Le Gouffre aux chimères
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58 critiques spectateurs

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Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 avril 2017
Encore tout à fait moderne. Cette course au scoop, au fantastique, à l'argent aux dépend du sujet est totalement et terriblement vraie tant la satyre fonctionne. Kirk Douglas est excellent et le sujet suffisamment banal et à la fois extraordinaire pour caricaturer la réalité de la presse à scandale et même de la presse en général.
this is my movies

823 abonnés 3 087 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 août 2016
B. Wilder signe ici une fable noire, amère et sans concession sur un monde des médias qu'il réprouve et exprime avec beaucoup de violence son dégoût d'une certaine facette de l'humanité. Pour cela, il trousse une histoire assez crédible puisque s'appuyant sur plusieurs faits divers et pousse le curseur un peu plus loin en nous faisant suivre le parcours d'un journaliste désireux de retrouver sa place dans le gratin de la profession et qui ira loin, très loin pour ça. Peinture peu reluisante d'une société dominée par les médias et l'image (pas l'image physique mais celle que l'on donne de soi), il critique les fondements de la démocratie à l'américaine et les manipulations politiques qui la sous-tende, le manque de probité de ses élus et surtout de ceux qui les font et les défont. Cette presse prête à flatter les bas instincts de l'Homme (une bonne nouvelle n'est pas une nouvelle dit l'un des protagonistes) le répugne tout autant que ceux qui viennent de repaître de ce triste spectacle sans oublier ceux qui en profitent. C'est mordant, acide, amer et d'une rare lucidité, le tout étant appuyé par une mise en scène impeccable, des acteurs impliqués (avec un K. Douglas impeccable notamment) et un scénario qui tient en haleine. Classique qui connut bien évidemment un lourd échec à sa sortie et que Wilder paya de sa poche (le succès de "Stalag 17" juste après lui permit d'éviter de trop lourdes dettes). D'autres critiques sur
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2017
Billy Wilder a toujours déclaré que parmi les dizaines de films qu'il a fait (la concurrence est pourtant rude), c'était "Ace in the hole" qu'il préférait. Si ce n'est pas le plus connu, il faut urgemment le découvrir. Réalisé en 1951, il met en scène un journaliste sans scrupules et prêt à tout, même à laisser pendant une semaine un indien coincé au fond d'une galerie pour construire un scoop. Après tout, une mauvaise nouvelle, c'est ce qui se vend le mieux selon l'adage. Il s'agit d'un film incroyablement visionnaire sur les dérives du journalisme, qui lorgnant vers la presse à scandale, n'est devenu qu'un instrument médiatique, au sens primaire du terme. La manière dont les choses tournent dans le patelin avec ces milliers de personnes est effrayante quant à notre société actuelle et son obsession du buzz. Et puis ce qui est toujours fabuleux chez Billy Wilder est son goût immodéré pour le détail ; à l'image de Jack Lemmon faisant usage de sa raquette de tennis en guise de passoire, ici c'est Kirk Douglas qui enflamme son allumette au moyen du rivet de la machine à écrire. Ce dernier est absolument magistral, dans l'un de ses premiers rôles marquants.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 mars 2021
Un film remarquable de Billy Wilder sur un journaliste prêt à tout pour accéder au succès et à la richesse, sans s'embarrasser de considérations morales: il parvient à créer la sensation en exploitant à son avantage la situation périlleuse d'un homme bloqué dans une mine, et en corrompant les autorités locales pour ralentir les excavations et générer une sorte de feuilleton à la portée nationale. L'évolution de l'histoire est particulièrement inspirée, et permet au réalisateur de faire briller Kirk Douglas, en pleine forme dans le rôle de l'anti-héros sans scrupules. La voracité et la machinerie sans pitié des médias et des hommes sont présentées ici de la meilleure des manière, ce qui fait de "Ace in the Hole" une oeuvre intemporelle.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juillet 2013
Capable de passer sans perdre en qualité des comédies légères à des drames fatalistes, Billy Wilder déclara que ce Gouffre aux chimères, appartenant à la seconde catégorie, fut celui de ses films qu’il préférait. C’est une approche terriblement cynique du métier de journaliste, un état de fait toujours autant d’actualité plus de soixante ans plus tard, que nous apporte ce scénario dont la noirceur et l’intensité ne connaissent aucune baisse de régime. Campé par un Kirk Douglas en pleine forme, le journaliste opportuniste et manipulateur est une incarnation effrayante de la quête de sensationnalisme au détriment d’un quelconque altruisme qui conditionne son métier. Mais son public est lui-aussi dépeint avec cruauté comme un troupeau à la curiosité morbide, faisant du film une critique aussi bien du pouvoir médiatique que des effets de masse. Très en avance sur son temps (d’où son échec commercial à sa sortie), ce film noir est aujourd’hui toujours aussi pertinent et captivant.
CH1218
CH1218

