C'est plutôt réussi comme début de carrière! Avec Coups de feu dans la Sierra, Peckinpah réalise un western percutant. Ce n'est pas un chef d'oeuvre c'est vrai, mais il faut reconnaître que c'est bien fait! La mise en scène est de facture classique, rien de révolutionnaire , ce qui d'ailleurs prouve que le jeune réalisateur maîtrise parfaitement son art. De quoi s'agit-il dans ce film? Eh bien c'est l'histoire de deux vétérans réunis pour une ultime mission au cours de laquelle leur amitié sera soumise à rude épreuve. Il faut souligner aussi la prestation de Mariette Hartley (dans le rôle d'Elsa) dont le jeu est nuancé notamment lors de cette malheureuse scène du mariage. Les paysages sont bien filmés et la superbe musique de George Bassman soulignent l'intensité des actions. A la fin du film, on ne peut éviter la nostalgie et la mélancolie qui augurent d'une nouvelle ère qui s’annonce...
Le western de Sam Peckinpah aborde dans le Far West pas encore civilisé les notions de Bien et de Mal. Un thème pas du tout inédit mais développé ici suivant une dramaturgie intelligente. Cette supériorité du film de Peckinpah se manifeste par la qualité des personnages, par la fonction symbolique ou la signification philosophique attachées à chacun d'eux. D'abord fantaisiste, la relation entre Joel McCrea et Randolph Scott, deux vieux de la vieille ressassant leurs souvenirs d'aventuriers et de mauvais garçons, tourne à l'affrontement parce que l'un a conservé des mauvais réflexes tandis que l'autre cherche la rédemption. Convoyant un chargement d'or avec eux, un jeune homme impulsif devra choisir, attitude longtemps indécise, entre les deux modèles. Mais la figure la plus inattendue et la plus forte dramatiquement se révèle, à l'occasion d'une brillante et longue séquence, le personnage féminin. Une jeune fille, enfin délivrée des principes de piété d'un père intégriste, découvre par ailleurs la vulgarité et la brutalité des hommes. Décidément pas chanceuse, cette jeune mariée dans sa robe virginale incarne l'innocence souillée ; la scène cruelle du saloon, sorte de Sodome et Gomorrhe, est réellement poignante, une émotion de celles qu'on rencontre rarement dans le western. Cette dimension dramatique donne à l'action classique du film une portée intéressante