165 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
24 critiques spectateurs
5
0 critique
4
15 critiques
3
8 critiques
2
1 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Charlotte28
208 abonnés
2 939 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 19 juillet 2025
Sans manichéisme (ce que l'enquêteur de l'orphelinat incarne par procuration), l'intrigue souligne cependant à diverses reprises l'éloignement au sein du couple pour justifier ce comportement de la part d'un homme de bien ainsi que l'hypocrisie condamnant la bigamie davantage que l'adultère (dans un didactisme final un peu forcé). Porté par un formidable trio, ce récit en analepse de la situation du titre présente de très pertinents portraits: l'épouse se consacrant à son travail à défaut d'un enfant, le mari désorienté par les changements de sa femme, la maitresse indépendante à la dignité remarquable. Histoire de solitude, de loyauté, d'amour, cette fine analyse de moeurs se conclue sur le choix émotionnel ouvert laissé à chacune...
Ida Lupino réalise ici une œuvre cinématographique essentielle sur la sincérité complexe entre des hommes et des femmes. Ce film est atemporel et pose des questions éternelles en sachant qu' aucune des réponses ne peut tout résoudre au regard des sentiments amoureux , sincères et divergents, d' une personne vers une autre.
Nous sommes admiratifs des talents de conteuse et de cinéaste des années 1950/1960 qui se nomme Ida Lupino.
Le titre évocateur pourrait annoncer un mélodrame classique, avec une morale attendue surtout au vu de l'époque dans une Amérique puritaine. Mais la première idée géniale de Ida Lupino est de tourner d'abord comme un Film Noir où on suit un homme qui paraît aux abois, paumé, dans la hantise de se faire avoir tandis que l'enquête avance à vitesse grand V. Puis quand arrive le flash-back on entre dans une autre phase, une sorte de film dans le film, une parenthèse enchantée qui laisse des étoiles dans les yeux avant aussi d'instiller un malaise, une gêne dont on aimerait se défaire. Le scénario oscille ainsi entre les genres, entres les styles mais c'est aussi pour soigner les contours d'une histoire qui pourrait vite être un énième réquisitoire. Non, Ida Lupino soigne son récit justement pour éviter tout manichéïsme ou jugement hâtif. Le plus intéressant c'est aussi toute l'hypocrisie de la société, où l'adultère est toléré mais la bigamie punie. Un très bon et beau moment de cinéma. Site : Selenie.fr
J'ai vu un film... sur un sujet très original pour l'époque... avec une qualité de traitement exceptionnel. Et plus que tout, j'ai découvert le fabuleux talent d'Ida Lupino... aussi à l'aise devant que derrière la caméra... On est dans une histoire émouvante avec des personnages communs, et la réalisation, en mode film noir (flashback, voix-off, musique mélodramatique...) donne toute sa saveur à ce film.
Ce qui est puissant dans ce film réalisé en 1953, c'est que le spectateur n'est pas sommé de juger. Il doit même sentir les émotions de chacun des protagonistes. Le film est empreint de sincérité, d'émotion et de charme. Les comédiens sont touchants de justesse et d'humanité... Une grande découverte pour moi le cinéma d'Ida Lupino.
Approcher pudiquement un Bigamist humaniste hésitant, une gageure. Le plan de l'escalier: ascension et rambardes entre les amants potentiels. Ida Lupino ose plus que David Lean et sa Brève rencontre 8 ans plus tôt.
Pas mal mais comme l'impression d'avoir vu moult fois ce genre d'histoires. Morale qui se veut originale : personne n'est coupable, c'est la vie ! Sauf qu'on ne croit pas au dilemme du mari : sa femme est chiante et sa maîtresse sympa, il n'y a pas à hésiter !!! En plus, on a du mal à croire aux deux foyers parfaitement organisés de cet homme, et à l'attitude de sa femme, dont la tolérance frise la complicité. Belle Ida Lupino.
La personnalité de Ida Lupino est bien sûr très attachante , sa réussite en tant que femme multi- facette ; très talentueuse amène le respect, mais pour ce qui est du film en lui même ,la réalisation reste bien classique ,académique un peu molle et le sujet ,même si il est très orignal, reste peu approfondi . Il est vrai qu'il n'y a pas de discours moralisateur, ni de jugement de valeur , que le film décrit un double amour, qui se met en dehors de la loi elle même bien hypocrite . Mais il manque un souffle, une brillance, qui fait que le film parait un peu terne. Le trio d'acteurs est très bon, avec Lupino, elle même, excellente , dans un de deux rôles féminins .
