Une chronique sur la famille et la recherche de sa propre identité, se déroulant essentiellement sur deux décennies. Entre moments forts, drames ou conflits, la relation avec le père et ce lien maternel indéfinissable sont bien montrés. Le parlé québécois n'aide malheureusement pas à la compréhension d'un métrage au ton et à la mise en scène résolument modernes. Ce sera en outre la révélation d'un acteur : M. A Grondin.
A travers le récit d’émancipation d’un ado sensible en quête d’identité (interprété par Marc-André Grondin qui crève l’écran), Jean-Marc Vallée signe une chronique familiale drôle, touchante et hyper-attachante dans une ambiance nostalgie en 45tours. Un petit bijou.
Au confluent du récit initiatique, de la comédie de mœurs et du drame familial, ce portrait d'un clan entre humour, tendresse et aigreur met en scène la difficulté à devenir soi et à trouver sa voie sans didactisme ni pathos, laissant au spectateur le loisir de s'attacher voire de s'identifier à tel ou tel autre protagoniste, chacun étant porté avec conviction par un acteur impliqué, notamment Marc-André Grondin et Pierre-Luc Brillant. A la fluidité de l'intrigue s'ajoutent une superbe bande-originale, une mise en scène plaisamment singulière et une finesse des portraits psychologiques. Délicat.
C’est une réalisation de Jean-Marc Vallée. Le Québécois, décédé le 25 décembre 2021 à l'âge de 58 ans, avait aussi fait Dallas Buyers Club. Pour écrire le scénario avec lui, François Boulay s'est inspiré de sa propre vie. C.R.A.Z.Y. a remporté 13 récompenses lors de la cérémonie des Jutras (l'équivalent québécois des César) dont notamment celles du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Trois ans avant la première réalisation de Xavier Dolan, C.R.A.Z.Y. posait sa patte sur le cinéma Québécois. Quand on voit ce film en 2022, on voit en partie d’où Dolan tient ses inspirations. Cette histoire d’un jeune homme, devenu adolescent, dans une famille ne le comprenant pas, résonne de façon universelle.
La construction peut en revanche clairement poser problème. On rentre dans C.R.A.Z.Y. par la première étape choc de la naissance de l'enfant. Sans transition, on passe à sa petite enfance. L'occasion de voir les différences qu'il y a avec ses frères. Un point que n'appréciera pas beaucoup son père conservateur. Alors qu'on commence à bien-être dedans, il va y avoir une rupture totale pour arriver directement à son adolescence. Là, son caractère a beaucoup changé. Il assume désormais sa manière d'être. C'est dommage qu'on ne voie pas cette période intermédiaire qui l’a façonné. On doit juste constater sa personnalité assumée sans en avoir le cheminement.
La grande thématique de C.R.A.Z.Y. est l'acceptation de l'autre. Zachary n'est pas comme ses frères. Il n'est pas le modèle du fils qu’aurait voulu son père. Pour autant, cet adolescent va toujours assumer au maximum ses idées. On sent tout le travail que le personnage va faire sur lui-même afin de s'affirmer pour ne pas se laisser manger par la pression ambiante. Il est pourtant bridé dans son épanouissement pour ne pas faire de mal à sa famille. Un jeu d'équilibriste qui est extrêmement bien montré.
L'acteur Marc-André Grondin est très bon dans ce rôle. Il donne beaucoup de la force à son personnage pour dépasser les différentes épreuves. Le père aussi vraiment exceptionnel. Michel Côté va être la principale confrontation de son fils. En revanche, les personnages secondaires sont décevants. On peut critiquer le fait qu'ils n'ont aucune évolution. Le comportement des frères est le même une fois adulte, qu’adolescent.
