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willycopresto
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0,5
Publiée le 29 janvier 2015
Le titre "le Doulos" est bien la seule originalité de ces kilomètres de pellicules ! Si l'on peut parler d'originalité pour qualifier "une balance" ou un "indic" si vous préférez. Un scénario consternant dans lequel on finit par compter les morts plutôt que de chercher à comprendre pourquoi ils s'entassent sur une pile. On finit du reste par s'en moquer éperdument : "je vous en mets un de plus?" Quant aux comédiens, ils cherchent désespérément à comprendre le rôle qu'on veut leur faire jouer ! Recherche dialogue d'urgence ! Je comprends que par respect pour la mémoire du réalisateur-scénariste on ait volontairement tu le nombre d'entrées de cette bête histoire dans laquelle on enterre des liasses de billets de banque sans quasiment de protection : le papier monnaie imperméable et indissoluble, bref indestructible est né ! Et on enterre fric et bijoux au pied d'un réverbère très bien éclairé, pour être mieux vu de loin la nuit ! Des fois qu'aux environs, on soit en manque de liquidités ! Hilarant. Un "demi-succès" titrait-on sans rire pour qualifier le bide de cette histoire ! C'est ce genre de nanar où l'on vous projetait n'importe quoi sur un écran, pourvu qu'il y ait des artistes connus, et du sang à la clef. Avec des actrices comme utilités et se hasardant à dévoiler un sein ou deux. Tout ce qui a failli causer la disparition du cinéma français au début des années soixante. "Le doulos" est un navet, signé Melville ou pas ! Même pas d'inspiration américaine comme cette culture que l'auteur aimait tant ! Affligeant ! Je ne suis pas là de le revoir ! Je déconseille. willycopresto
Un film que les amateurs de polar à l'ancienne devraient certainement appréciés. On retrouve dans « Le Doulos » les fameux ingrédients du cinéma Melvillien. Pour ma part, je ne suis pas de ceux qui adulent Melville car j'aime certains éléments de son style, d'autres moins. En tout cas, on ne peut qu'être admiratif du travail sur la grammaire visuelle qui est si maîtrisée qu'elle éclipse tout le reste, même presque le scénario dans la première partie du film. On retrouve une ambiance vraiment particulière du film noir et des scènes intrigantes. Le problème que l'on pourrait soulever est que l'histoire passe au second plan. Elle connaît cependant un regain d'intérêt au fur et à mesure du film et la dernière partie tient particulièrement en haleine s'agissant de sa résolution. Les personnages cultivent constamment l'ambiguité ( comme dans les autres films de Melville) ce qui amène un côté sombre et mystérieux façon western. Ici, c'est les « gueules » de Jean-Paul Belmondo et Serge Reggiani qui sont mis à l'honneur en composant des figures énigmatiques. Le film est loin d'être parfait et n'est pas celui que l'on ressortira en premier dans la filmographie que Melville. N'empêche qu'on peut toujours y trouver un intérêt, même si c'est le charisme de Belmondo est primordiale. Reste une grammaire visuelle et cinématographique épatante.
Polar à la française réalisé par le maître du genre, Le Doulos, est un très grand film noir. D'abord grâce à son ambiance sombre, renforcé par la beauté du noir et blanc. Ensuite par sa mise en scène, où s'exprime tout le talent de Melville. Et enfin grâce à ses excellents interprètes, Belmondo et son rôle ambigu en tête.
Ce n'est peut-être pas le meilleur film du maître français du polar Jean-Pierre Melville, mais "Le Doulos" a le mérite d'être très bien ficelé. D'ailleurs si l'on met à part le casting excellent et la mise en scène rusée et retorse de Melville, il y aura toujours le scénario, très habilement construit et parfait pour mener les spectateurs sur une fausse piste, avec des ellipses narratives et temporelles qui font leur petit effet. Mais revenons au casting, car je crois que c'est l'autre force majeure du long-métrage : Jean-Paul Belmondo est impeccable dans son rôle et cache bien la vérité grâce à un jeu volontairement neutre, Serge Reggiani juste comme il faut, et les autres sont tous bons. La réalisation, bien que typique du film noir avec le choix du noir et blanc, les sales tronches des personnages, les imperméables, l'ambiance jazz, la flotte etc. est comme je l'ai dit intelligente et inventive et sert d'une manière admirable un script élaboré. Il n'en faut pas plus pour passer un moment agréable et teinté de suspense. A voir, sans hésiter.
