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CrystalEagle
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3,5
Publiée le 31 août 2026
Le film raconte deux fuites qui finissent par se télescoper au bout du monde. Martin est marié à sa boîte, presque autant qu'à sa patronne, et fuit sa réussite sans trop savoir pourquoi. Nelly fuit un fiancé italien pour qui aimer veut dire posséder. Rappeneau inverse les rôles qu'on attendait : le sauvage supposé est verrouillé sur lui-même, la fille bien sous tous rapports cache la vraie tempête. J'aime qu'il ne transforme jamais la solitude de Martin en sagesse à préserver. Nelly débarque, le bouscule, le salit presque, avant de le réhumaniser. Pour racheter sa liberté, elle doit voler un Toulouse-Lautrec, La Goulue. Difficile de trouver image plus juste d'un monde où l'amour et l'argent ne se lâchent jamais.
Rappeneau ne laisse jamais retomber le rythme. Ça fonce à 100 à l'heure, quitte à faire de la vitesse un principe plus solide que l'intrigue elle-même. Le scénario, avouons-le, reste mince, et les seconds rôles (le fiancé jaloux, les hommes d'affaires parisiens) versent vite dans la caricature. On saute de Caracas à une île paradisiaque, puis à New York, puis à la campagne française, sans jamais se poser. Du coup, le dernier acte est expédié bien trop vite. Ce qui sauve tout, c'est la photo, entre vert de jungle et turquoise des Caraïbes, et la musique de Michel Legrand, toujours légère.
Le vrai moteur du film, c'est quand même Deneuve et Montand. Lui compose une pudeur bourrue, un célibataire endurci qui ne sait dire ce qu'il ressent qu'à travers un geste. Elle, qu'on croyait cantonnée à la beauté froide, se jette ici dans la comédie physique, capricieuse, insupportable par moments. Pari risqué. Je l'ai adorée. C'est dans ces ruptures de rythme qu'elle montre l'étendue de son talent. L'île qui devait rester un refuge devient le seul endroit où deux prisonniers apprennent enfin à se rendre. Un bon petit film, avec ses défauts.
Film typique des films grand spectacle français des années 70 : courses poursuites (apparemment un virage ne pouvait se prendre qu’en dérapage contrôlé), aéroport, hôtels de luxe et boîtes de nuits chic de l’Amérique Latine, casting de premier plan avec Deneuve et Montand ( Belmondo aurait sûrement pu jouer le rôle). L’intrigue, pas du tout crédible, n’a aucun réalisme et peu d’intérêt. Mais le film reste un divertissement efficace et bon enfant.
je mets une demi étoiile pour les paysages et l'autre moitié pôur la manière honorable dont montand et deneuve se sortent de ces rôles ridicules de ballot et d'hystérique qu'on leur fait jouer etqui sortent de leur registre habituel . Le scénario est loufoque , et les gags tellement gros, qu'ils ne sont même pas au niveau de la plupart de ceux des pires films de série B.
Ce film est une perle des années 70. Le scénario est bien ficelé, au travers de la rencontre entre un misanthrope et une mal mariée. Le duo Deneuve-Montand est admirable.
Jean-Paul Rappeneau réfléchit beaucoup avant de tourner, stratégie qui se révèle payante : à peine dix films en près de cinquante ans de carrière et rien à jeter. Avec ce "sauvage", il rend bien sûr hommage à l'âge d'or de la comédie américaine (le couple Montand-Deneuve ne résonne t-il pas comme un lointain écho au couple Tracy-Hepburn dans les années 30-40 ?). Avec une mémoire de cinéphile et, aussi, une précision et une méticulosité devenues bien rares dans le cinéma français, Rappeneau a donc bâti une oeuvre non négligeable (on peut citer "La vie de château", "tout feu tout flamme","Cyrano De Bergerac")
C’est une comédie agréable, qui se laisse regarder avec plaisir sans pour autant marquer les esprits. Le scénario, plutôt rocambolesque, frôle parfois l’absurde, mais l’ensemble reste divertissant grâce à un cadre enchanteur et à l’alchimie du duo Deneuve-Montand, qui porte le film avec brio. En revanche, le personnage de Nelly, interprété par Deneuve, frise la caricature : son côté capricieux et semeur de chaos en devient presque agaçant. Malgré ce défaut, le rythme ne faiblit jamais, et on ne voit pas le temps passer.
Montand en mode Chuck Norris (et c'est vrai qu'il lui ressemble sur certains plans avec la barbe) qui fuit une femme dont il va finalement tomber sous son charme. Un peu facile comme scénario. A noter de nombreux faux raccords, notamment dans la scène du naufrage volontaire où Catherine Deneuve sabote le bateau du sauvage et se met à nager en direction du rivage en plein après midi et qu'on retrouve sur le ponton au coucher du soleil ! Elle avait 100 mètres à faire !
