Trois couleurs - Bleu
Note moyenne
3,6
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91 critiques spectateurs

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Aurégane Lemière
Aurégane Lemière

15 abonnés 67 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mai 2022
Bleu c’est l’histoire d’une femme déprimée, enfermé dans son chagrin. L’asservissement dont elle est victime suggère l’idée de liberté dont elle est totalement dépourvue. spoiler: Le choc est tel à la mort de sa famille qu’elle ne ressent plus rien.
Elle veut faire table rase du passé. Cette froideur est renforcée par l’omniprésence de la couleur bleue qui renvoie à la discrétion, l’introversion et la raison.
“- Pourquoi pleurez-vous ? - Je pleure parce que vous ne pleurez pas.” (dialogue entre Julie et la femme de ménage).
La première scène avec l’enfant qui joue au bilboquet au bord de la route est inspirée du vécu de Kieślowski. Un jour, quand il avait 17 ans, alors qu’il faisait de l’auto-stop, une voiture est passée devant lui sans le prendre. Il a maudit son conducteur et a ensuite entendu le bruit d’un accident.
La solitude peut parfois être admise comme une forme de liberté. Dans le cas de Julie, la liberté en ce sens n’est pas un idéal mais une contrainte qui lui est imposée de la manière la plus brutale qui soit : spoiler: le décès accidentel des personnes qui lui étaient les plus chères. Elle perd tout dans cet accident, jusqu’à sa raison de vivre. Ainsi, elle tente de se tuer à l’hôpital au début du film. Elle n’y parvient pas. Elle n’est pas libre. Elle n’a même pas la liberté de mourir. Elle est en plus dominée et dirigée par des pulsions destructrices, volontaires (briser la vitre de l’hôpital pour faire diversion) ou non (arracher les pampilles du lustre de verre bleu). Ces pulsions visent aussi à porter atteinte à son propre corps : elle frotte son poing contre un mur de pierre. Cet acte peut être assimilé à une punition corporelle qu’elle s’inflige après la faute : la relation sexuelle avec Olivier. “Avant tu sais j’étais heureuse. Je les aimais, ils m’aimaient aussi. [...] Maintenant j’ai compris, je ne ferai plus qu’une chose : rien. Je ne veux plus de possession, plus de souvenir, d’amis, d’amour ou d’attaches : tout ça sont des pièges” (citation de Julie) La question de la mémoire est centrale : Julie ne veut plus penser à son mari. Elle détruit ses partitions, elle ne va pas sur sa tombe, elle ne regarde pas d’anciennes photos. Le seul moyen qu’elle trouve pour vivre c’est de profiter des petits plaisirs de la vie : boire un café, manger une glace, écouter un musicien, nager, profiter du soleil. Elle cherche à s’isoler, à se détacher de tout, oublier son passé. Mais peut-on vraiment oublier ? Elle veut se détacher de ses sentiments ; car ce qui nous empêche d’être libre c’est l’amour. L’amour est-il un esclavage, une entrave ? Elle cherche la solitude mais elle n’est jamais seule. Elle a sans arrêt le concerto dans la tête. L’omniprésence de la musique c’est l’omniprésence de son époux. Elle tente de fuir, elle se bouche les oreilles, elle ferme violemment le piano. Mais la vie finit toujours par la rattraper : la naissance d’une portée de souris dans son appartement, le jeune homme qui se fait agresser qui toc à sa porte, le garçon, Antoine, qui l’appelle parce qu’il a trouvé son collier et surtout l’amante de son mari qui va accoucher. Antoine est un des seuls liens qui nous fait connaître la vie de Julie avant l’accident, le caractère et la personnalité de son mari Patrice. Il provoque un retour dans le passé douloureux de Julie. Elle refuse donc de parler avec lui. Cela risquerait de faire resurgir des sentiments et des souvenirs dont elle ne veut pas. Cette future naissance lui redonne cependant goût à la vie, lui fait comprendre qu’elle ne peut pas vivre comme elle l’a planifié. Cela la fait alors sortir de sa solitude, et disposer de sa liberté retrouvée.


“Bleu, c’est la Liberté, l’histoire du prix que nous payons pour elle. A quel point sommes-nous vraiment libres ? [...] Bleu est une histoire sur l’esclavage des sentiments et de la mémoire.” (Krzysztof Kieślowski)
Loïck G.

