialogue de Rohmer tape juste. Même si c'est très écrit, cela ne manque pas de spontanéité, les acteurs étants très crédibles dans leurs rôles respectifs. Gaspard semble un peu perdu, cynique, taciturne. Il est avec Léna mais elle se comporte parfois bizarrement, et est assez versatile. Il en ressort un certain dépit dont il fait part à Margot. Il pense ne pas du tout s'en sortir avec les femmes. Au moment où il énonce cela, on sait qu'il ment. Margot le sait aussi. La seule vérité étant à l'image. D'une part, il ne laisse pas margot indifférent. Que ce soit par le fait qu'elle passe d'innombrables heures avec lui, où de part ce que suggère la caméra lorsqu'elle film innocemment la jambe de Margot lorsqu'elle lui dit qu'elle pourrait éventuellement l'accompagner à Ouessant.
Durant tout ce film, les mots disent une chose et les images en disent une autre. Les mots sont feutrés, un peu neutres alors que toute l'imagerie comporte un érotisme très puissant. Bien entendu, rien n'est montré, que des petits baisers, mais au travers d'une caresse, d'une posture, on devine les désirs et les envies des personnages. Le côté parlé est très cérébral là où le charnel est instinctif, direct, vrai.
La mise en scène est dépouillée au milieu de ces décors naturels et pourtant, l'ensemble pue le cinéma. Les acteurs sont dirigés et surtout, la caméra a un rôle actif, elle participe elle même au ballet des corps, à cette suavité de l'été, à ces amours qui se défont aussi rapidement qu'ils ne se font. Rohmer, c'est la moiteur de l'été présentée de façon élégante. Une façon de montrer calmement ce qui est pourtant si torride. C'est un charme qui ne se savoure qu'avec un certain recul. Ce sont surtout des comédiens magnifiques. Melvil Poupaud en Gaspard, tour à tour touchant lorsqu'il semble perdu avec sa guitare au début, puis exaspérant dans ses hésitations. Margot, interprétée par une magnifique Amanda Langlet, espiègle, drôle, belle, séductrice. La sensualité de Solène jouée par une magnifique Gwenaëlle Simon. Et enfin, la fouge de Léna bien rendue par Aurélia Nolin.
"Conte d'été" est une oeuvre rohmérienne d'une grande qualité et d'une grande profondeur psychologique. Le réalisateur français décrit très subtilement les ressentis et émotions de Gaspard (Melvil Poupaud), un jeune garçon venu pour les vacances au bord de la mer. Rohmer choisit la Bretagne et ses plages servants de décor à cette comédie romantique très explicite sur les relations amoureuses. En effet Gaspard, mal à l'aise en groupe et presque mutique, se révèle et devient sacrément bavard sur la fin du film. En effet, le hasard fera qu'il devra choisir entre 3 jeunes filles qui le courtisent. Deux ne font pas dans la dentelle, le malmènent quelque peu et le respectent tout juste. La dernière Margot est la plus intéressante, celle qui lui permettra de faire sa propre introspection. Rohmer ne déroge pas à son habitude et sert encore une jolie histoire d'amour enrichie d'une réflexion psychologique et philosophique sur les relations de couple.
Conte d’été - film naturaliste. Il y a du charme mais aussi un peu d’ennui dans ces longues conversations toujours au sujet des questionnements de couple du jeune homme ! Une trop longue scène sur l’apprentissage d’une chanson aussi. L’ensemble mérite un coup d’œil. 3,3/5
C'est un film merveilleux, comme tout ce qu'a fait Eric Rohmer. Les dialogues sont réussis, l'atmosphère est douce et sentimentale. Il y a beaucoup d'émotions dans ce film, même dans les scènes les plus simples comme celle où ils vont interviewer l'ancien marin. Bravo et merci.
Conte d'été est un film beau et rafraichissant, dans sa - splendide - langue, de par sa photographie, ses décors, la Bretagne n'y est pas pour rien, et puis bien sur pour cette manière de filmer, de ces moments captés par Eric Rohmer. D'ailleurs, c'est ce qu'il y'a de bien avec le cinéma, on croit savoir, et puis non ...
