Alors que Raymond Chandler redevenait à la mode dans les années 1970, Dick Richards adapte pour la troisième fois son roman où l'on retrouve le détective Philip Marlowe qui va devoir retrouver l'ex-petite amie d'un costaud qui vient de sortir de taule.
Ambiance nocturne et lumineuse, fond sonore jazzy puis la voix-off de Robert Mitchum, dès les premières secondes, Farewell, My Lovely reprend tous les codes du film noir et applique la recette du genre à la lettre tout le long du film. C'est d'ailleurs là le petit problème que représente cette adaptation tant tout est attendue avec des codes qui sont ici utilisés avec excès. Rajouté à cela une intrigue pas toujours bien exploitée (on s'y perd un peu trop facilement sans que la tension ne soit régulièrement au rendez-vous) et on a de quoi obtenir quelques regrets.
Rien de bien préjudiciable pour autant, Dick Richards posant une atmosphère noire, parfois même glauque, qui reste prenante de bout en bout, avec un vrai charme qui s'en dégage tandis qu'un Robert Mitchum impérial campe un Marlow désabusé, vieillissant et qui va se retrouver au cœur d'une intrigue qui le dépasse totalement. Autour de lui, Richards met en place une galerie de personnages où se mêleront femme fatale, flic ou autre dur à cuire, avec un soupçon d'ambiguïté planant sur chacun d'eux et sur le récit.
On navigue entre fumée de cigarettes, meurtre et vapeur d'alcool, et cela, Richards le met bien en avant et nous immerge totalement au cœur du récit, usant d'une réalisation classique, sobre mais efficace. La photographie très lumineuse participe aussi à l'ambiance générale de l'oeuvre tandis que l'affrontement entre Mitchum et Rampling est bien exploité et tient toutes ses promesses, permettant à l'oeuvre de prendre de plus en plus d'ampleur plus on avance dans le récit.
Nouvelle adaptation de Raymond Chandler, Farewell, My Lovely, permet à Dick Richards de signer un pur film noir dans la lignée de ceux de l'âge d'or hollywoodien et, sans être transcendant, c'est réussi et il arrive à nous plonger dans cette enquête ainsi que dans une atmosphère sombre à souhait.
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3,5
Publiée le 16 avril 2016
Troisième adaptation du roman de Chandler! Cette version de 1975 fut prècèdèe par "The Falcon takes over" d'Irving Reis avec George Sanders en 1942, et "Murder, my sweet" d'Edward Dmytryk, avec Dick Powell en 1944! Pour cet impeccable exercice de style qui s'enracine au limon du film noir amèricain d'antan, le rèalisateur Dick Richards n'a pas jouè la carte du pastiche comme le firent avant ou après lui Robert Altman, Roman Polanski ou Carl Reiner! Robert Mitchum (formidable acteur de la nonchalance) et Charlotte Rampling (jolie comme une culotte de dentelle) sont bien sûr les deux cartes maîtresses de son jeu. "Farewell, My Lovely" est dôtè d'une magnifique atmosphère de film noir et la musique de David Shire s'avère excellente, accompagnant Marlowe dans une enquête à rebondissements, sans pour autant oublier les exploits sportifs de Di Maggio! On notera que Sylvester Stallone (un an avant le succès mondial de "Rocky") fait deux très brèves apparitions dans le film : spoiler: d'abord il est dans le plumard de la fille de Frances Anthor, la « patronne » d'une maison close, puis il pose le canon de son revolver sur la tempe de Mitchum! Bien meilleur que le film de Dmytryk! Même la V.F est au top...
GÉNÉRAL : spoiler: Les problématiques morales d’un détective privé.
ASPECTS POSITIFS : spoiler: Plusieurs choix du personnage principal vont dans la bonne direction.
ASPECTS NÉGATIFS : spoiler: Milieu de l’action très sombre et destructif.
PISTES DE RÉFLEXION : spoiler: Ce film est la 3e adaptation cinématographique, qui est plus proche du roman de Raymond Chandler que la célèbre adaptation avec Dick Powell (Murder, My Sweet). Contrairement à Murder, My Sweet, la femme fatale est moins humaine et la fin se termine sur une possibilité que le détective s’occupe du jeune, dont le père a été assassiné à cause de lui. Le réalisateur est le même que celui du film The Culpepper Cattle Company. On remarque d’ailleurs que les deux films se terminent sur une note positive.