J'ai décidé de visionner ce film, parce que j'avais bien aimé " le premier jour du reste de ma vie ", et qu'il était souvent mentionné dans les critiques du film sus-nommé . Mais je ne partage pas les éloges dithyrambiques concernant ce film québécois. Tout d'abord, l'accent . C'est triste à dire, mais ils ne pourraient pas faire un effort? Ils y arrivent très bien quand ils chantent. Parce que j'ai dû comprendre la moitié des dialogues, et cela a quelque peu nui à mon appréciation du film. D'ailleurs, j'avais vu un célèbre film québécois, les 7 jours du talion, en deux versions: l'une avec l'accent, et donc partiellement incompréhensible et une seconde, doublée sans accent. Donc, quand ils veulent, ils peuvent. Et ça me fait quand même doucement rigoler, quand j'entends les Français vanter le charme de l'accent de la Belle Province dans les films. Bref, sinon, en terme d'identification, je suis née le même jour que le héros, du coup, je l'ai envié d'avoir des gâteaux avec bougies pour son anniversaire, parce que je n'y ai jamais eu droit. C'est du genre, vous ne recevez des cadeaux qu'une fois l'an, et les gens font toujours des réflexions débiles, quand ils entendent votre jour de naissance. Plus drôle encore, le héros a une mèche blond clair à l'arrière du crâne, comme mon fils. Mais en-dehors de ces similitudes quelque peu troublantes, j'aurais préféré que l'on parle un peu plus des autres fils de la famille. Alors, certes, j'ai compris que le sujet, c'était l'homosexualité du héros, qu'il renie pour se faire aimer de son père, sa mère l'aimant de facto, comme toute mère digne de ce nom. Et sinon, je ne suis pas trop fan des films au visuel décalé, mais c'est un détail. Bref, pour moi, moins bien que le film de Bezançon.
Ce film est un O.V.N.I à la fois chronique sociale et témoignage d'une époque .... Avec un décodeur québécois, j'aurais mis 5 étoiles. Mention spéciale à la bande son ... que du top (on est bien loin du rap :)).
"C.R.A.Z.Y." un film québécois de 2005 réalisé par Jean-Marc Vallée. Un grand succès pour le cinéma québécois à sa sortie, autant dans la belle province qu'à l'étranger. Un film qui a raflé plusieurs prix. Nous manquons de cinéma québécois, les films québécois sont hélas rares en France et pourtant, ce sont toujours des bonnes surprises, tout comme tous les films produits par la francophonie. Une chronique familiale dans le Québec des années 60, 70 et 80 au sein de la famille Beaulieu. Une très grande qualité technique, décors, costumes, accessoires, coiffures, un très grand soin du détail. De bons acteurs, avec notamment Michel Côté dans le rôle du père, des personnages attachants, une B.O géniale, une très bonne réalisation.
Un film sympa que l'on voit sans déplaisir (même si le rythme est assez lent) mais qui perdrait beaucoup à être vu une deuxième fois. En effet, au contraire de « Forrest Gump » pour les USA, de « Nos Meilleures Années » pour l'Italie ou de « Friend » pour la Corée du Sud, d'autres fresques relatant l'évolution d'un personnage sur plusieurs décennies, C.R.A.Z.Y. ne mélange pas la grande Histoire (l'histoire du pays) et la petite histoire (celle des protagonistes). Ici, seule la musique et les costumes permettent de voir l'évolution du récit dans le temps. Le scénario du film, malgré la justesse de l'interprétation, s'en trouve ainsi limité à une simple chronique familiale et une recherche d'une identité sexuelle à l'adolescence. Il s'agit en fait d'une oeuvre résolument grand public jouant sur la nostalgie d'une époque et d'une musique mais sans la fraîcheur et le rythme d'un film comme « Le Péril Jeune » (1995) de Cédric Klapisch. En conclusion, un film, à mon goût, trop lent et long (2h10) par rapport à son contenu.
CRAZY se caractérise par un style propre, dans le fond et dans la forme, pour raconter cette chronique familiale sur plusieurs décennies. Pourtant je suis resté étranger aux péripéties de cette famille, aux états d'âme de Zach (Marc-André Grondin) et à la relation avec son père par la faute d'un rythme plus qu'inégal (par moment,il est dur de rester accroché tellement il ne se passe rien à l'écran),d'une histoire qui ne m'a pas touché et d'un accent québécois n'aidant pas toujours à la compréhension des dialogues. Bon, concernant le dernier point, on ne peut pas demander non plus à des acteurs canadiens d'abandonner leur accent uniquement pour faire plaisir à un public français, d'autant plus que quand il est audible cela donne un cachet certain au film. Sinon, bien évidemment une BO de qualité, qui sert presque de fil rouge avec l'évolution des coupes de jeans et de cheveux mais pour résumer beaucoup trop d'ennui. Tabarnak.
