Véritable classique intemporel, "Citizen Kane" m'a longtemps fait de l'œil. Le film s'est présenté à moi comme étant une œuvre culte pour le cinéma, et il a donc fallu attendre que je trouve le temps pour me pencher sur ce dernier. De par son aura et sa date de sortie, je voulais être absolument sûr de pouvoir le visionner dans de bonnes conditions et avec suffisamment de recul pour l'appréhender de la meilleure des manières. Ce moment a donc eu lieu, et il a vraiment été intense ! Même si j'ai quelques petites choses à redire sur l'ensemble, ce long-métrage mérite totalement sa réputation. L'histoire part pourtant d'un principe de base assez classique : une fausse autobiographie. On nous conte l'histoire d'un personnage important, le dénommé Charles Foster Kane, ce dernier ayant connu une fin tragique. Dans son déroulé, le scénario se découpe sous la forme d'une enquête journalistique, où chaque personne l'ayant côtoyé vient donner sa version des faits. Et déjà, rien que dans sa forme, cette idée s'avère très efficace. Même si le tout possède quelques longueurs (notamment sur le début), cette façon de faire offre un rythme parfaitement quadrillé à l'ensemble. On ne s'ennuie pas vraiment, car le film réussit toujours à relancer notre intérêt. Chaque discussion va nous permettre de cerner encore davantage ce fameux Charles, et de découvrir ce qui l'anime vraiment. À travers ce personnage, Orson Welles explore l'idée d'un homme perdu, brisé et qui cherche donc à aller toujours plus loin pour rattraper cela. Dans le fond, cette approche amène donc un aspect très tragique à son histoire, tout cela jusqu'à un final qui nous déchire véritablement le cœur dans ses derniers plans. Au final, même si le film date des années 40, il est encore extrêmement actuel. La représentation de Charles peut encore totalement se superposer à notre époque, car il dresse un portrait que beaucoup d'hommes politiques ou importants ont pu avoir. Si ces intentions peuvent être bonnes, l'évolution et la montée en grade au sein de notre société ne laissent peu de place à tout cela. Orson Welles a donc réalisé un excellent travail, aussi bien dans l'écriture que dans sa réalisation (sans oublier son excellente interprétation du personnage). Je parlais des différentes discussions qui rythment le film, mais le montage est également un bon outil pour aider à cela. Grâce à des fondus parfaitement étudiés, les flashbacks sont toujours très bien intégrés au récit. La composition du metteur en scène aide donc vraiment à cela, certains plans étant réellement impressionnants à voir, encore aujourd'hui ! Je pense à certaines utilisations d'une demi-bonnette pour offrir deux points à l'image, à cette envie de faire durer les plans le plus longtemps possible pour renforcer l'authenticité des événements, ou dans certains passages de la caméra à travers des endroits qui ne sont même pas censés être possibles pour cette époque. Alors, une fois que tout cela a été dit, je pense qu'il n'y a rien d'autre à ajouter. Ce long-métrage est un classique du genre, une œuvre encore d'actualité, et ce n'est pas pour rien. Pour conclure, un grand film.