Je n'avais jusqu'à ce soir encore jamais vu aucun de ces films, par fautes d'occasions, et il est vrai un peu à cause de certaines idées reçus. J'avais comme une impression de snobisme, une idée dépourvue par un trop de culture à étaler... Et bien non. Ce film est d'ailleurs si remarquable qu'il poursuit son petit parcours existentielle avec intelligence et subtilité. Une merveille dans le genre.
Je vais stoppé net cette critique, j'ajoute que j'ai passé un superbe moment et je compte bien revenir avec quelques bagages car oui, " un voyage, ça se prépare " et que cette fois, mes velléités resteront au placard !
Voilà qu'une année est passée, oui déjà, je n'ai en règle général pas l'habitude de revenir si vite vers un film. J'aime prendre le temps de le retrouvé, de le redécouvrir sous le prisme d'une avancée, ce qui est le cas d'ailleurs ici, le laps étant nettement plus court, j'en avais quelques brides encore bien fraiche, et des idées sur ce que je voulais retrouvé. Il y'a des attentes, elle sont comblées. J'ai aussi beaucoup apprécié revoir des petites choses, ici et là, qui m'avais un peu filé entre les doigts.
Son calendrier qui défile, narre la route de l'avancée des amourettes sous une constante de découverte de sentiments, ou l'énonciation sont belle et bien ses plus beaux espaces ! De ses promenades, des ballades, se sont ses échanges-là que je voulais tant retrouvé ... Des confidences, mènent une complicité, quelques baisers, et une phrase que je sort pour manifesté tout ce ressentit : " - Il n'y a qu'avec toi que je suis moi . " Le plus beau des amours de vacances !
Entre ses instants, le petit jeu aussi à de quoi tenir en haleine. Rohmer stimule son superbe décor avec l'aide de son micmac hésitant, il y capture des délices, entre colère et joie, renforce des tempéraments, et élude les antipathies pour une définition renforcé d'un charme qui opère, à touts les coups ! Y compris pour d'autres jolies endroits, pour ne pas mentionner La Rochelle ...
Il me faudra une troisième incursion, pour vraiment pouvoir écrire une " vrai " critique de ce film que j'adore vivre pleinement à tel point que j'en zappe mes notes et ma petite posture. Un avis est un avis, pour ce qu'il en est, Un Conte d'Été est, en tout les cas pour moi, en train de devenir un idée, un idéal, une perfection de foules d'imperfections, une petite histoire sublime.
A dans quelque temps, un peu plus d'un an pour le coup ! A moins que ...
Quelques longueurs et poncifs. Mais ce film est un véritable conte -au sens premier du terme- qui dépeint les atermoiements et les errements sentimentaux de quatre jeunes gens pris entre clichés et faux semblants. En outre Melvil Poupaud capte facilement la caméra qui nous emmène dans son histoire dès la première scène, sans un mot mais au rythme de ses ressentis.
Gaspard débarque en solitaire à Dinard pour une quinzaine de vacances. Il arpente les plages, compose des chansonnettes et attendant que celle qu’il aime (Lena) daigne rentrer à Saint-Lunaire et lui consacrer un peu de temps. La solitude ne lui pèse pas, il a l’impression d’être invisible dans le groupe ; c’est donc un choix. Dans cette attente paisible, il va tomber sur Margot qui elle aussi est une amoureuse avec un problème de timing (soit en France avec un amoureux à l’étranger soit l’inverse). Lors de longs travellings sur la belle côte d’émeraude, les deux jeunes gens vont se livrer lors de dialogues magnifiquement écrits. Evoquant tour à tour, sur le ton de la vérité, leurs questionnements sentimentaux. Puis Solène entre en piste, pulpeuse et séductrice mais avec des valeurs d’un autre temps (« je ne couche pas le premier soir »). Jeté dans les bras de Gaspard par Margot, juste pour voir ce qu’il va advenir. Il se lance dans cette relation, puis Lena finit par débarquer. Et elle incarne la femme dont il rêve. Lui, si transparent, fait dire à Margot : « Tu trouveras une femme que tu aimeras et qui t’aimera. Mais pas tout de