Sans doute le film d'action le plus émouvant qui existe sur Terre. John Woo, dans ce film, dit au revoir à Chow Yun-Fat, aux gangsters, aux gunfights de légende et fait un film beaucoup plus personnel. Nous avons ici une très belle histoire d'amitié, trois amis qui décident de quitter Hong Kong pour éviter la guerre du Vietnam, mais bien sûr, péripéties sont au rendez-vous. On est donc là, scotchés à nos sièges, en train de suivre les aventures de ces trois amis d'enfance. Un très beau film et une fin vraiment émouvante (je me suis retenu de pleurer!), des gunfights sont quand même présents et il y a aussi la présence de l'acteur fétiche actuel de Johnnie To; Simon Yam dans le rôle d'un français en plus! Un chef-d'oeuvre.
Le meilleur film de John Woo, son projet le plus ambitieux avant de s'envoler pour les USA. On peut certes lui reprocher son coté ringard et kitch dans sa manière d'appréhender l'amitié et l'émotion en général. Mais ce style direct fait pourtant partie du charme, car c'est dans l'intensité dramatique que réside la grande force de ce film. Le destin croisé de ces trois hommes ne laissera personne insensible. Une oeuvre très dure, rageuse, viscérale, magistrale, doublée d'une dimension historique (et politique) appréciable.
John Woo avait écrit un préquel de "A Better Tomorrow", situé au Vietnam. Sa brouille avec Tsui Hark le conduira à modifier son scénario pour s'en détacher, et pondre seul "Bullet in the Head". Tandis que Tsui Hark ira réaliser le préquel de "A Better Tomorrow". Ces origines expliquent certaines choses. Par exemple, la scène où l'un de nos héros est contraint par un gangster de boire une bouteille entière de whisky : anecdote justement racontée par les protagonistes dans "A Better Tomorrow" ! En tout cas, "Bullet in the Head" fait surtout penser au "Deer Hunter" de Michael Cimino. Trois amis jouent aux voyous dans le Hong Kong populaire de 1967. Suite à une bavure, les voilà contraints de fuir. Ils ont alors la "bonne" idée d'aller au Vietnam pour y faire de la contrebande, sauf que c'est l'enfer qui les y attendra. Outre la trinité centrale, on retrouve une scène choc de camp de prisonnier tenu par les Vietcongs qui n'est pas sans évoquer le film de Cimino. Toujours est-il que John Woo livre ici une œuvre très personnelle. Déjà, le réalisateur affiche son style dantesque et percutant dans les nombreuses scènes d'action. Quelques passages de guerre, mais aussi des règlements de compte, dont un affrontement brutal dans une boîte de nuit. Il va même assez loin dans la cruauté pour montrer la sauvagerie du conflit, signant peut-être son film le plus violent, presque nihiliste. Chose étonnante, le film propose également des messages sociaux et politiques. John Woo évoquant les luttes pour les droits sociaux à Hong Kong... ou une scène très osée pour l'époque qui fait explicitement référence au récent massacre de Tiananmen à Pékin (un homme se tient devant un char sud-vietnamien pour réclamer la paix, avant que les troupes ne massacrent des civils). Un élément courageux, qui sera semble-t-il non négligeable dans l'échec du film au box office à l'époque (il s'agissait de la production hong-kongaise la plus chère à l'époque). Par ailleurs, on est très loin des films américains sur la guerre du Vietnam. Si les troupes US sont présentées de manière à peu près neutre, John Woo ne ménage ni le Nord ni le Sud du Vietnam, tous présentés comme des barbares expéditifs. Sa peinture du Saïgon de la fin des 60's centrée sur les gangsters est aussi bienvenue, différente de ce que le cinéma US a pu afficher. Par contre, autant l'aspect fresque intense fonctionne, autant le film collectionne quelques défauts. L'interprétation de Tony Leung est juste, mais celle de Jacky Cheung parait bien trop excitée. Tandis que Waise Lee a un personnage mono-dimensionnel, qui devient zinzin dès qu'une caisse d'or entre dans l'équation. La musique n'est pas non plus toujours en rythme sur le volet guerrier. En revanche elle fonctionne plutôt bien au début, avec ces sons façon rock à l'ancienne qui accompagne cette peinture du Hong-Kong populaire des 60's. Sans être un chef d'oeuvre, John Woo signe donc un oeuvre qui offre une vision enflammée et singulière de la Guerre du Vietnam.
