Bigamie
Note moyenne
3,8
165 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

24 critiques spectateurs

5
0 critique
4
15 critiques
3
8 critiques
2
1 critique
1
0 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 décembre 2020
RESSORTIE SALLES (FRANCE) : « BIGAMIE », UNE VISION FIDÈLE À LA RÉALITÉ DE LA VIE.

Demain, 30 septembre 2020, aura lieu une rétrospective « Ida Lupino », organisée par la société de production et de diffusion cinématographique « Les films du camélia », pour célébrer la réalisation de versions restaurées en 4K (ultra Haute Définition) de quatre films de la star hollywoodienne, entant que réalisatrice.

Ayant déjà, dans notre dernier numéro papier, profiter de cette occasion pour vous proposer un portrait d’Ida Lupino, nous avons décidé de compléter ce qui est notre hommage à cette aussi grande réalisatrice qu’actrice de l’âge d’or d’ Hollywood, en vous proposant un article-critique sur l’un des quatre films concernés, et qui s’avère être notre préféré d’Ida Lupino à plusieurs égards, à savoir « Bigamie », sorti le 3 décembre 1953.

Cinquième des douze films que réalisa Ida Lupino (auxquels il faut ajouter la réalisation de cinquante-quatre épisodes pour vingt-deux séries célèbres, parmi lesquelles « la quatrième dimension », « Le fugitif », « Le Virginien » ou encore « Ma sorcière bien-aimée »), « Bigamie » est, à plusieurs titres, une exception dans sa carrière de réalisatrice. Tout d’abord, il s’agit du seul de ses films dans lequel elle y interpréta un rôle, elle qui tenait à garder les feux d’ Hollywood les plus éloignés possibles de ses réalisations cinématographiques. En lien direct avec le premier point, « Bigamie » est aussi le seul film dans lequel elle donne un rôle à une star d’ Hollywood – pour les mêmes raisons qu’indiquées plus haut (cette volonté étant d’autant plus logique que, ne mettant en scène que des personnages de la classe moyenne, elle ne voulait pas perdre l’aspect authentique en prenant des stars qui y auraient ajouté le glamour hollywoodien) -, en la personne de l’actrice Joan Fontaine. Troisième spécificité de ce film : bien que l’ayant bien co-écrit avec Collier Young, c’est le seul de ses neufs scenarii pour lequel elle ne se crédita pas au générique. Quand on sait que « bigamie » raconte l’histoire d’un homme marié qui tombe amoureux d’une seconde, à Los Angeles – où il passe la moitié de son temps pour le travail -, finissant par l’épouser également (pour une raison que nous laisserons découvrir à qui ne l’aurait jamais vu auparavant), on est interpellé par le fait que, côté vie privée, Ida Lupino avait divorcé, un an avant ce film, de Collier Young…qui épousa, alors, Joan Fontaine. De quoi se demander si ce trio n’a pas volontairement décidé de porter à l’écran ce qui lui était arrivé dans la vie intime.

Si « Bigamie » est, techniquement bien moins époustouflant et abouti que les autres films d’Ida Lupino, il en est bien le plus « touchant ». Celui dont le message que veut faire passer la réalisatrice est le plus fort et le plus « hors des normes ». Dans ce film, bien plus plus que de traiter de la bigamie, Ida Lupino parle des faux-semblants, des mensonges que chacun se fait pour satisfaire à la norme qu’impose la société, au reniement de soi-même et, surtout, que l’on est pas maître de son destin, contrairement à ce que cette même société affirme, trouvant, ainsi, la possibilité de jouir de porter un jugement à autrui pour satisfaire son ego. Car, dans « Bigamie », ni cet homme qui se retrouve marié à deux femmes, ni chacune des deux femmes, n’a fait de choix libres. Les situations que vivent ces trois êtres sont le résultat de mensonges fait à eux-mêmes, allant à l’encontre ce ce qu’ils sont et désirent être au fond d’eux. C’est un jeu de dupe contre soi-même qui conduit l’autre à des actes qu’il dont il n’a pas d’autre choix que de les réaliser. Voilà aussi pourquoi, dans « Bigamie », aucun des personnages ne juge le « double-mari » (pas même les deux femmes épousées – et aimées) qui, au contraire des apparences, en est arrivé à cette situation parce que son honnêteté l’y obligeait. D’ailleurs, le film se termine au tribunal, après que cet homme ai été jugé mais pas encore condamné (le juge reportant à plus tard sa sentence), laissant, en fait, chaque spectateur décider du jugement qu’il veut.

