Film tourné après le génial Suspiria, j’ai commencé par celui-ci et j’ai adoré sa trilogie animalière. Je craignais le pire. Des exemples comme Carpenter nous montrent à quel point le cinéma de genre de série B peut avoir des éclairs de génie, tout comme tomber dans le réellement mauvais.
Le film commence avec Rose, une jeune poétesse new-yorkaise qui tombe sur un livre écrit par un ancien alchimiste qui aurait construit trois demeures pour trois sorcières (trois Tristesses : Mater Lacrimarum (Notre-Dame des Larmes), Mater Suspiriorum (Notre-Dame des Soupirs) et Mater Tenebrarum (Notre-Dame des Ténèbres)) : une à New York, l’autre à Rome et la troisième en Allemagne. Après avoir lu le livre, elle commence à penser que son étrange résidence new-yorkaise pourrait être l’une d’elles. Elle écrit une lettre à son frère Mark, étudiant en musique à Rome, pour lui demander de venir chez elle, mais cette lettre tombe d’abord sous les yeux d’une amie de Mark, qui s’en inquiète. Elle appelle son frère pour lui remettre la lettre qui lui revient, mais…
La première chose qui marque dans ce film, ce sont les couleurs. En effet, elles dominent tout le film, que ce soit pour les éclairages bleus et rouges et pour la fabuleuse architecture de l’hôtel particulier, fait de briques assez classiques à l’extérieur, mais incroyablement oppressant à l’intérieur, avec essentiellement du rouge, argenté et du noir pour les parties communes et du jaune à l’intérieur.
Les plans également, comme celui de la baignoire, sont vraiment bien trouvés et donnent une forte dimension ésotérique à ce dernier.
C’est d’ailleurs ce qui traverse le film : rien n’est réel, on semble vraiment dans une dimension parallèle. Les enchaînements sont troubles, assez incompréhensibles. On sent qu’il y a autre chose que ce que l’on voit à l’écran, sans parvenir à le déchiffrer.
J’ai aussi l’impression que La Neuvième Porte s’en est beaucoup inspiré pour l’ambiance et la thématique.
La présence de faux livres ésotériques rappelle H. P. Lovecraft dans son fonctionnement littéraire. Ici, la sexualité est un peu plus suggérée.
Deux choses m’ont rappelé des acteurs connus : Rose ressemble à Sarah Michelle Gellar et Mark ressemble à Dewaere.
Mais qu’en penser ? Je ne sais pas trop. C’est toujours aussi « agréable » à regarder, mais l’ambiance confuse et décousue du récit provoque un trouble aussi grand que le fait que rien ne semble avoir de prise sur cette maison. Aucune autorité ne peut enquêter et c’est rapidement évacué, peut-être de manière un peu facile. À aucun moment la police n’intervient alors que les morts tombent de partout. C’était d’ailleurs un des aspects des gialli : la police arrive mais ne comprend rien, et c’est souvent un journaliste qui mène l’enquête.
Je pense qu’il faut le voir plusieurs fois et enquêter dessus pour y voir plus clair !