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San D
71 critiques
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3,5
Publiée le 8 mai 2020
film theatral au magnifique décor faisant penser plus à une demeure de "autant en emporte le vent " qu'à un pensionnat de jeunes filles ; féministe avant l'heure et totalement avant gardiste parlant de sentiments refoulés, de désirs homosexuels ; film étonnant pour l'époque ; écrit par une femme, réalisé par une femme, joué avec des femmes : les hommes brillent par leur absence...
Edwige Feuillère, grande actrice. Quelle classe ! Belle reconstitution d'époque, jolies robes. Mais avec ces filles de 20 ans qui courent en groupe de trois en se tenant la main et en riant, on atteint le comble de la niaiserie. On se croirait dans un sketch des Inconnus. Ces filles de 20 ans ont toutes une mentalité de petites filles de 8 ans, toujours riant ou pleurant, toutes bonnes et niaises. (Evidemment l'innocence, passage obligé des sujets scabreux). Cet univers n'est vraiment pas ma tasse de thé, je préfère Le Pont de la Rivière Kwaï. Mais pardon pour cette critique " genrée".
L'élève Olivia intègre le très classieux pensionnat de jeunes filles bien nées dirigées par l'élégante Madame Julie. Jacqueline Audry a le mérite d'aborder des sujets tabous, en l'occurrence les relations saphiques, mais qu'est-ce qu'elle le fait mal ! "C'est, en fait, la "Qualité française" au féminin : adaptation et mise en scène médiocres, personnages archi faux, mais du clinquant, avec ce décor Belle Epoque qui confine au baroque, des costumes et des accessoires filmés avec une ostentation qui provoque l'indigestion. La réalisatrice, dans son unique et riche décor du pensionnat, filme un univers de petite fille. C'est chichiteux, c'est affecté et c'est rempli de jeunes filles qui incarnent non pas tant les moeurs de la Belle Epoque que la mièvrerie du cinéma français de 1951 quand il prétend représenter l'éducation bourgeoise et la condition des filles. Les comédiennes sont toutes mauvaises -et celle qui interprète la jeune Olivia est horripilante avec ses minauderies affligées. On ne peut pas leur en vouloir : elles sont maintenues dans le poncif et le romantisme suranné. Et, parce que Jacqueline Audry ne peut et ne veut exprimer l'homosexualité frontalement, pas plus par les mots que par la sensualité, son film est insignifiant. Il ne reproduit que la pudibonderie et la niaiserie supposées des filles de bonne famille, leurs bavardages et leurs petites médisances, leurs jalousies. Il ne passe, à travers elles, pas la moindre vérité, pas la moindre émotion. Il y a plus de sensualité dans une demi-page des Claudine que dans cette insupportable représentation de gamineries.
Ce jour, ressortie en salle d’Olivia, film réalisé en 1951 par Jacqueline Audry qui fut l’une des pionnières du cinéma français au féminin. Cinéaste féministe dans l’âme, la réalisatrice joint dans Olivia le geste à la parole. Prenant l’homosexualité féminine pour thème principal, Audry fait la démonstration d’un cinéma féminin et féministe jusqu’à l’extrême. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com
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3,5
Publiée le 20 juin 2024
Malheur à celui par qui le scandale arrive [...] C'est en 1950 que Jacqueline Aubry met en scène cette très audacieuse "Olivia", d'après le roman de Dorothy Bussy! Rèalisè avec tact, interprètè avec talent, le film traite avec courage, une èvidente dèlicatesse de sentiments de la sexualitè adolescente! Ces amours de pensionnaires d'une institution de jeunes filles, mise en valeur par un objectif des plus attentionnès, paraîtront surannès à première vue et pourtant il se dègage de cette oeuvre quelque chose de beau et fascinant! D'autant plus que la reconstitution est soignèe et que Edwige Feuillère trouve en Mademoiselle Julie l'un de ses plus beaux rôles au cinèma! On notera les dèbuts furtifs au cinèma des jeunes Danièle Delorme et Philippe Noiret (moins èvident à reconnaître). Merci à Patrick Brion et à son Cinèma de minuit...
« Souvenez-vous que votre beauté vous dispense de chercher à paraître belle » Un film de femmes uniquement. D’une grande élégance visuelle et dans les dialogues. D’un modernisme aussi étonnant car cette femme use de son aura pour charmer quelques pensionnaires novices. Il y a le double sens d’aimer. Les sentiments effleurent mais cette directrice a cette distinction les mots tendres pour approcher avec les regards celles qui tomberont sous son charme. Joli et finalement d’une grande pureté malgré la passion qui devient un poison en quelque sorte.
À sa sortie, ce film devait être déjà clairement daté. Même Simone Simon, autrement plus vénéneuse dans ses meilleurs rôles, chez Renoir et Tourneur, est ici d’une indigeste fadeur. Ne parlons pas du personnage d’Olivia et de son interprète, qui atteignent le sommet de la niaiserie. Jacqueline Audry était l’une des rares femmes réalisatrices de son temps, cela ne l’excuse en rien, surtout lorsque l’on découvre les œuvres autrement plus maîtrisées et affirmées de Kinuyo Tanaka ou d’Ida Lupino.