280 abonnés 3 232 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 décembre 2020
Ce qui m’a frappé, c’est la noirceur et le cynisme du sujet. Je connaissais Billy Wilder comme l’un des as de la comédie, beaucoup moins dans le registre dramatique. C’est terriblement efficace. « Le Gouffre aux Chimères » n’épingle pas seulement et en premier lieu le journaliste interprété magistralement par Kirk Douglas ou les profiteurs qui gravitent autour mais également les voyeurs que nous sommes car, oui, on a tous été un jour les complices de ce genre de faits divers. Tourné en 1951, le film est plus que jamais d’actualité. J’ai été bluffé par sa modernité et l’ai pris en pleine tronche. Un chef d’œuvre.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2011
Le génial Billy Wilder, toujours aussi cynique, nous offre ici une critique acerbe de la création et du développement d'une information jusqu'à devenir de la pure folie. Le sujet frappe par son actualité et la mise en scène est irréprochable. En journaliste ambitieux, Kirk Douglas est formidable.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 octobre 2012
Intelligent et cruel. L'humanité sans fard et Kirk Douglas qui nous offre un très grand numéro.
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 janvier 2019
Tourné en 1951, ce film sur la déontologie du journalisme et la manipulation des masses nous révèle un Billy Wilder très critique sur la société du spectacle. Il s’inscrit dans le petit groupe de films sur des sujets voisins comme Citizen Kane (1941) ou Un homme dans la foule (1957).
La performance de Kirk Douglas est exceptionnelle. Journaliste arriviste, il exploite le malheur d’un homme coincé dans un éboulement pour en faire un scoop. Prêt à tout pour réussir il n’hésite pas à influencer le shérif pour orienter les secours vers une technique plus longue lui permettant de multiplier les papiers exclusifs. Le shérif y voit son intérêt pour sa campagne de réélection. La femme de l’homme coincé qui pense refaire sa vie avec un homme plus riche n’est pas épargnée. La critique de la société américaine est claire. Le thème de l’arrivisme reviendra sous une autre forme dans La garçonnière.
La fin est un peu abrupte.
lilybelle91
lilybelle91

83 abonnés 914 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2014
Un film précurseur sur les affres de la téléréalité et de l'univers tout info, ou Kirk Douglas excelle en salaud notoire prêt à tout pour la gloire et la fortune ! Réalisé avec brio par un Billy Wilder au sommet de sa carrière, malgré une mise en route un poil longuette...un quasi chef d’œuvre !!!
Freaks101
Freaks101