suite. C’est pour çà qu’on a envie de s’attacher à toi. On a envie d’attendre… ». Visionnaire et en avance sur les garçons, cette Margot, aura une réplique bien tranchante à propos de la différence de maturité homme femme un peu plus tard. A moins qu’elle n’ait pas perçu la place laissée au hasard par Gaspard dans ses relations : « Je n’aime pas provoquer le hasard. Par contre, j’aime bien que ce soit le hasard qui me provoque. » . En effet, laissant le hasard guidé ses pas, Gaspard se retrouve dans un gentil marivaudage adolescent avec trois belles filles très différentes entre lesquelles il navigue au gré de ses coups de cœur et des allers et venues des belles. Finissant par se retrouver piégé entre les trois auprès desquelles il a fait la même promesse. Lui le transparent se retrouve avec trois courtisanes… inespéré… Mais ce grand dégingandé laisse constamment le hasard agir et si peu acteur de ses choix. Et c’est bien le hasard qui va décider pour lui en donnant presque raison à Margot sur l’impossibilité de Gaspard à trouver une femme à ce moment de sa vie. A moins que cette dernière, dans un final romantique et mélancolique, finisse par obtenir ce qu’elle semble chercher tout le film : l’amour de Gaspard… Mystère sur les réelles intentions de Margot. C’est Rohmer, il faut passer l’apparence esthétique très roman photo pour apprécier les enjeux et les propos échangés durant cette heure 45. Et au terme du film, mélancolique aussi, je me suis dit qu’il n’était plus d’actualité 20 ans après malgré qu’il ne fasse pas dater. 1996 c’est encore un temps où le téléphone était encore filaire et imposait la réflexion, la patience et l’attente… loin de l’immédiateté actuelle qui a transformé en profondeur les rapports humains et donc amoureux.
Un joli marivaudage sur fond de paysages marins bretons admirablement filmés qui donne l'occasion de réfléchir sur la relation à l'autre, la vérité des sentiments et la relative insoucience de la jeunesse.Les acteurs jouent juste et de façon naturelle. Les dialogues sont plus ou moins du type "noiuvelle vague", mais ça passe plutôt bien. Au total, une oeuvre esthétique, plaisante à regarder
Un Rohmer solaire, léger, un brin ironique et évidemment merveilleusement écrit. La simplicité de la mise en scène est au service de ce chassé-croisé amoureux dans lequel Gaspard choisit toujours trop tard.
La force du cinéma de Rohmer c'est de dire sur le ton du badinage des choses absolument essentielles sur la nature humaine,le sentiment amoureux,son inconstance,ses doutes,qui fait qu'il restera un des cinéastes essentiels du cinéma français à côté de Miller,Tavernier,Truffaut,Resnais(liste non exhaustive,j'aurai pu citer Sautet,Renoir et,peut-être le plus grand,H.G.Clouzot).
Quelque soit la beauté et les références granitiques de ce film, y compris le moment de grâce de la création de la chanson entre Solène et Gaspard, quelque soit la mise en scène soignée ainsi que les dialogues, il m’est impossible d'adhérer pleinement à ce cinéma de couples ou les passions physiques sont totalement retenues ou absentes. Ces liaisons n’intéressent pas Rohmer, son oeuvre en est dépourvue malgré tout son talent à filmer les corps humains. D’ailleurs, cette contradiction mériterait une psychanalyse. Subir presque deux heures durant la vie oisive de ce gentil jeune homme qui ne demande rien à personne, se fie aux hasards du destin et se heurte à la perversité des femmes dragueuses qu’il rencontre est douloureux. La psychologie des trois filles est pour moi une psychologie de bazar nombriliste qui ne vaut pas trois rond sauf lorsque Lena finit par craquer et avouer ses désirs profonds. Cette très belle séquence sur une plage déserte détonne toutefois un peu et semble moins maîtrisée, elle n’en est que plus naturelle. Rohmer est indiscutablement un grand cinéaste, une sorte d’anti Bresson auxquels je reconnais beaucoup de mérite et de talent . Simplement, ni l’un ni l’autre ne sont pas ma tasse de thé.
