Thriller érotique réalisé par Phillip Noyce, Sliver est un bon film. L'histoire nous fait suivre Carla Norris, une femme de trente-cinq ans, jeune directrice dans l'édition, récemment divorcée, qui cherche à refaire sa vie. Elle emménage à New York dans un immeuble dernier cri où elle y fait la connaissance de ses voisins. Tandis qu'elle entame une relation intime avec Zeke, un jeune concepteur de jeux vidéos, Carla apprend que la précédente locataire, Naomi Singer, s'est défenestrée depuis son balcon. Les décès s'accumulant au sein de l'immeuble, Carla découvre en parallèle de l'enquête du lieutenant Victoria Hendrix, que l'un des habitants du bâtiment connaît d'inavouables secrets sur les autres locataires. Ce scénario s'avère prenant à visionner pendant toute sa durée d'une heure et quarante-cinq minutes. L'intrigue nous plonge rapidement dans le vif du sujet et nous fait tout du long douter de la culpabilité de la personne responsable de cette vague de décès au sein de cet immeuble maudit. Le récit se focalise sur deux présumés coupables gravitant autour de la nouvelle arrivante qu'on soupçonne sans savoir lequel des deux est véritablement derrière tout cela. Tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine lors de scènes riches en érotisme et en tension. L'atmosphère se veut à la fois inquiétante et sensuelle, en plus de comporter un fort aspect voyeur. L'ensemble est porté par des personnages intéressants à la psychologie suffisamment développée. Des rôles interprétés par une distribution convaincante comprenant Sharon Stone en femme prise entre deux potentiels criminels, William Baldwin, Tom Berenger, Polly Walker, Colleen Camp, Amanda Foreman, Martin Landau, Nicholas Pryor ou encore CCH Pounder qui enquête sur cette affaire. Tous ces individus entretiennent des rapports suspicieux procurant de l'incertitude. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste australien s'avère qualitative. Sa mise en scène parvient bien à faire monter la menace et joue parfaitement avec son propos via ses multiples écrans servant de caméras de surveillances intrusives filmant le quotidien des locataires de l'immeuble. Ce dernier est pour sa part un acteur à part entière tant son architecture le rend singulier et tant presque intégralement toute l'action s'y déroule en son sein. Ce visuel démultiplié est accompagné par une très bonne b.o. signée Howard Shore. Ses compositions sont qualitatives et collent parfaitement à l'ambiance se voyant ainsi renforcée, en plus d'avoir un impact sur les images. Reste une fin hélas trop abrupte, au goût d'inachevée, venant mettre un terme à Sliver, qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert.