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Aulanius
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4,0
Publiée le 5 mai 2011
J'ai pris une méchante claque en pleine gueule (pardonnez moi l'expression) en regardant ce premier volet de la trilogie de Kieslowski. Tout d'abord, j'ai trouvé Juliette Binoche parfaite dans son rôle, elle vit son personnage, elle d'une froideur et d'un naturel. Tout au long du film, nous avons le droit à une bande son exceptionnelle accompagnée de toute la musique composé par le défunt mari, qui tarde à se finir. Les scènes se mêlent et s'entremêlent avec toute cette partition. Le Bleu est présent par bien des moments, il est de partout et représente la couleur principal du titre. Mais il faut y voir une subtilité avec le reste pour représenter toutes les couleurs du drapeau tricolore, représenté par les trois valeurs fondamentale de la nation : Liberté, Égalité, Fraternité. C'est pourquoi, j'ai fais le rapport (peut-être trop recherché par moi même) avec le blanc et le rouge. Le Blanc : les fleurs ; la flûte, vous comprendrez pourquoi ; les murs qui entourent la protagoniste ; les maillots de bain de toutes les petites filles qui viennent interrompre leur peu de liberté de Julie dans son moment privilégié, la piscine ; la lumière. Le Rouge : les voitures des personnages principaux ; le sang ; les boîtes de médicaments qui marquent un tournant dans la vie de "l'héroïne" ; la teinte des cheveux ; Pigalle. Se qui m'a frappé pendant ses 1h30, ce sont les symboles succins ou non : le faux sans-abri ; les rats ; la fameuse lampe bleue ; la piscine ; la partition qui est le sujet principal ; l'amie prostituée que tout le monde refuse. "Trois Couleurs : Bleu" est rempli de superbes plans divers et variés, dôté d'un réalisme galçant et nous permet de nous poser la question tel un sujet de philosophie : La liberté existe t'elle vraiment ? Je vous laisserai chacun vous forger votre opinion. Malgré certains moments qui ont légèrement vieillis, ce premier long métrage m'a clairement donné l'envie et le désir de voir la suite. 15/20.
Kieslowski prouvait encore une fois avec ce film qu'il était un des plus grands réalisateurs des années 80-90 et Juliette Binoche s'imposait comme l'une des plus grandes actrices françaises. La performance de la comédienne est d'autant plus impressionante qu'elle est de quasiment tous les plans et porte entièrement le film sur ses épaules. Avec le premier volet de sa trilogie, le cinéaste polonais aborde le thème de la liberté à travers le double deuil de son personnage féminin. Malgré ce sujet ouvert aux excès de pathos, le film est tout en nuance et ne recherche jamais l'émotion facile, la distillant au contraire très savamment. De la même façon, les choix artistiques (l'omniprésence de la couleur bleue, la musique) pouvaient facilement tourner à la démonstration virtuose mais Trois Couleurs Bleu évite cet écueil et reste encore aujourd'hui, tant sur le fond que sur la forme, un des plus beaux films des années 90.
Sans doute le film le plus profond de la trilogie, d'une intensité dramatique qui ne baisse jamais, servi par une Juliette Binoche au sommet de son art et par une bande son exceptionnelle. Du grand art.
Après la mort accidentelle de son mari et de sa fille, la femme d’un compositeur de musique cherche à se reconstruire. Depuis ses premiers films polonais, Kieslowski a toujours su créer un climat filmique particulier : celui d’une solitude entrecoupée par de rares instants de chaleur humaine, climat créé autant par le découpage et l’utilisation judicieuse du couple silences - effets sonores que par le script. Dans cette œuvre de maturité on retrouve cette particularité, mise au service d’un sujet grave, traité par petites touches, et centré autour de la veuve. Le talent étant de faire participer le spectateur au destin de cette jeune femme qui s’isole, puis peu à peu comprend l’inutilité du repli sur soi, et réalise qu’il lui faut établir et rétablir des liens, accepter pour partie le passé en quelque sorte. Juliette Binoche est parfaite dans le rôle, sachant être émouvante, réservée, ou fantasque selon les séquences. Une grande recherche formelle sous-tend l’ensemble : photo travaillée, séquencement incluant de significatifs plans noirs, construction reliée à la magnifique musique de Zbigniew Priesner, utilisation sélective et intentionnelle des couleurs : bleu du lustre à pendentifs et de la piscine, vert et brun en contrepoint. Autant d’éléments qu’une seconde vision permet de mieux cerner. On peut reprocher au film un excès de formalisme, regretter une fin en forme de kaléidoscope qui ne conclut rien, mais le parfait enchevêtrement et la parfaite adéquation entre le fond et la forme font de ce film une œuvre marquante de sa décennie.
Premier volet de la trilogie de Krzysztof Kieslowski "Bleu" évoque la liberté, celle d'entreprendre le deuil comme on le souhaite. Le bleu est bien sûr la couleur prédominante de l'ensemble dont la mise en scène est ambitieuse dans son esthétisme, mais cette qualité devient vite un défaut quand elle voile entièrement l'émotion qu'aurait pu dégager ce film, surtout que l'interprétation de Juliette Binoche est très belle.
