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Cemagic42
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5,0
Publiée le 23 septembre 2012
L'Ange bleu (1930) de Josef von Sternberg est un magnifique chef d'œuvre dramatique adapté du roman de Heinrich Mann, Professeur Unrath. Le film décrit un digne professeur célibataire qui va vivre une passion tardive pour Lola-Lola, belle et fantasque chanteuse-entraîneuse dans un cabaret beuglant, "L'Ange bleu". Il l'épouse, la suit en tournée, s'exhibe comme un clown et, pour elle, va perdre toute dignité... Emil Jannings, acteur alors très célèbre chez Murnau et Lubitsch, joue son tout premier rôle parlant au cinéma, il impressionne par la densité qu'il donne à son personnage, tour à tour risible et touchant, solennel et puéril, accusant Lola-Lola de débaucher ses élèves, mais cédant à ses propres pulsions destructrices face à elle, avant de mourir de désespoir et de honte, seul dans sa salle de classe. De l'autre côté Marlène Dietrich, dont c'est la première collaboration avec Sternberg, est moins connue que son partenaire et pourtant c'est elle qu'on remarque : son personnage, une brave fille qui fait son métier, aguiche le public dans un cabaret minable, avec des chansons qui deviendront célèbres, des postures, des accessoires qui renforcent encore son potentiel érotique, chapeau claque, perruque blonde, bas noirs et déshabillés suggestifs, mais surtout une grâce paradoxale, en contraste avec la vulgarité des lieux (notamment les magnifiques décors tordus et contorsionnés hérités de l'expressionnisme allemand). Artistiquement, Lola-Lola est "faite pour l'amour de la tête aux pieds". Lola-Lola est-elle perverse ? Candide, inconsciente, elle est surtout le révélateur de la déchéance de Rath, plus que l'agent actif qui le perdra. Le film est un de ceux qui a fixé l'image de la vamp cinématographique et marque l'avènement d'une star internationale divine grâce à ce rôle. Marlène Dietrich était née.
Première collaboration entre le réalisateur Joseph Von Sternberg et l'actrice Marlene Dietrich, dont ce film fera une star. Les deux poursuivront ensuite leur association à Hollywood. Récit cruel de la déchéance d'un homme, l'Ange bleu doit finalement moins à son actrice qu'à son acteur principal, Emil Jannings, qui livreune performance impressionnante, exprimant parfaitement le côté ridicule puis pathétique de son personnage. La mise en scène de Von Sternberg est travaillée avec précision, que ce soit dans l'utilisation intelligente du son où dans sa gestion de l'espace. On remarque par exemple que dans leurs scènes communes, Jannings est souvent en situation d'infériorité par rapport à Dietrich, celle-ci étant toujours placée au dessus de lui, il doit lever la tête pour lui parler. Cela permet d'accentuer le sentiment d'emprise de Dietrich sur le pauvre professeur.
Considérer à juste titre comme étant un des très grands films de Josef von Sternberg, « L’ange Bleu » possède une mise en scène d’une grande richesse, des très belles chansons ainsi qu’une photographie qui a particulièrement bien vieilli pour un film qui a tout de même plus de 80 ans d’existence. Mais la grande qualité de ce long métrage est à mettre à l’actif de l’interprétation du casting qui est franchement mémorable. Emil Jannings campe avec une grande énergie un professeur qui va vite tomber amoureux de la belle Lola Lola qui est interpréter avec une grande malice par une Marlene Dietrich qui offre à son personnage une bonne dose d’érotisme.
Le nom de l'Ange bleu revient souvent dans les innombrables listes des chefs-d'oeuvre du cinéma. Situé à la frontière entre le cinéma muet et le cinéma parlant, on peut percevoir une certaine esthétique expressionniste, des décors jusqu'aux éclairages en passant par les acteurs, qui semblent avoir conservé leurs mimiques d'antan. Une configuration paraît maintenant plutôt vieille, ne sachant pas réellement où se situer. Si la déchéance de ce professeur (Emil Jannings, brillant) se révèle répétitive et parfois même ennuyeuse à la longue, elle atteint cependant des sommets de fulgurance lors d'une dernière demie-heure cruelle et superbe à la fois, à l'instar de l'aguicheuse Lola Lola, interprétée par la ravissante Marlene Dietrich. En bref, Josef von Sternberg réalise une fable émouvante et très belle qui ne déçoit essentiellement que par ses longueurs et son manque de rythme.
Von Sternberg nous montre comment l'homme peut se détruire pour une femme dans ce film superbe qui commence par des accents de comédie et finit par le pathétique lorsque le Professeur (interprété par l'immense Emil Jannings) est forcé à faire un numéro de clown sur scène devant ses anciens collègues et élèves qu'il a quitté pour Lola Lola (Marlene Dietrich, plus sensuelle que jamais), chanteuse de cabaret aguicheuse. Le drame vient du fait que c'est le Professeur qui a foutu sa vie en l'air tout seul pour une de ces filles comme on en croise dans tous les cabarets. Si la gestuelle des acteurs a pris un coup de vieux (le parlant n'était qu'à ses balbutiements), le film en profite pour en tirer également sa force.
Au moment de la rédaction de ces lignes l’ange bleu affiche glorieusement ses quatre vingt ans. Cet âge canonique impose le respect envers une œuvre méritant largement de récolter encore de nos jours quelques impacts émotifs.
Pourtant le jeu chargé d’Emil Jannings symétriquement positionné entre un mime incéré dans un visage contorsionné par le verbe cinématographique naissant n’aide pas l’opus à être pris au sérieux.