Dans ma jeunesse, j’avais un pote qui avait trois copines en même temps. Jusqu’au jour où il s’est retrouvé avec les trois au même endroit… au même moment. Situation improbable quand on sait que ces trois jeunes filles habitaient à des dizaines de kilomètres les unes des autres, voire une bonne centaine et même plus. Une situation un peu semblable à celle de Gaspard, personnage central du troisième acte de la quadrilogie d’Eric Rohmer qui s’impose de plus en plus comme le cinéaste de l’âme humaine. A la différence près que Gaspard a ces filles à pied d’œuvre, les trois résidant dans un mouchoir de poche. Sauf que mon pote en question et Gaspard sont fondamentalement différents. Dans le cas de mon pote, il ne se posait pas autant de questions. Lui, il croquait la vie à pleines dents. Et puis qu’est-ce que ça a été drôle de le voir prendre la poudre d’escampette devant cette situation inextricable !! Mais ici, il n’y a absolument rien de drôle. C’est même d’un pathétique ! Le sujet aurait pu susciter l’intérêt de tous si le ridicule de la situation avait été exploité avec un brin d’humour par des scènes épiques. Au lieu de ça, "Conte d’été" ressemble plus à un cours de philosophie qu’autre chose, notamment quand Margot (Amanda Langlet) et Gaspard (Melvil Poupaud) se donnent la réplique. En regard de leur jeune âge, je ne peux dire que j'aie été convaincu (pour ne pas dire pas du tout) par la teneur de la réflexion. Ce n’est pas que je prends les jeunes pour des idiots finis, loin de là, mais je les vois mal décortiquer jusqu’au moindre détail leurs pensées erratiques. Paradoxalement le propos est intéressant, notamment auprès des personnes qui se cherchent, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes mais voilà : si je parle de cours de philosophie, c’est parce que l'interprétation des acteurs ressemble à du scolaire. Le plus flagrant est dans les échanges verbaux entre Margot et Gaspard car on dirait bien qu'ils récitent leurs leçons assidûment apprises par cœur. De toute façon, la manière dont ils ont été mis en scène fait penser à celle qu’on met en œuvre au théâtre. Pareil pour les discussions entre Léna (Aurélia Nolin) et Gaspard. C’est un peu moins vrai quand Gaspard est confronté à Solène (Gwenaëlle Simon) si on excepte leur dernière association à l’écran : on y sent un peu plus de spontanéité, et c’est sans doute dû à cette jeune femme qui sait ce qu’elle veut… et ce qu’elle ne veut pas. Dans tous les cas, c’est un peu (beaucoup ?) « je t’aime moi non plus ». Mais le plus agaçant, c’est Gaspard, ou plutôt Melvil Poupaud. Déjà par sa psychologie de son rôle en mec qui ne sait pas ce qu’il veut, tel un gars qui se cherche et qui en prime n’a aucun caractère ni la moindre personnalité. Mais ce qui m’a agacé le plus, c’est sa gestuelle : visiblement en mode réflexion permanente. Et vas-y qu’il porte la main au menton, et vas-y qu’il porte la main à l’oreille, et vas-y qu'il se triture les mains quand il ne fourre pas dans ses poches ou les pose sur les hanches. C’est qu’il ferait presque peine ce gars-là ! Ben même pas. Pire, je l'ai trouvé horripilant. On voudrait même le secouer un bon coup pour qu’il daigne grandir parce que qu’est-ce qu’il est gnangnan ! Pire, on ne comprend même pas pourquoi ni Margot, ni plus tard Solène, ne l’envoient pas valser. De la même façon qu’on comprend pas pourquoi il n’éjecte pas Léna au caractère changeant. Franchement… je veux te voir mais je pars en vacances ailleurs sans même te prévenir en t’envoyant une petite carte postale, j’ai un amoureux mais je dois du temps à ma famille, je ne veux plus te voir mais le lendemain je te rappelle presque comme si de rien n’était… Bref, tout ce qui m’énerve. Je sais que ça existe, bien sûr, et en cela je salue Eric Rohmer pour avoir su le porter à l’écran, mais bon sang que j’ai trouvé tout cela ennuyeux ! La réalisation est trop plate, ne met pas vraiment en valeur les personnages malgré leur omniprésence, et encore moins les paysages bretons. Bon ok, ce ne sont pas non plus les plus beaux décors de l’Armorique. Cependant le réalisateur a su préserver une certaine authenticité en excluant presque totalement la musique hormis les notes sortant d’une ou deux guitares et accessoirement d’un accordéon, et en laissant un effet de résonance sur la bande son comme s’il s’agissait d’un document amateur pris sur le vif.