Une narration par petites touches, des jeux de séductions croisés et compliqués qui viennent troubler les conventions avec en définitive une morale qui nous dit que l'on peut aimer deux être en même temps (c'était déjà le propos de Jules et Jim), Qu'on peut être libertin et respecter l'autre… mais que cela n'est pas forcément d'une facilité évidente. Ce film est comme une leçon de vie, magnifiquement interprété par Léaud (que seul Truffaut a su diriger) mais aussi par les deux anglaises exceptionnelles. Ajoutons à tout cela, l'ambiance, les décors, la lumière, la mise en scène, la musique… Sans doute faut-il reprocher à ce film quelques longueurs, sinon c'est assez fabuleux.
Un joli film sur l'amour, tout en retenue et en épure maitrisée, y compris la diction des acteurs, monotone mais très musicale. A la réflexion, les valeurs bourgeoises n'ont pas que du mauvais, la lutte entre passions et autocensure morale permet au moins des jeux de l'amour et du hasard, qui, d'une certaine manière élèvent l'esprit et accouchent de beaux objets artistiques, littéraires ou cinématographiques. C'est sûr qu'à l'heure de grinder, du porno en ligne, de l'apologie du cocufiage sur les panneaux publicitaires du métro et du divorce pour tous, ce genre de film risque de paraitre franchement suranné ! Et bien tant mieux pour ceux qui sauront l'apprécier, il n'en aura que plus de charme. Un grand Truffaut, mais les avis divergent fortement sur cette question.
Sans avoir l'air d'y touché, le film côtoie le sublime et nous invitent à le rejoindre, Pourquoi? Parce qu'il faut vivre. Alors autant savoir pourquoi. Le film pose la question. Puis, au détour d'un plans sans qu'on s'en aperçoivent vraiment, le film nous fait comprendre que la réponse est évidente, et qu'elle est là, depuis toujours, en nous même. Ce n'est presque rien. Mais ça change une vie Transforme une existence Ce n'est pas grand chose Mais c'est infiniment précieux Comme une musique légère Qui sans en avoir l'air Au détour d'une peine révélerai le secret de l'âme humaine.
Adaptation libre d'un roman, François Truffaut trouve une inspiration incroyable dans cette histoire, d'apparence, assez banale. La mise en scène est extremement aboutie : mouvements de caméra d'une grande classe, plongées magnifiques, découpage intelligent, plans de qualité et très belle harmonie de l'ensemble. Le jeu d'acteur est très bon, notamment Léaud excellent comme à son habitude. Le scénario, brillante réflexion sur le désir et le couple, est d'une qualité inconstestable. Excellent ensemble.
François Truffaut signe un film aussi fin et délicat que les lèvres suintantes d'une jeune fille encore vierge. Ô turpitudes de l'amour! L'amour est physique et les mots que l'on dit puissants sont aussi source de frein sexuel. L'amour est affaire de conscience, ça n'est pas une science.
"Deux Anglaises Et Le Continent" est un film formidable de Francois Truffaut ! Une œuvre complexe et fascinante sur l'amour et le désir, marquée par la prestation exceptionnelle de Jean-Pierre Léaud, par une mise en scene magistrale, qui met en valeur les personnages et leurs émotions avec une justesse impressionnante et un scenario simplement parfait ! Un tres grand film français.
Un bon film est toujours un film critiqué et mis de côté à sa sortie, du moins avec Les Deux Anglaises et le Continent, c'en est bel et bien le cas. Trufaut nous attable à une fable bien tragique. Tout d'abord, il faut savoir que ce film est une adaptation du livre de Jean Pierre Roché, et que cette histoire est une histoire vrai qui s'est déroulé début du XXème siècle. C'est celle d'un homme qui a connu la passion amoureuse,(quelle chance) le fantasme d'être aimé par deux soeurs, et de les aimer elles deux. Mais comme disais Aragon
Pour ce film François Truffaut a adapté le second roman de l'écrivain Henri-Pierre Roché dont la première oeuvre n'était que «Jules et Jim». Bien sûr les similitudes entre les deux films du cinéaste sont nombreuses ayant pour principal différence que les deux hommes sont ici remplacés par deux femmes. Injustement boudé à sa sortie, même si je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à tenir la première heure du film, la seconde est tout simplement passionnante et en constante état de grâce, merveilleusement soulignée par la musique doucement romantique de Georges Delerue. Contrairement à ce que l'on pourrait croire la réalisation est loin d'être classique. Elle est même ici d'une très grande audace mélangeant langage littéraire et langage cinématographique ce qui en fait une oeuvre originale et unique. Si la diction un peu trop rapide de la voix-off dite par François Truffaut lui-même est un peu agaçante, l'interprétation, en particulier celle de Kika Markham, est très belle tout comme le visuel (il est vrai bien aidé par de splendides extérieurs et une fine restitution du début du vingtième siècle) du film. Du grand Truffaut pour ce qui est certainement son oeuvre la plus intime.
J'ai le sentiment qu'avec "Les deux Anglaises et le Continent", François Truffaut s'empêtre dans un style pedantesque pour, finalement, pas grand chose.
De par son ambiance très fin XIXème très conformiste - qui donnera entre autres naissance à la guerre de 1870 - Truffaut peint des bourgeois aimant rester entre eux avec un "méchant" protagoniste plutôt confortable ainsi qu'un ménage à trois pas si surprenant. Par le jeu de ses acteurs et ses décors l'ensemble livre, en effet, une idée du vice ou de l'égoisme élevé au rang d'art tel qu'il se pratiquait à cette époque; et vaut donc comme reconstitution historique.
Je mets quatre étoiles. Non pas pour le scénario, pesant au possible... Non pas pour Léaud qui surjoue son personnage. Non pas pour les deux anglaises, dont la posture en devient presque caricaturale... Non, je mets quatre étoiles pour la B.O signée de Georges Delerue. À bien y réfléchir, Truffaut n'aurait peut-être pas laissé une telle empreinte dans l'histoire du cinéma si ce grand compositeur n'avait été à ses côtés. Il serait temps de lui rendre hommage...
Un Truffaut mineur, long et dénué de rythme. La voix off pénible et neutre qui vient plomber toutes les scènes où l'émotion serait susceptible de poindre est symptomatique d'un film trop littéraire et mal interprété.