395 abonnés 1 835 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 décembre 2021
Bleu est la première composante de la trilogie imaginée par Kieslowski autour de la devise républicaine (Liberté, égalité, fraternité) mais aussi dans ce premier volet celle d’une Europe en voie de construction. Il l’évoque à travers la femme d’un compositeur décédé récemment dans un accident de voiture avec sa fille. Elle va à la fois s’enfermer dans son monde en allant vivre à l’écart de ses proches, et découvrir un autre univers, des gens plus simples, très certainement, qui vont lui apprendre autrement la vie. Krzysztof Kieslowski esquisse les contours de toutes ses rencontres, des femmes surtout, mais l’approche formelle de sa mise en scène accentue chaque fois l’émotion. L’histoire racontée à demi-mots dans un cadre dédoublé souvent, où les images se voilent, les portraits s’effacent, participent à ce procédé narratif délaissé de nos jours. Les intentions y sont plus intenses, la narration plus expressive. Dans un tel cadre, Juliette Binoche pose avec intelligence et un panache discret. Elle exprime autant du regard que de la voix et donne ainsi à son personnage toute l’étrangeté et la force requise. AVIS BONUS Du réalisateur à la comédienne principale, via l’avis des spécialistes, et d’un technicien (le monteur Jacques Witta) il n’y a que du plaisir à découvrir les secrets et les articulations d’un tel film.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Anonyme M Ciné
Anonyme M Ciné

99 abonnés 1 712 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 décembre 2021
nul. ont suit une fille qui se bat pour sa vie amoureuse et sa carrière professionnelle, c'est super super long et des scènes qui servent a rien, tu décroche très vite.
Alex Motamots
Alex Motamots

11 abonnés 406 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 août 2021
Sans doute mon préféré de la trilogie.
J'ai aimé la couleur bleue, la musique magnifique.
J'ai moins adhéré à l'histoire d'amour, mais j'ai aimé le personnage principal.
Un réalisateur que j'apprécie.
GéDéon
GéDéon

143 abonnés 740 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 juillet 2024
En 1993, Krzysztof Kieslowski s’engage dans la trilogie des « Trois couleurs : Liberté, Egalité, Fraternité ». Tout un concept ! Ce premier volet, très sombre, aborde la reconstruction psychologique d’une femme meurtrie après la mort accidentelle de son mari et sa fille. Juliette Binoche incarne avec talent ce personnage accablé (ce qui lui vaudra le César de la meilleure actrice). Le ton est juste et poignant, assorti d’une très belle photographie. C’est en visionnant l’ensemble de l’œuvre que l’on saisit la mise en avant des valeurs de la République avec l’utilisation prédominante d’une des trois couleurs selon les scènes (le bleu exprimant la liberté, le blanc l’égalité et le rouge la fraternité). Bref, un long-métrage solide et subtil.
stans007
stans007

41 abonnés 1 465 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 avril 2021
Un beau film, fort et sensible sur une femme traumatisée qui reprend goût à la vie malgré elle. Mise en scène efficace, musique puissante, acteurs parfaitement dirigés.
Hulufo
Hulufo

7 abonnés 68 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2020
Bleu. Une couleur, un sentiment, une hantise. Ce sont les fantômes du passé. Comment les oublier ? Une fresque pictural hallucinante, laissant sa voix aux anges. Regardez la couleur, comprenez là, et enfin frissonnez. Une fin édifiante, portée sous le joug d'un opéra de lumière.
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2020
C'est un peu trop film d'auteur Français à mon goût sur les bords. Vue qu'il s'agit d'un film très poétique, nous nous retrouvons face à un film qui n'a pas spécialement la vocation du divertissement et c'est tout à son honneur. Je comprend la démarche. Je trouve malgré tout qu'il s'agit d'un film assez fascinant. Grâce à sa lumière, sa photo ou encore son thème musicale un peu rébarbatif sur la fin.
Ce qui est sûre en tous cas c'est que le type sait faire des films. Maintenant moi ça ne m'intéresse pas spécialement de voir ça cinq-cents fois. C'est déjà vue, alors oui c'est pas un problème, mais quand c'est par ce que c'est trop plat là ça ne m'enthousiaste pas trop. Je précise plat car c'est creux de vie. La froideur me diras t-on, concept même que représente le Bleu. Oui sauf que c'est comme représenté l'ennuie au cinéma, on ne le fait pas en étant ennuyeux. C'est idiot, et ce film ne l'est pas attention! C'est simplement le fait que ça ne fonctionne pas comme ça selon moi.
Pour retranscrire le froid de quelque chose mieux vaut ne pas enlever toute vie. Car c'est faux, la vie est aussi dans le froid. Allez dire à l'antarctique qu'elle est sans vie serait faux. Il y a quelque chose de vivant partout. Pas spécialement là où on l'attends, seulement ça se sent que c'est vivant, que ça n'est pas désagréable ni déprimant. C'est autre chose que le chaud en soit. C'est comme ça.
Donc ça m'embête de trouver le film désagréable car je pense l'avoir comprit. Il m'intéresse à moitié voilà tout.
Ce qui n'empêche pas que je vais tout de même allé voir le reste du triptique.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

