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Bertie Quincampoix
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3,5
Publiée le 19 août 2023
Sorti en 2005, C.R.A.Z.Y compte parmi les films québécois ayant conquis un large public à l’international. Cette chronique d’une famille populaire dresse un portrait de la Belle Province des années 70 et 80, marquée par le catholicisme et un fort conservatisme mais aussi par l’irruption de la pop culture et des cultures alternatives. Surtout, le long-métrage raconte l’histoire d’un fils qui découvre son homosexualité et va tenter de gérer la relation avec un père aux idées très arrêtées (superbe Michel Côté), qui sera à la fois admiré et détesté par son enfant. Cette tragi-comédie dans laquelle la musique joue un rôle important se laisse suivre avec grand plaisir.
Un jeune homme se souvient de son enfance et, surtout, de son adolescence dans le Québec des années 60 et 70 au sein d'une famille "moyenne" et d'une fratrie de cinq garçons. Naitre le jour de Noël ne prédispose pas à un parcours mystique et l'enfant sage et sensible se transforme en ado de sa génération, féru des Rolling Stones et de Bowie, fumeur de joints et rétif à l'autorité paternelle. Zachary est le personnage central de cette chronique familiale ordinairement alimentée par les querelles générationnelles et les disputes fraternelles. L'anecdotisme du film commande une alternance de moments fantaisistes et de séquences plus "sérieuses". Cependant, malgré une certaine ironie dont le réalisateur Jean-Marc Vallée affuble ces années de jeunesse, la mise en scène, relativement sombre suivant un éclairage terne et une esthétique plutôt austère, et le point de vue du cinéaste sont assez banals, qui paraissent manquer de légèreté, voire d'exubérance. Et puis le récit se fixe un peu trop exclusivement sur spoiler: l'homosexualité latente et refoulée de Zachary, dont les incidences trop communes produisent un intérêt relatif. Ce portrait de famille n'est pas aussi sensible, pittoresque et décalé que je l'aurais souhaité.
Est-ce par ce qu'on ne comprend pas la moitié des dialogues, du fait de l'accent et de l'abondance des expressions québécoises, qu'on trouve ce film particulièrement ennuyeux ? Non, pas seulement : il faut assurément un certain talent pour cuisiner le navet, et, ma foi, celui-ci est bien goûtu ! J'avoue que je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout...
Une petite merveille de film canadien qui nous montre le destin d’une famille de la classe moyenne, des années 60 au début des années 80, soit une petite quinzaine d’années. Les heureux adolescents de cette époque s'y retrouveront comme poissons dans l’eau. L’acteur principal est quasiment le clone canadien de Romain Duris avec le même talent prometteur. Le père (Michel Côté) est magnifique, tentant de suivre tant bien que mal l’évolution de ses fils qui nagent en pleine révolution pop rock avec tout son cortège d’artifices vestimentaires et comportementaux. On voit bien l’évolution des cinq garçons mais et c’est là le plus subtil, le metteur en scène nous décrit finement les imperceptibles changements intervenant chez le patriarche qui au gré des modes laisse ses favoris ou ses cheveux accompagner l’air du temps. Et le chemin n’est pas facile pour lui car son aîné se plonge dans la drogue et son benjamin lutte contre des penchants homosexuels. C’est parfois trop en demander à cet ouvrier au grand cœur et les incidents de parcours seront nombreux. Progressivement le fossé se creuse avec ses fils mais l’amour qui porte la fratrie est toujours le plus fort et les retrouvailles se font toujours grâce à une mère sachant trouver les mots avec chacun. A noter que le Gervais Beaulieu (le père) qui est un fan inconditionnel de Charles Aznavour ne peut conclure une fête sans entonner la chanson « Emmène-moi ». Le film parsemé des musiques de la génération glam (Bowie, Floyd,…) avance tout doucement vers le drame qui couvait avec l’aîné trop marginalisé et enfoui dans la drogue jusqu’au cou. Une overdose viendra ponctuer l’histoire de cette famille qui ressemble à beaucoup d’autres. On voit donc ici que ce vaste courant de libération des mœurs a été vécu souvent de la même manière des deux côtés de l’océan. L’accent canadien s’il ne facilite pas la compréhension des dialogues apporte un charme indéniable au film. Je passe sur le jeu des acteurs qui est de tout premier choix. ".Z.Y" rappelle souvent "Muriel" (JP Hogan, 1994) son pendant féminin australien, dégageant la même fraîcheur et la même énergie.