Dans la majorité du film, le détective rencontre des personnages qui sont à l’opposé de lui. Les personnages ne semblent pas avoir de choix positif dans la vie et souvent portent en eux les éléments d’autodestruction qui les hantent. C’est pourquoi, tout au long du film, aucun personnage sauf son ami personnel ne peut l’épauler. Même les policiers sont très négatifs et sont sauvés à la fin lors de la scène où le lieutenant dit que c’est un véhicule de police et de mettre les sirènes. Cette scène est un tournant dans le film, car le lieutenant qui nous apparaissait sympathique, mais non impliqué, épaule le détective.
Après l'original, le Remake, forcément, il le fallait. L'adaptation du roman chope un bon coup de jeune (bon même si le film à 40 ans), et il n'a presque pas vieillit d'un poil ! On retrouve notre bon Robert en pleine forme, et la seule chose qui nous fait dire que le film est vieux, c'est en voyant la gueule de Stallone qui n'était pas déformé par les stéroïdes qu'il ingurgite aussi rapidement que ce que Dr. House bouffe ses pilules de vicodine. L'intrigue marche toujours autant, les dialogues sonnent toujours juste, on ne perd pas une miette du cynisme de notre détective privé, et pour ne pas citer tous les monologues, je résumerai son état d'esprit avec une seule phrase (bon à peu près hein) : "Elle était tellement belle que je pouvais sentir mon sourire grandir contre ma poche". J'ai toujours été nul en anglais, mais l'idée est là.
La première adaptation du roman de Chandler est un classique du film noir, et dans cette adaptation, on a tout du film noir, l'ambiance année 60' nous saute à la gueule à chaque plan et à chaque musique, d'ailleurs, la musique est aussi un défaut, puisqu'elle est quasiment omniprésente. Comme dans Smallville (Ami détective, pardonne ma comparaison). Niveau ambiance, le film répond présent. Niveau jeu d'acteur, Robert Mitchum interprète pour la première fois le détective Marlowe qu'il interprétera une seconde fois dans " Le Grand Sommeil ", et même si je préfère l'interprétation de Dick Powell, Mitchum est excellent dans son rôle, il donne un côté plus dramatique au personnage, et surtout plus intelligent et moins tonique.
Cela dit, si je préfère la première adaptation à la seconde, même si la seconde est plus fidèle au roman (surtout au niveau du caractère du personnage principal), c'est en grande partie pour les dialogues, mais aussi pour la scène mémorable où Marlowe est drogué. Dans le film de 1944, la scène durait bien plus longtemps et était grandement plus intense. Là, l'effet tombe un peu à l'eau, le seul avantage de cette version c'est qu'on voit des paires de seins et Stallone pratiquer le simulacre de la reproduction. Et encore ça, je doute que ça soit un avantage.
Il y a deux façons de regarder ce film, ou bien on s'intéresse à l'ambiance en considérant l'intrigue comme secondaire et à ce moment-là, c'est tout simplement fabuleux. Avec un Robert Mitchum aussi impérial que décalé et des personnages secondaires bluffant (seul léger bémol, Rampling en femme fatale). L'autre façon c'est de se dire "Je regarde un polar" et force est de constater qu'on est vite largué dans les arcanes de l'intrigue (un film n'est pas un bouquin, on n'a pas le temps de prendre du recul) et que le dénouement avecspoiler: le flic ripoux touché subitement par l'esprit de l'honnêteté est gros à avaler. Mais bon, soyons indulgent, le film se regarde sans aucun ennui et Mitchum emporte tellement le film qu'on ne perd en rien son temps à l'avoir vu.
Philip Marlowe, personnage phare de la littérature policière et de la littérature tout court connait une nouvelle adaptation au cinéma. Après avoir été joué par entre autres Humphrey Bogart en 1946 dans « Le Grand Sommeil » d‘Howard Hawks, par Eliott Gould en 1973 dans « Le Privé » de Robert Altman, le détective privé trouve un nouveau repreneur en la personne de Robert Mitchum, figure incontournable du cinoche américain. Que les choses soient bien claires, « Adieu ma jolie » n’est certainement pas le film qui va révolutionner le monde du polar. De la première seconde jusqu’à la dernière, les codes du film noir sont appliqués à la lettre. Au début, l’accumulation de clichés ressemble presque à de la parodie. L’enquête qui nous est proposée est intéressante, bien menée, et Dick Richards sait diriger sa barque et parvient à nous emmener la où il le souhaite. L’interprétation est de qualité. L’affrontement entre Robert Mitchum et Charlotte Rampling tient pas mal de promesses. Le charisme de l’un contrecarrant la beauté troublante de l’autre. A noter aussi le petit rôle d’un certain Sylvester Stallone qui allait devenir une star l’année suivant la sortie du film. Bref, tout cela pour dire qu’il ne faudra pas s’attendre à la huitième merveille du monde, mais que cet « Adieu ma jolie » vaut le coup.