Tout est affreusement daté, poussiéreux, maniéré et pourtant quel impact surtout en posant son regard sur la sublime Marlène dont le léger dévoilé entretient le plus beau des phantasmes.
Lola Lola ne fait qu’aguicher rien de plus, c’est l’homme qui maitre de son destin se laisse récupérer puis consumer volontairement par une passion destructrice faisant de lui une marionnette grotesque entre les mains d’une insensible héréditairement pervertie, jouissive dans la manipulation et l’indifférence.
« L'Ange bleu » par moments pathétique dépeint admirablement la descente aux enfers d’un fonctionnaire rongé par un conformisme démesuré dont la face cachée mise subitement en lumière devient incontrôlable.
Le choix de l’amour fou permet à un consentant de tester une déchéance choisie dans des absorbions destructrices palliatives le menant vers la folie.
Un chef d’œuvre sur un passager clandestin qu’il ne faut surtout jamais réveiller, l’autodestruction.
Un film superbe, aux faux aspects de comédie déja-vue au début, il tend progressivement vers le drame et atteint une appogée grandiose lors du seul spectacle de clown pendant lequel on a les larmes aux yeux. Evidemment Dietrich est là et elle perce l'écran, cette femme fatale "faite pour aimer" mais elle ne fait pas tout ce chef d'oeuvre.
Les cinéastes allemands auront décidemment marqué les origines du cinéma et les prémisces du parlant. En même temps que Pabst faisait exploser la bombe Louise Brooks, Von Sternberg envoyait sur les écrans la jeune Marlene Dietrich, incarnation d'une beauté glacée et forcément fatale, objet de désir dans une histoire d'amour fou et destructeur. La descente aux enfers du personnage interprété par le grand Emil Jannings est décrite sans concessions et semble découler d'un processus irréversible, d'autant plus que la chute engendrée par la passion se double d'une aliénation totale de l'individu, soumis et humilié, n'existant plus qu'au travers du regard de l'être aimé. "L'ange bleu" est écrit comme un conte dont la narration se fait sur les terres certes balisées du classicisme, mais dont l'issue fatale vient renforcer l'idée que les histoires d'amour finissent mal... En général.
L'ange bleu est un joli film des années 30 qui raconte le destin tragique d'un homme épris d'une chanteuse de cabaret, spoiler: avec laquelle il va se fiancer et perdre la raison suite à l'adultère de celle-ci . Marlène Dietrich devînt célèbre grâce à ce premier rôle. Elle a une beauté aussi glaciale que froide (dans le bon coté).
Magnifique mélodrame de Josef von Sternberg , premier film parlant tandis que le muet tendait à sa fin. Ce chef d'oeuvre , on peut l'affirmer, doit beaucoup d'une part à l'interprétation exceptionnelle d'Emil Jannings, professeur détesté de ses élèves qui tombe dans un amour passionnel envers une danseuse d'un cabaret poisseux "L'Ange bleu" au point de l'épouser alors qu'elle est toute jeune et que lui est un vieillard. Son amour conduira à sa perte puisqu'il suivra la route de la troupe pour devenir un clown grotesque. Marlène Dietrich joue cette femme candide admirablement, véritable icône féminine vénale et sublime l'écran avec ses séquences de chants. La mise en scène de von Sternberg est d'une intensité colossale, dosé d'un humour impeccable mais surtout d'un modernisme impressionnant. Le cabaret se transforme en amphithéâtre, les élèves du professeur sont cruels envers lui et un autre de la classe... Le réalisateur allemand a lui aussi été subjugué par Marlene Dietrich puisqu'il tournera beaucoup de films avec celle ci par la suite. Pour conclure , "Der Blaue Engel" est une pièce maîtresse sur le rabaissement et la dégénérescence de la personne. Un film à ne pas oublier!
Malgré son age le film reste très agréable à visionner, une réalisation moderne parfaitement cohérente qui mêle étroitement humour et drame. une interprétation savoureuse de professeur d'école pour Jannings et si ce n'est pas le meilleur role de Dietrich elle impose déjà sa marque.
L'ange bleu représente le tragique destin d'un homme et sa terrible déchéance après être tombé victime de son propre désir, Emil Jannings est époustouflant, une prestation pour laquelle je n'ai pas plus de mots afin de la décrire. Marlene Dietrich est aussi parfaite, et le marriage entre ses vêtements provoquants et la caméra de Josef Von Sternberg est formidable, additionons maintenant ce marriage avec la qualité du scénario et l'interprétation de Jannings et l'on obtient un des meilleurs joyaux du Septième Art, tout simplement. A voir plus qu'absolument !
OK, je conçois qu’en 1930 ce film ait pu rencontrer ce succès. Mais bon, franchement, aujourd’hui, il est pour moi totalement irregardable. Deux heures d’une tragédie finalement bien classique menée avec les méthodes de l’époque, c'est-à-dire avec lenteur et gros sabots. Alors oui, je conçois que parler de gros sabots au regard des codes de l’époque c’est totalement anachronique. Mais bon, moi je suis un spectateur du XXIe siècle, et ma sensibilité a malheureusement été façonnée par ce siècle là. Donc, qu’on le regarde parce que c’est un classique, why not. Mais franchement, à mes yeux c’est vraiment pour zèle culturel plutôt que pour le plaisir car, à mes yeux, voir ou ne pas voir « l’Ange bleu » ne change en définitive rien à ma vision du cinéma.