Les paysages sont beaux, oui. Les musiques, excellentes pour la plupart, il est vrai. Mais c'est tellement kitsch que ça en devient finalement un peu ennuyeux.
Or, dès les premières images du film, il est évident que le travail de restauration fait autour de cette fiction est absolument remarquable. L'image et la lumière éclate comme si le film avait été réalisé aujourd'hui, mais l'entreprise de restauration ne se contente pas de se cantonner au visuel: en effet, la musique de Michel Legrand elle même (qui contribue beaucoup selon moi au charme du film) a té réenregistrée et repositionnée sur la bande son du film.
rappeAlors, certes, je ne dirais pas forcément que le film lui même n'a "pas pris une ride", comme l'expression coutumière le prétend, certaines scènes, certains décors, costumes ou coupes de cheveux sonnent un peu datés, mais avec ce nouvel éclat, on peut vraiment apprécier le sens incroyable du rythme donné par Rappeneau à sa mise en scène: ca court dans tous le sens ( même si d'après une confidence de Rappeneau avant la projection, Montand réchignait un peu à ce que son personnage cavale), ca pétarade de partout, et les dialogues fusent avec un débit de mitraillette assez irrésistible.
Et bien sur, avec ce nouveau paquetage, on ne peut qu'apprécier avec encore plus d'acuité l'alchimie totale du couple Deneuve/ Montand, couple absolument magnifique dans tous les sens du terme, dans deux rôles si diamétralement opposés ( elle, la fausse ingéniue vivervoltante et bien chipie, lui, le macho bourru et si humain en même temps) mais en même temps si complémentaire, ce qui fait le sel de toute comédie sentimentale réussie. http://www.baz-art.org/archives/2011/10/07/22248025.html
Quelle mise en scène, quelle interprétation, quel dépaysement. Et puis quel joli couple font Yves Montand et Catherine Deneuve, elle en emmerdeuse, lui en Robinson des temps modernes. Un film où l'on ne s'ennuit pas une seconde, où l'on rêve de joli paysages et où l'on rit des répliques qui font le plus souvent mouche.
« Le sauvage » ou l’histoire de Martin, homme d’affaire retiré de son activité de création de parfums, parti vivre en Robinson Crusoé du XXe siècle sur une ile déserte au large du Venezuela et dont la vie tranquille va être immanquablement perturbée par la tornade Nelly, jeune Française fuyant un mariage contraint. Le film aurait pu s’intituler « Les Sauvages » voire « La Sauvage », tant cet adjectif décrit bien le comportement de Nelly, jeune femme rebelle qui ne recule devant rien et est prête à toutes les supercheries pour parvenir à ses fins. La première partie du film se résume à une course-poursuite rocambolesque au cours de laquelle Nelly a à ses trousses successivement son futur mari dans un hôtel de Caracas, puis ce dernier et son ancien patron dans les rues de la capitale vénézuélienne et enfin Martin dans son ile paradisiaque. Seul un ananas coupera Nelly dans son élan. Avec la scène de l’ananas, s’ouvre la seconde partie du film qui fait place à l’histoire d’amour entre Martin et Nelly, histoire d’amour qui semble dès le départ inévitable dans ce genre de grande comédie d’aventure à la française et qui s’était déjà traduite quelques années plus tôt dans des films tels que « Mon Oncle Benjamin », ou « Le Magnifique ». La musique de Michel Legrand, les dialogues de Jean-Loup Dabadie ainsi que la fluidité du montage et de la mise en scène donnent au film son rythme endiablé. Les scènes se succèdent sans que le spectateur ait le temps de reprendre son souffle. Ce rythme endiablé est ce qui a fait la marque de fabrique des films de Jean-Paul Rappeneau et qu’on retrouve dans « Tout feu, tout flamme », « Cyrano de Bergerac » ou « Bon voyage ». On regrettera en revanche, la partie « business » du film, qui, si elle permet de mieux comprendre le personnage de Martin en explorant son passé et en justifiant son aversion pour l’aspect matériel et pécunier de chaque chose, casse quelque peu le rythme du film et atténue le caractère poétique et le côté exotique de l’histoire d’amour entre Martin et Nelly. Film destiné au grand public, « Le sauvage » n’échappe pas à quelques scènes comiques façon « tarte à la crème », le meilleur exemple étant sans doute le saut à pieds joints dans le « Lautrec ». Ce côté « grand public » n’empêche toutefois pas le film de jongler habilement entre quatre langues (français, espagnol, anglais, italien) donnant ainsi beaucoup de crédibilité à cette aventure déroutante tournée sous le soleil du Venezuela, chose que ne parviendra pas à faire, par exemple, quelques années plus tard Francis Veber avec « La chèvre » dans lequel tous les personnages mexicains sont parfaitement francophones. Autre aspect soigné du film : l’interprétation d’Yves Montand et de Catherine Deneuve. Leur duo fait de tensions et de complicité entre deux personnages aux objectifs aussi dissemblables, est une réussite. Deneuve, s’en sort très bien dans un registre comique auquel elle était peu habituée. Son personnage n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Julie Roussel qu’elle interpréta quelques années plus tôt dans la « Sirène du Mississipi » de Truffaut : même obsession pour l’argent, même fuite en avant, même capacité d’usurpation, même facilité à se laisser soudainement subjuguer par l’amour… Le film n’a pas pris une ride, bien au contraire. La frugalité du personnage de Martin vivant au contact direct de la nature loin des gratte-ciels de Manhattan, qui symboliseraient aujourd’hui la mondialisation, lui donne un côté fable écologiste très en phase avec l’air du temps. On quitte cette escapade d’1h45 avec un sentiment de bonheur et d’exotisme, l’esprit encore envahi par la couleur turquoise de la mer des Caraïbes, la musique de Michel Legrand et les dialogues de Jean-Loup Dabadie.