L'art de Melville de nous faire apprécier son cinéma... Adaptation d'un roman de Pierre Lesou, "Le doulos" est pour le réalisateur un western urbain qui se tourna en un temps record : 8 jours. Western urbain qui reprend les codes du film noir américain par ailleurs car Melville voulait en faire un film hommage à ce cinéma des années 1940. L'intrigue, elle, est centrée sur un personnage policier, le doulos. Celui qui porte le chapeau. L'indic, le mouchard. La balance. Vivre, survivre, mentir, trahir ou tuer. Être le doulos. De ce point de vue, le début narratif m'a fait penser à "L'alpagueur" lorsque Labro cite Oskar Wilde à la fin de son film. Le scénario du "Doulos" est complexe car il repose sur les personnages créés par Melville. L'épaisseur psychologique est affinée au fur et à mesure que le métrage avance, le doulos faisant en sorte à ce que toutes les parties se tuent entre elles. Personnages machiavéliques face une police des plus méfiantes. Un script parfait en somme. Elisabeth Rappeneau, la sœur de Jean-Paul, fait partie de l'équipe scénaristique. Bravo Elisabeth ! Elle a été scénariste pour son frère sur "Le sauvage", et réalisatrice sur de nombreux téléfilms. Pour "Le doulos", je ne vais pas beaucoup m'attarder sur les acteurs, tous parfaits, mais plus sur l'ambiance que Jean-Pierre Melville a pris soin d'instaurer. Glauque, parfois silencieuse, elle se fait l'âme du film tout en gardant l'essence même du film noir. Sur un début qui m'a fait penser au "Lauréat" tourné pourtant quelques années plus tard et sur un final type à l'américaine aujourd'hui, le cinéaste expose tout son talent de metteur en scène pour nous embaumer dans une atmosphère glaçante, clinquante et mirobolante au possible grâce à sa technique et au noir et blanc diablement bien maîtrisés. Et comme dans tout film noir qui se respecte il y a des monstres sacrés, "Le doulos" ne fait pas exception. Ici, la tête d'affiche, c'est bien Jean-Paul Belmondo, dans le rôle du doulos bien sûr !, qui ne fait ni le Bébel ("Le marginal", "Peur sur la ville", "L'homme de Rio"...), ni le Belmondo ("L'alpagueur", "Stavisky", "Itinéraire d'un enfant gâté"...), et ça, j'ai énormément apprécié ! Pour moi, il s'agit de son meilleur rôle même si ça fait longtemps que je n'ai vu "Le professionnel". Ici, c'est bien Melville qui prend le soin de le diriger, et non lui-même. Merci Monsieur le réalisateur ! Au côtés de l'excellentissime Belmondo, on retrouve les magistraux Serge Reggiani ("Les portes de la nuit", "Vincent, François..."...)-Jean Desailly ("Si Versailles m'était conté" de Guitry, "L'héritier" avec Bébel). On ne peut que s'empêcher de reconnaître la main dans le sac notre très cher futur compère des "Choses de la vie", Monsieur Michel Piccoli. Pour conclure, "Le doulos" reste bien une œuvre à part dans le paysage visuel français, mais bien un excellent film signé d'une patte melvillienne. Un classique du film policier à la française en quelque sorte. Quand je lis que Mann, Tarantino ou Woo se sont inspirés du "Doulos", je ne peux qu’acquiescer. Je trouve néanmoins que "Le doulos" commence à vieillir quand on compare à ces films d'aujourd'hui. Néanmoins, Melville a su s'imposer comme un maître en la matière en même pas dix films à son époque. Respect. A noter : Bertrand Tavernier et Volker Schlöndorff, respectivement les futurs réalisateurs de "L'horloger de St Paul" et du "Tambour", sont crédités au générique !!