De belles scènes d'actions, plein de morts, une histoire d'amitié très bas de gamme, un scénario très décousu ... on m'annonçait un chef d'oeuvre, je suis très deçu.
Vous prenez le thème de l'amitié (la vraie) et le cinéaste virtuose John Woo, cela vous concocte un chef-d'oeuvre du cinéma Asiatique inoubliable, viscéral et déchirant... Indispensable aux cinéphiles.
4 étoiles car tout y passe avec le ciné à la John Woo ! Méconnu à l'époque, il avait déjà sa démesure et son sens du spectacle qu’on lui connaît aujourd’hui. Une bien belle histoire d'amitié se dégradant sur une mélodie qui inspire la mélancolie de ces instants perdus. Un petit régal !
Jamais, à part avec Scarface, je n'avais reçu une telle claque dans la figure. Jamais je n'ai vu une telle intensité dans les sentiments ; jamais je n'ai vu une telle intensité dans les valeurs de l'Amitié et de la Loyauté ; jamais je n'ai vu un tel souffle lyrique ; jamais je n'ai vu le Désespoir aussi bien traité que dans Une Balle dans la Tête. John Woo propose plus qu'un film et nous offre une oeuvre puissante, narrant le destin tragique de ces trois amis d'enfance. Chaque scène est traitée admirablement et l'on atteint plusieurs fois une intensité dramatique quasi-irréelle (la scène des exécutions en est le plus parfait exemple, tout comme les retrouvailles Ben/Frank). Bien sûr, Woo n'en délaisse pas pour autant l'action pure et, tout comme dans ses autres films, montre qu'il restera à jamais le maître incontesté des gunfights. En vérité, il est même difficile d'écrire quelque chose de clair et de structuré sur ce film tant il bouillonne de perfection et de maîtrise. Woo a donc créée avec Une Balle dans la Tête un voyage fascinant à travers un Viêt Nâm ravagé par la guerre et ne lâche le spectateur qu'à la fin du générique.
Rares sont les films qui peuvent se targuer d'être absolument parfait. Pour moi, Une Balle dans la Tête en fait partie.
Le chef d'oeuvre de John Woo ? Je n'ai pas dû voir le même film. Alors sincèrement, pendant 20 minutes, John Woo arrive à faire pire que toutes les séries sentimentales de merde qui ont pollué nos écrans dans les années 80. Je n'ai jamais rien vu de plus kitsch et ridicule. Pendant 1h30, le film fait très peur car on se demande où peut bien être la "qualité" du métrage tant plébiscitée. Ca devient un peu mieux à partir du camp de prisonniers. Enfin, le duel final est somptueux et sauve miraculeusement le film.
Des films de Honk-Kong réalisés par Woo, c'est peut-être celui-ci qui est le plus calme, du moins celui où il y a le moins de gunfights mais c'est compensé par le scénario. On voit à quel point l'argent peut mettre en pièce la meilleure des amitiés. Il y a quand même des scènes très violentes et d'autres très dures. La scène où celui qui a une balle dans la tête meurt des mains de son ami est très émouvante. Encore un grand film de Woo.
John Woo à son meilleur,comme l'ensemble de sa carrière hong-kongaise,j'aurais tendance à dire."Une balle dans la tète"ne fait aucun compromis au niveau de la violence et de l'ame humaine.3 amis que tout rend inséparables,mais qui seront marqués à jamais par leur captivité dans la guerre du Vietnam.Les gunfights rendent mal à l'aise,car ils sont gratuits,et témoignent de la folie des hommes en situations extrèmes.L'un attiré par l'appat de l'or,n'hésite pas à tuer ses amis.Tragique assurément,mais totalement maitrisé.John Woo parvient mème à émouvoir par le biais du personnage désemparé de Ben(Tony Leung,habité).Une saga amicale étalée sur 15 ans,qui ne survivra pas.Pessimiste.John Woo est le boss!