Comme nous l’évoquions au début du paragraphe précédent, « Bigamie » est d’un niveau inférieur, du point de vue de la réalisation, aux autres films d’Ida Lupino. Pour autant, ce film n’est pas dépourvu le moins du monde de génie de la part de la réalisatrice. Ici, Ida Lupino utilise les ressorts du film noir façon Hollywood pour mieux faire tout l’inverse d’un polar standard hollywoodien. Le fait qu’elle y arrive sans mal est bien la preuve de son talent et même de son génie de réalisatrice. Car génie, oui, il y a sans le moindre doute, lorsque l’on s’attarde sur sa façon de mettre en scène, de diriger ses interprètes. Avec une telle démonstration d’un tel talent, on reste étonné qu’elle ai été LA grande réalisatrice oubliée – et même inconnue – de l’âge d’or hollywoodien, par le grand public !

La rétrospective qui lui est consacrée par « Les films du camélia », et la sortie des quatre films projetés dans une version 4K, en DVD et Blu Ray, qui est la raison première de cet événement cinématographique parisien, donne une chance nouvelle, au public, pour se rendre compte du génie de la réalisatrice Ida Lupino. Alors, plus d’excuse pour ne pas en profiter !

Christian Estevez

N.B.: critique publiée sur le site de "FemmeS du Monde magazine" le 29 septembre 2020.
Loïck G.

397 abonnés 1 839 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 octobre 2020
J’imagine qu’à l’époque ( 1953 ) voir une femme derrière une caméra diriger de main de maîtresse un tel film dont le sujet est alors peu commun ( la bigamie) et son traitement encore moins, a pu heurter.. Ida Lupino ne juge pas, ne condamne pas un homme à qui elle laisse tout loisir de s’expliquer face à deux femmes tout aussi raisonnées dans leur attente et leur espoir. La morale trouvera à redire, peut-être, mais l’humanité de la réalisatrice, sa conduite des acteurs tend vers un cinéma plein d’attention et de respect.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Caine78

7 789 abonnés 7 402 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2020
Un sujet particulièrement original (surtout pour l'époque!), traité avec beaucoup d'intelligence et de subtilité par Ida Lupino, aussi talentueuse derrière que devant la caméra. À découvrir.
 Kurosawa

677 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2017
Le piège tendu à Ida Lupino était d'aborder cette histoire sur un plan exclusivement moral; or, la cinéaste opte judicieusement pour un axe mélodramatique, lui-même imbriqué dans des codes de films noir (flashback, voix-off). Lupino met donc en scène deux très belles histoires d'amour qui font du personnage principal un bigame, mais ce que montre le film, c'est que cette situation ne tient à rien, si ce n'est à l'indécision d'un homme déchiré entre deux femmes et qui ne peut se résoudre à choisir. Alors qu'on le croyait uniquement marié à Eve (Joan Fontaine superbe), un long retour en arrière qui aurait pu n'avoir qu'une simple fonction explicative vient raconter la naissance d'un autre amour, une rencontre bouleversante par instants entre deux personnes solitaires. Sans jamais juger ses personnages et avec une mise en scène tout en retenue, Ida Lupino signe un film intelligent parce que nuancé, refusant toute facilité scénaristique pour justement se mettre à la hauteur d'un enjeu des plus complexes.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

262 abonnés 2 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 janvier 2017
Comme l'ont souligné plusieurs critiques, Ida Lupino exprime ici, non seulement un humanisme attachant mais une contestation de l'hypocrisie du puritanisme qui régnait alors aux Etats unis. Apparait aussi un discret féminisme en avance sur son temps : les deux personnages de femmes sont fortes, alors que l'homme volage, s'il n'est pas antipathique, se montre faible et indécis. Une histoire qui ne pourrait être qu'un mélo de style Harlequin s'avère donc une critique sociale qui fait honneur à son auteure, une des rares femmes qui se soit imposée dans la mise en scène à Hollywood.
il_Ricordo
il_Ricordo