259 abonnés 2 707 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juillet 2020
Premier volet d'un triptyque avec Trois couleurs : Blanc et Trois couleurs : Rouge, Trois couleurs Bleu est un film de Krzysztof Kieslowski qui ne m'a malheureusement pas touché.
Le film raconte l'histoire de Julie, endeuillé de son mari (une sommité de la musique) et de sa fille à la suite d'un accident de voiture et qui doit apprendre à se reconstruire tout en prolongeant l'héritage non-achevé (en l'occurrence une symphonie) de son mari. Malgré le talent indéniable de Juliette Binoche, je suis resté relativement insensible à son interprétation plutôt froide et distante (mais au vu des critiques dithyrambiques sur son jeu d'actrice, j'en conclus que c'est moi qui suis passé à côté).
L'intrigue autour du deuil et de la redéfinition de soi m'a un peu laissé de marbre car le personnage principal demeure un personnage que je n'arrive pas à cerner durant tout le film.
Je n'ai malheureusement pas adhéré à ce long-métrage qui n'est pourtant pas dénué de qualité (la musique notamment), mais qui m'a paru un long.
Romaric44
Romaric44

28 abonnés 325 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juin 2020
Je suis toujours un peu distrait par la façon de filmer de Kieslowski qui me rappelle plus le téléfilm que le cinéma.
Dans ce film, cela passe totalement au second degré tellement l'on est captivé par Juliette Binoche et le drame qu'elle vie.
Certaines scènes sont très marquantes spoiler: comme le point serré contre le mur qui me fait toujours froid dans le dos.
Hugo C.
Hugo C.

10 abonnés 93 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2020
Bleu, premier volet de la trilogie Trois couleurs s'impose avec une belle mise en scène et une excellente photographie, dans ce deuil de Juliette Binoche, triste parfois mais toujours la tête haute. La couleur bleu est évidemment toujours présente, c'est le fil rouge du film (ducoup bleu ... pardon), lui rappelant sa fille, partout, du début à la fin. Juliette Binoche est parfaite, ses regards camera nous plongent dans son malheur et son terrible deuil. Léger bémol, les scènes coupées par de la musique classiques sont clairement les moments clés, comme une sorte de best-of de l'histoire. La scène finale aussi qui montre les personnages encore une fois clés, mais qui sur le fond d'une BO sublime nous fait tout de même apprécier ce film mi-original mi-ordinaire.
Charlotte28
Charlotte28

207 abonnés 2 921 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 mai 2020
Ce concept d'interprétation de la devise républicaine à travers une mise en scène forte et des histoires distinctes s'annonce a priori intéressant et surprenant mais se révèle rapidement lassant et redondant à cause d'une musique pompeuse rythmant les moments clés à outrance, de partis pris esthétiques symboliquement très appuyés et d'un exercice de style au final purement intellectuel, oblitérant toute émotion malgré le drame vécu par l’héroïne. Celle-ci erre au milieu de personnages à la vraisemblance discutable, portée cependant par une Juliette Binoche sombrement intense dont la reconquête de sa liberté individuelle s'analyse sans sentiment. Un passage trop didactique de la théorie à la pratique en somme!
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 12 janvier 2020
Je me suis ennuyé ferme. J'ai pu constater que les critiques n' étaient pas si mauvaises...
Perso, j' me dis que dans la vie, la "Vraie" ça ne ressemble en rien à tout ça...
Ca fait un peu onanisme cérébral...
Serait-ce le mal du siècle à la mode?
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 mai 2019
J'ai regardé pour la 1ere fois la série de 3 filmes il y a une dizaine d'années, et ça fait 3,4 fois que je l'ai reregardé. J'adore tout : l'histoire, les acteurs,la musique, la façon de filmer... Au début du filme je le trouvais plus lent, mais plus qu'on entre dans le personnage plus c'est attachant.
Philippe d
Philippe d

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 février 2019
C'est rare que je sois bouleversé comme ça, des images, des musiques, et ces regards, ce visage, une symphonie d'émotions....
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