L'Ascension
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In Ciné Veritas
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108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2016
Deux soldats russes partent chercher du ravitaillement dans une zone occupée par les nazis. Faits prisonniers et torturés comme leurs compagnons d'infortune, ils réagiront différemment au traumatisme vécu. Grâce à une mise en scène d’une précision rare, Larissa Chepitko parvient parfaitement à mettre en images les divergences psychologiques observées entre les personnages.
Par son atmosphère mystique et sa métaphore christique, L’ascension renvoie aux premières œuvres d’Andreï Tarkovski. spoiler: Ainsi, l’étouffante ascension titre finale prend les apparences d’un chemin de croix dont nous savons, dès le début, où elle mènera les protagonistes…
L’austérité du propos est visuellement renforcée par un noir et blanc contrasté.
Un drame psychologique poignant qui constitue un véritable choc marquant et inoubliable. Un récit fort qui fut récompensé de l'Ours d'or au festival de Berlin en 1977. Devenu rare, cet ultime film de Larissa Chepitko, décédée prématurément en 1979, doit être redécouvert et restauré de toute urgence.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 avril 2022
Il est peut-être difficile actuellement de regarder ce genre de film de guerre, et pourtant ce que nous en rapporte la réalisatrice soviétique, quarante ans après est d’une vérité autant douloureuse que significative sur la raison d’être des hommes. Ici deux soldats en quête de nourriture dans la campagne russe, enneigée et truffée de soldats allemands. Au-delà de la torture, de la faim, du froid, de la violence ce que retient ce récit d’un cinéma du réel, ce sont les visages que filme la cinéaste, au plus près de leurs sentiments. Larisa Shepitko saisit toujours l’instant vrai du regard incrédule, de l’œil éteint, ou impassible, ou qui le feint pour détourner l’attention d’une scène dès lors plus expressive que toute démonstration scénique. Le final est à ce titre exemplaire et grandiose, un monde christique, un chemin de croix où tout individu trouvera sa propre rédemption. AVIS BONUS Rien que pour le documentaire sur la vie de la réalisatrice, c’est tout bonus ! De bons commentaires, des illustrations parlantes, une diversité dans l’approche d’un même sujet comme le montre aussi le troisième chapitre « Dialogues avec Larissa »
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 avril 2025
Dans un noir et blanc élégamment contrasté s'opposent deux conceptions de la vie, deux attitudes militaires, deux postures face à la mort qui couve... Peignant la rudesse de l'hiver russe rendu plus implacable encore par la situation historique, la réalisatrice s'attarde sur les visages, les détails révélateurs, les symboles macabres. Faisant infuser la menace soit par le silence apnéique, soit par les ombres en mouvement, la tension culmine lors d'une double scène d'interrogatoire éprouvante, scandée par les questions, les tortures, les habiletés d'un terrifiant agent de la Gestapo (saisissant Anatoli Solonitsyne tout en imperturbable et froide détermination). Or, ce blâme brut de la cruauté aveugle (bouleversante Lioudmila Poliakova) aurait gagné à éviter la dimension christique très appuyée (tant par certains cadrages que par l'ascension finale) redoublée d'une ode à la force résiliante de la Mère Patrie... Reste un drame maîtrisé à la puissance indubitable!
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2024
Ours d'or à Berlin (1977), " l'ascension" film de guerre de la cinéaste soviétique L. Shapitko fait l'objet d'une réédition en salles.

Scénario intimiste qui se développe dans la seconde partie largement la plus réussie, il évoque une question majeure sur le sens de la vie. Vaut-il mieux la vie sauve et le déshonneur ou mieux vaut-il la mort à la trahison ?

Deux partisans russes sont capturés par l'armée allemande lors de l'opération Barbarossa. Ils sont interrogés et voient leurs vies sur le point de leur échapper.

La photo noir et blanc et la réalisation sont formidables, même si la première partie aurait mérité d'être raccourcie.

On pense parfois au cinéma de Kalatozov, mais le moment de bravoure du titre ( l'interrogatoire) ne compense pas toujours des scènes tenues par des dialogues pas toujours profonds.

L'ascension ( le titre fait sans doute allusion de manière métaphorique à la montée au ciel en référence aux derniers moments de la vie) vaut néanmoins le coup d'oeil.
Mikaël D
Mikaël D

10 abonnés 33 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juin 2025
Deux soldats soviétiques partent dans la neige à la recherche du ravitaillement pour leur petite troupe.
En chemin ils vont rencontrer l'armée nazie, des civils, neutres, résistants ou collabos, des femmes, des enfants, des vieillards. La désolation, la solidarité, la faim, le froid, La confusion des enjeux, l'espoir et le désespoir, la fraternité et la peur, la trahison, la mort, la folie. Et au bout du chemin, le destin de chacun des deux sera très différent.
Le cinéma russe dans sa splendeur: tout passe part les visages habités des deux acteurs principaux, l'impassibilité de la nature, la magnifique photographie, et une mise en scène constamment inspirée.
Le titre est sans doute expliqué par un sous-texte religieux final très gênant, véhiculant des préjugés ancestraux.
Une vision terrible de l'humanité en guerre, avec en particulier une insupportable scène d'interrogatoire, un témoignage complexe, d'une tenue très rare, et du cinéma à l'état pur pratiquement à chaque plan.
Acidus

872 abonnés 3 936 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 novembre 2024
Un petit bijou du cinéma soviétique ayant obtenu l'Ours d'or en 1977.


Larissa Chepitko réalise ici un chef d'oeuvre aussi percutant dans la forme que dans le fond. Dans "L'ascension", la cinéaste explore la psychologie humaine et nous interroge sur les notions de bien et de mal, sur notre rapport à la mort. Les ombres des grands noms de la littérature russe (on pense notamment à Dostoïevski) planent sur cette histoire. De quoi bousculer et interroger le spectateur.
Visuellement splendide, le long métrage est soutenu par une incroyable mise en scène renforcé par une photographie en noir et blanc.


Chef d'oeuvre !
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2025
Je n'étais pas prêt pour ce film... Je savais que c'était un grand film, certainement très fort. La première moitié est trompeuse : le rythme est très lent, erratique, contemplatif. Une troupe de soldats et de civils russes fuient les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, dans une Bielorussie sous un épais manteau neigeux.

Le long métrage bascule lorsque deux soldats russes quittent le groupe et partent en reconnaissance. Un des soldats est blessé, et on le voit perdre peu à peu ses esprits, tout en tenant bon. Progressivement, L'Ascension tombe dans le mysticisme et la folie. Le film devient intense, extrêmement intense, tout en adoptant un minimalisme formel, presque une sécheresse esthétique. La mise en scène transcende ce qu'on voit à l'écran, accompagnée par la musique extraordinaire d'Alfred Schnittke, d'une puissance étourdissante.

L'Ascension devient une sorte de Passion christique, au lyrisme dévastateur, mais sans se départir d'une profonde angoisse existentielle. Ça m'a complètement retourné, et maintenant que le film est fini depuis plus d'une heure trente, je suis encore sous le choc. L'Ascension n'est pas tout à fait parfait, mais c'est incontestablement un chef-d'œuvre, un film inoubliable...
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