Les Contes de la lune vague après la pluie
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EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 septembre 2008
Revoir "les Contes de la Lune Vague" aujourd'hui, alors que notre connaissance et compréhension du cinéma nippon "classique" et de Mizoguchi en particulier a été multipliée, nous expose à une vraie surprise : si l'on retrouve, éblouis, le sens - indiscutablement génial - de la mise en scène et de l'image du grand maître, le film - considéré, rappelons-le, comme l'un des plus grands chefs d'oeuvre du 7e Art - surprend encore par la complexité presque "théorique" de sa narration - pleine d'ellipses - comme de ses thèmes. Car l'on retrouve ici mêlés à l'habituelle compassion mizoguchienne pour les gens de peu, pour les femmes en particulier, écrasés par une société brutale, un travail de réécriture de l'univers des contes traditionnels japonais (les fantômes...), ainsi qu'un souci d'expérimentation quasi maniaque sur la forme (photo, musique, rythme) qui radicalise, tout en douceur, le film. Et qui le transforme en une expérience parfaitement saisissante, donc.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 septembre 2008
Chronique universel du rêve d’idéal déçu et de l'espérance trompée, Les Contes de la lune vague après la pluie relate la tragédie de deux couples, d’un côté, deux femmes réalistes et aimantes, de l'autre, deux époux aux ambitions démesurées qui aveuglés par leur ambition et détournés de la réalité par le leurre du pouvoir feront l'expérience du désastre. L’histoire se passe à la fin du XVIe siècle pendant une période trouble pour le Japon, avec des guerres incessantes. Le paysan Tobeï rêve de gloire militaire mais devenu samouraï, il reviendra au village avec sa femme devenue prostituée, après l’avoir délaissée tandis que le potier Genjuro poursuivant un rêve de richesse succombera aux sortilèges d’un fantôme d’une princesse et rentrera au village en apprenant que son épouse a été assassinée.

En suivant pas à pas ces deux hommes lâches, cupides et menteurs, le film montre sur un rythme méditatif le renoncement et l’exploitation de la gente féminine japonaise causé par le comportement arrogant et indifférent de 2 mâles égoïstes mais qui dans leur perdition réaliseront trop tard la souffrance bien réelle qu’ils ont causé chez leurs femmes. Par ailleurs, dans ce chef d’œuvre où est habilement mélangé l’illusion et la réalité, la fin se conclut par le rappel des valeurs essentielles d'amour et de protection de l'enfant.
Enfin, le tout est bien sûre filmé avec fluidité par une main de maître par Kenji Mizoguchi, réalisateur prolifique de 89 films qui a reçu avec les Contes de la lune vague après la pluie, le Lion d’or à Venise en 1953.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 avril 2008
film envoutant et et qui laisse le spectateur a mediter sur ses actes.
sublime
Spiriel
Spiriel

43 abonnés 318 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 février 2008
Film le plus côté de Mizoguchi, c'est pourtant le moins bon de la dernière période de sa carrière, le seul parmi la grosse dizaine que j'ai vus qui présente quelques défauts. Si le lyrisme, le cadrage, la lumière sont toujours au paroxysme propre au réalisateur, et que le début (jusqu'à la séparation) est impeccable scénaristiquement, la suite alterne les scènes magiques (la romance avec le fantôme, symbole de l'illusion type feu-follet) et quelques facilités incompréhensibles de la part de l'auteur de L'intendant Sansho, Les amants sacrifiés ou encore La rue de la honte. Il fait preuve d'un optimisme nouveau, qui permet aux personnages de réparer leurs erreurs et revenir au point de départ, alors que l'irréversibilité des actes a toujours tenu une place centrale dans le cinéma de Mizoguchi. Pourtant, certaines scènes restent extrèmement puissantes, comme celle où un des personnages accomplit son "acte d'héroïsme", lacheté suprême, ou encore la mort de la femme laissée sur la côte au début, peut-être la plus stupide, mais aussi terriblement "humaine" que le cinéma a offerte. Bon film, mais très dispensable dans la filmographie de l'auteur, même si c'est lui qui l'a fait connaître en Occident.
samadelik
samadelik