"C.R.A.Z.Y" écrit avec des points entre les lettres majuscules pour désigner les cinq membres d'une fratrie pas comme les autres, dont le cinéma nous invite à une nouvelle chronique. Sorti en 2006, le film a vite acquis le statut de véritable phénomène quebequois sacrant en même temps son cinéaste qui perce aujourd'hui à Hollywood, Jean-Marc Vallée. Malgré ces cinq lettres nominatives, le film se concentre davantage sur le destin de Zachary, véritable catalyseur familial. Sa quête adolescente et ses doutes sont rondement menés par des morceaux musicaux qui s'enchaînent, de Pink Floyd à Aznavour, dans une playlist qui demeurera sans doute le point fort du film. Car pour le reste, "C.R.A.Z.Y" ressemble davantage à un inégal assemblage plutôt qu'à un portrait de groupe profond et fouillé. Toutes les redites désormais accolées à un tel sujet affluent ; le fils gay donc indigne, le père réac, la mère hyper croyante... à l'image de sa BO, Vallée nous compile donc tous ces écueils deux heures durant, donnant comme l'impression d'un propos dépassé à peine sorti. Pur phénomène de mode.
Un film sympa que l'on voit sans déplaisir (même si le rythme est assez lent) mais qui perdrait beaucoup à être vu une deuxième fois. En effet, au contraire de « Forrest Gump » pour les USA, de « Nos Meilleures Années » pour l'Italie ou de « Friend » pour la Corée du Sud, d'autres fresques relatant l'évolution d'un personnage sur plusieurs décennies, C.R.A.Z.Y. ne mélange pas la grande Histoire (l'histoire du pays) et la petite histoire (celle des protagonistes). Ici, seule la musique et les costumes permettent de voir l'évolution du récit dans le temps. Le scénario du film, malgré la justesse de l'interprétation, s'en trouve ainsi limité à une simple chronique familiale et une recherche d'une identité sexuelle à l'adolescence. Il s'agit en fait d'une oeuvre résolument grand public jouant sur la nostalgie d'une époque et d'une musique mais sans la fraîcheur et le rythme d'un film comme « Le Péril Jeune » (1995) de Cédric Klapisch. En conclusion, un film, à mon goût, trop lent et long (2h10) par rapport à son contenu.
Super film autour de la famille, j ai vraiment passé un excellent moment avec d excellents comédiens comme Grondin, particulièrement en avant dans l histoire de cette famille ordinaire de la classe moyenne. Le scénario se penche particulièrement sur l évolution de la relation entre Grondin et son père. Père qui comme tout bonhomme macho de cette génération, éprouvera le plus grand mal à accepter les tendances homosexuelles de son fils. Le récit est passionnant car il sonne vrai, probablement grâce aux comédiens hyper convaincants et attachants (j ai beaucoup pensé au "premier jour du reste de ta vie" de Machin sur le même thème de la famille tout aussi excellent!) Même le père finit par être émouvant! Jean-Marc Vallée signe là un grand film dont la mise en scène (encore et tjrs parfaite chez ce metteur en scène!) m a vraiment scotché au fauteuil. Film prenant, passionnant, émouvant....etc.... Bref, je suis conquis! A ne pas louper!
Un film québécois qui mélange saga familiale, récit d’apprentissage et film de coming out. Malgré une réalisation peu inspirée, ça commence de manière énergique et séduisante, avec des dialogues très drôles, un montage rythmé, des personnages bien écrits et une superbe BO. Malheureusement, le film ne parvient pas à offrir d’autre alternative à son héros (pourtant intéressant et complexe au départ) que la brutalité du père ou les bondieuseries de la mère, et en fait finalement une sorte de Jésus new age taiseux et étrangement asexué. C’est d’ailleurs le plus gros défaut du film, qui s’autorise par ailleurs quelques jolies envolées oniriques, que d’échouer à représenter le désir homosexuel. Ça n’empêche pas de passer un très bon moment, mais ça sape quand même la crédibilité de l’ensemble.
Décidément, je suis fan de Michel côté (découvert dans l'excellent "sens de l'humour"). Dans un de ses 1ers gros plans, époque fifties, j'ai cru que c'était Lino Ventura!!!. Sinon Jean-Marc Vallée aime ses personnages, les dépeints avec sensibilité et finesse. C'est un film éminemment nostalgique où chaque époque est parfaitement détaillée (habits, décors, musique géniale...); et même s'il évite parfois de justesse la sensiblerie, il reste touchant et plein d'humour. A voir évidemment en VO, l'accent Québecois faisant entièrement partie de son identité.
