5 ans après le mitigé Alien³, voilà que la trilogie se mute en tétralogie, et ce sous la houlette d’un réalisateur français ; Jean-Pierre Jeunet se retrouve ainsi à la tête de la dernière production Alien en date (écartons les AvP, cela vaut mieux), alors doté du plus conséquent budget de la franchise (presque sept fois plus que pour le 8e Passager). Chemin faisant, il n’est guère étonnant que la principale force de cet opus consiste en sa réussite visuelle, celle-ci surpassant sans trop de mal les tentatives affichées dans Alien³ ; néanmoins si la réalisation de Fincher passait encore en terme de crédibilité, il n’en est pas de même ici, un sentiment de redondance se dessinant inexorablement, avec ce retour à la vie de Ripley 200 ans après mort. A bien y regarder d’ailleurs, on peut noter que les troisième et quatrième volets parviennent successivement à piétiner la conclusion de leurs propres prédécesseurs (remember Hicks et Newt, et maintenant le sacrifice de Ripley), ce qui gâche un peu la qualité d’ensemble de la tétralogie malheureusement … mais ce volet est-il pour autant de trop ? Oui et non dirons-nous, celui-ci ne constituant au final qu’un divertissement sympathique, aux allures de film d’action (l’angoisse au paroxysme du premier épisode n’a pas été ressuscité avec Ripley à notre grand désarroi). En ce sens bien que l’intrigue ait le mérite de poser des questions relatives aux dérives de la sciences (outre la culture d’arme bactériologiques : le clonage), bien des points font perdre la fragile crédibilité de celle-ci, avec notamment le manque de consistance des personnages exposés à l’appétit vorace de ces chères xénomorphe. Pourtant l’idée d’une Ripley différente, et ayant conservé une part de son charisme affiché voilà deux siècles plus tôt (Sigourney Weaver reste encore et toujours une valeur sûre), a dans le fond quelque chose de séduisant, malgré le fait que cela ne soit pas correctement exploité, le fil rouge de l’intrigue s’enlisant dans une ambiance tout juste correcte et un ensemble trop linéaire Par ailleurs et enfin, on soulignera l’étrangeté de la version "mammifère" de l’Alien, dont l’apparence flirte entre le comique et le malsain, ne parvenant concrètement pas à obtenir l’adhésion du spectateur, si ce n’est peut-être lors de sa … disparition originale et peu enviable (Erk). En conclusion la tétralogie Alien se conclut ici de manière convenable, tout en ne parvenant pas une fois de plus à égaler le génie de l’opus originel, ainsi que l’excellente suite de Cameron ; voici donc un divertissement à voir mais il n’est pas indispensable.