Absolument génial. Voilà une comédie de Jean-Marc Vallée qui n’est pas seulement un bijou pour les cinéphiles. Cette histoire bouleversante de famille, qui est en même temps, la narration hyper bien filmée d’une éducation sentimentale, est aussi un bijou pour les gens curieux de connaître mieux la culture québéquouaise. Dieu qu’on aimerait parfois qu’il existe 6 étoiles !
Un film québécois qui mélange saga familiale, récit d’apprentissage et film de coming out. Malgré une réalisation peu inspirée, ça commence de manière énergique et séduisante, avec des dialogues très drôles, un montage rythmé, des personnages bien écrits et une superbe BO. Malheureusement, le film ne parvient pas à offrir d’autre alternative à son héros (pourtant intéressant et complexe au départ) que la brutalité du père ou les bondieuseries de la mère, et en fait finalement une sorte de Jésus new age taiseux et étrangement asexué. C’est d’ailleurs le plus gros défaut du film, qui s’autorise par ailleurs quelques jolies envolées oniriques, que d’échouer à représenter le désir homosexuel. Ça n’empêche pas de passer un très bon moment, mais ça sape quand même la crédibilité de l’ensemble.
Superbe film sur la quête d'identité. Tous les acteurs interprètent parfaitement leur rôle et l'évolution sur les époques est très intéressante. Le film est drôle, émouvant et dramatique à la fois. On retrouve un peu le cinéma de Dolan dans ce film!
2h de pellicule de pure folie aussi bien dans un scénario béton, que dans l’interprétation lumineuse, que dans une mise en scène ingénieuse, que dans une bande son incroyable et faite de tubes planétaires… dont le fil rouge entonné à chaque occasion par le père de famille est « Emmenez-moi » d’Aznavour. Mais avant tout, C.R.A.Z.Y. est l’histoire de 5 frères Christian Raymond Antoine Zack et Yvan sur 20 ans dans une chronique familiale drôle, déjantée, émouvante et surtout attachante. L’histoire est centrée sur 4 personnages : le père, la mère, Zack et Raymond. Et les thèmes majeurs du film sont : la filiation, la sexualité, la tolérance, les difficiles relations fraternelles, le besoin de reconnaissance paternelle. Dans cette famille ouvrière québécoise, Zack devient vite la bête noire de son père qui craint de le voir devenir homosexuel. On est dans les 60’s : quelle honte d’avoir un homo pour fils !!! Sa différence tant appréciée par ses parents dans sa prime enfance va devenir un enfer lorsque son père le rejette. Le besoin d’amour paternel l’oblige aussi à se conformer à l’image dont on attend de la virilité dans sa famille et à nier ce qu’il est. Des souffrances intérieures ressurgissant alors sous diverses formes symptomatiques. Tous les personnages sont hauts en couleurs, les émotions sont souvent vives et à fleur de peaux ; cependant, Jean Marc Vallée parvient à faire cohabiter cette ambiance déjantée avec une profonde vie intérieure et secrète des personnages. Le film se révèle avoir plus de profondeur psychologique qu’il semble en avoir au premier abord. Pas exempt de quelques excès et faute de goût dont un traitement parfois trop caricatural des 5 profils fraternels (une intello, un sportif, un bo gosse, un homo et le petit dernier) que l’on oublie très vite devant une histoire qui nous transporte. Cette chronique semblant sortie de nulle part offre une fraicheur sans nom et touche par l’universalité du propos en posant une question majeure : comment se construit un individu ? L’élégance de JM Vallée est aussi de ne pas aborder de manière frontale l’homosexualité latente de Zach mais en pointillé. Et donc pour un film aussi volubile de laisser tout autant deviner par les images que de dire. En 2005, il avait fait une razzia de prix bien mérité aux « Césars » canadiens. Un film truffé d’émotions positives, de rire et de réflexion sur l’humain… tout en faisant mine de ne pas y toucher, le spectateur se retrouve piégé… Mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
C.r.a.z.y. est un film étonnant et original, une famille québécoise attachante, dans laquelle on va découvrir des personnalités différentes, des conflits, des non-dits, et au centre l'homosexualité d'un des fils qui ira jusqu'à le cacher pour plaire à sa famille. Teinté d'humour, d'amour et de poésie, un film à voir!
Un film formidable sur l'amour filial, la transmission, l'héritage familial. Il ressort de tous ces moments difficiles et des nombreuses incompréhensions, un amour véritable que les parents cherchent à transmettre et à conserver pour l'équilibre de leurs enfants. C'est très fort et en même temps riche en émotions.