Il s'agit là d'un excellent film québécois, souvent drôle mais aussi porteur de sens. Il y a bien-sûr un message de tolérance et d'acceptation des différences, ce qui est certes banal. La manière de le présenter, un peu "crazy", l'est beaucoup moins. Jean Marc Vallée ne fait d'ailleurs pas l'erreur de diaboliser les personnages en délicatesse avec cet aspect de tolérance.
Cette comédie dramatique québécoise a eu beaucoup de succès dans son pays,et a touché beaucoup de monde pour la description de cette modeste famille des années 60 aux années 80.Pour ma part,je n'ai été que très partiellement convaincu.En choisissant d'insister encore et encore sur l'homosexualité refoulée de Zac,en la drapant d'un voile de mysticisme,le réalisateur oublie de conter plus précisément le véritable sujet du film:le lien très particulier unissant un père et un de ses 5 fils.Les quelques effets symbolisant le trouble de Zac sont superflus,et le rôle des autres frères laissé en friche.Heureusement,Jean-Marc Vallée réussit à capturer l'essence d'une époque plus insouciante,du moins en apparence,n'omettant aucun détail costumier ou décoratif.Et surtout,il bénéfcie d'une bande-son vintage divine,de David Bowie aux Pink Floyd,des Rolling Stones à Charles Aznavour.Le thème de l'incommunicabilité,de l'incompréhension est bien illustré.Par contre,le portrait familial est un peu réducteur,entre coups de sang,coups de coeur,coups de gueule alors que l'adolescence très tourmentée de Zac est blindée de clichés,en dépit d'une prestation complète et intéressante de Marc-André Grondin.Un film surcôté.
J'en entendu beaucoup de bien sur C.R.A.Z.Y., mais je suis déçu.
J'ai trouvé ça pas mal, sans plus. A mon avis le film n'évite pas certains écueils. Le tout aurait pu être peut être un peu plus subtil, je trouve qu'il a pas mal de clichés. Il y a également différentes personnages plutôt sous exploités.
Après, j'ai trouvé que C.R.A.Z.Y ne se suivait pas avec désintérêt, c'est même plutôt sympa, c'est plutôt rythmé, et il y a des scènes réussies mais je m'attendais à mieux. Bref, j'ai trouvé ça pas mal, mais je m'attendais à mieux.
En 2005, le réalisateur canadien Jean-Marc Vallée livre une chronique familiale de qualité. Malgré son apparente légèreté, le film possède une vraie profondeur et restitue parfaitement les émois de l’adolescence. Issu d’une famille de cinq garçons, le jeune Zachary doit trouver sa place au sein de cette fratrie mais surtout faire face aux exigences de son père (l’excellent Michel Côté). Dans cette quête d’identité, les thèmes de l’éveil sexuel, l’amour, la rébellion, la drogue, etc. sont abordés avec sensibilité justesse. Ambiancée par une bande originale de qualité, la période des années 1970 est parfaitement mise en avant. Bref, une comédie dramatique simple et bouleversante.
e genre de film que tous mes copains cinéphiles ont trouvé super et que j’attendais avec impatience. An final, un film assez ennuyeux, dégoulinant de références (musicales, vestimentaires...) 70’s jusqu’à l’overdose, des dialogues à moitié compréhensibles à cause de ce foutu accent québécois, une mise en scène lourdingue avec ralentis à gogo et mouvements de caméras tout droit sortis de la pub ou du clip, tout ça pour nous raconter l’évolution d’une famille caricaturale au possible pendant 3 décennies.
Le problème c’est que l’on ne ressent rien pour cette famille, pourtant accablée de malheurs. Comme quoi mettre les Pink floyd, les Stones et Bowie en BO ne fait pas forcément un film super cool !
Intrinsèquement, C.R.A.Z.Y. est un bon film qui allie un humour corrosif à un portrait attachant et sensible d'une famille canadienne. Hélas, pour en saisir toutes les finesses, il est indispensable d'avoir fait un stage au Québec ; la moitié des dialogues sont incompréhensibles. J'ai eu l'impression de voir un film en anglais non sous-titré !