119 abonnés 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 janvier 2012
C'est un fait suffisamment rare qu'une femme soit réalisatrice de films à Hollywood pour souligner qu'Ida Lupino occupa cette fonction en plus de l'interprétation d'un des personnages centraux de The Bigamist, un film d'amour les plus pessimistes qui soient. Harry Graham s'est marié voici huit ans avec Eve Graham (Joan Fontaine). depuis que le temps a passé, il ne la voit désormais pour ainsi dire jamais, et l'incapacité du couple à avoir un enfant ne lui fait que regretter son mariage. Empreint de solitude, il erre dans Los Angeles et pendant une promenade en bus dans le Hollywood des stars, pendant laquelle il fait la connaissance de Phyllis, jouée par Ida Lupino elle-même. Cette scène, l'une des plus mémorables, raconte comment la solitude de deux êtres, mise en commun, les rapproche et les confond. Dès cette rencontre, Graham est pris au piège d'un jeu machiavélique. Incapable d'assumer une double vie, il en fait la confession à Jordan, inspecteur de l'agence d'adoption. Le récit, trahi en partie par le titre qui lui enlève toute sa surprise, est ainsi une confession d'un homme qui s'est pris lui même dans une situation impossible. Toute l'originalité de ce film est non seulement dans le suspense de l'issue à choisir, mais surtout dans le fatalisme qu'il impose : l'histoire ne peut pas bien finir. Ida Lupino rompt avec le happy-end conventionnel : le personnage de Graham, qui tombe amoureux d'une femme pour ensuite se rendre compte qu'il aime la première, et ne peut quitter ni l'une ni l'autre par culpabilité, s'impose lui-même son châtiment et devient son propre bourreau.
soniadidierkmurgia

1 450 abonnés 4 357 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2013
Ida Lupino est sans doute une des rares femmes sinon la seule à avoir poursuivi dans le Hollywood de la grande époque une carrière de réalisatrice parallèlement à celle d’actrice. Ses films sont empreints d’une sincérité qui en fait tout leur charme. Ici un pauvre bougre incapable de se décider et surtout affublé d’une réelle sensibilité se trouve embarqué dans l’enfer de la bigamie. Confondu par un commis de l’Etat chargé d’enquêter sur sa demande d’adoption, il se confesse à lui sur son incroyable histoire. Ida Lupino réussit tellement l'identification du spectateur au héros, que celui-ci est comme O’Brien incapable de choisir entre les deux femmes objet de son amour indécis . Le mode de narration nous plonge en plein suspense dans la première partie, ce qui relève encore notre intérêt. Les acteurs sont très convaincants et plus particulièrement Ida Lupino elle-même, qui campe une femme solitaire et fragile qui ne peut laisser le spectateur indifférent et le place immédiatement en empathie avec le mari bigame malgré les interdits qui frappent son statut. Si le propos sincère de Lupino est naïf, il fait souvent mouche et pose donc les bases du refus d’un manichéisme bien pensant toujours très pesant dans ces années 50.
Plume231

4 421 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2011
Laissant volontairement de côté tous les ressorts mélodramatiques habituels, évitant de sortir les lancinants violons, Ida Lupino réalise un authentique drame avec des personnages qui sonnent justes. D'où une totale absence de manichéisme du fait qu'à l'instar du personnage d'Edmund Gwenn et même d'une Justice dépassée par ce cas le spectateur n'arrive jamais à juger de manière positive ou négative les protagonistes. Une mise en scène très intelligente pour ce film qui est remarquable. Joan Fontaine, qui n'a jamais mieux montré qu'ici sa fragilité, et Ida Lupino, en femme qui ne désire surtout pas être une gêne, sont très émouvantes. Au milieu de ces deux actrices admirables, Edmond O'Brien montre à la perfection le côté solitaire et apathique de son personnage. Un beau travail d'orfèvre au niveau des sentiments humains.
tomPSGcinema

884 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2010
Voilà un drame social à découvrir impérativement car son thème qui y est abordé y est traiter de manière intelligente.
Comme le titre l'indique " The Bigamist " parle d'une personne - en l'occurence ici d'un homme - étant marié deux fois sans que le premier mariage ait été annulé.
Sur ce sujet particulièrement complexe, Ida Lupino nous livre un long métrage vraiment émouvant et où les trois comédiens principaux excelle dans leurs rôles. Edmund O'Brien est parfait dans le rôle de l'homme qui est fou amoureux des deux femmes que sont Joan Fontaine et Ida Lupino. Les deux actrices sont vraiment touchante et interprètes toute en finesse leurs personnages qui sont d'une grande tristesse.
Précisons également que cette oeuvre possède une magnifique photographie en noir et blanc de George E. Diskant et une partition musicale de Leith Stevens assez mélancolique et qui est très en phase avec le sujet.
Le tout est donc d'une grande sensibilité et fait que l'on passe un très bon moment de cinéma.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse