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VodkaMartini
65 abonnés
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5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Ce que la Nouvelle-Vague offrait de mieux, c'est-à-dire du rythme, du mouvement, des ellipses éclairantes, une réorganisation de l'espace-temps non plus selon les critères d'une linéarité (réductible à des quantités et des distances) mais bien plutôt comme construction des affects qui cherchent à saisir le monde ou du moins s'y investir. Vif et mélancolique, un modèle du genre.
François Truffaut s'arme de Charles Aznavour pour nous mijoter un petit film au cru des plus gouteux. Sans être extraordinaire ( à la "A bout du souffle", duquel il reprend le fond ) "Tirez sur le pianiste" est un film noir comme la Nouvelle Vague sait si bien les faire. La pâte Truffaut et sa diction si particuliére nous projette parfois dans les pensées de chacun en nous les présentant à vive voix. Elles sont dite ou simplement pensés. Le double personnage du pianiste, joué à la perfection par Aznavour, est un homme craintif, timide et doux avec les femmes. Les femmes sont d'ailleurs un théme récurent du film, elles nous sont présentés par le truchement de la vision masculine : ce sont des femmes-boniches, des serveuses, des trompeuses, des passionés irréfléchis mais pas une représentation idéalisée de la beauté. Comme dit plus haut, c'est un film noir, exit les gants de velour, si faut dire merde on le dit et tout ça va tellement bien à Truffaut et à Aznavour qui forment un couple artisitique détonnant. On regrette de ne pas avoir eu droit à d'autre collaboration des deux artistes. Au final, "Tirez sur le pianiste" même s'il envoie par instants des images subliminales, nous laissant pantois d'intérogation, est un film riche et fort intéressant à voir pour sa vigueur cinématographique.
MAIS TIREZ VITE, BON SANG ! Apôtre de la Nouvelle Vague, il navait pas le génie de Godard ni lhumour de Chabrol. Porté au panthéon des grands cinéastes par lensemble de la critique française, il est principalement connu à létranger pour LES 400 COUPS et un fameux ouvrage dentretiens avec Alfred Hitchcock. Auteur de sympathiques mais nunuches aventures de son alter ego Antoine Doinel Truffaut a également prétendu au thriller et au film noir. Or, il a eu tort. Lart du suspense nétant pas contagieux, le cinéaste sest essayé à une discipline qui ne lui convenait pas. De fait, il fut peut-être le seul type à croire que lon peut filmer une course chez lépicier comme le final de LA MORT AUX TROUSSES. Et quand Truffaut se plante, il ne le fait pas avec nimporte qui ni avec nimporte quoi. David Goodis, cest quasiment le Baudelaire du roman noir et « Shoot the piano player » un diamant du genre. Notre « vache sacrée » nationale a beau citer systématiquement Sir Alfred à tour de plans ce quil a dailleurs toujours fait , cela ne change rien à la tambouille. Goodis par Truffaut, cest une assiette de nouilles en Cinémascope. Seul intérêt du film : la présence de Bobby Lapointe. Seul véritable intérêt du film : la présence fugitive des seins magnifiques de Michèle « Angélique » Mercier. Enfin...la présence entière de Mademoiselle Mercier. Ne soyons pas vulgaire ! Récapitulons : Chabrol + Hitchcock + épicier + vache + tambouille + nouille + fruits divins Conclusion : un bon repas vaut mieux quun mauvais film.