Je viens de découvrir l'acteur Edmon O'brien et je suis fan de son jeu ! Il était très bon et beau à l'écran ! Cet homme que l'on devrait détester car ne sachant pas choisir entre 2 femmes, est rendu humain par la bonhommie de cet acteur. Le scénario est très accrochant les 40 premières minutes et cela malgré l'image en noir et blanc. La fin plus convenue. 3,8/5
Oser aborder la bigamie dans le cinéma hollywoodien des années 50 relève d'un vrai courage. Faire un film dénué de principe moralisateur est encore plus remarquable. Ida Lupino, également devant la caméra, réalise une œuvre courageuse, palpitante comme un polar et qui n'enferme aucun personnage dans un schéma bien-pensant. C'est tout le prix de cette "Bigamie", portée par un noir et blanc magnifique.
Ce qui touche en premier lieu dans ce film n’est pas ce qui nous est donné de voir, mais plutôt ce qui a pu se passer derrière la caméra en… 1953. D’abord une femme. Ida Lupino prouve qu’il est possible d’être en avance sur son temps. Mieux, nous sommes obligés, après avoir vu ce film, de reconnaître que l’art, c’est souvent le fait d’esprits qui détonnent et qui, de ce fait, sont nécessairement en avance sur leur temps. Ensuite un choix. Lupino aurait pu faire le choix de tomber dans le conte moral le plus insipide. Mais non! Elle a fait le choix de l’amour, de l’impossible choix; de la fragilité de l’être supposé, par convention et tradition, avoir le cuir le plus épais; et la force d’âme de deux être dont le genre, si l’on s’en tient aux codes sociaux d’alors, d’avant et d’aujourd’hui, aurait dû 'logiquement ' enfiler les accoutrements de la fragilité la plus niaise et de la sensibilité la plus redondante. De ce point de vu-là, ce film est une audace. Et c’est une audace qu’était bienvenue à l’époque, et l’est toujours aujourd’hui. Enfin, je trouve que le monologue du juge à la fin du film résume assez justement l’idée que pose le scénario tout entier: nos âmes sont sujettes à des vérités que les lois des hommes ne pourront jamais cerner. Les lois sont faites en prenant en compte le comportement de l’individu 'raisonnable' ou 'fou'. Or, nos âmes et tout ce qu’elles peuvent impliquer ou signifier pour les uns et les autres sont à des années-lumière d’un tel raisonnement. Bravo, Lupino!
J'ai découvert ce film en VOST sur Arte et ce fut une belle découverte. Il y a vraiment les accents des films américains de cette époque, le noir et blanc, l'accent américain bien sur, le jeu retenu, et en plus les rues pentues de San Francisco. On plonge tout de suite dans cette histoire de double vie qui nous est contée d'une manière originale et subtile. Avec un titre comme Bigamie, on aurait pu s'attendre à autre chose, on aurait pu imaginer beaucoup de choses, si le film avait eu pour titre Double Vie on aurait eu moins à imaginer. Car, en fait, c'est bien de double vie dont on parle, mais de celle d'un homme qui doute et hésite, c'est lui le personnage clé du film qui ne serait rien sans les 2 femmes qu'il aime. Ce film traite d'un sujet délicat, peut-on aimer deux personnes en même temps? Au delà de ça, c'est le fait de sceller ces amours légalement qui pose les questions. A voir.
IL filme cette histoire d'amour comme une tragédie. L'homme cherche l'amour. Mieux il cherche la femme qui aura besoin de lui. C'est une demande qu'il saura satisfaire. Mais la tragédie est effectivement cette fin impossible. Le choix que personne ne peut faire. Tout est triste en vérité alors qu'on y parle de bonheur.
Un drame intime terriblement touchant qui aborde le thème de la double vie avec compassion et sans condamner, porté par l’interprétation impeccable du trio Ida Lupino (également réalisatrice), Joan Fontaine et Edmond O’Brien. 3,25
Un film très sympa, c’est pas mal. Le temps passe très vite et dans sa simplicité, le film est efficace avec sa mise en scène (qui manque tout de même de complexité). Mais le scénario est vraiment très chouette.
Hardiesse du scénario, justesse des dialogues et des acteurs, précision de la mise en scène, beauté de la photographie. Ida Lupino était une grande (réalisatrice et actrice), et ce film, qui fit un flop, était en avance sur tout (y compris Bergman et ses Scènes de la vie conjugale ), et est une grande réussite, même dans sa fin tronquée qui dit quand même tout.