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Andrew Person
4 abonnés
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3,0
Publiée le 3 novembre 2022
Une atmosphère bordélique, prétentieuse, alcoolisée et fatigante, un chaos libertin qui obscurcis la clarté d'un homme droit, fidèle, travailleur et familiale, spoiler: pour finir par le tuer . Serait-ce un tableau du 20eme siècle ?
Charles, persécuté par ses désillusions amoureuses et professionnelles se heurte au succès de Paul qui ne compte que sur la chance et son talent pour vivre de réussite. Heureusement dans la vie, c'est surtout l'inverse qu'il se passe. Mais cela ne nous empêche pas de suivre cet hymne à la chance et au libertinage, dont les femmes sont absolument toutes les objets des fantasmes sexuels de ces messieurs, et aussi de l'auteur. C'est pour moi la grande désillusion de ce film: les femmes ne sont pas capable d'amour, seulement de désir. Heureusement encore, dans la vie, ce n'est pas vrai !
De beaux plans parfois sortent de la mise en scène souvent banale, qui subliment le récit et apportent une dimension d'avantage tragique sur les désillusions de Charles. Ainsi je n'arrive pas à être certain que ce soit un hymne au libertinage, ou plutôt une condamnation de ce dernier..
J’ai pensé parfois aux fastes délirants de la Dolce Vita pour les soirées délirantes – mais ici, c’est fade et bavard. J’ai pensé à du Hitchcock, comme dans la corde – mais ici, c’est plat et bavard. J’ai pensé à divers triangles amoureux de divers films – mais ici, c’est plombant et bavard. Gérard Blain m’a fait penser à Brel dans certains film – mais en inintéressant et bavard. J’ai même pensé au rat des villes et celui des champs – mais sans morale qui vaille le coup. Et bavard. Bref, ce film s’étire dans le bavardage et l’inintérêt.
C'est l'histoire de Charles, candide provincial qui débarque à Paris, tel un personnage de Balzac (la référence à l'auteur de la Comédie humaine, notammment à "Illusions perdues", est d'ailleurs ouvertement introduite par Chabrol). Dans la capitale, Charles vit dans le giron de son cousin Paul, noceur, séducteur et le meneur d'une petite bande d'étudiants aussi délurés que superficiels. L'oppositions de moeurs est flagrante entre la fourmi Charles et les les cigales, entre le provincial bûcheur et romantique et ce milieu étudiant parisien dont le le cynisme, l'existence dissolue et les frasques masquent peut-être un profond ennui, voire une incapacité au bonheur. Cela parait évident lorsque Paul (JC.Brialy), tel un diable jaloux, ruine sciemment,spoiler: les espoirs amoureux de Charles et de Florence, probablement coupables à ses yeux de pouvoir être heureux.
Ces dispositions à la fois psychologiques et morales ne confèrent pas, toutefois, un fort relief dramatique au récit, hormis sur la fin, où l'on sent poindre un dénouement peut-être tragique, et conformément à son caractère symbolique, pessimiste. A moins que notre relatif désintérêt ne tienne à la nature des personnages, lesquels semblent avoir vieilli dans les mêmes proportions que les moeurs des années 50-60.
Parmi les réalisateurs de " la nouvelle vague", Chabrol est moins réputé auprès du grand public que Truffaut et Godard. Le temps ayant fait son oeuvre, il faut remettre Chabrol à sa juste place : c'est un immense réalisateur que je considère, lorsqu'on compare l'ensemble de leur filmographie, comme supérieur à Truffaut et surtout à Godard. "Les cousins " est le deuxième film de Chabrol et le plus titré puisqu'il obtint l'Ours d'or au festival de Berlin. Co écrit par Paul Gegauff , scénariste dandy à la réputation sulfureuse qui disparut tragiquement, le personnage de Paul, incarné par Brialy,n"est sans doute pas étranger à un autoportrait romancé de Gegauff. Le film pourrait s'intituler "prospérité du vice et malheur à la vertu". C'est un très grand film, du niveau des meilleures productions italiennes de l'époque ( fin des années 50) . Les amateurs exclusifs de films grands publics ou peu sensibles aux etudes psychologiques ( toute l'action se passe dans la tête des personnages) passeront leur chemin. Portrait d'un sycophante et sans doute de bon nombre de relations humaines. Vision tragique ou pessimiste ?
Deuxième long métrage réalisé par Claude Chabrol en 1959 avec toujours Jean-Claude Brialy et Gérard Blain dans les rôles principaux, « Les Cousins » est un miroir inversé du « Beau Serge » sorti un an plus tôt : le film quitte la misère rurale du premier pour la misère morale de la haute bourgeoisie du second, et un décor naturel pour une atmosphère lourde et confinée de l'appartement du Parisien. « Dans le beau Serge », le Parisien (Jean-Claude Brialy) vient sauver le Provincial (Gérard Blain), le mal est l'alcoolisme et la fatalité sociale. Dans « Les cousins », le Provincial vient se faire écraser par le Parisien, et ici le mal est l'oisiveté, le cynisme, la recherche du plaisir et du divertissement de la jeunesse aisée. Le thème central du film est l'injustice fondamentale de l'existence : la chance au détriment du mérite, l'existence régie par le hasard (la scène finale). Très bon film.
Quand la jeunesse provinciale traverse l'ouragan parisien, cela se fait avec fracas.
Ce film est une confrontation entre deux mondes, nourrie d'incompréhensions et de frustrations... Et, en la matière, on peut aisément prendre pitié du pauvre Charles, qui, spoiler: non content de se faire "voler" celle dont il rêvait, se voit échouer à ses examens de droit face à son cousin, alors que le premier avait travaillé d'arrache-pied l'année durant, et que le second faisait la cigale...
Le rythme est assez lent, mais la frustration (peut-être un peu vécue) de Charles m'a maintenu captivé tout du long...
Et, un hommage à l'IGNOBLE bouc de l'acteur qui joue "Paul," prenant des airs d'un Jean Luc Mélenchon jeune (!)
Non seulement on ne croit pas une seconde à la réalité de ces personnages, mais ils nous assomment de leur suffisance et de leur verbiages. Curieux comme Chabrol peut être aussi inégal dans ce qu'il réalise. Un fllm qui ne nous apporte rien, que du vide.