De la trilogie, sans aucun doute, mon préféré !... Un film parfaitement réalisé... des plans splendides... une interprétation magique de Juliette Binoche - et des autres acteurs... et bien entendu la musique superbe de Preisner qui est toujours placée au bon moment... Ce film commence par la mort... pour se terminer par la vie... en fait, surtout le choix de vivre... Le bleu de la liberté - de l'évasion du passé - est omniprésent... bleu de la sucette qu'elle retrouve... bleu des cristaux du pendule... bleu de l'eau de la piscine. La composition de Juliette Binoche est remarquable dans ce personnage qui commence son deuil par la fuite... avec cette envie de tout effacer, de s'isoler, de plus s'attacher à rien ni à personne... mais ses émotions sont les plus fortes... et petit à petit, la vie va reprend sa place... par l'amitié, l'amour, l'attachement familial... C'est un film que l'on a grand plaisir à voir et revoir encore...
Très beau film où Binoche montre l'étendu de son talent, elle réussit à dévorer l'écran sans dire un mot… le film envoûte durant toute sa durée, il est impossible à décrire. Je ne me ferai pas prié pour voir la suite de la trilogie.
Comment dire... L'ennui a une couleur, l'ennui est bleu. Juliette Binoche est distante, elle doit penser à son prochain film. Ses trop rares sourires percent l'écran comme un projecteur percerait l'obscurité de la salle de cinéma. Quant à l'obscurité de l'histoire, la langueur, la pesanteur des dialogues, il faudrait bien plus qu'un projecteur pour y mettre un peu de lumière et de vie, il faudrait un scénario, et que quelque chose se passe. Alors oui, Juliette Binoche dans ce film vit l'enfer et en revient, et encore, on est même pas sûr, mais la beauté des images, le pompeux de la musique qui pour se vouloir grande se fait lourde, caricaturale, et pesante, ne font qu'accompagner l'ennui des acteurs, et le notre...
Première partie d'un trilogie culte de Krzysztof Kieslowski, Bleu est un film qui n'a rien d'un oxymore. En effet, cette couleur en perdition est d'une froideur ambigue. Son rêve nous transpose dans un univers onirique, à la fois réel et irréel. D'ailleurs, la réalisation de Kieslowski possède tous les atouts pour nous faire croire à son monde. Il nous filme les acteurs et les décors comme une peinture, dont la lumière et les plans font preuve d'un virtuosité indéniable de la caméra. Ironique, le bleu cache cependant une autre facette de sa candeur édulcorée. Et sa représentation explicite et humaine, interprétée par une Juliette Binoche méconnaissable dans son faux rôle de bourgeoise désespérée, ajoute au film son second degré qui explose avec fulgurance les lois du cinéma. Ajoutons à cela une réflexion intéressante sur l'Art à propos de son origine et sa continuité au sein de l'homme et de sa société. Impressionnant.
Juliette Binoche est capable de sauver du sinistre le cinéma d'auteur le plus chiant qui soit. Elle mérite ici au moins 4 étoiles et le film pas grand chose.
Réalisateur aujourd'hui au purgatoire mais à l'époque très surestimé, Kieslowski n'a fait qu'enfiler des clichés sur la condition humaine dans son oeuvre, inspirés par un catholicisme bon teint. Ce n'est que de l'humanisme de pacotille pour spectateurs peu exigents et lecteurs de Télérama. On se souvient également que la photographie (tout est bleu! quelle idée de mise en scène !!) et la musique étaient absolument terrifiantes. On trouvera une inspiration chrétienne plus exigente dans l'oeuvre de Rohmer.
Krzysztof Kieslowski entame ici le premier volet de sa trilogie Trois Couleurs intitulées Bleu (1993), suivit par la suite de Blanc (1994) & Rouge (1994). Après la mort accidentelle de son mari (un célèbre compositeur) et de sa fille, Julie choisit de recommencer sa vie à zéro, en quittant tout ce qui pouvait la rattacher à son couple et à sa fille. Elle prend le risque de se détacher complètement des autres, de se créer son propre univers tout en fuyant ceux qu’elle connaissait. Jusqu’au faut-il aller dans la liberté individuelle ? Faut-il se reclure chez soit où parvenir à s’ouvrir au autre tout en recommençant à prendre goût à la vie. Une réalisation touchante, bercée par une très belle B.O et une actrice de talent : Juliette Binoche.
Film le plus esthétique de la trilogie, Bleu étonne par le sentiment de perfection et la quête de inlassable du réalisateur à faire de ce film une démonstration. La conduite des acteurs est des plus brillante. Mais à force d'étaler sa maîtrise, le réalisateur déconnecte le film aévec son sujet, celui de la liberté. Ainsi, malgré les efforts du spectateur, c'est - paradoxalement - l'histoire la moins touchante de la trilogie.