174 abonnés 619 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2012
Déjà en 1951, Billy Wilder dressait une satire féroce et pessimiste de l’info spectacle, cette vision reste d’ailleurs tout à fait pertinente aujourd’hui. Le personnage de Chuck Tatum (Kirk Douglas à contre emploi), journaliste cynique et sans scrupule, ne voit son métier qu’à travers une équation simple : drame = spectacle = argent. L’accident de ce pauvre homme coincé au fond d’une grotte devient donc une attraction de foire, ceci avec la complicité de la population, avide de sensationnel. Wilder filme ce barnum infernal avec une mise en scène grandiose qui enchaîne les moments forts, il dresse aussi un portrait peu flatteur de l’américain moyen, ce qui explique peut être l’échec public du film à l’époque, pourtant un des meilleurs du cinéaste.
Vladimir.Potsch
Vladimir.Potsch

23 abonnés 389 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le gouffre au chimères (The big carnival, 1951) est un exemple de film à thèse qui évite les pièges de la facilité. Il relate comment un simple accident (un homme est resté coincé dans une mine) se transforme en véritable fait de société, amplement couvert par les médias, suite au triste calcul des profiteurs de tous bords. Le film fonctionne parcequ’il prend à bras-le-corps, sans parti pris, on pourrait même dire de façon quasi documentaire, la description de ce fait divers qui devient l’attraction de la semaine. Chez Wilder, point de grands discours, les faits parlent d’eux même. Le policier véreux, le journaliste arriviste, le chef de chantier trouillard, et la femme ingrate sont des personnages typés mais Wilder évite opportunément la carricature en les humanisant, dés qu’il en a l’occasion. Ainsi, la fin tagique et pathétique du journaliste, loin d’être une simple concession à l’éthique de rigueur, s’apparente davantage à un suicide. La distribution est dominée par un Kirk Douglas qui excelle dans ce rôle d'arriviste, qui le voit frapper une femme et se montrer arrogant envers tout le monde. Les autres acteurs, peu connus, sont au diapason. Wilder tire parti de cette ambiance d’orgie médiatique et de fête malsaine pour étaler son humour, parfois un peu insistant (le caravaniste qui est assureur proposant ses polices à tout va, le prix de l’entrée du site qui augmente sans arrêt), souvent approprié (le policier véreux qui aime les serpents, le train qui crache les hommes et femmes aux abords du site…). D’autre part, il a un style incisif, dépourvu de lenteurs, sauf le temps d’une scène destinée à montrer la détresse d’un homme qui vient de perdre son fils.
C’est un film charnière entre la période « noire » du réalisateur, dont les plus beaux fleurons sont « Assurance sur la mort » et « Boulevard du crépuscule », et les films plus légers, tels « certains l’aiment chauds » et « Sept ans de reflexion ».
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 25 novembre 2020
Très très loin des chefs d'oeuvre de Billy Wilder. Certes, la dénonciation de la presse à sensation est un thème important et, malheureusement, toujours d'actualité, mais la réalisation et le jeu des comédien.ne.s sont particulièrement datées et d'une lourdeur pachydermique. Et, en plus, le film trouve le moyen d'être très misogyne !
alouet29
alouet29