3 abonnés 32 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 décembre 2007
Je viens de m'appercevoir en regardant mon profil que ce chef d'oeuvre total n'est pas dans mes films favoris! honte sur moi! Jamais le cinéma n'aura atteint une telle poésie, un tel envoutement: il faut voire ce film en salle (comme toujours me direz-vous) et s'offrir pleinement à lui pour acomplir le voyage à travers les âges dans le japon des contes médiévaux où les limites entre réalité et rêve s'efface peu à peu et où Mizoguchi nous offre l'esthétisme absolu...
Yoloyouraz
Yoloyouraz

35 abonnés 566 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 25 juillet 2007
Un récit qui souffre de trop nombreuses lacunes pour intéresser. Ces contes s'éternisent, et perdent bien rapidement leur fil conducteur. La réalisation pousse le sobre au paroxysme et agace même parfois. Faible.
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juin 2007
Voici ce que j'appelle un film parfait, à tous les niveaux, tel "Le septième sceau" de Bergman ou "L'Aurore" de Murnau, film avec lequel les contes de Mizoguchi partagent le génie du cadre et de la mise en scène. Si on peut être plus sensible à l'intensité dramatique de films comme "L'intendant Sansho" ou "Les amants crucifiés", 2 autres immenses chefs d'oeuvre de Mizoguchi, "Les contes de la lune vague" reste une oeuvre exemplaire, rare, qui transcende tous les genres cinématographiques pour toucher à quelque chose d'indicible, que notre raison peine à nommer, à identifier, mais que l'on ressent par d'autres voies. Peut-être est-ce la Beauté, tout simplement. Oeuvre d'une perfection formelle étourdissante, véritable leçon de mise en scène, dont l'épure n'a d'égale que la splendeur, les Contes planent dans une atmosphère de calme et de sérénité, alternant imperceptiblement entre réalité et fantastique. L'histoire de ces deux hommes dévorés par l'ambition, avides de gloire et de reconnaissance, et qui devront payer le prix fort pour se rendre compte que ce n'est que dans l'acceptation de leur condition modeste qu'ils trouveront la paix, se transforme alors en une universelle leçon de sagesse. Comme toujours chez Mizoguchi, ces retrouvailles avec la sagesse perdue se feront aux dépens des femmes, initialement porteuses des bonnes valeurs mais que les hommes refusent d'écouter, attendant d'être confrontés à leur perte pour se retourner vers elles. Hymne au renoncement et aux valeurs essentielles d'amour et de fidélité, seules sources de bonheur possibles, le film assène un coup sévère à la société des hommes, basée sur les valeurs futiles du paraître et de l'argent et sur des rapports de force inutiles qui pervertissent la véritable nature humaine. "Les contes de la lune vague" est une oeuvre essentielle, intemporelle et qui rentre dans le cercle très fermé des plus grands chefs d'oeuvre du cinéma.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 mai 2007
Mizogushi nous parle avec ses yeux humides, le cœur toujours heureux de battre. Splendide.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 1 avril 2007
Pour un film réalisé en 1953, je trouve le scénario original et avant-gardiste. Quelques scènes très violentes (viol collectif ou le meutre du général avec une lance) sont filmées avec un réalisme impressionnant quand on connaît le conservatisme qui régnait dans les pays occidentaux, à cette époque. Par ailleurs, Machiko Kyô et Masayuki Mori jouent à merveille. La scène du fantôme cherchant un mari dans le monde réel est unique !
On y découvre également un Japon traditionnel, dominé par les Shogun et les Samouraïs. Je ne connaissais pas l'époque des guerres civiles et, en plus de m'être diverti, j'ai pu enrichir ma culture générale de cet épisode historique.
Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Inspiré d'un recueil de fabliaux fantastiques du XVIIIème siècle, «Les contes de la lune vague après la pluie» (1953) constitue, avec «La vie d'O-Haru, femme galante» et avec «L'intendant Sansho», le sommet de l'oeuvre de Mizoguchi. Avec un raffinement, une délicatesse et une fluidité extraordinaires, le réalisateur y ramène à l'unité une diversité linguistique telle que la distinction des genres cinématographiques s'y trouve heureusement transcendée. «Les contes» conjugue en effet avec une efficacité rare épopée et élégie, rêve et réalité, ancrage historique singulier et portée universelle. Si la beauté résulte de la plus grande unité dans la pluralité la plus différenciée et la plus contrastée, ce film la réalise de manière exemplaire, tout autant par sa forme que par la symbiose de celle-ci et du contenu, tout autant dans l'espace (chaque plan est digne du plus grand peintre) que dans le temps (les séquences l'organisent d'une manière proprement musicale). «Les contes» représente en ce sens l'une des illustrations archétypiques possibles de la réalisation du beau au cinéma ou encore l'un des modèles, parmi les plus éblouissants qui soient, de la poésie (selon les deux sens du mot) propre au septième art. On évoquera une nouvelle fois, en guise d'illustration, la scène merveilleuse de la traversée du lac Biwa au son du taïko ou encore la scène de l'envoûtement de Genjuro dans la demeure de la princesse Wakasa. Je ne sais pas comment je pourrais faire comprendre autrement à mon lecteur que ce film doit absolument être vu et, si possible, admiré!
VodkaMartini
VodkaMartini