Personnellement Le Doulos est mon second film de Melville après Le Samouraï ( à refaire d'ailleurs ). Dès les premiers instants je suis conquis, " Il faut choisir, mourir ou mentir " cette citation de Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline qui apparaît dans les prémices de l'intrigue se marie à merveille avec ce long métrage ! Le générique du début à lui seul est déjà une leçon de cinéma, ce plan ou l'on suit Maurice ( Serge Regianni ) qui déambule pour ce rendre chez " un ami " est stupéfiant et symbolise la mise en scène remarquable de son auteur Jean-Pierre Melville ! Une claque visuelle, une claque tout court tant ce film en a dans le ventre. Qui plus est un casting qui donne des frissons avec à l'affiche Jean-Paul Belmondo, Serge Reggiani, Michel Piccoli, Jean Desailly entres autres ... Un film Noir comme on en fait plus, un scénario complexe et un suspense pesant qui se révélera véritablement dans les derniers instant de ce long métrage. Cette fin est dans nul doutes possibles une des plus immense que le cinéma Français nous est offert, spoiler: ce coup de téléphone de Silien ( Belmondo ) à Fabienne juste avant de s'écrouler va me marquer pendant un bon moment !
Le voici donc ce fameux film noir qui a tant marqué Quentin Tarantino. Pour son premier véritable film policier (Bob Le Flambeur lorgnant plus du coté de la comédie de mœurs), Jean-Pierre Melville explose les codes du polar traditionnel et pose les bases d'un genre qui sont aujourd'hui unanimement reprises. Le spectateur, lui, a toujours un temps de retard sur l'intrigue mais se laisse emporter par la belle prestation de Belmondo dont le jeu minimaliste préfigure déjà la tristesse minérale de Delon dans Le Samouraï. Et puis, surtout, il y a la mise en scène totalement inspirée de Melville: noir et blanc magnifique, musique parfaitement exploitée, plans séquences interminables... Une référence en France et au delà des frontières.
Pas mal ce Melville. tamponnant toujours plus les codes de ses films d'hommes sombres et solitaires tourmentés dans un environnement de polar américain. Une histoire peut-être un peu tirée par les cheveux, notamment par son dénouement très "catégorique" mais toutefois agréable à suivre. Attention tout de même à ne pas trop se perdre avec l'identité des personnages. Certains dialogues importants mentionnent beaucoup de noms et peuvent prêter à confusion. Un classique qui sera toutefois surclassé par des polars toujours plus épurés et moins bavards tels que le Samouraï et surtout le Cercle rouge.
Réflexion amère sur le mensonge et l amitié , conduite de main de maitre par Melville , c'est vous dire ! On a affaire a un excellent film de gangsters français comme Melville sait les faire ....Belmondo est extraordinaire ( avec son imper' ) et il s agit de sa meilleure des trois collaborations qu il a eu avec Melville ... Vraiment un très bon film , indispensable dans la carrière de Melville et Belmondo , tellement leurs talents contribue a ce chef d oeuvre !
Un film noir d'exception qui, sous ses faux-airs de polar convenu, est une véritable perle aussi bien au niveau de l'intrigue que la mise en scène. Une œuvre encore particulièrement moderne, prenante où la prestation de Jean-Paul Belmondo est vraiment excellente.
Voilà un film qui a tout pour me plaire, Jean Pierre Melville derrière la caméra, le Belmondo de la grande époque devant, tout s'annonce parfait. Déjà on commence par une très belle introduction où, après une définition, on suit Serge Reggiani, grande classe avec son imper et son chapeau, marcher entre les ponts et on le voit assez vite s'occuper d'un receleur, puis on le suit, jusqu'à sa rencontre avec Belmondo et directement ce dernier impose sa classe, sobre et efficace en imper et chapeau lui aussi. Il est surnommé "Le Doulos" et est soupçonné d'être un indicateur. De bout en bout le film est captivant jusqu'à un excellent couperet final, très bien écrit, et la mise en scène de Melville est impeccable. L'intrigue est passionnante, minutieuse et très bien ficelé, les dialogues sont excellent et notamment ceux de Belmondo. Le noir et blanc est superbe et tout le long la musique de fond est excellente et colle bien au récit (notamment du vieux jazz instrumental, entre piano et saxophone). Belmondo est excellent et charismatique, Reggiani lui donne bien la réplique et les autres rôles sont impeccable. Inspiré des films noirs Américains, Melville nous offre un très grand film captivant, bien ficelé, très bien mis en scène et interprété.
