Upside down est un film renversant ! Bon voilà, ça c’est fait....Plus sérieusement, ce film comprend de nombreux plans d’une grande beauté plastique (même si un peu pompiers sans doute au goûts des masos dégénérés qui lisent art press) et des tas d’inventions visuelles qui découlent des lois de la gravité double énoncées au début. Deux planètes jumelles, distantes de quelques dizaines de mètres, tournent (apparemment ensemble) autour d’un même soleil, mais ont leur propre système gravitationnel ; la matière d’une planète n’est sensible qu’à la gravité de cette planète et le contact prolongé au-delà d’une heure entre les deux types de matières fait brûler l’intruse. Ces règles d’une physique alternative pour le moins étranges permettent à Solanas de nous raconter une version sf de Roméo et Juliette particulièrement étonnante techniquement, tout en ajoutant un arrière-plan social intéressant : le monde d’en haut est riche et exploite celui d’en bas, qui est pauvre.
Quelles sont les clés de la métaphore ? on pense d’abord à occident contre tiers-monde, mais on ne note pas ici de différence ethnique entre les deux mondes (peuplés de bon américains ! blancs, comme les deux amoureux, ou noirs d’ailleurs). On pourrait envisager alors Amérique contre Europe , ce qui serait économiquement cohérent avec ce que nous subissions depuis 1945 et ce qui nous attend avec le nouvel accord transatlantique, mais cela paraîtrait certainement par trop politiquement incorrect pour être l’intention de l’auteur du scénario ; mais on ne peut s’empêcher d’évoquer cette piste, qui n’est peut-être qu’un clin d’œil plus ou moins volontaire. En tout cas, aucune différence culturelle n’est à noter entre les deux mondes (certes l’Europe est presque déjà devenue une petite Amérique par acculturation forcenée), hormis celle qui fait tout le ressort dramatique du film : l’interdiction de contacts entre les êtres des deux mondes. D’où l’histoire d’amour impossible que tout le monde attend. Si cette histoire-là n’est en soi guère originale, notons qu’elle a le mérite d’être éternelle. Et le grand mérite, pour les mondialistes, d’évoquer tous les exotismes et tous les métissages dont le système ne cesse de nous faire la retape à grands coups de propagande lourdingue. Certes, l’absence de différence réelle de statut socio-économique (les deux amoureux sont employés de la même compagnie dont l’immeuble est seule à joindre les deux mondes ; mais certes, celui d’en bas n’est admis à y travailler que parce qu’il a des idées géniales susceptibles d’être brevetées) ou d’appartenance ethnique fait que message est ici moins voyant ; mais la conclusion heureuse,
qui débouche sur une révolution culturelle pour les deux planètes, dont les population sont amenées à se mélanger enfin
, ne laisse aucun doute sur le message que ce film sert à faire passer. Mais ce n’est pas vraiment d’un métissage ethnique qu’il s’agit vraiment ici de parler mais plutôt de la fin de l’histoire (vue pernicieusement comme division de l’humanité contre elle-même) et de l’avènement marxiste d’une société sans classes. Vieille utopie réchauffée donc.
Les juifs ont-ils une place dans cette métaphore ? Nonobstant le fait qu’il sont plutôt majoritairement (dans notre monde du moins) dans le camp des riches (en haut dans le film), et celui que les deux héros ont des noms hébreux vétéro-testamentaires lourds de sens (Adam et...non Eve mais presque : Eden), on peut noter que le personnage central du film, celui qui permet au jeune qui monte de retrouver sa chérie de la haute, est un certain Bob Boruchowitz, nom typé ashkénaze. Il est d’ailleurs le premier à tester sur lui-même le produit à base de pollen d’abeilles roses (celles qui joliment butinent des fleurs des deux mondes, un peu comme les cosmopolites font leur miel de toute culture) qui permet d’échapper à la double gravité et d’atteindre à la neutralité. Il faudrait alors peut-être plutôt voir ici une apologie du centrisme, un appel à l’union sacrée de tous les juifs (séf’ et ash’ : le noiraud Jim Sturgess et la blonde Kirsten Dunst), et plus généralement de ceux qui profitent du système judéo-maçonnique mondialiste - ou croient en profiter - contre leurs ennemis. Comme disait Enrico (« Macias ») il y a quelque années sur une télé publique « Faut qu’on soit tous unis : les séfarades, les ashkénazes... »