On sent la touche Chabrol: du lest pour les acteurs et des envolées techniques, principalement au niveau du cadrage.
Drame sur le deuil et la vengeance, douce tout en étant amère, en accompagnant la voix off du narrateur, très juste. Des personnages réalistes et pleins de caractère, c'est très bien écrit.
Une daube intersidérale C'est dur d'écrire ce qu'ils suit quand on aime tant Chabrol, mais ce film est à montrer dans les écoles de cinéma comme échantillon du pire. - Le scénario : invraisemblable du début à la fin. Rien n'est réaliste, les ficelles sont des poteaux, au point que les rebondissements de l'intrigue donnent envie de rire ! Ennuyeux pour un thriller dramatique. - les acteurs : tous nullisimes sans exception, avec une mention spéciale à l'actrice principale qui feind de pleurer avec un talent digne d'un spectacle de fin d'année de moyenne section. Même le très talentueux Jean Yanne est ici une caricature de caricature qui rend son personnage iréel et grotesque. - La mise en scène : un raté intégral qui peut faire rire à plusieurs reprises et qui afflige le reste du temps. La scène de la falaise est digne d'une parodie. Plusieurs fois les figurants semblent avoir été posés à un endroit avec pour seule consigne « bougez pas je filme ». L'attroupement après l'accident créé une telle gêne qu'on en oublie qu'un enfant vient de mourir. Le jeune acteur grimé en vieux paysan grâce à un ensemble « fausse moustache et perruque » de mardi gras à 3 francs met la barre du ridicule assez haut avant même d'ouvrir la bouche. Mais quand il tente de parler le cul-terreux, on passe d'un drame de Chabrol à une comédie des Charlots, et certainement pas la meilleure. - Les dialogues : pathétiques, tantôt mal écrits, tantôt trop écrits, tantôt improbables, mais jamais justes. - Le montage : médiocre la plupart du temps et parfois catastrophique. Cela ajoute à la sensation de faux rythme qui rend le film pesant. - La production : assez moyenne. Pas totalement dégueulasse mais pas au niveau de nombreux films de cette époque qui offrent une image beaucoup plus qualitative. Bref, une daube culte peut-être. Mais assurément une daube.
Que la bête meure par le maître du suspense pour nous français : Claude Chabrol. Notre Alfred Hitchcock signe ici sûrement son chef d’œuvre personnel. Le thème de la vengeance et de la rédemption étant tellement passionnant à exploiter que ce film réussi la prouesse de nous surprendre malgré son scénario tellement basique et simpliste.
Un drame qui ne laissera personne de marbre. Un scénario glacial au rebondissements intelligents. Duchaussoy est bon, Jean Yanne est terrible, la femme et le fils suivent le mouvement ! Ce film est tiré d'un bouquin qui, à coup sûr, doit être très plaisant à lire. On a de la compassion pour le personnage principal, on le suit jusqu'à la dernière minute. Que la bête meure est plus ou moins comparable au "Vieux Fusil" sur le scénario mais en mieux. Top 20 du cinéma français pour ma part.
Pour moi un des meilleurs Chabrol avec un (très) grand numéro d’acteur de Jean Yanne (scène du repas) ainsi qu’une belle performance de Michel Duchaussoy. Tiré du roman éponyme de Nicholas Blake (1938), le scénario tient la route malgré de solides invraisemblances et la direction d’acteurs est parfaitement maîtrisée. Un bon point pour la BO également.
Un polar dramatique efficace et sombre, avec deux grands acteurs, et la présence de Caroline Cellier qui ne gâte rien. Néanmoins, la réalisation est à mon avis par trop académique, ce qui est bien pratique pour cacher certaines invraisemblances, et colle assez mal avec le jeu de Yanne : on a presque l'impression, dans certaines scènes de la seconde moitié, qu'il y a deux films différents, celui de Michel Duchaussoy et celui de Jean Yanne. Il faudrait presque faire un remake !
« Que la bête meure » est un excellent thriller voire un polar psychologique réalisé par Claude Chabrol en 1969 adapté du roman du même nom de Nicholas Blake. Les rôles principaux sont joués par Michel Duchaussoy (Charles), Caroline Cellier (Hélène) et Jean Yanne (Paul). Claude Chabrol critique ici la petite bourgeoisie provinciale, notamment celle incarnée par Paul : être abject, vulgaire, méprisant, odieux, misanthrope, égocentrique, cruel. Le thème principal du film est la vengeance, obsession de Charles après la mort de son fils par un chauffard. A noter la participation de Maurice Pialat, dans l'un de ses rares rôles au cinéma, en commissaire de police.
Tourné durant la même période que Le Boucher avec le même Jean Yanne, Que La Bête Meure rappelle la meilleure période de Claude Chabrol. En 1969 et à presque 40 ans, lun des réalisateurs les plus prolifiques du cinéma nous replonge dans lesthétisme du milieu bourgeois, avec lambiance sombre quon lui connaît si bien, Brahms en plus. Mais un milieu bourgeois largement mis à mal. Car là, un célèbre écrivain (Michel Duchaussoy) na plus quun but : éliminer de quelque manière lhomme coupable (Jean Yanne) de laccident de son fils, lui-même beau-frère dune célèbre actrice de cinéma (jouée par Caroline Cellier, lépouse de Jacques Brel dans Lemmerdeur). Où quand un intellectuel retourne à létat le plus primaire de lhomme, incarné ici par lintemporelle vendetta. Avec la prestation magistrale de Duchaussoy, on sétonne que la carrière de cet acteur nait pas obtenu une meilleure aura par la suite, même si on le revoit toujours fréquemment (Le Plus beau jour de ma vie par exemple). Jean Yanne quant à lui, joue son personnage le plus hideux et le réalisateur Maurice Pialat apparaît de manière surprenante, en inspecteur. Jouant sur une psychologie percutante et des émotions humaines à leur paroxysme, tout en proposant une histoire policière alléchante, Chabrol prouve ici son surnom dHitchcock français, et réalise probablement le film le plus symbolique de sa carrière. Indémodable.
Un des meilleurs films de CHABROL, jean yanne ,au sommet de son art,et cerise sur le gâteau, le grand réalisateur Maurice pialat dans le rôle du commissaire de police.