- "Vous avez l'air d'aimer le marron à ce que je vois" - "Oui c'est ma couleur" - "Maurice aussi il aime beaucoup je crois" - "Quoi donc ?" - "Le marron... On l'comprend à cause de vos yeux... J'vous dérange pas ?" - "non pas du tout, c'est dommage, vous seriez venu 20 minutes plus tôt vous l'auriez trouvé" - "On peut pas aimer une autre couleur quand on les a vu une fois" - "Quoi donc ?" - "Vos yeux, Maurice a bien de la chance..."
film assez décevant, on est bien loin ici, hélas, du cercle rouge ou du samouraï, deux films qui resteront dans la mémoire des cinéphiles tant leur facture est parfaite, linéaire, simple, pas comme ici où c'est embrouillé tarabiscoté et avec une explication au final qui rend le film encore plus lourd, le film met en vedette belmondo alors que c'est reggiani que l'on voit le plus, à remarquer le rôle encore une fois banal des femmes dans ces histoires de truands filmés comme dans un polar américain des années 50
Le film s’ouvre sur une phrase ... "Il faut choisir,mourir ou mentir..."Il ne se consacrera d 'ailleurs que à cela (mensonge et mort) La structure de l 'oeuvre réside entre deux mondes celui des voyous et celui des flics ...Nous avons l 'impression de comprendre très vite l 'intrigue, mais non ...elle est en réalité très complexe ..Jean-Pierre Melville offre à Jean-Paul Belmondo le rôle de Silien, tueur froid implacable sans foi ni loi qui élimine ceux qui gênent son passage ...Glissé dans son imperméable et portant son fameux "Doulos"il reste inquiétant ,manipulateur et d 'une grande férocité ,tour à tour menaçant et sans détour ..Ce film reste une référence pour des cinéastes tels que "john woo"ou "Martin scorsese"..Nous retrouvons d 'ailleurs quelques fois dans la filmographie du second, l 'ombre de Silien..Concernant les décors, les voitures américaines pour exemple témoignent tout l’amour du cinéaste pour le cinéma noir d’outre Atlantique, déjà évident dans" Bob le flambeur" et" Deux hommes dans Manhattan" . Même les décors intérieurs représentent les films américains d’avant-guerre. Le récit lui, défile sous nos yeux sans temps mort et nous comprenons réellement celui-ci lors d'un final brillamment filmé .L' histoire se déroule dans un Paris à dominante nocturne, mais c’était déjà le cas dans le roman signé Pierre Lesou. Les ombres de ce film sont noires, de nuit comme de jour (même la pluie lors de la scène ou le personnage de Jean-Paul Belmondo arrive à sa demeure pour y être exécuté ,pourtant filmée de jour reste sombre ) une noirceur conjuguée à celle de l’histoire elle-même et à celle du personnage central : Silien .L’ombre appartient au vocabulaire du metteur en scène comme le sont ses personnages .."Très tourmentés"...Le Doulos est une oeuvre de référence inégalée ...
Film un peu oublié aujourd'hui, "Le doulos" est pourtant l'une des plus belles réalisations de Jean-Pierre Melville. Rendant hommage aux films noirs américains qu'il admirait, le grand metteur en scène français trouve un équilibre subtil entre fluidité et statisme, impose une ambiance à la fois lourde et classieuse (ce superbe noir et blanc... bien plus noir que blanc), et s'affirme comme un formidable directeur d'acteurs. Serge Reggiani avec sa tronche de chien battu est génialement distribué et donne à son personnage de victime ballotée par les évènements une authentique dimension tragique. Jean Desailly, assez inattendu dans un rôle de flic, est absolument parfait, d'un dynamisme et d'une inventivité étonnants. Belmondo... un peu moins: le côté taciturne, ce n'est pas son fort. On perçoit d'ailleurs à 2-3 moments des tentations de "belmonderies" dans son jeu qui détonnent dans l'austère atmosphère melvillienne. Mais son rôle est suffisamment riche pour qu'il impose sans peine un véritable personnage. L'autre limite du film, c'est sa structure en "double couche" (une première pour raconter l'histoire, une deuxième pour la re-raconter en renversant la perspective, et donc la perception qu'on a des personnages). Le procédé passe, mais il fait assez exercice de style. La fin aussi, inutilement sanglante alors que tout ce qui précède possédait déjà une puissance tragique suffisante. Malgré ces petites réserves... quel style, quand même! C'est mon dernier mot, Jean-Pierre...