94 abonnés 1 514 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 janvier 2017
Kirk Douglas est à son aise dans cette histoire sur le cynisme des journalistes et l'immoralité des journalistes.. Le thème est traité efficacement mais le scénario n'est guère captivant.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2025
En 1951, Billy Wilder vient tout juste de réaliser son plus grand chef d’œuvre avec « Sunset Boulevard » qui certainement en raison de son sujet n’a pas reçu le succès qu’il méritait à la cérémonie des Oscars de la même année où le film nommé dans sept catégories majeures n’a décroché aucune statuette au profit principalement de « Eve », autre grand film de Joseph L. Mankiewicz. Mais plus déroutant, le jury aura commis l’infamie de ne pas départager Gloria Swanson et Bette Davis pour finalement décerner l’Oscar de la meilleure actrice à Judy Holliday dans « L’esprit vient aux femmes » de George Cukor dont plus personne ne se souvient. Heureusement le temps a depuis fait son œuvre rendant logiquement sa place au film de Wilder qui se classait encore en 2007 à la 16ème position dans le classement de l’American Film Institute alors que « Eve » y occupe la 28ème place.
Toujours sous contrat avec la Paramount, Wilder devenu incontournable occupe désormais une place de producteur associé qui lui permet de choisir ses sujets, privilège rare à Hollywood. Ce sont deux faits divers tragiques qui vont attirer l’attention du réalisateur. Dans le premier datant de 1925, un homme s’était retrouvé immobilisé à la suite d’un glissement de terrain, dans le second (1949) une petite fille de trois ans était tombée dans un puits abandonné. Dans les deux cas malgré l’intervention des secours la mort fut au rendez-vous. Les deux événements s’étalant sur plusieurs jours ont attiré de nombreux « spectateurs » et fait la une des journaux nationaux.
C’est sans aucun doute ce qui a choqué Wilder toujours prompt à se saisir des paradoxes parfois peu glorieux du genre humain en particulier ici le mélange atrocement baroque entre compassion pour une victime à l’agonie et curiosité morbide s’ajoutant à l’opportunisme cynique de la presse et des marchands du temple. Ayant mis fin à sa fructueuse collaboration avec Charles Brackett pour l’écriture des scénarios à la suite de « Sunset Boulevard », Wilder fait appel à Walter Newman et Lesser Samuels pour donner substance à ce qui sera sans doute son film le plus amer et désenchanté. Un film prophétique de ce que va devenir l’univers des médias qui sera incompris du public et assez mal reçu par une partie de la critique jugeant globalement son propos outrancier.
Effectivement, le portrait au vitriol brossé par Wilder n’épargne pas grand monde hormis un patron de presse local (Porter Hall) à l’ancienne encore attaché à une déontologie du traitement de l’information déjà largement écornée par la recherche du sensationnel synonyme de ventes accrues. spoiler: Le journaliste new-yorkais (Kirk Douglas) arriviste et revanchard rejeté par ses pairs, venu en province chercher le « gros » scoop qui lui permettra de rebondir, les citoyens lambda moutonniers courant s’agglutiner près de l’entrée d’une mine où un homme (Richard Benedict) est piégé ainsi que les commerçants sautant sur l’occasion pour se remplir les poches sont méchamment brocardés
par un Billy Wilder dont on a pu facilement penser à l’époque qu’il « chargeait un peu trop la mule » peut-être lui aussi à la recherche du sensationnel. Sydney Lumet 25 ans plus tard avec « Network, main basse sur la télévision » aurait pu lui aussi être taxé de boursouflure. Les deux premières décennies du XXIème siècle avec l’arrivée des réseaux sociaux montrent malheureusement que l’on n’a pas encore tout vu.
Comme toujours, Wilder distribue parfaitement les rôles notamment un Kirk Douglas arriviste en diable, revanchard à souhait et mufle parfait qui régulièrement face à ce corps gisant (sublime Richard Benedict filmé par Wilder sous l’angle judicieux pour rappeler le Bogart hirsute du « Trésor de la Sierra Madre » de John Huston) s’étant naïvement remis entre ses mains, doit faire face à sa propre duplicité. A ses côtés, dévoilant un autre mode d’expression du cynisme tout aussi peu reluisant, Jan Sterling que le réalisateur au nez creux a eu la bonne idée d’extraire des rôles d’appoint qui étaient jusqu’alors son quotidien. Totalement maîtrisé et sans aucune concession faite à l’entertainment, « Le gouffre aux chimères » prouve une fois de plus que rien de ce qui touche au genre humain n’était étranger au petit homme venu de l’ex-empire austro-hongrois tenter sa chance à Hollywood pour y connaître la réussite que l’on connaît, montant aux côtés de Fritz Lang, John Ford, Michael Curtiz, Alfred Hitchcock, John Huston et Joseph L. Mankiewicz sur la plus haute marche des réalisateurs de légende de l’âge d’or de la Mecque du cinéma.
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