Ce film de 1975 commence par un mariage en grande pompe et oppressant pour la mariée (C. DENEUVE en mode enfant pas sage et fofolle). Décidant de fuir la cérémonie, elle se fait pourchasser frénétiquement par son mari interprété par L. VANNUCCHI dont l'obsession est maladive. Elle parvient à se sauver avec un ex-parfumeur qui vit tel un ermite qui tient à sa tranquillité (Y. MONTAND). Arriveront-ils à cohabiter et à vivre incognito... Ce film de 1975 se distingue par son énergie et par sa réalisation enlevée qui s'attache à ses personnages. Telle une bourrasque qui emporte tout sur son passage, vous ne pourrez y résister. Les personnages (le film aurait pu s'appeler ''La Sauvage''), les rebondissements, les dialogues (du tac au tac) et les acteurs sont au diapason de cette oeuvre à marquer d'une pierre blanche dans la comédie française.
Le vrai titre de ce film aurait dû être « l’emmerdeuse » tant Catherine Deneuve est énervante et lourde dans ce film...mais c’est sans compter sa beauté solaire qui illumine chaque scène...Montand est aussi craquant en Robinson Cruzoé ,barbe de 3 jours et tee-shirts négligé...tous deux sont au zénith de leur beauté. Mais malgré un décor paradisiaque et deux sexes symboles ,on s’ennuie très vite dans cette comédie pas drôle et brouillon ...et comment ne pas deviner que ces deux là finiront par s’aimer..?peut-être qu’en 1975 le film a bien été accueillit? mais en 2020 c’est plus vraiment ça!
Très bonne comédie, comme on n'en fait pratiquement plus de nos jours... rythme soutenu, rebondissements, action, émotions, personnages attachants, histoire originale et surtout on rit beaucoup. Montand et Deneuve sont sublimes, très en forme tous les deux, et jouent parfaitement leurs rôles respectifs. Rappeneau signe ici un excellent film.
Scénario tiré par les cheveux et beaucoup trop invraisemblable spoiler: comment un bel homme solitaire aux multiples talents comme lui et qui s'est mis en retrait de la société pour avoir la tranquillité peut-il tomber amoureux d'une femme à problème, égoïste, colérique et enquiquineuse comme elle, laquelle a quand-même coulé son bateau, failli le noyer, l'a séquestré dans une cave, volé son diner, indirectement brûlé sa maison et ruiné son petit paradis ? pour y croire. Reste la musique et le duo Montand-Deneuve qui sont pas mal.
Le Sauvage ou le contraste saisissant entre l'enfermement et la liberté de l'homme. Accord de principe qui mènera vers un amour pas forcément passionnel mais romantique, "sous les palmiers" des plages vénézuéliennes. Il y a les plages royales, l'eau turquoise et la ville, les gratte-ciel, la pollution. S'identifier à la ville ne serait-il pas suicidaire ? Rappeneau retourne les codes sur pratiquement chaque situation fragile. Entre la famille de Caracas, bien ordonnée, qui ne laisse pas paraître grand chose si ce n'est la simplicité tout dans le respect des droits et ce bon vieux Montand en homme sans avenir mais qui a eu un passé pour le moins honorifique, glorieux. Parfum de vengeance ? Pas du tout ! Contrairement à Deneuve, voulant fuir ce destin non choisi. Elle se refuge chez ce sauvage, n'acceptant en aucun cas la présence pesante d'une âme. Scénariste pour de Broca, Rappeneau lui éjecte l'idée d'une banalisation des pensées, et détourne l'attention pour nous amener vers une réalité contemplatif, réelle. La hargne de Nelly contre celle de Martin dévoilera le romantisme absolu. N'assistions nous pas là à de l'érotisme caché ?