63 abonnés 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Avec "Fanny et Alexandre" ( et peut-être "Umberto D."), mon film preféré. Pas un plan, un dialogue en trop. La grâce à l'état pur. Beau à mourrir et totalement bouleversant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 août 2010
Un film sublime sur l'amour en proie à la vanité. Un très beau poème visuel et sonore.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Dans un petit village paisible, deux hommes qui ont pourtant tout pour être heureux se mettent subitement à avoir des ambitions démesurées. L’un souhaite devenir un samouraï puissant et respecté, tandis que l’autre souhaite amasser une grande fortune à l’aide de ses poteries. Sans se douter du prix à payer ils courent vers leur folie. Et c’est à leurs épouses d’en subir les conséquences... A trop courir après des désirs l’illusoire, l’on risque de sombrer dans un monde d’illusions. Grand défenseur de la cause des femmes, bien souvent tributaires de la bêtise des hommes, Mizoguchi dépeint ici le destin de deux femmes qui bien que courageuse et sensée, sont amenés au désastre par l’opiniâtreté et l’avarice de leurs maris. Car bien que tout laisse à penser initialement que les deux hommes sont les « héros » de cette histoire, ce sont finalement leurs deux épouses qui s’avèrent porter en elle toutes les qualités du héros. Ce drame « féministe », mêlant un surnaturel métaphorique à la dure réalité de la guerre civile, bénéficie d’une photo et d’une musique superbes. Tout au long du film sont entendus de lointains coups de tambours inquiétant, annonciateurs de la tragédie à venir. L’utilisation de décors en studio et la parfaite connaissance qu’en a Mizoguchi lui permet une mise en scène oppressante, focalisée sur ses personnages, tout en étant d’un esthétisme et d’une finesse d’une rare beauté. Rarement un conte avait été aussi bien contée et aussi bien retranscrit, et sûrement est-ce en cela que Ugetsu Monogatari (choisissons le titre original plutôt que le titre français autant interminable qu’incompréhensible) est devenu un des chefs d’œuvre du cinéma.(+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Un très beau film dans lequel Mizoguchi explore les désirs, les fantasmes et les illusions auxquels se laissent aller les hommes qui cherchent à fuir leur conditions, et qui peuvent s'avérer source de malheurs (dont les femmes sont les premières victimes). C'est aussi une réussite du point de vue formel, scénographique et plastique, et le film procure un réel plaisir esthétique.
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