J'avoue que je n'ai pu m'empêcher de sourire largement en découvrant l'introduction d' « Adieu ma jolie », reprenant tous les stéréotypes du film noir au point de frôler la parodie. D'ailleurs, pour ceux qui connaissent un peu le registre, ils seront en terrain connu tant l'œuvre ne cherche jamais à détourner les codes, préférant au contraire les appliquer à la lettre un par un. Certains trouveront cela regrettable, mais il n'est pas interdit d'y prendre un réel plaisir tant l'atmosphère est soignée, les dialogues parfois savoureux (belle utilisation de la voix-off) et les personnages souvent réjouissants. C'est que mine de rien, l'affaire est particulièrement sombre et même souvent désespérante, le récit contenant en définitive bien plus de crapules que d'honnêtes gens, qui plus est rarement récompensés. Au milieu d'un excellent casting (Charlotte Rampling, John Ireland, Anthony Zerbe, Harry Dean Stanton, Joe Spinell et même Sylvester Stallone!), Robert Mitchum est lui plus imposant et nonchalant que jamais, composant ainsi un Philip Marlowe plus vrai que nature. A la fois ultra-classique et élégamment mis en scène, le spectacle vaut donc le coup d'œil.
Le thème du Film noir par excellence, qui a déjà trouvé par deux fois son acteur pour interpréter le fameux détective, dont une très mythique joué par l’acteur culte Bogart. On a plaisir à retrouver une autre grande pointure du polar de ces années de prestige, Mitchum, parfait, ironique, intègre et nonchalant, trainant sa carcasse des quartiers huppés aux coupes gorges sans se départir de son éternel flegme. Un remake pourrait-on dire de nos jours de "Adieu ma belle", mais, avec le panache de réussir ce pari fou de remettre au gout du jour un Phillip Marlow dans un film qui va à contre courant de la mode cinématographique de cette époque. Coup de chapeau à Mr Mitchum qui une fois encore nous prouve qu’il était un très grand acteur.
Bon polar au style des années 40. Très plaisant et divertissant. L'histoire de ce détective et l'ambiance générale du film passe plutôt bien. J'ai passé un moment très agréable à le regarder avec un bon Mitchum qui colle bien au personnage du détective avec sa gueule cassé.
Un film noir en dehors de la grande époque mais tout à fait digne des grands classiques. Robert Mitchum parfait, des entourloupes et des règlements de compte. Ambiance whisky, prostituées et bandits tout est réunis. Les amateurs du film noir seront ravis.
Un bon polar qui possède ce rythme des années 40. Et quel plaisir de (re)découvrir Stallone à ses débuts, la carrure impressionnante à Jack O'Halloran, la stature à Mitchum et la sensualité à Rampling. Bien torché le truc...
Adieu, ma jolie est un film policier moyen de Dick Richards. Pour commencer, la mise en scène du réalisateur est correcte et les acteurs comme Robert Mitchum, Charlotte Rampling ou encore John Ireland sont corrects dans leurs rôles. Néanmoins, malgré un scénario travaillé, l’intrigue ne réussit pas à captiver le spectateur et le long-métrage n’est pas aussi prenant qu’il devrait l’être. C’est dommage.
Film des années 70 essayant de restituer l'ambiance noire des polars des années 40 et si ce n'est pas une franche réussite Adieu, ma jolie est loin d'être un ratage. Déjà il y a un bon casting dont Mitchum en Marlowe (et aussi Stallone dans une brève apparition en petite frappe) et l'histoire est suffisamment bien tordue pour faire de ce film un agréable divertissement. Deux ans plus tard Mitchum reprendra le rôle de Marlowe dans Le grand sommeil (de Michael Winner) un polar que j'ai préféré à Adieu, ma jolie.